MW / Accueil / Chroniques / PINK FLOYD: The Endless River
Le 13.11.2014 par TONYB
GROUPE/AUTEUR:

PINK FLOYD

(ROYAUME UNI)

TITRE:
THE ENDLESS RIVER
ANNEE PARUTION:
2014
LABEL:
WARNER
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
"Véritable hommage à Rick Wright trop tôt disparu ou bien opération bassement mercantile utilisant les derniers fonds de tiroir du groupe ? S'il s'impose comme le testament de Pink Floyd, The Endless River est aussi et surtout un grand album."
La genèse de ce qui sera (les survivants l'ont juré) le dernier album de Pink Floyd prête et prêtera le flanc à de multiples discussions et interprétations : véritable hommage à Rick Wright trop tôt disparu ou bien opération bassement mercantile utilisant les derniers fonds de tiroir ? Peu importe, après son annonce surprise au printemps dernier, l'objet est là et bien là, détenant désormais le record du nombre de pré-commandes sur le plus important site de vente en ligne.

Composé de quatre grandes suites découpées en 18 plages, The Endless River est donc majoritairement basé sur des morceaux écrits et joués par Rick Wright et David Gilmour lors des sessions d'enregistrement de The Division Bell, prévu à l'origine sous la forme d'un double album et finalement publié en version simple il y a 20 ans. Grâce à un gros travail de restauration et de production effectué par Phil Manzanera, Youth et Andy Jackson, David Gilmour et Nick Mason ont pu reprendre et compléter ces titres pour en faire un assemblage cohérent, dans une veine très atmosphérique bien rendue par des compositions instrumentales (à l'exception de Louder than Words).

L'esprit de cette galette ? Incontestablement floydien : planant, symphonique par la grâce de claviers incomparables, poignant par les interventions de guitare à nulle autres pareilles, et convoquant au fil des titres les compositions passées du groupe. Shine on you Crazy Diamond est ainsi convié dès la deuxième plage (It's What we Do), The Wall est clairement évoqué au travers des deux parties de Allons-y, le live à Pompéi transparait derrière Sum et plus encore Links, avec roulements de batterie et sonorités dissonantes expérimentales, tandis que les chœurs féminins notamment présents sur l'hypnotisant et poignant Talkin' Hawkin' rappellent les ambiances de The Dark Side of the Moon. Naturellement, les ambiances de The Division Bell sont également présentes, mais le rendu instrumental limite cette évocation, à l'exception donc de Louder than Words qui, s'il ne trustera probablement pas les premières places des charts, charrie son pesant d'émotion compte tenu du contexte et des textes forcément évocateurs.

Particulièrement mis en avant par ses compères, l'esprit du grand Rick Wright plane bien entendu sur l'ensemble de l'album, ses sonorités de clavier participant on ne peut mieux au rendu final, avec un rare sommet d'intensité sur Autumn'68, plage où il utilise le grand orgue du Royal Albert Hall. Plus qu'un hommage, c'est finalement une dernière mise en avant de cet artiste magnifique, au rôle parfois bien trop sous-estimé dans l'analyse de l'œuvre du groupe au Flamand Rose.

Après toutes les craintes que pouvait susciter une telle annonce (il n'est qu'à voir les œuvres de piètre niveau commises récemment par quelques "dinosaures" du genre), force est de constater que nous tenons entre nos oreilles un grand album. Faisant fi des conditions de sa réalisation qui reconnaissons-le font valeur d'une restauration musico-archéologique diablement bien réalisée, jugeons plutôt l'objet sur sa seule valeur musicale et là, très honnêtement, il n'y a vraiment pas tromperie sur la marchandise, se posant en magnifique testament d'un des plus grands groupes de l'histoire du rock. Que certains s'émeuvent d'y voir accolée l'étiquette Pink Floyd n'a finalement que peu d'importance. Et d'ailleurs, reproche-t-on à leur principal pourfendeur le fait de continuer à se faire de l'argent depuis 30 ans avec The Wall ?

Plus d'information sur http://www.pinkfloyd.co.uk/pages/main.html

VIDEO

GROUPES PROCHES:
PORCUPINE TREE, BARCLAY JAMES HARVEST, CAMEL, RPWL, PHIDEAUX, ALAN PARSONS, MOSTLY AUTUMN, NOSOUND, T, SATELLITE

LISTE DES PISTES:
01. Things Left Unsaid
02. It’s What We Do
03. Ebb And Flow
04. Sum
05. Skins
06. Unsung
07. Anisina
08. The Lost Art Of Conversation
09. On Noodle Street
10. Night Light
11. Allons-y (1)
12. Autumn '68
13. Allons-y (2)
14. Talkin’ Hawkin’
15. Calling
16. Eyes To Pearls
17. Surfacing
18. Louder Than Words


FORMATION:
David Gilmour: Chant / Guitares
Nick Mason: Batterie / Percussions
Richard Wright: Claviers
Andy Jackson: Basse / Invité
Anthony Moore: Invité
Bob Ezrin: Basse / Claviers / Invité
Damon Iddins: Claviers / Invité
Durga Mcbroom: Invité / Choeurs
Gilad Atzmon: Invité / Saxophone, Clarinette
Guy Pratt: Basse / Invité
Jon Carin: Claviers / Invité
Louise Marshall: Invité / Choeurs
Sarah Brown: Invité / Choeurs


