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SICK SAD WORLD (MAI 2014)

INTERVIEW - HARDCORE - THIBAUTK - 10.10.2014
Pour définir le groupe, j’aimerais que ce soit « simplicité ». On est juste des mecs simples, normaux essayant de créer les meilleurs morceaux possibles.
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D’où vient le nom du groupe ?

Sick Sad World est une fausse émission TV avec des news complètement barrées dans le dessin animé tout aussi barré Daria. Ça collait bien à l’esprit un peu plus punk qui existait à la création du groupe. Notre son a évolué, mais le nom colle toujours, plutôt du point de vue de sa signification propre.


Difficile de trouver des particularités tellement la scène française, même métal est vaste. Notre particularité est peut-être de faire un métal qui plaît aussi à ceux qui n’en écoute pas habituellement.


Comment avez-vous été amenés à faire de la musique, pouvez nous raconter l’histoire du groupe ?

On faisait tous de la musique avant Sick Sad World. Certains ont pris des cours très jeunes, d’autres sont autodidactes. Le groupe s’est monté un peu par hasard avec une personne centrale, Gaël, qui était guitariste du groupe Strike Down. Il a été le lien entre les deux seuls membres d’origine encore présent : Julien (chant) et Rico (basse). Le projet de base n’était pas très sérieux, il n’y avait pas d’objectifs précis, juste des gens qui voulaient jouer ensemble. Au fur et à mesure c’est devenu plus sérieux, on a progressé, on a trouvé notre style. Mais cela ne correspondait pas aux envies de tout le monde. Le line up a donc changé plusieurs fois. Il y a eu en gros quatre « Sick Sad World » différents, aussi bien en terme de membres que de style. On aurait probablement dû changer de nom pour que cela soit plus clair, car certains ont encore de nous l’image du groupe punk/métal « à l’arrache » des débuts. En tout cas le line up est stable depuis 2011. Cette stabilité nous permet enfin de progresser et de développer notre style.


Donnez cinq adjectifs pour qualifier les compétences du groupe ?

Composition, ambiance, mélodie, puissance, simplicité.


Quels sont vos particularités en tant que groupe de la scène française ?

Difficile de trouver des particularités tellement la scène française, même métal est vaste. Notre particularité est peut-être de faire un métal qui plaît aussi à ceux qui n’en écoute pas habituellement.


Dans quel mouvance musicale vous situez vous ?

Au sens large, on fait du métal. Si on rentre dans le détail, on joue un mélange de postcore, de sludge, de métal ambiant, de prog. J’ai découvert récemment un terme qui me plaît bien, dans lequel sont classés des groupes qu’on adore comme Cult of Luna, The Ocean, Isis, …c’est : « Athmospheric sludge metal ». Je pense qu’on va garder ça.


De quel groupe vous sentez vous le plus proche ?

Cela dépend des membres du groupe, on a des influences parfois un peu différentes. Mais nos goûts se rejoignent autour des 3 groupes que j’ai cité dans la question précédente, et je rajouterais Opeth, Devil sold his soul, Neurosis… Mais s’il ne faut en citer qu’un seul ça sera Deftones.



De quoi êtes vous le plus fier sur votre dernier album Murmuration ?

Si on se base sur les échos que l’on a eus, je dirais que c’est la qualité de composition globale qui ressort. Nous ne sommes pas des tueurs techniquement, mais de toute manière cela ne nous intéresse pas. Ce dont on est fier c’est d’avoir réussi un album à la fois puissant et mélodique, qui n’est pas lassant mais qui reste homogène.


Pourquoi votre dernier album puissant et violent s’appelle Murmuration : paradoxe, cynisme ou autre ?

En fait on ne le trouve pas si puissant et violent que ça, par rapport à ce qui se fait dans le métal et à ce qu’on aurait pu envoyer. On a cherché à ce qu’il reste mélodique et atmosphérique. Après le terme « Murmuration » vient d’un phénomène naturel qui est lui-même assez cynique. À première vue une murmuration est quelque chose de beau avec ces envolés d’oiseaux qui créés des masses dans le ciel. Mais dans les faits, ils luttent pour leur survie et les plus faibles ne peuvent pas suivre.


