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ANTONIUS REX: SWITCH ON DARK (2006)


ALBUM - BLACK WIDOW - METAL ATMOSPHERIQUE - PLATYPUS - 15.05.2009
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3/5
GROUPES PROCHES :
ALICE COOPER, LACRIMOSA, FANTÔMAS, DEVIL DOLL, DORIS NORTON, BLACK HOLE

TRACKS :

01. Perpetual Adoration - 07:37, 02. Damnatus In Aeternum - 03:46, 03. Switch On Dark - 19:24, 04. Darkotic - 09:19, 05. Fairy Vision - 14:35, 06. Mysticdrug - 05:43

FORMATION :
Antonio Bartoccetti (Chant / Guitares), Doris Norton (Claviers / informatique, orchestre digital), Florian Gorman (invité) (Batterie), Monika Tasnad ("Witch vox"), Rexanthony (invité) (piano, synthétiseur, batterie digitale)

TAGs :
Chant grave, Instrumental, Oppressant, Symphonique, Théatral
Étant complètement passé à côté du dark-progressif italien de la fin des années 70, je dois avouer que le nom d’Antonio Bartoccetti m’était jusqu’à aujourd’hui inconnu. Je confesse ma grande faute et reconnais mon erreur, ne me trouvant comme excuse que la jeunesse. Bien piètre justification me direz-vous, et ce n’est certainement pas Antonio qui vous contredira ; car à en croire son site internet, au demeurant fort bien réalisé, nous nous trouvons tout simplement en face d’un génie qu’il serait coupable d’ignorer plus longtemps. Musicien, philosophe, prophète même, compositeur d’albums en tous points remarquables – mais pourrait-il en être autrement après tout ? –, cet homme qui pose si bien sur les photographies n’est autre que le leader de la formation Antonius Rex et le géniteur de ce disque, « drogue mystique de la prochaine génération » (oui, rien que ça !) dont j’ai reçu la lourde tâche de rédiger la chronique.

Passée cette brillante entrée en matière, qui a eu le don de m’irriter pour la soirée, il m’a bien fallu écouter l’album en question, « Switch On Dark »… Et me rendre compte que je n’étais pas au bout de mes peines. Car il s’agit indubitablement d’un bon disque ! Certainement pas celui que j’offrirai à ma cousine pour fêter ses douze ans, mais celui que je conserverai jalousement et dont je ne proposerai la découverte qu’à de rares initiés, ceux qui ont su écouter et apprécier jusqu’au bout les albums de Devil Doll par exemple, autre groupe mystique travaillant sérieusement du chapeau. « Switch On Dark » s’écoute les soirs de doute, toutes lumières éteintes, quelques bougies se consumant dans la pièce si vous êtes porté sur la mise en scène, à fort volume ou bien au casque pour ne pas effrayer les rares voisins qui vous restent. Car l’atmosphère développée tout au long de ces six morceaux, dont deux pièces de plus de dix minutes - l’une d’entre elle atteignant même 19 minutes - est sombre à souhait, porteuse d’une violence qui n’explose que rarement mais qui n’en est pas moins toujours là présente, tapie dans l’ombre d’arrangements symphoniques d’apparence inoffensive… D’apparence seulement…

Si le travail effectué par Doris Norton aux claviers est ce qui porte de bout en bout l’album, il reste bien loin de le résumer. Antonio Bartoccetti, plutôt discret dans les deux premiers titres sur lesquels il n’intervient qu’en de longues notes saturées, distordues, inquiétantes, se révèle en guitariste très technique dès la troisième piste, qui prend une tournure plus métal progressif, toujours atmosphérique, macabre et lugubre, mais déjà plus agressive. De même, il propose dans "Fairy Vision" des riffs très typés heavy qui donnent à ce titre une couleur plus traditionnelle, presque banale au vu des autres morceaux. L’omniprésence du piano, loin d’apporter un quelconque réconfort, redouble les efforts de l’orgue d’église ou des cordes pour créer cette ambiance indissociablement inquiétante et mystique qui semble être la marque de fabrique du groupe. Au cours de cette longue pièce qu’est "Switch On Dark", nous sommes transportés au sein d’une BO improbable qui n’est pas sans rappeler l’album « Dies Irae » de Devil Doll. Lorsque surgissent les mélodies, notamment portées par le chant lyrique de Monika Tasnad, leur mélancolie même introduit une tension qui trouve sa résolution, ou plutôt son acmé, dans un cri de souffrance brutalement rompu par la voix d’outre-tombe d’Antonio, avant que ce dernier ne s’élance dans un solo sans grande originalité mais techniquement et mélodiquement impeccable. Cuivres, cordes stridentes, percussions, notes vicieusement égrenées au piano, cloches d’église et chœurs s’associent alors pour prolonger cette tension sur un autre mode, clairement symphonique, qui fait la grande force d’Antonius Rex.

Les autres morceaux, excepté "Damnatus In Aeternum" et "Mysticdrug", plus anecdotiques, poursuivent la même ambition. Un peu trop bien sans doute. Car l’accumulation de procédés visibles et facilement interprétés comme tels risque toujours de rendre le propos inefficace. A trop vouloir bien faire, Antonio Bartoccetti n’est pas loin de se désamorcer et de transformer sa partition funéraire en exercice de style tout juste bon à effrayer de naïves adolescentes en mal de sensations fortes. Il n’est pas donné à tout le monde de réussir un album qui fasse naître chez l’auditeur un malaise véritable, venu du fond du cœur et de l’âme ; Fantômas, avec « Delirium Cordia », y était parvenu. Il manque à Antonius Rex ce petit quelque chose, peut-être la sincérité, qui lèverait un soupçon bien sévère ; Antonio Bartoccetti ne cherche-t-il pas tout simplement, au-delà des pseudos justifications philosophico-mystiques, à épater la galerie ? Quelles que soient ses motivations, le résultat n'en est pas moins à la hauteur de ses ambitions, et c'est finalement tout ce qui compte.


Plus d'informations sur http://www.antoniusrex.com/
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