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Présentation |
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Septième édition du fameux festival estival allemand. |
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Night Of The Prog 2012. |
C’est par un beau temps pour cette année 2012 (juste des nuages et beaucoup de soleil) que quatre chroniqueurs de Music Waves se jettent sur les autoroutes françaises, luxembourgeoises et allemandes pour se rendre sur le magnifique site du Loreley à quelques encablures de Coblence sur les hauteurs du Rhin. Une très belle affiche nous promet une douzaine d'heures de concert par jour avec des valeurs sures de la scène prog et quelques groupes à découvrir en live.
Premier jour : Les contingences du déplacement ne nous ont pas permis d'assister à la prestation de Hans Fröberg et c'est donc avec Enochian Theory que nous découvrons le son et l'ambiance Loreley. Le groupe anglais fait la part belle à ses deux albums avec cependant un son ne rendant pas service aux musiciens qui, comme sur les disques, nous donnent une impression plutôt brouillonne, oscillant entre métal, atmosphérique et progressif seventies. Pas très convaincant sur l’ensemble.
A noter la très belle organisation permettant à chaque groupe de jouer au moins une heure (voire plus pour les trois dernières troupes) tout en ne laissant que quinze minutes pour les changements de matériels.
L’envol réel de ce bel après-midi arrive pour nous avec les Norvégiens d’Airbag qui distillent leur rock atmosphérique et magique durant un peu plus d’une heure, nous offrant, entre autres, les trois parties d’Homesick au cœur d’un enchainement soyeux de plus de 45 minutes.
Dur de relever le défi pour le groupe du jour issu de la région, mais les Allemands de Sylvan -qui prennent le relais dans une ambiance surchauffée (le soleil aidant à attiser la foule)- le relèvent sans problème. Comme d’habitude, le son est parfait et le show rodé après près de 15 ans de présence scénique. Cette maîtrise permet à la troupe de piocher dans leur dernier double album, "Sceneries" (3 titres), mais aussi largement dans "Posthumous Silence" (ils auraient eu tort de ne pas le faire !). La voix de Marco met (comme d’habitude) quelques minutes à se chauffer mais une fois à température, celle-ci nous rappelle qu'elle est une des plus formidables de notre microcosme.

Arena n’a qu’à apparaître pour peaufiner le travail précédent. Malgré de nombreux problèmes techniques lors des deux premiers titres (synthés muets et basse en sourdine), le groupe délivre son progressif pêchu mené dorénavant par Paul Manzi qui a fort à faire pour rendre hommage à ses prédécesseurs. Mick frappe toujours autant (la finesse n’est vraiment pas sa tasse de thé mais convient au propos des Anglais), John Jowitt martyrise sa 4 cordes pour soutenir les fûts, John Mitchell se contente d'assurer comme à son habitude, tandis que Clive s’est finalement bien calmé derrières ses claviers (ceux qui l’ont connu par le passé savaient pourquoi trois kms de scotch les maintenaient !) mais nous offre de superbes soli. Nous aurons même droit à un "Solomon" d’une grande intensité (le passé a du bon !).
Vient alors le progressif 70's de Spock’s Beard, formidables musiciens qui nous enchantent de leurs soli. Desservi par un mauvais contact récalcitrant, produisant un désagréable bruit continu, Ryo Okumoto arrive tout de même à enchanter le public par sa dextérité. Nombreux sont les duos guitares/claviers puissants et captivants.
Cette journée se finit par la prestation de Saga. Show impeccable, nouveau batteur, musiciens au top avec le retour au chant de Michael Sadler, bref une prestation parfaite. Par contre, est-ce la longueur de la journée ? Est-ce un trop plein de bons sons ? La mayonnaise prend au début mais tourne rapidement par un manque évident de variété. Rythmes soutenus, constructions des titres uniformes (couplet/refrain/solo de guitare/solo de claviers/solo de guitare/couplet/refrain/on ferme) et sons identiques (pas de variétés au niveau synthés) ne permettent pas de s’enflammer plus que ça. Bien sûr, le talent est là mais cette fois-ci, il manque un petit quelque chose empêchant de totalement adhérer.
