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STEVEN WILSON: TO THE BONE (2017)


ALBUM - AUTRE LABEL - ROCK PROGRESSIF - CALGEPO - 30.06.2017
"Succédant à "Hand.Cannot.Erase", "To The Bone" rend un hommage appuyé à la pop avec une touche progressive, un exercice de style dont Steven Wilson, l'alchimiste de la musique, se sort haut la main. Un incontournable."

5/5
GROUPES PROCHES :
PORCUPINE TREE, PINK FLOYD, KING CRIMSON, ORDINARY BRAINWASH, BASS COMMUNION, MEMORIES OF MACHINES, SANGUINE HUM, STORM CORROSION

TRACKS :

01. To The Bone, 02. Nowhere Now, 03. Pariah, 04. The Same Asylum As Before, 05. Refuge, 06. Permanating, 07. Blank Tapes, 08. People Who Eat Darkness, 09. Song Of I, 10. Detonation, 11. Song Of Unborn

FORMATION :
Adam Holzman (Claviers), Craig Blundell (Batterie), Steven Wilson (Chant / Guitares / Claviers), David Kollar (Guitares / Invité), Jeremy Stacey (Batterie / Invité), Mark Feltham (Invité / Harmonica), Ninet Tayeb (Chant / Invité), Pete Eckford (Invité / Percussion), Sophie Hunger (Chant / Invité)

TAGs :
90's, Accessible / FM
Deux ans à peine après "Hand.Cannot.Erase", Steven Wilson sort son cinquième album intitulé "To The Bone" (si l'on considère "4 1/2" comme un EP). Après s'être approprié dans chacun de ses albums des styles différents tout en y mettant sa patine (la cold et la dark wave puissante avec "Insurgentes", le free jazz crimsonien avec "Grace For Drowning", le rock progressif servant de base à des histoires de fantômes dans "The Raven That Refuse To Sing", l’urbain et le rock dans "Hand Cannot Erase"), c’est à la pop que l’alchimiste de la musique s’attaque. Il est intéressant de voir comment évolue la carrière solo de Steven Wilson d’une musique dont il lui a été reprochée parfois d’être trop élitiste des premiers albums vers un style peut être plus immédiat, voire plus accessible, y compris pour les non-initiés, laissant transparaître le souci d'allier la recherche d'une reconnaissance plus grande de la part du public tout en gardant sa personnalité.

Ce qui frappe à l’écoute de ce nouvel album c’est la manière dont l'artiste va rendre sa musique plus limpide tout en ayant constamment à l'esprit d’y apposer sa marque de fabrique sans concession. Dans les faits, la pop n’a jamais quitté le Britannique y compris lorsque Porcupine Tree était en activité ("Lightbulb Sun", "Stupid Dream") et dans sa carrière solo ('Postcard', 'Hand.Cannot.Erase', 'Perfect Life', 'Happy Returns', 'Happiness III'). Le mot en lui-même  est souvent  péjoratif et parfois trop vite réduit à une musique purement commerciale. Pour appréhender au mieux ce nouvel album, il faut se garder de cette appréciation réductrice qu’elle ne mérite pas, surtout lorsque Steven Wilson s’y attarde quitte à se mettre à dos quelques amateurs pur et dur du rock progressif.

Entouré de la même équipe qui l’a accompagné pendant la deuxième partie de sa tournée (Adam Holzam, Nick Beggs, Dave Kilminster, Craig Blundell, Ninet Tayeb), Steven Wilson a fait appel à d’autres musiciens (David Kollar à la guitare, Jeremy Stacey - Ryan Adams, Noel Gallagher, Chris Squire... - à la batterie) afin d’enregistrer ce nouvel album. Selon les déclarations accompagnant la sortie de "To The Bone", Steven s’inspire d’albums qui ont bercé son adolescence. Ainsi ‘Permanating', le titre purement pop de l’album, est porté par un refrain que n’aurait pas renié Tears For Fears avec une petite touche Beatles, le duo ‘Pariah’ se fait écho à celui composé de Peter Gabriel et Kate Bush de ‘Don’t Give Up’ en moins désespéré, ‘Refuge’ au titre révélateur possède une construction qui rappelle l’album "Up" de Peter Gabriel, tout en tension, ‘Song Of I’ rend hommage à Prince avec sa basse à la ‘Sign of Time'.