TAGS:
Instrumental, Intimiste, Mélancolique, Planant
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REALMEAN le 01/02/2015 19:22:53
J'ai été un peu déçu, j'attendais mieux. L'album ne décolle vraiment qu'à partir d'Anisina, c'est-à-dire qu'il faut attendre d'en arriver presque à la moitié avant d'en saisir le propos. Quand on compare "The endless river" avec "The division bell", on ne peut pas s'empêcher de considérer que l'album de 1994 a bénéficié d'une vraie démarche de production, alors que le tout dernier n'a été rempli qu'avec le fond de la cuve. Finalement assez normal, puisqu'il s'agit justement du chutier de "Division Bell". Mon approche est la même que celle de Pete. Je ne comptais certainement pas passer à côté de cette conclusion floydienne, mais cet album qui arrive beaucoup trop tard, avec une totale absence de surprise, risque bien de se faire assez vite oublier.
2174 17078
 

PETE_T le 19/01/2015 10:00:26
Il m'aura fallu attendre les étrennes puis profiter d'un moment que j'ai considéré comme propice pour écouter cet album ultime.
Point de disque incontournable pour moi comme je ne le place pas non plus comme une bouse immonde.
L'hommage à Rick est rendu avec un disque quasiment instrumental (et j'ai horreur de cela, PF ou autres) où l'on ressent toute l'émotion de la perte d'un être cher.
Point de nouveautés dans le jeu des musiciens, pas de point faible non plus, il ne fallait pas s'attendre à autre chose...
L'histoire des anglais aura pu se finir d'une manière moins lumineuse mais le groupe (ou ce qu'il en reste) a pris le parti de terminer sur une note musicalement acceptable et c'est à mettre à leur honneur.
De toute façon, nous ne pouvons parler de mercantilisme puisque tout adorateur (comme moi) du combo l'aurait acheté ce disque !
"The Endless River" est sympathique à écouter en fond sonore (un atout pour les réunions d'amis) mais ne restera pas comme LE disque de PF que je choisirais de préférence dans leur discographie.

2003 17037
 

LOLOS70 le 15/11/2014 13:30:56
Je vous trouve un peu trop généreux avec cette album. Pink Floyd c'était une claque à chaque album, une originalité et un son exceptionnels. Mais ça c'était avant 1979.
D'ailleurs je suis en totale adéquation sur les notes de tous les albums des Floyd ici critiqués, sauf pour Animals qui pour moi est un chef d’œuvre, aussi génial qu TDSOM, et autres.
Dans cet opus je n'y vois qu'un hommage à ce cher Rick, trop tôt disparu,et bien que n'étant pas un Wakeman dans la virtuosité, il a apporté cette touche et cette ambiance sans quoi les Floyd ne seraient pas ce qu'ils sont, n'en déplaise à Waters.
Certes la musique est plutôt agréable et c'est du Floyd, mais il n'y a rien à faire, sans Waters il manque cette folie créatrice, que David, Rick et Nick savaient transformer en albums originaux et géniaux.
Mais je reconnais qu'il mérite de faire partie de la Discographie.
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MR.BLUE le 14/11/2014 15:10:25
Tout à fait d'accord avec l'objectivité et la clairvoyance de mon compère. "The Endless River" est bel et bien un album du Floyd. Un album tout en émotion qui apaise et existe dans une extrême quiétude.
Et le voilà tout aussi légitime, si ça n'est plus, que "The Divison Bell" de 1994 où le groupe versait dans une musique plus calibrée et radiophonique par moments.
Ici, et surtout grâce à l'alchimie Gilmour/Wright qui envahie tout l'espace, le Floyd retrouve toute sa majesté le long de plages certes évocatrices du glorieux passé du groupe mais suffisamment fines et personnelles pour s'en détacher au fil des écoutes.
Side 1 invoque un effet 'Shine On' et 'Welcome To The Machine' dans une communion aérienne et éthérée entre guitare et clavier.
Side 2 invoque un effet psyché qui gargouille, qui gargouille, grouille, siffle et tambourine pour ensuite s'apaiser, s'élever et s'envoler…
C'est 'Side 3' qui semble moins bien supporter l'effet d'assemblage. Ce Melting Pot d'ambiances où la guitare sert de fil rouge se veut langoureux, presque intime pour évoquer ensuite 'The Wall'. A la guitare prépondérante et scindé par un orgue majestueux, le titre s'achève une fois de plus en allant côtoyer les hautes sphères.
Enfin, 'Side 4' invoque un effet d'imposante gravité qui se lève doucement sur une guitare claire et vient poindre en surface avec délicatesse pour laisser place au seul titre chanté.
Un album riche en images et en émotions qui, malgré un manque d'unité parfois, et à moindre effet l'absence de chant, mérite toute sa place dans la discographie de Pink Floyd.
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VUNKCLE - 15/11/2014 15:05:34
Merci pour cette belle chronique qui devrait déranger nombre pisse froid mais si je puis me permettre, point de falmant rose dans Pink Floyd mais plutôt l'association de deux noms de musiciens de Blues, Pink Anderson et Floyd Council.
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NOTES
 
3.8/5 (10 avis)
3.2/5 (15 avis)
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