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DYSRHYTHMIA: THE VEIL OF CONTROL (2016)


ALBUM - PROFOUND LORE - METAL PROGRESSIF / AUTRES EXTREME - PLATYPUS - 19.10.2016
"Dysrhythmia construit un labyrinthe rythmique et sonore dans lequel il ne sera pas toujours agréable de se perdre, mais que l'auditeur en recherche d'expérience aurait tort de ne pas emprunter."

4/5
GROUPES PROCHES :
KING CRIMSON, GORGUTS

TRACKS :

01. The Veil Of Control - 05:40, 02. Internal/eternal - 06:23, 03. Black Memory - 04:56, 04. Selective Abstraction - 05:02, 05. Severed And Whole - 05:07, 06. When Whens End - 08:29

FORMATION :
Colin Marston (Basse), Jeff Eber (), Kevin Hufnagel (Guitares)

TAGs :
Avant-gardiste, Chaotique, Dissonant, Instrumental, Oppressant, Technique
Un monde sans issue ; une fuite aussi désespérée qu'inutile ; Alice enfermée avec la Reine de Cœur au sein de son pire cauchemar. Voilà ce que peut évoquer le nouvel album du trio Dysrhythmia, échappée progressive menée par deux membres de Gorguts, Kevin Hufnagel et Colin Marston, auxquels s'ajoute Jeff Eber à la batterie. Encore que parler de progressif pour définir "The Veil Of Control" puisse paraître à la fois réducteur et abusif, tant ça grince, frotte et s'entrechoque sans répit. Alors progressif, pourquoi pas, mais plutôt King Crimson époque "Larks' Tongues In Aspic" que Genesis ou Spock's Beard.

Ce septième album des Américains est à l'image de sa pochette : la lumière jaillit des profondeurs sans parvenir pour autant à vaincre les ténèbres qu'elle prétendait éclairer. Cette défaite du lumineux sur l'obscur irrigue les six titres de l'album, à commencer par l'entame qui déploie d'abord un monde ouaté, post-black à la Deafheaven, que viennent peu à peu gangrener d'inconfortables éléments mélodiques délivrés par un Hufnagel tout en dissonances. 'Selective Abstraction' s'inscrit dans un registre similaire quoique plus râpeux, dans lequel les riffs déstructurés conduisent la narration grâce au travail titanesque de Marston à la basse six-cordes et de Eber, au jeu plus protéiforme que jamais.

Si le propos reste majoritairement affilié au metal, se distinguant toutefois de l'extrême par un usage modéré de la saturation et l'absence de chant, a fortiori growlé, le pont superbement mélodique dominé par la guitare douze cordes de 'Severed and Wholes', ou encore les interminables progressions arpégées de 'Black Memory', contrarient cette pente naturelle et induisent, par l'usage des contrastes, de permanentes tensions. Ce sont bien celles-ci qui accompagnent les meilleurs titres de l'album, à commencer par 'Internal/Eternal' et son riffing hypnotique en tapping qui évoque le formidable 'Dyson Sphere III' d'Alkaloïd. Quant au terminal 'When Whens End', avec ses accélérations fulgurantes tempérées par de contemplatives échappées aériennes, cousin en cela de 'Black Memory', il migre aux portes du jazz et de l'avant-garde, sinuant même un moment aux côtés de Naked City et d'Olivier Messiaen.

Mais la principale parenté reste tout de même Gorguts, auquel Dysrhythmia emprunte ce dispositif instrumental à la fois collectif et hyper-individualisé qui permet aux musiciens de se croiser, s'affronter, suivre des sentiers distincts pour ensuite se répondre en de vertigineux jeux de miroir ; et cette proximité signe la limite de "The Veil Of Control", album généreux mais un peu froid, technique jusqu'à la transe, dont la singularité s'affadit pour qui connaît le travail de Gorguts.

Le trio construit donc un labyrinthe rythmique et sonore dans lequel il ne sera pas toujours agréable de se perdre, mais que l'auditeur en recherche d'expérience aurait tort de ne pas emprunter, tant il est vrai qu'un album, tout épuisant soit-il, peut aussi s'avérer remarquable.


Plus d'informations sur http://dysrhythmia.bandcamp.com
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