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MMCIRCLE: REQUIEM POUR UN VIVANT (2008)


ALBUM - UNICORN - JAZZ - PLATYPUS - 02.03.2009
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3/5
GROUPES PROCHES :
MAHAVISHNU ORCHESTRA, DE GLADAS KAPELL

TRACKS :

01. Lazaret - 07:22, 02. Pieds Sur Terre - 11:43, 03. Stagnation - 11:04, 04. Requiem Pour Un Vivant - 08:19, 05. Iconoclaste - 06:15

FORMATION :
Éric St-jean (Piano), Gaël Huard (violoncelle), Janie Massicote (violoncelle), Karine Lalonde (alto), Lizann Gervais (violon), Martin Maheux (Batterie / composition)

TAGs :
Acoustique, Instrumental, Mélancolique, Oppressant
MMCircle est le projet solo de Martin Maheux, batteur du groupe de jazz-rock progressif Spaced Out ; avec ce nouvel album, « Requiem pour un vivant », ne vous attendez pas à trouver une quelconque similitude avec son groupe de tutelle, les deux projets ne pouvant être plus éloignés. Un rapide coup d’œil sur la qualité des musiciens officiant dans le groupe pourrait d’ailleurs suffire à vous en convaincre : outre Martin Maheux derrière les fûts, seul un quatuor à cordes est présent, le pianiste Eric St-Jean étant crédité comme invité – et en effet, il n’apparaît que sur le dernier titre.

Ce n’est donc pas vraiment du jazz que MMCircle nous propose ici – encore que le jeu de batterie, tout en finesse et en cymbales, ainsi que la complexité harmonique résultant de la superposition des lignes rythmiques et mélodiques, puisse par moments nous en faire douter. Martin Maheux, influencé par son intérêt pour la musique de chambre contemporaine, tente ici un grand écart surprenant en nous offrant cinq pièces de musique classique passées au filtre déstructurant du courant Rock In Opposition (RIO), à la manière du groupe belge Univers Zéro – la diversité et la théâtralisation schizophrène d’un « Hérésie » en moins.

Le titre de l’opus donne le ton et impose une ligne directrice dont le groupe ne s’éloignera pas ; il s’agit bel et bien d’une musique de Requiem, froide, glaciale et glaçante, extrêmement figée, la facilité du lyrisme ou du tragique nous étant même refusée. Pour autant, toute dynamique, aussi négative soit-elle, n’est pas exclue ; le morceau "Stagnation" par exemple développe sa propre logique narrative autour d’un climat angoissant et comme suspendu aux stridences saccadées des violons tandis que les violoncelles s’expriment en longues notes râpeuses, sorte de basse continue prolongeant les souffrances de celui qui se sait vivant mais condamné à l’immobilité éternelle. La rythmique assurée par le batteur semble redoubler cette aporie insurmontable en oscillant sans cesse entre l’accompagnement par alternance subtile de pleins et de vides et la tentation du dé-chaînement tentaculaire englobant l’ensemble de l’instrumentation.

Dans "Requiem pour un vivant", les mélodies se font plus accessibles, moins dissonantes que dans les titres précédents ; ni joie ni délivrance ne nous sont proposées, mais du moins pouvons-nous respirer de nouveau, échapper pour un instant aux constructions sonores jusqu’alors tissées entre nous et le monde. Le tempo se fait plus vif, la rythmique plus incisive ; différents climats sont explorés, la palette des émotions s’élargit, pour aboutir assez logiquement au dernier morceau, le bien-nommé "Iconoclaste", à l’ambiance nettement jazzy. Martin Maheux pour la composition et Eric St-Jean pour le piano réussissent dans cette pièce à dynamiser, sur un mode toujours mineur, en demi-teinte, un album qui ne se singularise pas par sa folle expressivité.

Cette absence de réactivité, cette monotonie émotionnelle – renforcée par le choix d’instruments appartenant tous à la famille des cordes frottées – finissent d’ailleurs par devenir préjudiciable au confort d’écoute. Bien sûr, un album réussi ne signifie pas, loin de là, un album facile, ni même agréable à écouter. Mais il semble tout de même nécessaire que l’auditeur puisse sortir de cette expérience avec la sensation d’avoir été tenu en éveil par un ensemble d’émotions particulières. Or ici, il est probable que ce ne sera pas toujours le cas. Le premier morceau suffit pour nous plonger dans la noirceur et la mélancolie la plus totale, mais nous y laisse englués durant les trois titres qui suivent, malgré les infimes variations évoquées plus haut. Expérience intellectuelle passionnante à plus d’un titre, mais qui n’est pas parvenue à faire naître en moi un désir de redécouverte ou de reconnaissance ; sitôt cette chronique rédigée, « Requiem pour un vivant » quittera pour longtemps sans doute ma platine. Echec d’autant plus frustrant qu’il manque bien peu de choses pour dépasser – ou sublimer – cet affadissement si particulier des sensations. D’où une note à mon sens infiniment variable selon le degré de tolérance de chacun à la froide sobriété de cet album.


Plus d'informations sur http://home.carolina.rr.com/martinmaheux/
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