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13.05.2009 by ZOSO
BAND/AUTHOR:

DREAM THEATER

(ETATS UNIS)

TITLE:
BLACK CLOUDS & SILVER LININGS
RELEASE DATE:
2009
LABEL:
ROADRUNNER RECORDS
GENRE:
PROGRESSIVE METAL
""
Inutile de présenter Dream Theater… Inutile, car le groupe jouit d'une notoriété aussi forte qu'ambivalente dans le monde du Metal. En effet, depuis quelques albums, des débats nombreux et trop souvent stériles font rage. Le groupe n'aurait-il pas perdu sa touche magique ? Les albums les plus récents ne seraient-ils pas moins bons, plus irréguliers, moins transcendés par ce désir de repousser les limites musicales qu'implique l'ambitieuse appellation "progressif" ?

Car le groupe n'est plus pionnier. Même si leur immense apport (passé) les laisse dans une position de manitou suprême, ils sont talonnés par une armée de défricheurs (et de clones) dont les références sont aussi bien Genesis ou Yes qu'Emperor et Morbid Angel. Cette nouvelle vague joue une musique encore plus complexe, encore plus rapide, encore plus métissée, encore plus audacieuse. Devant cette déferlante, le groupe choisit de continuer son bonhomme de chemin sans tenter de prouver qu'ils peuvent pisser plus loin que leurs voisins, laissant certains penser que le navire commence à prendre l'eau. Autant dire que ce nouvel opus, "Black Clouds & Silver Linings", était l'un des albums les plus attendus de l'année, autant par les fans que par les détracteurs qui trouvent que toute cette histoire commence à sentir le sapin. Il faut dire que depuis quelques années, Dream Theater se prend un peu les pieds dans le tapis avec des choix pas toujours très adroits.

L'ouverture sur "A Nightmare To Remember" rassoit tous les députés sur leur banc. Pluie de circonstance, piano schizophrène, puis martelage en règle soutenu par un Portnoy omniprésent. L'ambiance oppressante est montée en sauce pour exploser dans un festival de double pédale et de mélodies grondantes. Malheureusement, ce morceau n'est pas parfait, notamment à cause d'une partie finale qui traine trop en longueur et se perd en breaks pas toujours utiles qui cassent le rythme. Mais les bases sont posées.

Première chose, nous ne sommes pas là pour rigoler. Le ton est sombre et froid (presque humide, c'est dire) et même les breaks acoustiques du premier morceau et de "The Count Of Tuscany" ne provoquent aucune chaleur, tant tout semble millimétrée et tranchant. "Nightmare To Remember" est ainsi un titre violent, mégalomaniaque, qui s'abat avec la puissance d'un raz de marée. Cette même froideur est presque insupportable sur le furieux "The Shattered Fortress", qui reprend par ailleurs avec brio les nombreux thèmes des autres morceaux de la série des alcooliques anonymes qui se retrouve ainsi complète. Plus curieusement, même un "The Best Of Times" qui parle de la mort du père de Mike Portnoy possède un aspect épique et symphonique qui nous éloigne de la dimension humaine que ce genre de morceau peut permettre d'attendre.

Deuxième chose, Dream Theater impose sa 'patte'. Les mélodies n'ont pas peur d'être pompeuses, surtout sur le titre d'introduction. Pas de complexe non plus à servir des refrains accrocheurs plus ("Count Of Tuscany", puissant et fédérateur) ou moins ("Best Of Times", un peu trop racoleur) réussis. Le groupe se permet également des longueurs, prouvant aux adeptes de la théorie d'une 'roadrunnerocratie' à quel point ils font ce qui leur plait. Les morceaux portent ainsi tous la marque du groupe, à grands renforts de breaks et de mélodies finement ciselées. Les influences trop marquées sont laissées de coté pour sonner Dream Theater et rien d'autre. Même la balade "Wither" ne se sent pas trop perdue au milieu des pavés environnants et s'insère dans l'album avec cohérence (même si elle n'est pas très judicieusement placée). Du coup, cet opus présente une unité très agréable en évitant à peu près les passages à vide.

Des défauts ressortent, évidemment. Le son est lourd, et le mot 'gluant' me vient même dans les doigts en pensant à la basse massive de John Myung. Cette lourdeur gagne également certains riffs et le jeu de batterie de Portnoy qui n'a jamais été aussi puissant et rigide. Au niveau des constructions, l'auditeur regrettera également que certaines ficelles soient un peu trop grosses avec des plans juxtaposés et malheureusement pas toujours justifiés (sur la fin de "Nightmare To Remember", les soli de "Rite Of Passage"...). Certaines longueur aussi, notamment le passage central 'yessien' de "Count Of Tuscany" qui traine un peu. Mais malgré cela la sauce prend au fil des écoutes, et les défauts s'effacent pour ne laisser qu'une évidence compact : Dream Theater est grand, et "Black Clouds & Silver Linings" nous en apporte la preuve, à défaut d'autre chose de réellement enthousiasmant.

Au risque de décevoir les amoureux de la provocation ou les fans en attente de chef d'œuvre, il n'y a pas grand chose à dire. Cet album est bon. D'une qualité et d'une constance déprimante, produit infaillible d'une mécanique soigneusement huilée (et bien meilleur en cela que ses deux maladroits prédécesseurs). Le groupe confirme ici le talent d'une carrière plutôt que la folie d'un moment d'inspiration ou d'exploration musicale. Et si Dream Theater semble avoir passé la main aux jeunes groupes pour ce qui est de nous faire rêver et frissonner, ils laissent également un album monolithique, telle une menaçante sentinelle prête à rappeler à l'ordre quiconque voudrait prendre le trône du patron.

More informations on http://www.dreamtheater.net

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TRACK LISTING
01. A Nightmare To Remember - 16:06
02. A Rite Of Passage - 08:34
03. Wither - 05:24
04. The Shattered Fortress - 12.53
05. The Best Of Times - 12:57
06. The Count Of Tuscany - 19:15


LINEUP
James Labrie: Chant
John Myung: Basse
John Petrucci: Guitares
Jordan Rudess: Claviers
Mike Portnoy: Batterie


TAGS:
Chorus, Epic, Opera Rock, Symphonic, Technical
 
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