Quelle a été la source d'inspiration pour ce dernier album ?

Il n’y a pas une source d’inspiration précise, mais plutôt une volonté globale de proposer quelque chose d’original. Quand on compose, on travaille surtout en improvisation, on ne se base sur rien d’autre que la musique qu’on créé sur le moment ensemble.


Sa pochette est très sombre et très travaillée, comment est né le visuel et le choix de l’artiste ?

La pochette est une version développée d’un flyer qu’avait réalisée la graphiste Aminokia. Son style graphique correspondait à ce que l’on recherchait. On lui a donné quelques indications, comme le fait d’avoir une connexion entre l’homme et la nature, d’avoir un graphisme assez chargé avec des tracés à la Derek Hess et la présence d’oiseaux, en l’occurrence de corbeaux, parce qu’on aime leur symbolique. Elle nous a proposé ce dessin et ça a collé directement.


Quelles sont vos influences musicales ? Quelles sont vos influences en dehors de la musique ?

Musicalement ce sont les groupes que j’ai cités plus haut dans l’interview. Pour développer un peu plus là-dessus, disons que certains membres vont également apprécier des groupes plus « classique métal » comme Metallica, d’autres vont également écouter du hardcore, certains du rock plus soft, d’autres encore du prog ou du doom. Mais la base reste principalement les guitares saturées et des groupes sachant proposer autre chose qu’une démonstration technique. En dehors de la musique, idem cela dépend des membres et c’est assez large : cinéma, graphisme, ésotérisme, …Mais dans les faits, l’influence réelle qu’un film ou qu’un livre va avoir sur notre musique n’est pas définissable, on est plutôt dans une influence inconsciente.


Je me suis vite rendu compte que ce n’était pas les groupes les plus « engagés » et « révoltés » qui avaient le meilleur état d’esprit. Si on devait être « héritiers » de groupes cela serait plutôt de Pink Floyd, Black Sabbath, Neurosis voir Nirvana.


Qu’avez vous voulu faire passer comme messages sur Murmuration ?

Il n’y a pas un message précis. Nous ne sommes pas un groupe engagé, à texte ou à message. Je pense que pour ça, le chant en français serait indispensable. Faire quelque chose de plus audible également. On a davantage voulu faire passer des émotions, créer des ambiances. L’idée est plutôt que chacun s’approprie notre musique pour créer sa propre histoire.



 


Comment naissent les structures des chansons ?

Nous n’avons pas de formule unique. Cela peut venir d’une idée d’ambiance globale comme pour la chanson « Ghost Voice » mais plus souvent d’un riff amené par un des guitaristes, qui nous inspire et autour duquel on « brode ». C’est souvent ce premier riff qui sert de base à un « bœuf » d’improvisation et qui donne la couleur du morceau. On joue, on voit où ça nous mène, et quand ça commence à bloquer, on structure.


Êtes vous intéressés par l'actualité ou la politique ? Qu’en retenez vous ?

Oui forcément, on peut difficilement ne pas se sentir concerné par notre environnement social. Par contre, pour l’instant, cela n’influence pas le groupe. Nous avons nos idées, beaucoup de choses nous concernent et inquiètent, comme les problèmes environnementaux. Mais on laisse tout ça en dehors de la musique. Ce groupe n’est pas fait pour diffuser des opinions, il est fait pour créer des morceaux, des ambiances, des histoires.


Vous sentez vous héritiers de révolte portée par la scène rock-indé années 80-90 (Les Bérus, Les Rats, Les Garçons Bouchers) ?

Absolument pas. Nous avons très peu écouté ces groupes. Et puis sans rentrer dans les détails, certains groupes engagés sont parfois plus doués pour les discours que pour les actes. Je ne parle pas forcément de ces groupes là précisément. J’ai animé une émission de radio pendant des années, ce qui m’a permis d’interviewer et de rencontrer beaucoup de groupes. Je me suis vite rendu compte que ce n’était pas les groupes les plus « engagés » et « révoltés » qui avaient le meilleur état d’esprit. Si on devait être « héritiers » de groupes cela serait plutôt de Pink Floyd, Black Sabbath, Neurosis voire Nirvana. Ce sont plutôt eux qui ont ouvert la voix à des groupes tels que nous.


