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MUSE: THE 2ND LAW (2012)


ALBUM - WARNER - ROCK ALTERNATIF - STEVENAKERFELDT - 01.10.2012
"Ne boudez pas votre plaisir, ce disque est une nouvelle réussite du combo."

3/5
GROUPES PROCHES :
QUEEN, THE SMASHING PUMPKINS, JEFF BUCKLEY, RAGE AGAINST THE MACHINE, THE ADDICTION DREAM, 30 SECONDS TO MARS, THE INTERSPHERE, DEAD LETTER CIRCUS, SUM 41, WHITE NOTE

TRACKS :

01. Supremacy - 04:59, 02. Madness - 04:41, 03. Panic Station - 03:09, 04. Prelude - 00:57, 05. Survival - 04:17, 06. Follow Me - 03:50, 07. Animals - 04:23, 08. Explorers - 05:19, 09. Big Freeze - 04:40, 10. Save Me - 05:08, 11. Liquid State - 03:02, 12. The 2nd Law: Unsustainable - 03:48, 13. The 2nd Law: Isolated System - 05:19

FORMATION :
Christopher Wolstenholme (Guitares / Basse / Claviers / Choeurs, Piano), Dominic Howard (Batterie / Percussions), Matthew Bellamy (Chant / Guitares / Claviers / Piano)

TAGs :
Chant aigu, Accessible / FM, Electro
Ce n'est plus la peine de présenter Muse, le monument Rock de ces 10 dernières années qui, en à peine 5 albums, s'est imposé comme le "plus grand groupe de rock actuel". Décrié par une poignée de sceptiques, vénéré aveuglément par des millions de fans, c'est un véritable phénomène que ce groupe et comme l'a si bien dit mon confrère ayant chroniqué "Resistance", leur précédent album, cela intrigue réellement. Si "Resistance" avait marqué une rupture, il n'avait pas moins défrayé la chronique. Qualifié, tantôt d'album de la maturité, tantôt du pas de trop vers un easy-listening flagrant, Muse y avait néanmoins développé un aspect symphonique fortement influencé par Queen qui présentait un réel interêt. Matthew Bellamy a déclaré en 2009 vouloir revenir à une musique plus intimiste et sincère et renouer avec les sensations de leurs premiers concerts. Quelle ne fût pas notre surprise de découvrir que le premier morceau dévoilé, 'The 2nd Law: Unsustainable' contenait un long passage entièrement constitué de Dubstep (un courant de musique électronique londonien très violent et se basant sur des rhytmes très hachés et syncopés)! Quoi de mieux pour faire un album plus intimiste que de faire une chanson s'inspirant du style le plus à la mode des années 2010? "The 2nd Law" allait-il être une opération marketing ou une réelle tentative de renouveau?

Pour commencer, il faut savoir que, tout comme "Resistance" qui portait un concept inspiré par 1984 de Georges Orwell, "The 2nd Law" tire son nom de la 2ème loi de la thermodynamique qui introduit l'irreversibilité des échanges thermiques et inclut le concept d'entropie (la notion de désordre ne peut que croître au cours d'une transformation) comme le dit si bien la jeune présentatrice du clip de 'The 2nd Law: Unsustainable'. Si l'on regarde bien les images qui sont diffusées lors de ce dernier, on peut aisément faire une interprétation : Muse veut développer, à travers "The 2nd law" une critique du système dans lequel nous évoluons, la société de consommation, le libéralisme excessif et par là-même le néo-capitalisme du monde occidental, la référence au principe d'entropie étant là pour signifier que plus la consommation des ressources est grande, plus les conséquences en seront violentes ("Une économie basée sur une croissance infinie est... vouée à l'échec")

Initiative plus qu'honorable, le thème est assez largement développé dans l'album, que ce soit dans le morceau précité et l'utilisation de la dubstep qui va illustrer le désordre résultant de l'entropie, les cris des traders de la bourse dans 'Animals' (implicitement comparés à des animaux par le titre du morceau) ou encore 'Madness', qui va traiter de la folie des humains à vouloir vivre ainsi... 'Save Me' et 'Liquid State' constituent des exceptions à plusieurs titres : composées et chantées par Christopher Wolstenholme, elles traitent de son alcoolisme qu'il a heureusement réussi à surmonter et sont, au passage de bons morceaux qui explorent une partie inconnue du groupe.

