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A PROPOS DE:

LOUIS BERTIGNAC (04 NOVEMBRE 2014)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK

A l'occasion de la sortie de "Suis-moi", Music Waves a de nouveau rencontré Louis Bertignac pour évoquer ces deux dernières années...
STRUCK - 05.12.2014 - 1 photo(s) - (1) commentaire(s)

Deux années sont passées et si les conditions ont radicalement changé (la présente interview s'est tenue dans les locaux de Polydor / Universal alors que la précédente avait eu lieu avant un concert dans sa loge et devant une assiette de sushi), Louis Bertignac reste vraiment lui-même, toujours aussi détendu et affable quand il s'agit de parler musique... Music Waves vous invite à nous suivre dans cet échange...



Notre précédente interview date de 2012, que s’est-il passé depuis pour toi ?


Louis Bertignac : Depuis 2012 ? Il s’est passé deux ans (Rires)… Plus sérieusement, j’ai terminé cet album qui était déjà en route…


A peine "Grizzly" sorti ?


Oui. Je me suis mis à travailler sur cet album dès que j’ai eu terminé "Grizzly" et je dirais même avant la fin de "Grizzly". Certaines chansons de "Suis-moi" étaient déjà prêtes. "Grizzly" était une commande de Martin Meissonnier qui m’a demandé de faire un album de riffs. J’ai donc fait des riffs en oubliant mes chansons qui sont revenues depuis avec quelques nouvelles (Sourire). Entre-temps, j’ai fait beaucoup de concerts. J’ai installé mon nouveau studio à la campagne...


Studio dans lequel a été enregistré cet album ?

J’ai enregistré cet album dans ce studio ; les basses et batteries ont été enregistrées aux States.


Et tu es content du retour sur investissement ?


C’est un très bon studio mais je ne pense pas que les ventes du disque vont permettre de le payer, c’est "The Voice" qui le fait (Rires) !


C’est une des raisons de ton retour sur "The Voice Kids" ?

Il y a quelque chose qui me plait dans "The Voice" qui va me manquer quand je vais arrêter. C’est une grosse organisation super rodée : c’est clean, quand tu joues c’est au point, tu as de bons musiciens… Et concernant les talents, je trouve que les gosses sont encore plus marrants que les grands parce que c’est moins sérieux : il n’y a pas de vision de début ou de fin de carrière à l’issue de cette émission. Les enfants s’en foutent, ils sont là pour rigoler et c’est donc très sympa. En revanche, "The Voice", c’est terminé ! Ça me bouffe tous mes week-ends et je n’en peux plus parce que je ne vois plus mes filles…


Tu disais lors de notre précédente interview ne pas être responsable du retour vers les racines blues rock de "Grizzly". Malgré tout, ce nouvel album "Suis-moi" qui est encore plus rock le confirme. Pourquoi ce choix délibéré pour le coup ?

Non ! Franchement, je n’ai fait aucun choix, comme souvent dans ma vie d’ailleurs ! Avec "Grizzly", c’était la première fois que j’avais un concept. Pour cet album, l’écriture des morceaux s'est enchaînée en fonction de ce qui venait, si bien que tu y retrouves un peu de tout : du rock, du blues… J’ai fait 18 morceaux que j’ai réussi à caser dans un album (Sourire) !





Ce patchwork musical, ne serait-ce pas Louis Bertignac finalement ?


Je crois bien ! C’est vrai que je suis comme ça : selon les périodes, je suis changeant, parfois j’aime le folk comme un fou, parfois le rock, le hard rock, les ballades… "Suis-moi" est une photo des trois années qui se sont écoulées.


Malgré tout, après l’album de riffs qu’était "Grizzly", tu n’as pas peur de décevoir tes fans avec un album moins taillé pour la scène ?

J’ai eu une très bonne surprise, cet album marche très bien sur scène !


Tu vas donc le réarranger pour l’occasion ?

Même pas ! Toutes les chansons le font très bien sur scène : je ne sais pas si c’est en raison des mélodies qui sont plus catchy que "Grizzly" qui était parfois répétitif. Cet album est plus varié, il y a des ponts qui arrivent au bon moment…


Tu évoques le côté répétitif de "Grizzly", je pense que concernant cet aspect, tu as battu un record avec 'Minilou'…

'Minilou' était pour montrer que je peux le faire (Rires) ! Et à l’occasion de cet album, j’ai décidé d’ajouter une guitare : c’est fini le power trio, ces morceaux sont trop galères à jouer dans cette configuration. Ce guitariste - Nicolas Bravin, frère de mon bassiste Marco Bravin - n’est ni plus ni moins qu’un de mes premiers guitaristes à l’époque des Visiteurs. On a un background commun tous les deux, je n’ai rien à lui dire : il arrive, il joue, tout est fluide et surtout, ça sonne gros !