Que pensez vous ainsi de François Hadji Lazaro qui a toujours mélangé les styles ?

On ne le connaît pas suffisamment pour se prononcer sur lui. On en a simplement l’image de quelqu’un d’intègre.


Aimeriez vous vous aussi incorporer des instruments moins rock ?

Oui, on y pense. Sur l’enregistrement nous avons ajouté quelques claviers, pour ajouter en ambiance. Effectivement ajouter plus de pianos, violon, violoncelle pourrait donner une autre ampleur à notre musique. Mais il y a des chances que ce ne soit qu’en enregistrement, pas en live.


Votre musique doit elle nécessairement être violente ? La révolte est-elle alors le moteur de votre créativité ?

Notre musique n’est pas dans une violence liée à une révolte. La violence dans notre musique est assez thérapeutique, un défouloir certes mais qui concerne la vie en général. Ce n’est lié à rien de précis, à aucun événement ou revendication. Finalement faire une musique « violente » est un peu comme faire du sport pour nous, c’est se créer une bonne fatigue !


Si vous deviez vous révolter, quelle en serait la motivation à l’instant présent ?

Comme je le disais, nous ne sommes pas dans la révolte. Après à l’instant précis, ce qui m’énerve ce sont les intégristes religieux, genre « Famille pour tous ». Que ce soit par exemple en voulant faire interdire le Hellfest, le mariage pour tous ou encore sur la théorie du genre. Ces gens dangereux et fermés transforment la vérité pour faire passer de fausses idées, d’un autre siècle. Ça peut être un sujet de révolte parmi des tonnes d’autres, ce n’est que le plus récent. Pour autant, nous n’avons pas la volonté d'utiliser notre musique pour dénoncer ce genre de chose.


Que pensez vous de l'industrie musicale actuelle, de la manière dont un groupe peut diffuser sa musique ?

Vaste question. On est assez partagé sur le sujet. D’un côté, il est important que les gens gardent en tête qu’une création a une valeur, qu’enregistrer un morceau coûte de l’argent (studio, mastering,…), que des gens ont travaillés dessus et doivent être rémunérés (artiste, ingé son, label,..). Un album a un prix car il a un coût, tout simplement. D’un autre côté le téléchargement gratuit et le streaming permettent à plus de monde de te découvrir. Et si on fait de la musique, c’est pour que le maximum de personnes l’écoute. Notre « consommation » de musique fonctionne avec ça en tête. Pour la majorité d’entre nous, on télécharge beaucoup de groupes. Si un album nous plaît, on l’achète même si on l’a déjà en mp3. Je pense qu’il s’agit du fonctionnement le plus sain. En fait ce qui nous paraît le plus gênant c’est que les auditeurs n’écoutent plus un album en entier, mais des titres individuellement. Tout va plus (trop) vite, un morceau doit accrocher dès les premières secondes, tu peux faire un album pourri avec un seul titre hyper accrocheur et ça marche. Après, heureusement certains labels ont encore les couilles de signer des groupes inconnus juste parce qu’ils aiment l’album, comme Send the Wood l’a fait pour nous.



Y a-t-il une chanson d'un groupe dont vous rêvez de faire la reprise ?

Notre plaisir principal est de composer, donc ce n’est pas forcément un rêve de faire une reprise. S’il faut choisir, disons que reprendre « Nayeli » de Time to burn, peut être une expérience assez intense. Ou reprendre à notre sauce un titre qui n’a rien à voir à la base. On l’a fait en répétition pour se marrer avec…La Bamba ! Mine de rien, ça sonnait !


Avec quel artiste(s) français aimeriez vous collaborer ?

Ce ne sont pas forcément les groupes français que nous suivons le plus. Mais collaborer avec des groupes comme Time to burn, Celeste ou Year of no light serait énorme.


Quel est votre pire souvenir de musicien ou votre pire souvenir de tournée ?