Mais qu'en est t-il des morceaux eux-mêmes? Tout d'abord 'Unsustainable': l'angoisse est magnifiquement bien retranscrite par l'intro très Philipp Glass et par le passage dubstep, néanmoins, cela donne un côté réellement malsain que je n'apprécie, personnellement, pas du tout et l'interêt musical de la chose est plus que réduit. Ensuite, il est clair que Muse va chercher son inspiration chez de grands groupes, cela se sent bien trop. L'influence Queen est présente sur les morceaux les plus classiques et les plus grandiloquents de l'album ('Survival' et 'Supremacy' qui sont aussi parmi les meilleurs) mais aussi sur des O.M.N.I. : 'Madness' se caractérise par l'utilisation d'une guitare Misa, un instrument expérimental composé d'un pad tactile et d'une sorte de clavier, ainsi que par un sample ("Mamamamamamamamamadmadmad") qui représente carrément une faute de goût. Le titre ne devient vraiment plaisant qu'à partir de la 3ème minute, le début étant en effet plat et mou à souhait. 'Panic Station' est une sorte de fusion entre 'Another one Bites The Dust' et 'Supermassive Black Hole' avec un Matthew Bellamy chantant dans un registre peu adapté à son timbre.

Muse s'inspire également de U2 dans 'Big Freeze', l'un des seuls morceaux pop vraiment bon de l'album avec une structure ultra classique mais efficace et franchement plaisante mélodiquement. 'Follow Me' subit l'inévitable dérive électro qui va forcément être ultra efficace mais terriblement conventionnel et Dance FM ! Je ne vais pas détailler chaque chanson de l'album mais 'Animals' fonctionne très bien avec son jeu de basse mélodique et 'Isolated System' se place comme un morceau très axé sur l'ambiance, sans voix, et très doux, cela est assez réussi.

Mais je ne parle que peu des défauts, alors qu'il y en a ! Pour commencer toutes les influences que je viens de citer sont repérables à la première écoute. Pour un groupe qui en est à son 6ème album, c'est très gênant. Ensuite, tous les morceaux sont formatés pour passer à la radio et ne dépassent jamais les 5 minutes grand maximum, parti pris de la part du groupe, mais qui révèle un autre défaut : le manque de renouvellement. Certes, ils ont ajouté une dimension électronique qui ne manque pas d’intérêt mais c'est un ajout superficiel comparé aux redites qui parsèment l'album. Si l'on oublie les modulations épiques très représentatives de leur style, on ne peut passer à côté de 'Explorers', titre très (trop) Muse qui rappelle de manière troublante 'Invincible' de "Black Holes And Revelations". Ce genre de répétitions parsème l'album et c'est vraiment dommage.

Finalement, "The 2nd Law" est-il un bon album? Oui et non. Les avis vont être très partagés, le côté très popisant et électro ainsi que le manque de soli et l'absence de riffs tout au long de l'album va à coup sûr déplaire au fans de la première heure (dont je fais partie). Cela me fait réellement mal au coeur car Muse est le groupe qui m'a fait entrer dans le monde de la musique avec des tubes tels que 'Plug In Baby', 'Hysteria' ou 'Knights Of Cydonia', mais il faut se rendre à l'évidence, ils ont changé et il faut prendre leur nouvelle offrande comme un album d'un groupe ayant désormais une toute autre optique.


Plus d'informations sur http://muse.mu/
NIURK - 11.01.2013
Le dernier Muse m'a laissé la même impression que Black Holes et Resistance : d'un groupe inspirant, Muse est devenu groupe inspiré. Les ficelles sont de plus en plus grosses, les influences sont palpables à chaque titre.

En tant que grand amateur de U2, qui a su au cours des années 90 jongler avec les styles après 10 ans d'existence, tout en restant un véritable précurseur et conservant son identité, j'ai le sentiment tenace que si ce n'était les vocalises de Bellamy, il ne resterait plus rien du son Muse.

