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Comment peut-on être Van der Graafo-Pallasien?

AUTRE - ROCK PROGRESSIF - ADRIANSTORK - 13.01.2014
Est-ce une atteinte aux bonnes moeurs de Musicwaves d'aimer ces deux groupes. Notre rédacteur correspondant de Poldévie, Ilne Paffraï a tenté d'y apporter une réponse.
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Un innocent sujet consacré récemment au groupe Van der Graaf Generator a fait l’effet d’une bombe sur la communauté de l’écume. Reconnaissons-le sans excès de pudeur, il prônait, faisant fi de tout prosélytisme, l’adoration d’une idole à la voix enchanteresse pour les uns, soporifique et sifflante pour les autres : Peter Hammill.
Plusieurs membres, qu‘il nous serait maladroit de nommer, se sont offusqués de cette étrange décision d’exhumer un groupe certes défraîchi mais dont l’apport musical reste encore, semble-t-il, considérable.

Soit atteint du syndrome de la tringle asiatique, soit de celui de Mons, soit par un curieux esprit de contradiction, voire en raison d’un ménage intérieur instable (un pléonasme sur Musicwaves), chacun s’est mis à défendre son point de vue, il est vrai ne manquant jamais d’intensité, et il s'en est fallu de peu qu’une guerre de Sécession vienne ensanglanter notre paysage de pixels. L’instigateur du sujet lui-même et celui qu’il nomme ‘’Mon ALTESsE’’, Sancho Panza et Don Quichotte épris de moulins à jambon, s’affichaient comme les partisans d’une cause perdue face à la férocité de leurs adversaires acharnés, refusant tout compromis et partisans d’une guerre à mort, sans prisonnier.

Comme ils sont moins soucieux de le justifier par des arguments raisonnables que de scandaliser par des admirations et des affirmations abruptes, l’irritation de leurs opposants a été tout autant passionnée que les jugements incriminés. Au lieu de se combattre avec des armes, les belligérants se lançaient à la figure des noms tout aussi prestigieux les uns que les autres, dessinant dans la rage les indices d’un Panthéon personnel.

On apprenait ainsi que certains tiennent Andrew Latimer pour un guitariste céleste, alors que pour d’autres il n’a pas même le charisme d’un clochard. D’autres avouaient des péchés de jeunesse en mettant sur le tapis leur admiration pour un obscur groupe anglais, adepte de palimpseste sonore, ce qui représente soit un anachronisme en 2014, soit une faute de goût impardonnable. Et puis le point Godwin fut atteint avec la seule évocation d’un nom athénien, duquel certains ne décelèrent pourtant aucune philosophie : le-groupe-qu-’-il-ne-faut-pas-nommer-sous-peine-de-saigner-des-oreilles-et-de-ne-plus-pouvoir-écouter-Nomzano-correctement-ensuite... (ça commence par un P... et finit par ...allas). ‘’Il y eut dans le ciel un silence d'environ une demi-heure [...] et l'ange prit l'encensoir, le remplit du feu de l'autel, et le jeta sur la terre. Et il y eut des voix, des tonnerres, des éclairs, et un tremblement de terre.’’ ''Apocalypse'', Jean 8:1



Le fait de revenir à nouveau sur ce sujet dans le cadre d’un article n’est pourtant pas de notre part de la pure provocation et j’en voudrais profiter pour justifier auprès de nos fidèles lecteurs qu’elle a pu surprendre ou inquiéter la position de la rédaction en chef de Musicwaves dans cette affaire. Ceux qui nous font l’honneur de nous lire avec assez d’attention ont certainement pu s’apercevoir qu’aucun d'entre nous n'aurait pu se compromettre à aduler publiquement l'un de ces artistes sur l’autel des dieux obscurément païens, comme le firent nos deux collaborateurs malheureux. C’est pourquoi nous nous rencontrons avec eux sur ''Wind & Wuthering'' ou ''Tormato'' sans que cela nous engage à tomber sous le charme de ''H to He, Who Am the Only One'' ou ''The Sentinel''.

Je précise, afin d’éviter un nouveau quiproquo mortel (l’un des hors-la-vague trace sur le sol de sa cellule d’étrange figures censées lui rappeler les origines de la symétrie, tandis que le second ne cesse de crier au-delà des murs de son sommeil, ‘’G for Germany?’’), et afin qu’on ne conclue à notre irresponsabilité, que c’est en connaissance de cause que nous avons souhaité laisser se répandre les avis les plus contradictoires, paradoxaux, et scandaleux. Mais parce qu’en dépit de tout ce qui peut déclencher une énième guerre de clocher et malgré les divergences qui nous ont opposé aujourd’hui nous tenions leur avis pour respectable.

