MW / Accueil / Chroniques / UNITED PROGRESSIVE FRATERNITY: Planetary Overload : Loss To Lost
GROUPE/AUTEUR:

UNITED PROGRESSIVE FRATERNITY

(AUSTRALIE)

TITRE:
PLANETARY OVERLOAD : LOSS TO LOST
ANNEE PARUTION:
2019
LABEL:
GIANT ELECTRIC PEA
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
"Collant avec grande précision à l'univers d'Unitopia, UPF livre un album d'un bel éclectisme, sans toutefois atteindre la dimension mythique de son modèle."
ABADDON - 24.06.2019 -
Les splits des groupes mythiques entraînent toujours les mêmes questions chez les fans : l’esprit du groupe disparu va-t-il réapparaître dans les nouvelles contributions des membres séparés, et surtout, qui était détenteur de l’âme du groupe ? Les Beatles, est-ce que c’était Lennon ou McCartney ? Pink Floyd, Waters ou Gilmour ? Gabriel était-il indispensable à l’alchimie de Genesis ? Supertramp survivra-t-il au départ de Roger Hodgson ? Unitopia ne fait pas exception à la règle : le groupe australien a marqué de son empreinte le progressif à résonances world et symphonique en seulement trois albums originaux et sa séparation a fait l’effet d’un coup de tonnerre.

Depuis, deux entités ont vu le jour, le Southern Empire du claviériste Sean Timms et le projet United Progressive Fraternity mené par le chanteur Mark Trueack, qui a emmené avec lui la quasi-totalité de la formation unitopienne. En ce milieu d’année 2019, UPF fait paraître son deuxième album, "Planetary Overload : Loss to Lost", qui s’appuie comme le laisse penser le sous-titre sur un message écologique fort.

La tonalité de l’album reste assez dans la ligne des opus précédents, Mark Trueak et sa formation collant d’assez près à la forme d’Unitopia, avec une inflexion liée à l’arrivée du violoniste Steve Unruh (Resistor, Samurai of Prog), dont l’apport est prégnant sur de nombreuses pistes, allant jusqu’à tirer le style vers Kansas ('Mercenaries') ! Au milieu d’un line-up pléthorique (47 participants !) se remarque la présence de Steve Hackett (les soli acoustiques de 'Seeds for Life') et de son claviériste Nick Magnus. La sensibilité world est encore une fois très présente, du son de sitar dans 'Loss Anthem' ou 'Loss to Lost', à l’utilisation de l’oud et du bouzouki ; cette riche orchestration est complétée par de nombreux passages orchestraux et l’ensemble, associé à une production à la fois profonde et précise, apporte une dimension très appréciable.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’album ratisse large, parcourant une multitude de styles, de la ballade intimiste (l’entame de 'Cruel Times' ou 'What if' et 'One More', tous deux gentillets), au morceau tribal souligné de percussions ethniques ('What Are We Doing to Ourselves', rigolo mais mineur), à la pièce atmosphérique (la seconde partie de 'Forgive Me , My Son', qui hélas peine à décoller), en passant par des segments plutôt jazzy sans oublier des parties carrément symphoniques ('Cruel Times'). Cet éclectisme fait plaisir à entendre mais donne une impression un peu décousue, à l’image d’un 'Mercenaries' où l’on cherche la cohérence musicale malgré des parties habilement liées, à l’image aussi de l’épique 'Seeds For Life', beau patchwork de 19 minutes en montagnes russes, avec son extraordinaire première partie (après une intro inutile de 2:20 ressemblant à l'Albedo 0.39 de Vangelis !) qui donne le meilleur passage de l’album : on retrouve ici le souffle des compositions d’Unitopia, l’alliance des percussions inventives, la dimension symphonique et la petite touche guitare plus tendue en arrière-plan : grandiose ! 'Stop Time' constitue le titre le plus réjouissant de l’album, fourmillant de détails d’arrangements et doté d’un rythme très fun. La partie instrumentale est une lente montée atmosphérique très bien menée, plutôt angoissante, livrant une fin au cordeau.

