MW / Accueil / Articles / JENN AYACHE (28 MAI 2014)

JENN AYACHE (28 MAI 2014)

INTERVIEW - POP - STRUCK - 24.07.2014
Jennifer Ayache sort son premier album solo "+001", il n'en fallait pas plus pour que Music Waves rencontre la leader de Superbus pour évoquer ce besoin de liberté et de casser les codes...
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    
Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Jennifer Ayache : En ce moment, c’est de savoir si c’est fini avec Superbus.


Même si aujourd’hui, une blague des Nuls aurait été de circonstances vu que cette interview se déroule chez "Loulou"…

(Rires) !



Ton actu est ce premier album solo "+001". Première question, la signification du titre ?

Cet album est un peu un renouveau pour moi ! J’aimais bien ce "+" et ce "001", je trouve ça assez positif, c’est aussi l’indicatif pour joindre les Etats-Unis et j’ai une espèce d’attraction pour cet endroit !


Comme semble l’indiquer le premier single de cet album 'L’Américain'...

Voilà ! Et même si tout n’est pas joli là-bas, c’est un endroit que j’aime !


"Mon groupe est ce que j’ai de plus cher mais j’avais juste besoin de me sentir un peu plus libre c’est à dire ne pas rester dans une case, une étiquette. Je voulais me retrouver un peu en studio toute seule pour me sentir plus libre !"


Cet album aux sonorités électro se démarque clairement de ce que tu avais pu faire par le passé. Pourquoi un tel album ? Un besoin d’émancipation, de casser les codes et ainsi prouver que tu existes ?

En fait, j’avais déjà l’impression d’exister par moi-même dans mon groupe parce que j’écrivais déjà les chansons… Superbus est un bébé que j’ai monté il y a 15 ans! J’ai donc passé 15 ans avec cette famille qui l’est toujours parce que mon groupe est ce que j’ai de plus cher ! J’avais juste besoin de me sentir un peu plus libre c’est à dire ne pas rester dans une case, une étiquette. Je voulais me retrouver un peu en studio toute seule pour me sentir plus libre ! Avec Superbus, on a une marque de fabrique, un nom… si bien qu’on est enfermé dedans !


Le besoin de liberté que tu évoques est finalement assez peu compréhensible quand on sait que, sorti des fans hardcore du groupe, Superbus se résume à Jennifer Ayache…


Evidemment, dans tous les groupes, le chanteur est mis en avant mais personnellement, je le vis de l’intérieur : on se déplace et on est toujours ensemble, en troupe, en groupe… j’avais juste besoin de ne pas poser de question, de ne pas demander l’avis à qui que ce soit et de me retrouver pilote de mon vaisseau complètement seule. J’ai été habituée pendant 10-15 ans à demander des avis et avec cet album, je n’ai pas besoin de le faire !


"Ces chansons sont des essais et des manières de faire évoluer les choses avec des intentions que je n’avais pas encore essayé"



Pour l’occasion, outre l’orientation clairement électro, tu as fait évoluer ton chant plus parlé, limite rap 'Si j’essaye'… qui peut parfois évoquer Yael : est-ce une comparaison que tu acceptes ou l’interview est déjà terminée ?


(Rires) Non, non, pas du tout ! J’aime beaucoup Yael ! De toute façon de la pop en français parlée, il y en a peu donc forcément, les comparaisons sont vite limitées.
Ce sont des essais et des manières de faire évoluer les choses avec des intentions que je n’avais pas encore essayées. Et parler pour raconter des histoires, c’est de temps en temps plus facile de parler. 


Malgré tout, tes premiers fans pourraient ne pas comprendre cette évolution dans le sens où une des marques de fabrique de Superbus est ton chant mélodique notamment sur les refrains…

Bien sûr ! En revanche, j’ai gardé des refrains…


… il y en a nettement moins…

… Il y en a moins mais j’ai toujours gardé des mélodies parce que c’est une des choses qu’on a et que je sais à peu près faire.


J’aime beaucoup le "à peu près"…

Merci (Rires) ! Cet album a pour vocation d’ajouter des ingrédients - attention, je ne suis pas en train de dire que j'ai fait un disque de hip hop - prendre et emmagasiner d’autres choses.