Respectable parce que ceux qui les connaissaient peuvent témoigner du sérieux de leur sacerdoce. Je n’aime guère qu’on me reproche de ne jamais avoir écouté l’Age d’or de Van der Graaf Generator, me contentant d’albums postérieurs (quelqu’un serait assez naïf pour dire qu’il existe une différence entre ''Selling England by the Pound'' et ''Invisible Touch''?). Mais il est bien vrai qu’on parle autrement d’un album qu’on a écouté religieusement après d’indénombrables écoutes passionnées, spécialistes des causes perdues, mais certes spécialistes. C’est pourquoi leur parti pris est fécond. Je ne crois guère en la mainmise de ‘’goûts et couleurs’’ voire de l'ennui comme composant d'une bonne critique. Une critique même féroce se doit d’être profonde et de bénéficier d’arguments solides, susceptibles de désarçonner le colosse de l’idée contraire.

Si je maintiens mon scepticisme à l’égard de l’œuvre de Van der Graaf Generator, du moins est-ce pour des meilleures raisons, je ne peux pas plus écouter un album de Pallas avec les mêmes oreilles, sanguinolentes de surcroît. Que si l’on nous demande maintenant ce qui justifie la présence de ces propos excentriques sur Musicwaves, je répondrai que les sites consacrés à la musique ne font pas toujours mouche sur la toile de l’araignée, et que la liberté de ton est une notion suffisante pour nous abreuver de son Verbe.

Mais j’oserai m’avancer sans défiance en annonçant qu’il existe certes entre nous tous, une dévotion corps, âme et substance à la Musique, mais sous tous nos jugements le refus vigilant de ne pas réduire la musique à une simple manière de tuer le temps entre deux locomotions, un divertissement qui nous détourne de l’Idée (qui même dans le cas de son Absence ne doit arrêter aucune quête) un simple apparat visant à présenter les membres d’une équipe de basket sous les applaudissements d’une foule qui n’a rien de sentimentale, voire une habile mais nauséabonde manière de remplir brillamment le cahier des charges d’une entreprise spécialisée dans la lessive commerciale (celle qui brille, qui est clinquante, que vous ne pourrez plus ne plus entendre, même dangereusement dans la bouche d'une petite sœur dont vous vous étiez fait un devoir de protection rapprochée contre les dangers quotidiens).

Nos disputes souvent prolifiques, mes frères, ne mettent en aucun cas en péril notre projet secret de reprendre ce que le monde nous a volé, nos chères années de découvertes musicales, cette époque si lointaine où nous ne subissions pas les quolibets de nos voisins et où nous pouvions conquérir quelques donzelles, main dans la main, soutenus des accords angéliques d’ 'Echoes' (il paraît que le groupe Pink Floyd aurait écrit une chanson du même nom un peu plus tôt). Au contraire, elles nous fortifient dans une communion témoignant devant l’éternel, qui loin de nous entre-déchirer et d' envoyer choir nos guenilles sur le rivage, nous élève sous les rayons de l’Amour, Amour de la Musique,  Amour de la vie (un pléonasme qui pousserait à l’incompréhension notre ami Arthur). Edgar Morin ne disait-il pas que ‘’la constante dégradation des composants moléculaires et cellulaires est [[…]] source du renouvellement constant de la vie’’? 

Conclusion : aimer Pallas et Van der Graaf Generator, au-delà de l’excentricité de l’entreprise, ne constitue pas un paradoxe au sein de notre rédaction.



Ps : Cet article est une parodie de l’article d’André Bazin, ''Comment peut-on être Hitchcocko-hawksien?'' Paru dans le numéro 44 (février 1955) des Cahiers du Cinéma.



Plus d'informations sur http://www.pallasofficial.com/
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ADRIANSTORK le 14/01/2014 15:20:51
C'est vrai que nous comparer aux héros de Cervantes est flatteur pour l'un redondant pour l'autre (ça aurait pu être pire avec Mortepierre et Polémic). C'est loin la Poldévie, car j'ai bien envie d'y aller avec mes témoins.
8831238
CORTO1809 le 14/01/2014 13:08:45
Brave Sancho ! Pas toujours facile à suivre dans les méandres embrumées de son cerveau, à croire que la collusion (collision ?) de VDGG et Pallas laissent de graves séquelles. D'autant plus inquiétant qu'en tant que Don Quichotte (si j'ai bien compris l'allusion), c'est lui le moins fou des deux !
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