Nous n’avons pas de souvenir vraiment difficile en tant que musicien. Ce n’est « que » de la musique après tout, une passion certes mais à notre niveau c’est surtout un loisir. Mais s’il faut en choisir un cela serait peut-être un concert devant 14 personnes précisément, sur une date où l’on avait beaucoup investi en temps, en argent, et fait venir des groupes qu’on aimait beaucoup.


Quel sont vos sources d’inspiration dans le jeu de guitare, le jeu batterie et le chant ?

On va être chiant mais là pareil, c’est super large ! On écoute du rock extrême depuis tellement longtemps que la liste serait trop longue. Le métal est probablement un des styles où les musiciens sont les plus doués, donc ça serait dur de choisir. En même temps on n’est pas du genre à baver devant les vidéos de démonstrations de musiciens. Comme je le disais, on est plus touché par les ambiances que par la technique, donc disons tous ceux qui savent nous toucher avec leurs instruments (rien de sexuel là-dedans).


Quel musicien parti trop tôt vous manque le plus ?

Notre premier guitariste, Gaël, à qui est dédié la chanson « Missing Bro ». Sans lui, pas de Sick Sad World.


Qu’auriez vous voulu faire si vous n’aviez pas fait de la musique ?

On serait tous dans d’autres formes d’expressions artistiques probablement. Peut-être qu’on aurait fait plus de sport aussi, vu qu’on n’aurait pas eu notre défouloir musical. Mais en fait c’est assez difficile pour chacun de nous d’imaginer ne pas faire de musique. C’est devenu aussi logique que de boire, manger et chier. Après nous ne sommes pas professionnels, donc faire de la musique, ne nous empêche pas de faire autre chose à côté si l’on veut. C’est juste que c’est ça que l’on a envie de faire avant tout.


Est-il prévu une tournée pour promouvoir l’album ? Si oui, à quoi peut on s’attendre sur scène ?

On aimerait beaucoup. Malheureusement nous avons beaucoup de mal à trouver des dates. Et ce, pour plusieurs raisons : nous avons tous des boulots prenants et peu de dispos communes, certains ont des vies de famille. Ensuite, il y a une complexité liée à notre style également : peu de lieux accueillent des groupes de métal, surtout dans un genre un peu hybride comme le notre. Enfin, nous n’avons pas encore une notoriété suffisante pour que l’on vienne nous chercher. Du coup on joue surtout sur la région nantaise. En attendant que ça se débloque, on réfléchit à une idée de scénographie pour booster l’impact visuel de nos shows.


Que souhaiterez vous qu'il reste de votre musique dans quelques décennies ?

On espère que notre musique aura laissé une trace chez quelques personnes, qu’ils réécouteront nos albums avec plaisir et que cela n’aura pas trop vieilli. Mais plus encore, on aime l’idée que de nouvelles générations puissent découvrir nos morceaux des années après, comme nous l’avons fait avec certains groupes.


Quel qualificatif devrait rester dans les mémoires pour définir votre groupe et votre musique ?

Pour définir le groupe, j’aimerais que ce soit « simplicité ». On est juste des mecs simples, normaux essayant de créer les meilleurs morceaux possibles. Pour définir notre musique :« atmosphérique ». On aimerait de plus en plus creuser ce sillon d’ambiance associée à la musique métal percutante.


Un dernier mot pour les lecteurs de Musicwaves...

Tout d’abords un mot pour les rédacteurs de Music Waves ! Merci d’avoir eut la curiosité de découvrir un groupe avec peu de visibilité tel que nous. Merci d’avoir compris notre musique comme on l’a ressentie dans votre chronique. Pour les lecteurs, je dirai simplement : soyez curieux ! Il y a beaucoup de bons groupes qui n’ont pas forcément les moyens de se faire connaître, il faut parfois sortir de ce qu’on vous « donne à manger ».  Si vous appréciez ce qu’on fait, parlez de nous, faites tourner nos infos, nos morceaux. En gros, on a besoin de votre aide !



Plus d'informations sur http://www.sicksadworldband.fr
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