La reprise du folk 'Diabolo Menthe' d’Yves Simon, prend des allures Christophe : est-ce une comparaison qui te fait crier pour que comme Aline je ne revienne pas ?

(Rires) Non, non au contraire c’est un beau compliment, c’est joli de me dire ça !


Oui mais pour certains, ce n’est pas forcément un compliment dans le sens où Christophe est un artiste incompris parce que très expérimental…

Voilà ! C’est un grand artiste, c’est quelqu’un qui justement n’est pas fermé : il évolue, il change sans se poser de questions ! Il est très libre et du coup, j’ai envie de me sentir libre comme lui !


C’est le mot d’ordre de cet album ; "liberté" ?


Mais ça a toujours été le cas !


"Le fait d’avoir un peu de succès et que les gens aiment un groupe ou une musique fait qu’on s’enferme nous-mêmes automatiquement dans ce rôle."


Mais peut-être plus que jamais ?

C’est vrai que le fait d’avoir un peu de succès et que les gens aiment un groupe ou une musique fait qu’on s’enferme nous-mêmes automatiquement dans ce rôle.
Je me suis dit qu'en changeant de nom et en prenant ce projet en solo je pouvais en faire quelque chose à part. C'est pour moi le moyen de faire ce que je veux !
 

Et penses-tu que ce besoin dont tu parles est important aussi bien pour toi mais également pour le groupe afin qu’il se ressource et revienne plus fort ?


Bien sûr ! C’est pour ça qu’on continue à se voir, à se parler et réfléchir sur ce qu’on va faire plus tard. Mais aujourd’hui, j’ai besoin de casser quelque chose pour changer !


Le titre marque 'Animal' en compagnie de l'omniprésent Matt Bastard. Outre "Little Armageddon", il a composé la moitié de l’album de Sophie-Tith… sa présence relève-t-elle du coup marketing ?


Non parce qu’à la base, j’avais besoin de quelqu’un avec l’accent british. Pour cette chanson, j’avais en tête un anglais…


Et tu te retrouves avec un nordiste…

(Rires) Et c’est très bien parce que Matt a ce truc-là qui pour moi, est complètement crédible : il a une manière de faire à l’anglaise que j’adore ! Et comme on se connaît un petit peu, c’était assez cool de partager ce moment d’autant que la chanson est marrante : on s’insulte, il me traite de tous les noms et moi aussi…


Cette rencontre sur un fond musical électro aux relents Daft Punk…

… Oh et bien, c’est gentil tout ça !


… ce n’est pas forcément le support musical sur lequel nous aurions pensé voir réuni la leader de Superbus et de Skip the Use un groupe punk ?

Tu as totalement raison mais ce n’est pas grave (Sourire) ! On a beaucoup discuté avec Matt : il vient vraiment du live, du punk… Et Superbus, c’est pareil, au tout début, on était un groupe spécial : on se faisait tous les festivals de punk, ska… Et du coup, on évolue chacun de notre côté avec des ouvertures d’esprit qui sont hyper importantes en musique parce que si on reste fermé, on ne va pas très loin !


Autre invité sur 'J’ai voyagé' un rappeur inconnu du grand public Tito Prince, pourquoi ce choix alors que pour le buzz il aurait été plus simple d’inviter un rappeur connu ?

Justement, le côté opportuniste ne me plaît pas tant que ça. J’ai besoin que ça me touche, que ça me parle pour collaborer avec quelqu’un. Et Tito Prince, je l’ai trouvé en fouillant un peu sur Internet. Je lui ai écrit et il m’a répondu qu’il était très étonné que je vienne le chercher. On s’est rencontré et ça a collé parce que ça lui a également fait plaisir de collaborer avec des gens qui n’ont rien à voir ! De mon côté, je suis assez fière parce que dans la scène hip-hop, c’est quelqu’un d’assez respecté.


Est-ce que sommeille en toi un dénicheur de talents ?

Je ne sais pas mais en tous cas, j’adore découvrir : c’est une évidence !


Te verrais-tu jury d’une télé crochet et plus précisément comme l’émission sur France O avec Marco Prince, Tété, Ycare… ?