Dans la “guerre de succession” qui l’oppose à Sean Timms, Mark Trueack a toujours un coup d’avance : il fait paraître ses albums avant ceux de son compère, et naturellement possède avec sa voix un marqueur extrêmement puissant pour les fans d’Unitopia. Avec son timbre très particulier, son aisance à passer d’un registre doux à une expression vindicative et une diction d’une incroyable précision, il dispose évidemment d’un instrument exceptionnel. Par ailleurs, l’orientation instrumentale d’UPF cherche avec soin à reproduire les couleurs unitopiennes (contrairement à Sean Timms, qui a pris avec Southern Empire une orientation plus groupe rock) :  'Mercenaries' renvoie directement au 'When I’m Down' de "The Garden" et son solo de guitare rappelle très fortement celui d' 'Angelica' du même album, les parties symphoniques et piano jazzy sont une des marques de fabrique de Sean Timms, on trouve des clins d’œil à 'Slow Down' dans 'Cruel Times', etc. Les frontières sont d’autant plus brouillées que dans une interview datant de peu avant le split, Sean et Mark disaient avec optimisme avoir du matériel pour plusieurs albums d’Unitopia à venir, matériel que nous retrouvons dans les productions des deux formations.

Mais peu importe qui est le meilleur au petit jeu de la succession : avec ce deuxième album, UPF nous fait une fois encore un beau cadeau qui comblera les amateurs d’un progressif éclectique, sans toutefois atteindre l’alchimie d’Unitopia. Comme quoi, ce qui fait la réussite des grands groupes, c’est bien cette unique complicité qui crée l’osmose.

Plus d'information sur http://unitedprogressivefraternity.com/site

VIDEO

GROUPES PROCHES:
KANSAS, UNITOPIA, DAMANEK

LISTE DES PISTES:
01. Phase I: Dawning On Us - Loss (Anthem)
02. Phase I: Dawning On Us - What Happens Now
03. Phase I: Dawning On Us - Cruel Times
04. Phase I: Dawning On Us - What Are We Doing To Ourselves
05. Phase II: Destraction And Destruction - Stop-Time
06. Phase II: Destraction And Destruction - One More
07. Phase II: Destraction And Destruction - Mercinaries
08. Phase II: Destraction And Destruction - What If
09. Phase II: Destraction And Destruction - Forgive Me, My Son
10. Phase III: Growing - Dying To Be Reborn
11. Phase III: Growing - Seeds For Life
12. Phase III: Growing - Loss To Lost


FORMATION:
Christophe Lebled: Claviers
Cornel Wilczek: Guitares / Claviers
Daniel Mash: Basse
Joe Toscano: Batterie / Choeurs
Marek Arnold: Saxophone
Mark Franco: Basse / Choeurs
Mark Trueack: Chant
Matthew Atherton: Guitares / Claviers / Choeurs
Steve Unruh: Chant / Guitares / Violon / Flûte
Alanna Mitchell: Invité / Narration (6)
Angelo Racz: Invité / Claviers (3)
Angus Keay: Guitares / Invité
Brendon Darby: Invité / Trompette
Charlie Cawood: Invité / Oud / Bouzouki / Dulcimer
Claire Vezina: Invité / Choeurs
Clive Hodson: Invité / Saxophone / Trombone / Trompette / Hautbois
Colin Edwin: Basse / Invité
David Hopgood: Invité / Batterie (7)
David Suzuki: Invité / Narration (7)
Dr. Cary Fowler: Invité / Introduction (11)
Dr. James E. Hansen: Invité / Narration (1,2)
Dr. Jane Goodall: Invité / Narration (1,10)
Ettore Salati: Invité / Guitare (3)
George Perdikis: Guitares / Invité
Ghost Girls: Invité / Voix Fantomatiques (9)
Grace Bawden: Chant / Invité / Choeurs
Guillermo Cides: Invité / Chapman Stick
Hans Jorg Schmitz: Batterie / Invité
Hasse Fröberg: Chant / Invité
James Lovelock: Invité / Narration (8)
Jerry Marotta: Batterie / Invité
Jesus Gancedo Garcia: Batterie / Invité
Jon Davison: Invité / Choeurs
Lisa Wetton: Batterie / Invité / Choeurs
Little Brodie Byrne: Invité / Voix (9)
Marc Papeghin: Invité / Cor
Mark Maslin: Invité / Narration (1,7)
Matt Williams: Guitares / Invité
Michel St-père: Guitares / Invité
Michelle Young: Chant / Invité
Nick Magnus: Claviers / Invité
Phill Sokha: Batterie / Invité
Raf Azaria: Guitares / Basse / Invité / Piano / Violon / Mandoline / Accordéon
Satish Kumar: Invité / Narration (1)
Sir David Attenborough: Invité / Narration (1,5)
Steve Hackett: Invité / Guitare Acoustique
Valentin Halembakov: Guitares / Invité


TAGS:
Symphonique, Tribal, Concept-album
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