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SOUL SECRET: FLOWING PORTRAITS (2008)


ALBUM - PROGROCK - METAL PROGRESSIF - PLATYPUS - 03.04.2008
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4/5
GROUPES PROCHES :
PAIN OF SALVATION, DREAM THEATER, RUSH, SYMPHONY X, VANDEN PLAS, DARKWATER, ADAGIO, LIQUID TENSION EXPERIMENT, HALCYON WAY, SOULJOURNERS

TRACKS :

01. Dance Of The Waves - 7:23 , 02. First Creature - 7:34 , 03. Inner War - 8:08 , 04. Learning To Lose - 7:12 , 05. Regrets - 4:28 , 06. Tears Of Kalliroe - 16:42

FORMATION :
Antonio Mocerino (Batterie), Antonio Vittozzi (Guitares), Luca Di Gennaro (Claviers), Lucio Grilli (Basse), Mark Basile (sur cet album seulement) (Chant), Michele Serpico (n'a pas pu enregistrer cet album) (Chant)

TAGs :
Chant aigu, Epique, Symphonique, Technique
Le métal progressif est aujourd’hui en pleine expansion, et si le grand groupe fondateur du genre – Dream Theater, naturellement – reste une valeur sûre, nombreuses sont les formations qui cherchent à rejoindre cette scène forcément très exigeante. Malheureusement, très peu d'entre eux semblent en mesure de rivaliser avec les plus grands, péchant souvent par excès de mimétisme et par défaut d’originalité. Il arrive néanmoins que certains groupes sortent du lot et parviennent à proposer des compositions où les influences, si elles sont perceptibles, n’interdisent pas l’éclosion d’une véritable personnalité musicale. Il en est ainsi pour l’album « Flowing Portraits » du groupe italien Soul Secret. Fort de six morceaux pour un total de 50 minutes, clos par une pièce maitresse de 16 minutes, cet album développe une musique qui semble renfermer l’essence même du métal progressif : technique, sensibilité, puissance, lignes mélodiques parfaitement ciselées, arrangements symphoniques d’une finesse remarquable (on est bien loin du "Six Degrees Of Inner Turbulence" de Dream Theater) et personnalité forte s’exprimant dans l’utilisation du piano ou bien encore dans le choix des métriques. Mais voyons de plus près ce qui rend cet album si remarquable…

Parlons tout d'abord des qualités individuelles de chacun des protagonistes. Pour un groupe de métal progressif, il est évident que la technique se doit d’être sans faille. Mais ici nous avons plus que cela avec en premier lieu un chanteur, qui gagne en sensibilité ce que James Labrie perd en recherche de la performance ; sa voix s’étend sur plusieurs octaves et sait être convaincante aussi bien dans les graves que dans les aigus, sans qu’il ne lui faille jamais la forcer, y compris au sein des chœurs, d’une excellente qualité. Le batteur, s’il ne peut vraiment prétendre à la succession de Portnoy (il lui manque encore une pointe d’originalité, mais certainement pas de finesse) sait induire de terribles accélérations et contribue à l’efficacité de certains riffs complètement dévastateurs ; l’utilisation de la double-pédale l’est toujours à bon escient et fait preuve d’une intelligence rythmique que l’on ne retrouve pas chez des groupes comme Arcturus ou Manticora, voire Symphony X. Le bassiste est très présent, en accompagnement de riffs bien souvent mais aussi de manière plus autonome comme dans le morceau "Tears Of Kalliroe" où son jeu est parfois complètement indépendant du riff assuré par la guitare et le clavier, introduisant une complexité rythmique supplémentaire. Le claviériste effectue tout au long de l’album un travail exceptionnel, aussi bien sur les soli (toujours très mélodiques) qu’en accompagnement (dont l’expression paroxystique se trouve être l’introduction symphonique de "Tears Of Kalliroe", à même de rivaliser avec la superbe introduction de la pièce "Underworld" d’Adagio) ; l’utilisation assez fréquente du piano s’avère être par deux fois (dans "Dance Of The Waves" et "Tears Of Kalliroe") très personnelle, en notes uniques frappées avec une rare sensibilité au service d’une recherche harmonique parfois surprenante. Enfin, le guitariste semble être un musicien hors pair, à mi-chemin entre Romeo et Petrucci, à l’image d’ailleurs de la musique composée par le groupe. Ses riffs développent une puissance remarquable mais savent aussi être d’une finesse et d’une complexité déroutantes (nous y reviendrons). Quant aux soli, l’avalanche de notes n’empêchent pas le maintien et la sublimation de mélodies, la reprise de thèmes portées par le chant, la technique étant souvent tempérée ou mise en exergue par un feeling qui fait parfois défaut aux plus grands (suivez mon regard…).