Après 12 heures de musiques intenses et de farniente c’est le corps vermoulu que nous prenons la direction de l’hôtel pour récupérer avant une seconde journée très prometteuse.
Deuxième jour : Midi n'a pas fini de sonner ses douze coups que déjà retentissent les premiers accords du folk-world progressif de Frequency Drift. La formation teutonne jouant à domicile emporte un bon succès d'estime en séduisant le public avec ses ballades largement agrémentées de violon et ponctuées, de ci de là, par les échos d'une harpe celtique ou d'une flûte. De bien belles mélodies servent d'écrin à la voix suave de la belle Nicole Scharnagl et l'interprétation live parfaitement maitrisée donne une ampleur supplémentaire à des titres qui semblaient un peu plus étriqués dans leur version studio.
13h30, nos amis gardois de Lazuli prennent possession de la scène et l'on sent bien qu'il n'y a pas que la poignée de spectateurs français présente dans l'amphithéâtre qui les attend avec impatience. Comme à chaque concert, Domi, Claude, Ged, Romain et Vincent emmènent le public dans leur monde poétique, porté par une musique qui n'appartient qu'à eux. La magie opère même sur le spectateur qui ignore la langue de Molière et l'on entend çà et là des bribes de refrains ânonnées avec des accents teutons ou bataves. Même la pluie, qui s'invite inopinément vers la fin du show, ne pourra faire fléchir la ferveur du public conquis. Mais déjà arrive l'heure du rappel et du désormais habituel final percussif "Mon mari m'bat" interprété à neuf maillets dans une version en constante évolution. Une fois encore Lazuli fait la démonstration que l'on peut être de grands interprètes et partager la musique avec humour et bonne humeur.

15h30, à peine redescendus du ciel où Lazuli nous avait satellisés, nous embarquons pour un autre voyage, celui des Anglais de Haken. Le registre est plus sombre et plus brutal puisque les six musiciens déversent un flot de métal progressif parfaitement maitrisé, interprétant avec brio, pour le plaisir des aficionados, les grands moments de leurs deux albums. Le succès est encore une fois au rendez-vous.
17h10, pas le temps de souffler, les "Rois de la Fleur" débarquent de Suède et investissent la scène. Cinq ans que le groupe n’a pas joué ensemble et ce n’est que leur second concert depuis la reprise de l'activité de The Flower Kings et la sortie de "Bank Of Eden", leur dernière création. Cela sonne bien et il y a toujours autant de dextérité dans les mains des différents musiciens. Les compositions sont parfaitement restituées, cependant le coté trop démonstratif à tendance quelque fois à éclipser le reste.
19h00, Katatonia que l'un d'entre de nous (dont nous tairons l'identité pour le protéger de possibles représailles) surnomma Cacatonia, explose sur scène. Headbanging, cheveux sur les cordes de guitare, son hyper saturé, quelques nappes de synthétiseur enregistrées (il n'y pas de synthé sur scène !) et noyées dans le reste. A notre avis, dans ce festival très orienté rock progressif, Katatonia a été une erreur de programmation qui a fait fuir (momentanément) un bon nombre de spectateurs.
21h00, Dieu existe, nous l'avons rencontré !!! Steve Hackett, avec une formation un peu différente de celle de la précédente tournée (absence de la belle Amanda Lehmann et remplacement de Nick Beggs à la basse par Phil Mulford) entre en scène. Quelle présence, quelle technique, c’est fabuleux. Le batteur Gary O' Toole est vraiment époustouflant, il chante en tapant sur ses futs lorsque la formation reprend des titres de Genesis avec une voix qui n'est pas celle de Peter Gabriel mais qui est d'une grande puissance. Moments magiques et qui nous ont tous scotché littéralement au sol. Petite surprise pour le rappel, le chanteur de Agent Of Mercy, Nad Sylvan monte sur scène pour une superbe reprise de "Watcher Of The skies".
Au retour de ce fantastique festival, l'équipe de Music Waves se dit qu'il est infiniment plus agréable d'être chroniqueur musical sur ce genre d'évènement, que reporter de guerre en Syrie.
 Phenomena - Pete-T - Peter Hackett - Arnaud |
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