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JEFF BUCKLEY: GRACE (1994)


ALBUM - COLUMBIA - ROCK - ZOSO - 21.07.2010
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5/5
GROUPES PROCHES :
LED ZEPPELIN, COLDPLAY, SOUNDGARDEN, RADIOHEAD

TRACKS :

01. Mojo Pin - 05:42, 02. Grace - 05:22, 03. Last Goodbye - 04:35, 04. Lilac Wine - 04:32, 05. So Real - 04:43, 06. Hallelujah - 06:53, 07. Lover, You Should've Come Over - 06:43, 08. Corpus Christi Carol - 02:56, 09. Eternal Life - 04:52, 10. Dream Brother - 05:26

FORMATION :
Jeff Buckley (Chant / Guitares), Matt Johnson (Batterie), Michael Tighe (Guitares), Mick Grondahl (Basse)

TAGs :
Chant aigu, Chant androgyne, 90's, Bluesy, Planant, Romantique
Je ne veux pas que ma réputation prenne le dessus. Je veux juste être jugé sur mes chansons. Je veux que les gens viennent me voir parce qu'ils le veulent et pas parce que la mode le leur dicte.

Plus de dix ans après la disparition de Jeff Buckley, difficile de se réconforter en se disant que son héritage aura été reçu selon sa volonté par les générations futures. En effet, Buckley doit son retour en grâce à l'utilisation d' 'Hallelujah' pour le film Shrek, suivie par des reprises à des émissions de TV réalité, et surtout au fantasme universel de la mort précoce de l'artiste maudit. Non seulement Jeff Buckley vois une réputation et une image prendre le dessus, mais en plus il n'est pas jugé sur ses chansons puisque 'Hallelujah' est de Leonard Cohen (retapée par John Cale, nous y reviendrons).

Loin de l'image du poète touché par la lumière divine qui joue avec détachement et simplicité, Jeff est un bosseur, depuis toujours. Pour s'éloigner de l'image de son père (Tim Buckley, un vieux roi de la folk), il s'ouvrira au hard, au prog, au reggae, au jazz, au bossa-nova... Dans ses jeunes années, il n'hésite pas à sacrifier un nombre effarant d'heure par jour à la musique, à la maitrise de son instrument (il intègre finalement le Guitar Institute of Technology). Et ne parlons même pas de son obsession à jouer en public et de sa totale dévotion à la scène sur laquelle il forgera ses morceaux.

"Grace" est l'unique album de Jeff Buckley, pensé par lui de A à Z. Reflet de sa personnalité perfectionniste, les compos sont très travaillées, les arrangements soignés, le son au poil - au point même que l'esprit très rock de certains morceaux est presque anesthésié (cf. 'Dream Brother', dont l'explosion en live est bien plus crue). L'ambiance est religieuse, le disque est bourré de reverb et donne l'impression d'être joué dans une cathédrale. Au menu, dix morceaux qui alternent entre douceur et nervosité, entre folk éthérée et Hard-Rock sec. Le tout est parsemé de touches jazzy: 'Lilac Wine' est l'exemple évident, mais c'est surtout dans le jeu de guitare qu'il faudra chercher ce raffinement particulier et jamais démonstratif (ne vous attendez pas à du Al Di Meola). L'arpège de 'Grace' est un exemple, parmi d'autres qu'il faudra surtout chercher dans des petits breaks, des rythmiques improbables, des finitions.

Si l'ambiance et le son fonctionnent sur tout l'album, nous retiendrons particulièrement certains titres: 'Grace', la danse endiablée, légère, et fragile, enfle vers une libération jouissive. 'Mojo Pin', le titre d'ouverture, prouve à quel point Buckley maitrise le déroulement de ses chansons. La structure évoque plus un cheminement que le motif cyclique et redondant habituel dans ce type de musique. Cette culture de la composition, caractérisée par cette impression d'exuviation - du motif initial nait un motif proche, mais qui a du passer par l'épreuve des nombreux microphénomènes qui apparaissent dans la chanson sous forme de mini-break, d'ornementation plus ou moins discrète - s'exprime sur deux autres titres: le sublime 'Dream Brother' et son arpège angoissant, et le délicat 'Lover, You Should Have Come Over', qui présente rien de moins que la plus belle symbiose entre mélodie vocale et arrangement instrumental depuis les Beatles.

Au rayon des réjouissances, deux excellentes reprises avec 'Lilac Wine', et bien entendu 'Hallelujah'. Même si on parle souvent de la version de Leonard Cohen comme originale, Buckley s'est basée sur la version de John Cale pour sa reprise, celle ci différant de celle de Cohen dans ses arrangements, mais surtout par l'ajout de certains couplets. Toutefois, ces ajouts ne sont pas à mettre au crédit de John Cale, puisqu'il a simplement repris certains des 80 couplets écrits par Cohen pour sa chanson, mais non-utilisés. La version de Buckley est celle qui aura suscité le plus d'enthousiasme et de mimétisme.

Si 'Corpus Christi Carol' (reprise de Benjamin Britten), ou 'Last Goodbye' ne suscitent pas le même enthousiasme que les traumatismes mentionnés au-dessus, "Grace" reste une réussite flamboyante, fruit du travail acharné d'un artiste qui n'aimait pas se reposer sur ses acquis. Son but était de faire un album qui ferait oublier Led Zeppelin II. Après "Grace", il était déjà convaincu que l'album suivant le dépasserait ("Sketches" restera malheureusement à l'état de brouillon). En mettant ses tripes dans sa musique en général et dans ce disque en particulier, Buckley a taillé dans le roc une solide pièce d'authenticité et délivre le dernier album de rock: après ça, le reste n'est que comédie, nostalgie, et célébrations pieuses.
NESTOR - 21.07.2010
L'Album.
S'il ne doit y en avoir qu'un c'est celui-ci.
La beauté de la voix de Jeff Buckley, les sonorités magiques de sa guitare, la pureté de sa musique, tout contribue à faire de ce disque un réel moment de grâce.

Tout semble facile et naturel, ici. L'écoute de son second album (posthume) nous montrera qu'il n'en est rien que que le bonhomme était un travailleur infatigable qui peaufinait ses titres inlassablement.

Les seuls reproches pourraient concerner la pochette qui est assez quelconque (il existe des photos bien plus belles de l'ange), et le fait que le nombre de reprises inclues dans cet album laisse le sentiment ambigu que Jeff n'a pas forcé son talent.

Peu importe, le résultat est fantastique.

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RATING
STAFF : 4.5/5 (4 avis)
LECTEURS : 5/5 (1 avis)
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