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GROUPE/AUTEUR:

VAN DER GRAAF GENERATOR

(ROYAUME UNI)

TITRE:
PAWN HEARTS
ANNEE PARUTION:
1971
LABEL:
CHARISMA
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
"Un des meilleurs disques de Van Der Graaf Generator que l'on prend encore plaisir à écouter 40 ans plus tard quand tant d'autres albums se sont effacés de nos esprits."
VANDERGRAAF - 29.08.2003 -
VdGG est un groupe trop méconnu, nous l'avons déjà dit. Alors, comment le connaître ?

Demandez aux spécialistes du prog' (oui, oui, ils existent !), ou tout au moins, aux spécialistes du rock. Ils vous citerons alors "Pawn Hearts". Le calcul est facile. Ce disque a tout ce qu'il faut pour séduire (à commencer par un titre dignement prononcable, ce qui n'est pas toujours le cas pour ce groupe !), mais ce n'est qu'en apparence : "Godbluff", l'album suivant, est bien plus facile d'accès.

Attention, il n'est pas possible de dénigrer "Pawn Hearts". Nous venons justement de souligner la séduction de cet album. Car si Van der Graaf est oublié aujourd'hui, il est bon de se rappeler que ce groupe infortuné n'a jamais connu de succès flamboyants.

Sauf "Pawn Hearts", justement. Sorti en plein dans l'âge d'or du prog' (un époque où notre genre favori n'était pas caché dans un sous-rayon de disquaire - imaginez le rêve !), "Pawn Hearts" est devenu un pièce maîtresse du genre. Trois morceaux, dont un sur une face entière de vinyle. "Lemmings", d'abord. Le groupe monte l'angoisse, d'entrée de jeu. Car avec VdGG on ne respire pas. Le sax est un son, une trame. L'orgue fait peur. La guitare résonne comme l'enfer. Après, c'est "Man-Erg", au piano, on se calme un peu.

Et puis, attention, le voilà, le VdGG en chef, le morceau le plus opprimant et le plus obsédant qui soit : "A plague of lightouse keepers". En 26 minutes, voici racontée, par la voix de psychopathe de Peter Hammill, l'histoire d'un gardien de phare qui sombre dans une folie morbide. Avec la guitare pleine d'échos, l'orgue archi solennel, le sax sifflotant comme un spectre, la bile monte au ventre. Les fantômes de VdGG ne ressemblent pas aux blagues de Genesis ou aux elfes de Yes : ce sont d'horribles crânes qui se tendent d'un côté à l'autre d'un phare perdu dans un paysage peint à l'encre. A l'encre noire, bien entendu.

C'est ce qui fait que VdGG laisse une trace unique et inestimable dans le prog', et que "Pawn Hearts" a une place de choix. "A Plague of Lightouse Keepers", avec son malaise sordide et fantasque, est mille fois plus impressionnant qu'une armée de métalleux qui hurlent avec des voix gutturales qu'ils vont tuer leur petite soeur. "A Plague of Lightouse Keepers" est déjà dans votre tête, sous votre lit et dans vos cauchemars. Si vous écoutez le disque Van der Graaf Generator se contentera de venir vous le rappeler. On vous aura prévenus.

Plus d'information sur http://www.gaudela.net/vdgg/frames.html


GROUPES PROCHES:
GENESIS, PETER HAMMILL, KING CRIMSON, KOTEBEL, AREKNAMÉS, SYNDONE, INGRANAGGI DELLA VALLE, JUDGE SMITH, GOAD, ORNE

LISTE DES PISTES:
01. Lemmings
02. Man-Erg
03. A Plague Of Lighthouse Keepers


FORMATION:
Guy Evans: Batterie
Hugh Banton: Claviers
Peter Hammill: Chant / Guitares


TAGS:
Dissonant, Expérimental, Psychédélique
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CORTO1809 - 11/11/2008 18:48:36
Un des meilleurs disques de Van Der Graaf Generator. Seulement trois morceaux, deux de plus de 10 minutes et un de plus de vingt minutes, mais quels morceaux. L'intensité ne baisse jamais, ce disque est un bonheur d'un bout à l'autre.