Jury c’est jugé et on s’éloigne de la notion de découverte ! C’est vrai que je découvre des talents depuis toujours, j’adore découvrir des gens et essayer d’en parler, de les faire jouer en première partie de Superbus, de faire des duos avec eux… Quand je trouve que quelqu’un a du talent, c’est bien d’en parler !


Justement chanteuse/auteur/compositeur, aurais-tu également l’âme d’une productrice ?

Oui ! Je sais que dans quelques années, je pense que je produirai des gens et que je prendrai les gens qui ont plein de talents pour les faire monter un peu plus haut.


Est-ce qu’il y a une volonté de surprendre voire dérouter avec cet album ?

Oui parce que je n’aime pas arriver après la bataille.


Tu veux être un précurseur ?

Non pas précurseur mais en tous cas, essayer de démarrer quelque chose à chaque fois…


... et qu’on ne te considère pas comme une suiveuse ?


Tout à fait, je n’aime pas du tout ça !


"J’étais contente de me dire que j’avais apporté quelque chose qui n’existait peut-être pas encore, prendre les influences des musiques anglo-saxonnes et de le faire en français."


Pourquoi cette volonté ?


Je ne sais pas. Peut-être que parce que quand nous sommes arrivés avec Superbus, il n’y avait pas de groupe comme nous en France. J’étais contente de me dire que j’avais apporté quelque chose qui n’existait peut-être pas encore, prendre les influences des musiques anglo-saxonnes et de le faire en français. Aujourd’hui, c’est plus compliqué, tout le monde écoute beaucoup de musique et c’est très dur d'être le premier à faire découvrir des choses originales !


Justement Superbus a été considéré comme les premiers en France à faire ce type de musique si bien qu’on vous a collé l’étiquette de No Doubt français. Avec cet album solo, ne crains-tu pas de renforcer le parallèle avec Gwen Stefani même si finalement ton album solo est assez éloigné de ses efforts solo ?

Bien sûr, c’est déjà ce qu’on est en train de me dire ! A un moment donné, chaque chanteur, chanteuse d’un groupe est lié à un album solo : on en a tous besoin ! Après, cette comparaison a lieu parce que je suis une fille, que je fais de la pop et que je viens d’un groupe qui fait de la pop aussi : c’est facile !



A ce jour, quels sont les premiers retours sur les singles sortis ?

Le premier single 'L’américain' a été plutôt bien accueilli. J’étais assez fière du clip : on a fait un joli truc ! Aujourd’hui, on continue parce que je pense qu’il faut rajouter de la matière à l’album : je suis encore en train d’écrire des chansons. Cet album peut encore évoluer ! 


"C’est compliqué de savoir exactement ce qu'on va faire tout de suite quand on sort d'un truc comme superbus"


… il est possible qu’il ne sorte jamais finalement…

(Rires) Si, si, il va sortir mais je ne sais pas si il va sortir en l’état ! C’est compliqué de savoir exactement ce qu'on va faire tout de suite quand on sort d'un truc comme superbus ! Je tâtonne, je regarde où je me sens bien… donc l’album peut encore évoluer et c’est que ce qui est bien finalement (Sourire) !


Qu’attends-tu de cet album ?

J’attends de partir en tournée ! C’est la chose la plus importante pour moi : je suis quelqu’un qui vient du live et j’ai besoin de jouer des chansons sur scène et surtout de faire toute une mise en scène…


On a vu beaucoup de vidéos circuler justement, l’aspect visuel est-il indissociable de la musique de cet album ?

Oui ! J’adore mettre des images sur du son et vice-versa. C’est quelque chose que je fais avec plaisir ! Je joue de la musique évidemment mais j'aime qu’il y ait beaucoup de choses visuelles tout autour.


Tu as dit "J’ai envie d’amener vers d’autres horizons le public qui a grandi avec moi" : penses-tu qu’il va suivre ?

Je ne sais pas. Il y en aura sûrement certains qui vont partir et d’autres qui vont rester, de toute façon, c’est le goût des gens mais aussi l’humeur et le moment ! Je pense que le public de Superbus nous écoutait quand il avait 15-20 ans, aujourd’hui, il en a 25-30, on peut tous changer de goût et évoluer ensemble !


