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COSMOGRAF: THE UNREASONABLE SILENCE (2016)


ALBUM - AUTRE LABEL - ROCK PROGRESSIF - CALGEPO - 02.08.2016
"Avec cet album, le plus ambitieux à ce jour, Cosmograf réussit à synthétiser ses influences nombreuses et variées tout en leur tirant leur substantifique moelle au service d’un sujet complexe."

4/5
GROUPES PROCHES :
DEEP PURPLE, LED ZEPPELIN, BARCLAY JAMES HARVEST, PINK FLOYD, ANATHEMA, SYLVAN

TRACKS :

01. Echo $abduction, 02. This Film Might Change Your Life, 03. Plastic Men, 04. Arcade Machine, 05. RGB, 06. Four Wall Euphoria, 07. The Uniform Road, 08. The Silent Field, 09. Relativity, 10. The Unreasonable Silence

FORMATION :
Robin Amstrong (Chant / Guitares / Claviers), Andrew Whelbig (Invité / Voix), Dave Meros (Basse / Invité), David Thompson (Invité / Voix), Katharine Thompson (Invité / Voix), Linnea Sage (Invité / Voix), Martin Hutchinson (Invité / Voix), Martin Paine (Invité / Voix), Nick Beggs (Basse / Invité), Nick D'Virgilio (Batterie / Invité), Rachael Hawnt (Chant / Invité), Rhiannon Owens (Invité / Voix), Steve Wilson (Invité / Voix)

TAGs :
70's, Epique, Psychédélique
Après avoir évoqué la solitude de l’homme isolé dans l’espace ("The Man Left In Space") puis le concept de l’âme hors du corps pour revenir à l’essence même d’humain face à la technologie ("Capacitor"), Robin Armstrong s'attaque, avec le cinquième album de son projet Cosmograf, au mythe de Sisyphe déjà réadapté par Albert Camus. Dans "The Unreasonable Silence", Robin Armstrong narre l’histoire d’un homme moderne déçu par sa propre vie, au point qu'il croit que son destin peut résider dans un autre monde et dans une rencontre avec un extraterrestre.

Afin de mettre en musique ce propos, Robin s’approprie une nouvelle fois des influences multiples telles que Porcupine Tree, Black Sabbath, Pink Floyd, Muse… pour mieux s’en démarquer et affirmer sa personnalité. Pour s’aider dans cette démarche, le multi-instrumentiste s’est à nouveau entouré d’une pléiade d’invités bien connus du monde progressif : Dave Meros (Spock’s Beard, The Animals) et Nick Beggs (Steven Wilson, The Mute Gods) à la basse, Nick D’Virgilio (Ex Spock’s Beard, Big Big Train) à la batterie et aux percussions, et Steven Wilson et Rachel Hawnt pour les voix.

Avec cette équipe complémentaire, Cosmograf développe des thèmes comme la paranoïa, l’isolement, l’absurde, la déconnexion et la recherche de soi-même, l’album invitant ainsi à la réflexion et à l’introspection. Ces différents thèmes sont propices à un patchwork d’ambiances rock, progressives teintées de psychédélisme. L’album est dense, à l’image de l’œuvre de Camus, complexe mais suffisamment accrocheur pour ne pas perdre l’auditeur en route.

L’utilisation de samples de bruitages ou de voix (’Plastic Men’, ‘RGB’, ‘The Uniform Road’), caractéristique de Cosmograf, contribue à installer des atmosphères oppressantes, angoissantes ou planantes permettant d’accentuer le côté cinématographique de l’album. L’impression de voir se dérouler un film de science-fiction est prenante, parfaitement illustrée par l’épique ‘This Film Might Change Your Life’ introduit par le planant ‘Echo $adbuction’. L’entame est soutenue par des sons de laser un peu cheap - un léger défaut toutefois vite corrigé - et les breaks sont plutôt bien amenés, avec fluidité. La tension est palpable tout le long du titre, avec la guitare véloce de Robin Armstrong soutenue par une section rythmique au diapason.  À partir de là, "The Unreasonable Silence" ne lâchera plus l'auditeur tout au long des dix titres dont quatre dépassent aisément les 7 minutes, alternant moments épiques et accalmies raffinées (notamment ‘RGB’ ou ‘The Silent Field’) qui permettent de contraster le rythme soutenu de l’album.

La guitare émaille tout l’album de nombreux solos démontrant la grande palette de styles de Robin Armstrong, alternant un toucher façon Gilmour avec des riffs plus agressifs dans la tradition de Deep Purple (’Plastic Men’, ‘Arcade Machine’) ou même Led Zeppelin (’Uniform Road’ avec son riff  et son ambiance orientale se rapproche d’un ‘Kashmir’ sans pour autant constituer un plagiat éhonté). ‘Four Wall Euphoria’ pourrait être issu d’un "Dark Side Of The Moon" musclé et 'The Unreasonable Silence' clôt l’album de fort belle manière, alternant riffs et solos planants, claviers à la Richard Wright, l’apothéose arrivant avec la voix de Rachel Hawnt dans un chorus dramatique de toute beauté au terme duquel l’auditeur sort de sa torpeur.

Si la guitare est très présente, les claviers ne sont pas en reste, participant à l’intensité quasi scénique de l’album, oscillant de l’orgue Hammond à des sons plus modernes. Toute cette richesse ne nuit aucunement à la cohésion de l’album dont la production semble avoir été améliorée par rapport à "Capacitor".  Le mix est équilibré, laissant les instruments s’exprimer sans qu’aucun ne prenne le pas sur un autre. Il convient de souligner l’investissement de Nick D’Virgilio dont la frappe toujours subtile et précise contribue à la réussite de l’album.

Avec cet album, le plus ambitieux à ce jour, Cosmograf  réussit à synthétiser ses influences nombreuses et variées tout en utilisant leur substantifique moelle au service d’un sujet complexe. Remarquablement pensé, l’album demandera du temps pour révéler toutes ses nombreuses subtilités.


Plus d'informations sur http://www.cosmograf.co.uk
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