Le premier morceau, LEMMINGS, est un morceau extrêmement soutenu mettant en avant les rôles prépondérants du saxophone de David Jackson et, surtout, de la merveilleuse voix de Peter Hammill. La musique est noire à souhait, ne laissant que de rares plages de quiétude inquiétantes à l'auditeur pour respirer un peu entre les nombreuses parties syncopées et oppressantes. Contrairement à la réputation de VDGG, ce morceau est loin d'être inabordable. Les ruptures de rythme sont fluides, la mélodie, si elle n'est pas facilement mémorisable, progressif oblige, ne nécessite pas une concentration de tous les instants pour en saisir la quintessence. Un très beau morceau d'ouverture.

Avec MAN-ERG, c'est au tour des claviers d'Hugh Banton d'être mis à l'honneur au début de ce morceau. La voix magique de Peter Hammill démarre dans la douceur, avec cette pointe de tristesse qui n'appartient qu'à lui. Belle à pleurer. Puis, au tiers du morceau, changement de rythme : la musique devient plus agressive, moins mélodieuse, le chant monte dans les stridences, pour revenir rapidement sur la douceur d'une mélodie sans mièvrerie où le saxophone fait des circonvolutions autour des autres instruments. Un des plus beaux morceaux de VDGG.

Le dernier morceau, A PLAGUE OF LIGHTOUSE KEEPER, est une longue suite qui alterne les moments de douceur et des passages plus torturés. Avant tout, ce morceau est dominé de bout en bout par la voix de Peter Hammill, une voix magnifique qui se joue des graves comme des aigus, qui se travestit, qui se superpose pour notre plus grand plaisir, un chant omniprésent qui prend aux tripes, qui suinte la solitude et le désespoir et par une subtile alchimie fait lentement monter l'angoisse, un chant parfois suraiguë et oppressé, pressé, strident, agressif dans le bon sens du terme, qui lentement sombre dans la démence, un chant qui finalement remplit tout l'espace, se répond et se superpose pour terminer sur des chœurs dont les derniers échos laissent planer l'impression que le pire reste à venir. Et pour le soutenir les volutes du clavier font penser aux cris des mouettes quand les éclats de saxophone et les roulements de batterie renvoient aux vagues déferlant sur les rochers. On est seul sur une île déserte, ou on flotte en apesanteur dans l'espace, dans un calme qui prélude la tempête. Et quand la tempête se déchaîne l'orgue, le saxo et la batterie scande un rythme répété jusqu'à plus soif ou se transforme en une mélodie en dents de scie, genre fête foraine horrifique.

Oui, la musique de VDGG est tout, sauf facile. Mais 37 ans plus tard, on éprouve encore un tel plaisir à l'écouter quand tant d'autres albums se sont effacés de nos esprits.
1847 5311

MIR VAISSELLE - 21/08/2007 14:05:25
Ce commentaire est destiné à "godbluff". N'arrivant pas à posté sous l'album en question, je poste sous "Pawn hearts".

VdGG reste inattaquable sur le papier. Une trajectoire irréprochable, une destinée maudite, un statut culte, une musique à part et une discographie intouchable. Ce groupe doit énerver quand on ne l’aime pas.
Godbluff, c’est quatre hommes en colère, c’est aussi quatre évangiles noirs ; une musique acétique, épurée, sans artifices ni colorants, et qui n’utilise le progressif que comme véhicule à ses climats sombres et ses propos torturés, et non comme une fin en soi. Le fond n’est jamais sacrifié au profit de la forme comme ce fut trop souvent le cas chez bon nombre de ses collègues.
J’ai un petit faible pour « Arrow », dont une phrase de la chronique lui est tout destinée : « Hammill chante comme un héro ». On ne saurait mieux dire.
1546 3650

KEITH_WAKEMAN - 21/08/2007 14:05:25
Cette chronique a nécessité la réécoute de cet album qui ne m'avait pas interpellé en son temps. Je dirais qu'aujourd'hui la magie n'opère toujours pas... Le genre est vraiment particulier, pas sûr qu'il fasse l'unanimité.
287 2853
Vous pouvez ici réagir au sujet de l'album ou de la chronique, expliquez pourquoi vous êtes d'accord ou non ou tout simplement raconter votre vie...
 
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