En clair, penses-tu que cet album soit destiné aux fans de Superbus ?


Je n’en sais rien !


Au contraire, ne crains-tu pas de t’attirer les foudres de tes fans qui te suivent depuis le début qui se sentiraient trahi ?


(Sourire) De toute façon, il y en aura toujours pour dire qu’ils se sentent trahis et se demander pourquoi je ne fais plus Superbus. Je sais tout ça mais je me dis que finalement, ce n’est que de la musique, on fait découvrir les choses que l’on aime, on créé, on invente des chansons… Ce sont des moments de vie que l’on met sur des cds ou sur des supports digitaux et c'est tout !


Tu es reconnue comme étant une chanteuse d’un groupe live ; n’appréhendes-tu pas la scène avec "+001" ?


Il y a une part d’appréhension bien évidemment parce que ça va être différent pour moi ! Mais j’ai fait tellement de concerts que je me dis que je vais réussir à trouver ma place à un moment.


Sachant qu’effectivement, tu seras dans un contexte totalement différent…

Bien sûr, on va être trois sur scène, on sera moins nombreux…


Tu seras plus exposée, est-ce que ça explique ta volonté de mettre du visuel pour te cacher ?

Pas pour me cacher mais c’est vrai que c’est une autre responsabilité : je prends sur mes épaules des choses que je déléguais un peu avec Superbus. Aujourd’hui, je les porte toute seule mais c’est aussi pour ça que je fais ce projet !


Rassures-nous, l’idée de te cacher derrière les vidéos à l’instar d’un Maynard de Tool ne t’a pas traversé l’esprit ?


Ou jouer dos au public (Rires), j’ai vu ça ! Je n’en sais rien : peut-être (Sourire) ?


Que voudrais tu que l'on retienne de toi dans 10 ans?


Des chansons (Sourire) !


Une en particulier ?

Non, plein de chansons (Rires) !


Questions traditionnelles du site, quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?


Toutes les premières fois : la première fois qu’on a fait un Zénith, la première fois qu’on a reçu un prix, la première fois qu’on a entendu notre chanson à la radio, ma première interview avec toi pour Music Waves (Rires)…


J’imagine donc que tu dois être particulièrement excitée à l’aube de la sortie de cet album ?


Bien sûr, c’est la première fois que je sors un disque sous mon nom, toute seule… Je pense que ça me marquera et que je m’en rappellerai !


Au contraire, quel pourrait être le pire ?

Hum, ne pas être comprise (Rires) ! Il arrive quelques fois qu’on ne comprenne pas que les gens en face ne te comprennent pas (Rires) !


Etonnement, ton meilleur et ton pire souvenir sont le parfait résumé de ce qu’il va se passer avec ce premier album solo.


Exactement ! On verra ce qu’il va se passer (Sourire) !


On a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quel est celle que tu souhaiterais que je te pose ou à laquelle tu  adorerais répondre ?

Je ne sais pas, je n’aime pas répondre aux questions (Rires) !


Justement, je te demande une question…

(Rires) ! Je ne sais pas, on m’en pose tellement… mais c’est une bonne question ça : quelle est la question à laquelle j’aimerais répondre (Rires) !




Avant de se quitter, un dernier mot aux lecteurs de Music Waves ?

J’espère qu’ils vont découvrir mon album et qu’ils vont le comprendre (Sourire) !


Merci beaucoup

(Rires) Merci !
EN RELATION AVEC JENN AYACHE
DERNIERE ACTUALITE
"L’Américain"
SORTIE

Lire l'actualité
Voir toutes les actualités concernant JENN AYACHE

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
Quelques uns de nos partenaires :
Roadrunner, Metal Mind, Mascot Label Group, Spv Steamhammer, Afm Records, Sony Bmg, Peaceville, Warner, Unicorn, Prophecy, F2, Frontiers Records, Karisma, Insideout, Nightmare, Kscope, Ear Music, Klonosphere, Progressive Promotion, Gentle Art Of Music

© Music Waves | 2003 - 2018