MW / Accueil / Chroniques / S.U.P.: Chronophobia
GROUPE/AUTEUR:

S.U.P.

(FRANCE)

TITRE:
CHRONOPHOBIA
ANNEE PARUTION:
1999
LABEL:
HOLY RECORDS
GENRE:
DEATH METAL
""
NESTOR - 21.08.2009 -
Après un "Room Seven" qui marquait l’ancrage de SUP dans un univers sombre, glacé et technique, les nordistes nous reviennent deux ans plus tard avec ce "Chronophobia", qui présente beaucoup de point commun avec sont prédécesseur. A commencé par un artwork aussi soigné, et surtout qui fait désormais partie intégrante de l’univers de SUP. Des images de synthèse avec une couleur dominante très forte, un digipack de toute beauté, un livret reprenant toutes les paroles de l’album traduites en plusieurs langues (quatre versions différentes dans le cas présent), l’alliance de la sobriété de certaines présentations avec un fourmillement de petits détails… tous ces éléments renvoient immédiatement au groupe des frères Loez. Comme sur "Room Seven", la musique est lourde, froide, chargée d’ambiances malsaines et pesantes. Pour autant, et si le style SUP est immédiatement reconnaissable, nous n’avons pas là un simple duplicata de l’opus susmentionné.

"Chronophobia" est plus rugueux, moins futuriste. Le groupe semble revenir à un style un peu moins léché au sein duquel les influences Death sont plus palpables. Ainsi le chant clair est relégué au second plan et les vocaux grunt sont majoritaires. Un peu comme si le groupe avait souhaité renouer avec son passé underground et rassurer des fans un peu ébranlés par ce que certains considéraient comme un virage plus "grand public", après les sorties de "Anomaly" et surtout de "Room Seven", parfois tenus pour être trop abordables.

Comme à chaque fois que le nom SUP est utilisé (par opposition à SUPURATION le groupe purement Death des frères Loez), les titres de ce "Chronophobia" narrent une histoire qui aborde les thèmes de l’isolement, du dédoublement de la personnalité, et de la folie. Ici, c’est l'histoire de jumeaux séparés dès leur naissance. L’un d’eux échoue au pôle Nord, alors que son frère, qui entame une quête de son histoire en cherchant à retrouver ses parents, découvre son existence et tente de le rejoindre. Par ailleurs, le personnage principal est confronté à une altération de sa perception du temps qui le conduit à vivre les événements à l’envers. Ceux-ci lui sont déjà connus avant qu’ils ne surviennent et perdent donc tout sens et tout attrait. Ludovic Loez, le parolier du groupe, c’est fendu de paroles laissant beaucoup de places à l’imagination en utilisant plus un mode suggestif que descriptif.

Mais revenons un peu à la musique, celle-ci laissant apparaître une évolution du style pratiqué jusqu’alors. Dès les premières notes de "But All Has Changed", les guitares sont omniprésentes et les arrangements sonores nettement moins sophistiqués que par le passé. Le coté lourd et sombre de SUP est bien présent. Le chant grunt majoritaire. "My Isolation", est fait du même tonneau. Ce n’est qu’à partir de l’hypnotique "No Rejuvenation", que des éléments un peu futuristes font leur apparition dans le refrain. Les parties de chant clair deviennent, à cette occasion, un peu plus présentes. Pour autant, le sentiment d’inquiétude, d’oppression est omniprésent, renforcé par des bruitages d’enfant en pleurs.

Le titre éponyme est un modèle de froideur et de lourdeur. Ses riffs lancinants renvoient à la démence qui commence à s’emparer du personnage central. La barrière entre Death et Doom n’a jamais semblé aussi ténue. Puis vient "Room Eleven", avec son titre en forme de clin d’œil, et ses vocaux Death qui nous présentent un chanteur totalement possédé. La suite n’est que froideur, désolation, sourde violence, avec des passages où le groupe tutoie son meilleur niveau ("Twins" avec son introduction spasmodique et son riff martial, ou bien "Strange Impulse", sorte d’hydre à deux têtes qui s’épanche sur les deux dernières plages du disque, et ses riffs d’une lourdeur glaciale).

Si ce nouveau voyage au sein de l’univers des nordistes est une fois de plus déroutant et ne saurait laisser indifférent, on peut regretter qu’avec ce "Chronophobia", SUP, perde un peu de son originalité et de sa singularité. L’album, considéré par beaucoup comme un sommet dans la carrière du groupe, a beau être une réussite artistique indéniable, le fossé entre SUP et SUPURATION est en train de se réduire. Cette manière unique qu’avait le groupe, à l’occasion de ses deux précédents albums, de marier froideur technologique et brutalité animale, a laissé place à une recette un peu plus convenue. C’est un peu comme si la camisole de force sous laquelle les frères Loez avaient maintenu leurs racines "Death", commençait à craquer de toute part et que SUPURATION renaissait du cœur même de ce qu’il avait enfanté quelques années auparavant : SUP. Une belle histoire de cercle vicieux et de parenté, comme le groupe les affectionne tout particulièrement.

Plus d'information sur http://www.supuration.fr/


GROUPES PROCHES:
CYNIC, PESTILENCE, VOIVOD

LISTE DES PISTES:
01. … But All Has Changed - 04:07
02. My Isolation - 04:21
03. No Rejunevation - 03:41
04. Chronophobia - 07:40
05. Room Eleven - 04:30
06. Twins - 04:51
07. Like A Wicker Man That Will Never Burn ! - 04:00
08. Overwhelming Lethargy - 04:30
09. Machinations - 04:04
10. Strange Impulse - 04:06
11. Strange Impulse (suite) - 01:27


FORMATION:
Fabrice Loez: Chant / Guitares / Sampler
Ludovic Loez: Chant / Guitares / Basse
Thierry Berger: Batterie


TAGS:
Chant féminin, Chant grunt/growl, Oppressant
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