Loin de se contenter de puiser dans ces inspirations, dans ce nouvel album le Britannique apporte à chaque titre d'apparence simple son lot de passages qui le distingue de la pop standard, ainsi qu'une touche progressive. Il déstructure chaque titre avec quelques breaks dont il a le secret comme dans 'To The Bone' à l'ouverture floydienne soulignée par l'harmonica de Mark Feltham,  ‘The Same Asylum As Before’ où les riffs de guitare s’enflamment de façon épileptique, ou ceux de 'People Who Eat Darkness' qui rappelleront de bons souvenirs aux nostalgiques du Porcupine en hibernation. L'aspect progressif semble également trouver sa source dans l'agencement de "To The Bone". Plus l’album évolue plus les chansons se densifient, demandant plus d'attention jusqu’à l’apogée de ‘Detonation’ à la rythmique redoutable dans sa seconde moitié, complétée par les percussions de Pete Eckford rappelant les interventions de Ray Cooper (Eric Clapton, Elton John....).

Prenant le risque de se mettre à dos certains de ses fans qui l'attendent sur un genre particulier mais, en contre-partie, faisant le pari d’en gagner de nouveaux, "To The Bone" jouit d’une production lumineuse faisant la part belle à la batterie, à la basse et aux percussions. Les solos de guitare se font moins présents que sur "Hand.Cannot.Erase", mais tout aussi efficaces, se fondant complètement dans ce nouveau projet. Steven Wilson aurait-il trouvé la pierre philosophale qui transformerait chaque projet en or ? Encore une fois il fait preuve d'une qualité constante d'écriture et d'interprétation. Certains crieront au génie. S'il est encore trop tôt pour situer cet album dans la hiérarchie, il n'en demeure pas moins qu'il fait un beau successeur à "Hand.Cannot.Erase" et constitue un album pop progressive de haute facture.


Plus d'informations sur http://www.swhq.co.uk/
TOPPROG - 02.10.2017
Héritier des seventies et eighties, Steven Wilson ne s'est jamais caché de vouloir faire un morceau de "Four chords that made a million"! Le titre "Hand cannot erase" du précédent album éponyme louchait déjà bien vers ce format pop, disons plus accessible que "raider 2" et ses 23 minutes...qui, c'est mon avis, sont plus intéressantes sur scène que sur disque.
Et l'homme étonne quand même et toujours par son talent! On ne peut pas vraiment parler de rupture musicale ici mais bien de l'exploitation de tout ce qu'a fait SW depuis qu'il enregistre. A l'écoute de ce disque j'ai des réminiscences de "Signify", aussi bien que "The incident". La patte SW est reconnaissable dans cet œuvre épurée de longueurs parfois languissantes de certains opus précédents. Et comme il le dit, faire un format de 4 minutes c'est parfois plus difficile que de faire un "epic" de 30 minutes. Probablement... Et à l 'écoute de ce disque je ne me sens aucunement frustré lorsque les morceaux s'arrêtent. On a 11 titres bien différenciés et qui se délectent avec plaisir. Si c'est de la pop, c'est de la pop de qualité! On n'est pas chez Robbie Williams quand même! Bien sûr "Permanating" n'est pas un chef d'œuvre de pop, ni de musique tout court. Mais pour une fois dans sa carrière qu'il nous fait un truc presque joyeux, on ne peut pas lui en vouloir. Et suivi d'une perle de délicatesse comme "Blank tapes"....admiration! SW fait un rock qui cogne parfois fort même si il a abandonné le côté "metal" qui caractérisait les derniers opus de Porcupine Tree. Les guitares, omniprésentes, sont crunchées, overdrivées mais jamais lourdes. Et ça envoie très bien comme "People who eat darkness" avec son riff d'enfer. Et si on tend bien l'oreille les références crimsoniennes et floydiennes sont bien présentes aussi. Plus de saxo de Theo Travis mais un bel harmonica, je dirais même étonnamment foudroyant sur le magnifique "Refuge". De belles voix féminines aussi avec en particulier Nineth Tayeb. Les claviers sont toujours magnifiques, je regrette un peu la basse tonitruante de Nick Beggs qu'il va quand même emmener en tournée, ouf!! Enfin, il sait nous concocter des soli de guitares intéressants, pas de frustration sur ce point non plus.
SW nous offre un paysage musical pas si nouveau que cela finalement. C'est sa logique musicale en 2017 qui en vaut bien d'autres. A 50 ans on ne peut pas lui reprocher de vouloir accroitre son public. N'est ce pas le but de tout musicien? Pour moi il n'y a pas de compromission quelle que soit l'éventuel succès "grand public" de ce disque (sur le succès en France, malgré Nagui et RTL..j'ai des doutes!).

NUNO777 - 08.08.2017
Depuis "Insurgentes", sorti en 2009, Steven Wilson participe à sa manière à écrire l'histoire de la musique. Il est encore trop tôt pour dire quelle trace il laissera dans les mémoires mais on peut déjà avancer qu'il s'affirme comme un artiste contemporain, nourrit par son époque et reflétant les préoccupations des temps présents. Personnellement, je considère Steven Wilson comme un des plus grands artistes rock de l'époque, si ce n'est le plus grand. Mais cette fois-ci pas de génuflexion de ma part pour ce disque.

