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PROCOL HARUM: GRAND HOTEL (1973)


ALBUM - CHRYSALIS - ROCK - CORTO1809 - 10.09.2012
"Si vous ne devez posséder qu'un seul Procol Harum, c'est celui-là."

5/5
GROUPES PROCHES :
THE BEATLES, CAMEL, VAN DER GRAAF GENERATOR, ELP, TRANSATLANTIC, MANFRED MANN'S EARTH BAND, THE MOODY BLUES, RENAISSANCE, CURVED AIR, WARZECKA

TRACKS :

01. Grand Hotel - 06:10, 02. Toujours L'Amour - 03:31, 03. A Rum Tale - 03:20, 04. Tv Caesar - 05:52, 05. A Souvenir Of London - 03:23, 06. Bringing Home The Bacon - 04:21, 07. For Liquorice John - 04:27, 08. Fires (Which Burn Brightly) - 05:10, 09. Robert's Box - 04:45

FORMATION :
Alan Cartwright (Basse), B.J. Wilson (Batterie / Percussions (et 22 mandolines)), Chris Copping (Orgue), Christiane Legrand (invitée) (Chant (8)), Dave Ball (invité) (Cuillères musicales (5)), Denny Brown (invité) (Cuillères musicales (5)), Gary Brooker (Chant / Piano), Keith Reid (Textes), Mick Grabham (Guitares)

TAGs :
Accessible / FM, Romantique, Symphonique
Il s'en est passé des choses entre "Broken Barricades", leur précédent album studio paru deux ans plus tôt, et "Grand Hotel". On avait laissé le groupe exsangue, l'ombre de lui-même, versant dans un hard-rock peu convaincant. Depuis, Robin Trower qui se trouvait sans doute à l'étroit dans son costume de guitariste rythmique, est parti vivre sa vie de guitar-hero, rendant à Gary Brooker sa tranquillité d'esprit et la direction du groupe qu'il n'aurait jamais du partager. Sitôt revenu aux commandes, Brooker entraine son groupe dans un concert où il partage la vedette avec un orchestre de cinquante-deux musiciens et vingt-quatre choristes, renouant ainsi avec ses racines classiques, ou tout du moins orchestrales. Fort de la réussite de cette expérience, il sort la même année que "Dark Side Of The Moon", l'album le plus abouti de sa discographie. 1973, année bénie des dieux !

La défection de Trower et le concert de l'année précédente ont quelque peu bouleversé le line-up. Mick Grabham tient désormais la six cordes et Alan Cartwright soulage Chris Copping de la basse, celui-ci ne pouvant assurer simultanément sur scène les parties de cet instrument et de l'orgue. Si les pochettes ne reflètent pas toujours l'atmosphère laissée par la musique, celle de "Grand Hotel" lui est parfaitement adaptée. On y voit les six membres du groupe (à l'inverse de "Broken Barricades", Keith Reid, parolier attitré du groupe, n'a cette fois pas été oublié) en haut-de-forme et queue-de-pie posant devant la façade blanche d'un grand hôtel, dégageant un parfum 'fin de siècle' raffiné, presqu'aristocratique et vaguement décadent.

Le couple Brooker/Reid est au meilleur de sa forme. Les compositions sont au pire agréables, au mieux envoutantes. Les textes sont moins sombres, moins dérangeants, même s'ils évoquent des thèmes graves comme le suicide ou la maladie et que l'humour, dont ils sont parfois émaillés, est obligatoirement d'une couleur noire. Le piano a retrouvé un rôle prédominant et nous régale d'un festival d'arpèges cristallins ou d'accords vigoureux. Il renoue avec l'orgue dans de nombreux numéros de duettistes savoureux. B.J. Wilson prouve, si cela était encore nécessaire, quel grand batteur il est, donnant avec finesse ce qu'il faut de relief pour éviter que certains titres s'enlisent dans une mélodie trop sucrée. En dépit de la prédominance des claviers, chaque instrument arrive à trouver sa place et sait se faire entendre sans étouffer les autres. Enfin les nombreuses orchestrations permettent aux compositions de prendre une ampleur leur conférant leur lettre de noblesse.

Chaque titre est une petite merveille et mériterait une chronique. Nous n'en retiendrons que trois. A tout seigneur, tout honneur : le disque débute sur le majestueux titre éponyme, grandiose, précieux, romantique, s'offrant quelques mesures de valse et sachant marier avec bonheur une musique raffinée et classicisante à un rock pur et dépouillé de sa sauvagerie. 'For Liquorice John', écrite en hommage à un ami qui a mis fin à ses jours, nous transporte le temps d'une mélodie mélancolique et irréelle dans les ruelles mal éclairées et nimbées de brouillard de Sherlock Holmes. Pas le temps de se remettre de l'émotion dans laquelle nous avons été plongés que les vocalises angéliques de 'Fires' nous bouleversent par la nostalgie profonde qu'elles nous transmettent.

"Grand Hotel" réussit à être captivant de bout en bout tout en restant très varié, comme le prouvent 'A Souvenir Of London' avec son banjo et ses percussions à la cuiller, ou 'Robert's Box', souriant rock des iles. Vous l'aurez compris, si vous ne devez posséder qu'un seul Procol Harum, c'est celui-là. Encore qu'il serait dommage de s'arrêter en si bon chemin.


Plus d'informations sur http://www.procolharum.com
FRAN6 - 16.09.2012
Ce disque est effectivement exceptionnel et pour ma part il figure dans le top ten des meilleurs albums des seventies.
Pour ceux qui ne connaissaient de Procol que 'A Whiter Shade of Pale' et 'Conquistador' la baffe fut monumentale. Les compositions et la production sont à l'image de la pochette : un peu surannées mais d'une classe et d'une justesse inégalées. Brooker et Reid sont ici au sommet de leur art.
Mais il est un troisième compère qu'il faut absolument mettre en lumière tant son immense talent est aujourd'hui un peu oublié. C'est le batteur B.J. Wilson.
J'ai eu la chance de voir à l'époque de grands groupes et donc de grands batteurs,
Keith Moon, David Mason, Phil Collins et bien d'autres. Mais aucun ne m'a autant impressionné que B.J. Wilson.
En live la disposition du groupe était particulière: Gary Brooker et B.J. se faisaient face de chaque coté de la scène, le reste du groupe étant au milieu, mais en retrait.
Et la complicité des deux musiciens étaient évidente. Le jeu de B.J. était tout à la fois puissant, précis et juste sans être démonstratif.
La grande classe, à l'image de la musique du groupe.
Et ce n'est pas pour rien que Wilson était le premier choix de Page quand celui-ci créa Led Zeppelin.
La disparition prématurée de B.J. Wilson a été une immense perte pour le rock mais son souvenir reste vivace pour tous ceux qui ont eu la chance de le voir et de l'entendre.

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