Pour expliquer le fond de ma pensée sans fioriture, voici mon inventaire :

'Supremacy' = un titre composé pour le dernier James Bond sans être sélectionné, seul titre convaincant de bout en bout, et sans doute une direction que Bellamy aurait pu suivre lorsque l'on connait ses penchants orchestraux, plutôt que de verser dans l'électro

'Madness' = la dégradation complète d'un titre de "Zooropa" de U2, 'Lemon' par exemple, et en somme de l'électro de bande FM sans odeur ni saveur

'Panic Station' = du sous-Queen qui ne décolle jamais et un titre qui résume à lui seul la faiblesse générale des refrains sur cet album

'Survival' = du queen d'opéra sous acide avec un faux solo de Brian May, après avoir essayé de l'assaisonner à l'électro, pourquoi pas l'enrober dans du Devin Townsend, on n'est déjà plus à ça près !

'Follow Me' = un morceau de Lady Gaga couiné par Bellamy

'Animals' = deuxième morceau intéressant de l'album, rares sont ceux dans la discographie du groupe bénéficiant d'un son de guitare sans overdrive

'Explorers' = du sous-Coldplay, on s'ennuie ferme

'Big Freeze' = et voici le retour de U2, époque Pop et fin des années 90's, le génie étant resté coincé dans la machine à remonter le temps

'Save Me' = ce n'est pas parce que Bellamy peut être énervant qu'il fallait s'infliger le non-chant de Christopher, moment à partir duquel l'album m'a semblé interminable

'Liquid State' = intéressante car elle me fait penser à un morceau des Foo Fighters, sauf que n'est pas Dave qui veut et que la voix de Christopher est définitivement à laisser dans sa gorge !

'Unsustainable' = morceau qui prouve que Skrillex, Nemo et consorts ne font pas qu'enchainer les syncopes et les beats sans talent, alors que dans le cas présent c'est de la dub-step de Monoprix

'Isolated System' = un crescendo qui n'enlève et n'apporte rien : du remplissage, ce qui est un comble après 3 ans d'attente, mais finalement au diapason de la platitude de l'ensemble.

J'ai adoré Muse, et "Absolution" reste pour moi l'un des plus grands albums de rock des années 2000. Mais depuis, plus rien, ou si peu. Des formules et des surgelés qu'on nous sert en tentant de nous les faire passer pour des plats de tradition. Muse n'est pas un mauvais groupe, mais c'est d'autant plus frustrant de les entendre se lisser, s'aseptiser.

C'est ce que j'appelle le phénomène Coldplay : débuts personnels et géniaux, puis lent déclin jusqu'à l'assèchement complet pour quelques passages radio. Quel gâchis !

CORTO1809 - 09.10.2012
Lors d'une récente interview, Matthew Bellamy a défini le contenu de leur nouvel album comme le mélange de rock à la Muse, d'électro-pop et d'une musique plus bizarre, moins couplet/refrain.
Effectivement, "The 2nd Law" correspond à cette description, et c'est peut-être là sa seule faiblesse, les trois styles cohabitant sans réelle osmose. C'est notamment sensible à l'écoute des deux derniers titres faisant partie du même diptyque et représentatifs de ce que Bellamy qualifie de musique bizarre, mêlant voix robotisées, chœurs, samples et mouvements progressifs. Ces titres sont en complet décalage par rapport au reste de l'album dont ils ne semblent pas faire partie.
Mis à part ce manque d'unité, "The 2nd Law" s'écoute avec grand plaisir. On retrouve ce mélange de rock nerveux, d'acrobaties vocales et de fluidité des compositions qui donne à chaque titre son caractère, le groupe s'autorisant parfois des détours vers la musique classique au travers d'un nouvel emprunt à Chopin comme il l'avait déjà fait sur "The Resistance".
Quand il ne sonne pas Muse, c'est vrai que le groupe ressemble parfois à Queen. Les fans de ce groupe ne pourront qu'être enchantés de la prestation de Matthew Bellamy qui parvient à combler en partie le vide immense laissé par la disparition de Freddy Mercury.
Muse est l'un des rares groupes contemporains capable d'avoir un style qui lui est propre et de produire une musique à la fois populaire (c'est-à-dire plaisant à un grand nombre) sans vendre son âme. Alors ne boudez pas votre plaisir, ce disque est une nouvelle réussite du combo.

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