"To The Bone", il fallait s'y attendre, est d'influence et d'orientation pop. On savait l'Anglais grand amateur de cette musique, surtout celle des années 80, dont il cite les noms de Peter Gabriel, Kate Bush, ELO, Tears For Fears, Depeche Mode, comme sources majeures de ses goûts musicaux. Le fait qu'il ait été engagé dans un travail de remastering d'albums de Tears For Fears et de Simple Minds ces dernières années et que la nécrologie tragique de 2016 l'ait replongé dans les œuvres de grandes signatures rock-pop (Bowie, Prince) sont des explications qui concourent à expliquer l'orientation créative ayant menée à "To The Bone". On peut ajouter son retour dans Blackfield, qui a été jusqu'à présent son exutoire pop, pour un superbe et inspiré "Blackfield V" dans lequel il se livre comme jamais, nous y reviendrons.

"To The Bone" doit être abordé comme pour ce qu'il est, un disque "familial" (nous y reviendrons aussi), comme Steven Wilson le qualifie lui-même, avec la grande lucidité qui le caractérise quand il parle de son propre travail. Pour plaire à tout le monde, ou presque, il n'hésite pas à varier considérablement ses compositions. Là réside la force de "To The Bone", dans son hétérogénéité lui conférant le statut de disque infatigable et hétéroclite, mais aussi la réserve que l'on peut émettre si on le compare avec les deux derniers disques du britannique, parfaitement cohérents et traversés par leur solide ossature conceptuelle. Cette même variété se retrouve dans les thèmes abordés. Pêle-mêle et privilégiant les faits d'actualité sous un angle manquant de mordant et d'originalité, ceux-ci ont à voir avec le terrorisme, les migrations, les conflits religieux, la notion de véracité des faits…Steven Wilson est bien loin du sujet d'une profondeur abyssale de "Hand.Cannot.Erase" basé sur une histoire vraie dramatique et révélatrice d'un trait civilisationnel alarmant.

"To The Bone" peut se comprendre comme l'aboutissement d'un murissement existentiel révélant un Steven Wilson transformé, libéré. Pour s'en convaincre il suffit de regarder cette magnifique pochette colorée sur laquelle il apparait de front, le visage en plein centre de l'image, les yeux fermés certes (l'impudeur à ses limites), et les épaules dénudées. Steven Wilson rompt l'armure comme jamais et invite l'autre dans son intimité, jusqu'à la moelle. Cela coïncide vraisemblablement avec la question de la féminité, et son rapport à la famille, qui semble s'être posée à lui ces dernières années. Là encore les signes sont clairs. Les indices commencent dès "Hand.Cannot.Erase" qui expose la vie d'une femme, qui pourrait être l'archétype de la femme trentenaire occidentale et citadine, et dont les développements sont placés sous le point de vue de ce personnage féminin. Il y a ensuite la présence de plus en plus imposante d'un chant féminin (et des enfants avec les chœurs de garçons) dans les compositions de Steven Wilson avec les interventions remarquables de Ninet Tayeb dès 2015. Enfin, il y a cette révélation très intime et personnelle faite à travers la dernière chanson de "Blackfield V", la bouleversante 'From 44 To 48'. On pourrait encore citer les femmes qui entourent Steven Wilson dans le clip du dansant 'Permanating', 'Song Of Unborn' qui s'adresse à un enfant à naitre…

Steven Wilson a choisi sa voie et les questionnements qui accompagnent les sacrifices qu'une personne publique consent à faire pour accomplir son œuvre semblent résolus pour l'instant. "To The Bone" redonne ses lettres de noblesse au terme de musique populaire. C'est un disque plaisant, varié et séduisant. Le disque que la pop-star qui sommeille en Steven Wilson a toujours rêvé de composer.


CORTO1809 - 02.07.2017
Chaque album de Steven Wilson est une découverte en soi, foncièrement différent du précédent mais restant au même niveau d'excellence. Steven Wilson fait partie de ces rares artistes encore capables de me surprendre tout en composant des musiques accessibles et captivantes.

ABADDON - 01.07.2017
Il est fascinant de voir comment Steven Wilson se réapproprie l'univers de la pop music. Bourré de références (les Who dans 'Nowhere Now', les Stones dans le riff de 'People Who Eat Darkness', etc.), cet album immédiatement accessible ne cesse de surprendre par les petits ajouts wilsoniens qui le rendent extrêmement attachant. Il ne possède sans doute pas la profondeur d'un "Hand.Cannot.Erase" mais démontre un savoir-faire remarquable. Un album qui risque de mettre tout le monde d'accord lors du top de fin d'année...

TONYB - 30.06.2017
Talentueux, un point c'est tout. Un nouvel album incontournable.

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