Mais les qualités individuelles ne sont rien sans des compositions capables de les mettre en valeur. Les six morceaux qui constituent cet album sont-ils donc à la hauteur de leurs interprètes ? Question purement rhétorique, car bien sûr la réponse est oui.

Le premier titre nous plonge directement dans l’ambiance qui sera celle de tout l’album : une succession de riffs ultra-rapides et généralement très complexes soutenus par la basse et la batterie, un thème mélodique porté essentiellement par le duo toujours très efficace clavier/guitare, puis l’arrivée du chant, relativement apaisé, parfois mélancolique. Les ambiances au sein de ce morceau sont très diversifiées, y compris durant le solo de guitare qui se développe sur un accompagnement agressif devenant beaucoup plus calme par la suite car basé sur le piano. Le retour au chant est bien amené, et surtout l’accompagnement évolue, se densifie, propose une véritable richesse qui manque parfois dans le métal progressif ; en effet, et c’est l’une des principales qualités du groupe, les parties chantées ne deviennent jamais ennuyeuses, grâce à l’énorme travail d’accompagnement effectué par les musiciens.

Le morceau "Inner War" sort également du lot : le piano y est très présent et lorsque les autres instruments le rejoignent, c’est dans une optique mélodique plus que rythmique qui permet une ligne de basse assez peu commune. Après un refrain très agréable, le court pont instrumental ramenant au deuxième couplet semble être une sorte de double clin d’œil : le premier en direction de Dream Theater, le second s’adressant plutôt à Andromeda. Après cette petite farce parfaitement exécutée, retour au couplet puis à une longue partie instrumentale, clairement inspirée de Dream Theater, quoique plus mélodique et plus sensible par moments, jusqu’au solo final guitare/clavier qui porte le coup de grâce.

Enfin, la pièce "Tears Of Kalliroe" finira de convaincre ceux d’entre vous qui auraient été gênés par la proximité avec DT. Bien sûr, le groupe ne se débarrasse pas d’une telle influence d’un simple claquement de doigts, mais ce morceau apparaît comme le plus personnel de l’album, le plus abouti ; nul doute que la qualité des thèmes mélodiques, portés par une guitare à fleur de peau, ne vous arrachera quelques frissons. Et un frisson d’un autre ordre, celui d'une agréable incompréhension, vous parcourra durant la plage instrumentale de près de cinq minutes insérée au milieu du morceau... Car comment comprendre, harmoniquement et rythmiquement, la musique jouée par ces quatre fous furieux ? L’emploi de métriques binaires (4/4, mais aussi 7/4…), puis ternaires, aura déjà tôt fait de vous perdre. Mais si ce ternaire est un 33/8 (décomposable en 12/8, 12/8, 9/8), alors la difficulté augmente d’un cran. Quant au dernier riff de cet intermède instrumental, il force l’admiration : composé en mesures asymétriques (3/8, 2/8, 5/8 ; 3/8, 2/8, 7/8), il paraît presque impensable, étant donné la vitesse d’exécution, que tout le monde soit en place ; et c’est pourtant le cas.

Néanmoins, que ceux qui ne seraient pas enthousiasmés par la lecture rythmique se rassurent : la musique de Soul Secret présente la particularité d’être appréhensible* de deux façons. Ou bien vous choisissez de vous laisser porter par l’incroyable richesse mélodique de l’album, par ses orchestrations d’une rare puissance, par des soli toujours sensibles et par un chant qui sait toucher juste, et vous passerez l’un des meilleurs moments possibles en compagnie d’un groupe de métal progressif. Ou bien vous privilégiez l’aspect technique, en auditeur averti et sans doute musicien, et là aussi vous trouverez votre compte, et plus encore, car jamais la complexité à laquelle vous vous frotterez ne vous paraîtra aussi aride que chez un groupe comme Dream Theater. Si cette référence est d’ailleurs encore bien présente dans ce premier album - ce qui explique qu'il n'atteigne pas la note maximale - , il y a fort à parier qu’avec le talent dont ils disposent, nos cinq italiens sauront vite s’en émanciper. Et pour ce qui est de « Flowing Portraits », ce n’est pas cela qui m’empêchera de le préférer à la majorité des groupes que j’ai pu repérer comme influences, et en conséquence de vous le recommander chaudement ! Un premier album, et déjà un album essentiel.

*qui peut être saisi par l'esprit


Plus d'informations sur http://www.myspace.com/soulsecretband
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RATING
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