La guitare ne semble pas être au centre de ton dernier disque…

Oui…


... selon nous, c'est plutôt le chant qui se montre le plus présent. Est-ce délibéré ?

Si j’étais content de "Grizzly" parce qu’il était bien rock, en revanche, j’ai senti une faiblesse au niveau des mélodies justement. La commande initiale de "Grizzly" était de faire des riffs et ensuite, je casais ce qu'il était possible de caser comme mélodies… Ce manque me gênait et pour l’occasion, je me suis bien rattrapé en partant la plupart du temps des mélodies.


Il semblerait que tu sois passé d'une situation où tu revendiquais un statut de guitariste qui chante par la force des chose, a un statut de musicien / arrangeur plus polyvalent. Est-ce ton sentiment?

J’ai remarqué que j’ai eu plusieurs périodes dans ma vie. Après Téléphone, c’est-à-dire à l’époque des Visiteurs, j’ai eu une période assez longue où j’essayais d’imiter. Selon les morceaux, c’était Robert Plant, Mike Jagger ou Otis Redding… et avec le recul, j’en étais très loin (Sourire). C’était une très mauvaise idée de vouloir imiter ces gens parce que je n’ai pas du tout le même organe à la base.

Par la suite - après avoir fait l’album de Carla Bruni - je me suis rendu compte que les trucs doux me plaisaient pas mal. Et comme, elle a participé aux textes de mon disque, elle m’a dit que j’avais une belle voix grave et douce et que je devais arrêter de gueuler (Rires). J’ai donc arrêté de forcer sur ma voix parce qu’effectivement, ce n’est pas beau ! Elle m’a donc fait faire un album assez doux dans lequel j’acceptais ma voix comme elle était.

Ensuite, j’ai eu l’épisode Martin Meissonnier pour "Grizzly" qui m’a dit que c’était trop propre et que je devais salir ma voix. J’ai donc appris à la rendre un peu plus rauque… Mais j’ai constaté que je ne gérais pas spécialement bien la voix rauque ni la voix soft !

Je peux dire maintenant que je commence enfin à jouer avec ma voix ! Ce n’est pas du niveau de jeu de mes doigts mais c’est quelque chose de nouveau !


Tu nous avais dis et tu viens de le confirmer, dans le précédent album tu avais sali ta voix (sur les conseils de ton coach). Elle est plus conventionnelle pour cet album. Est ce un choix artistique pour marquer le coup ?

Non, j’ai laissé faire en ne cherchant pas à faire quelque chose de particulier. J’ai essayé de chanter les morceaux comme ils me venaient sans trop me poser de questions… Avec le recul, je trouve déjà que j’aurais pu mieux chanter sur certaines chansons, je me rattraperai sur scène… Si je peux (Sourire) !


De fait, les nouveaux morceaux nous semblent plus décomplexés, moins démonstratifs. 

Tout à fait ! Je ne sais pas à quoi tient ce complexe de vouloir plaire aux gens, de montrer qu’on est bon… Mais peut-être -qu’avec la soixantaine ou un travail sur moi-même qui a fini par payer - je me soucie moins de paraître bon. Le seul propos de cet album est de faire du bien aux gens qui vont l’écouter !


Tu m’avais dit en 2012 que tu avais arrêté de fumer et gagné 3 db…


… Oui, c’est vrai ! Ça m’a aidé au niveau du souffle et au niveau de la scène, c’est un régal : je ne fatigue pas !


… Peut-on en conclure que si tu te positionnes désormais plus comme un chanteur ? Ou alors est-ce l’expérience The Voice qui te rend plus légitime dans ce rôle ?


C’est sûr que j’ai croisé beaucoup de personnes qui chantent bien dans cette émission. Ça a peut-être ouvert des voies dans mon cerveau. Ce qui est certain c’est que je saurai désormais dire quand je suis ridicule lorsque je chante (Rires) ! Quand on entend des choses qu’on ne supporte pas, on fait en sorte de ne pas le reproduire soi-même. Pour autant, je ne dis pas que je chante comme j’aimerais entendre chanter les gens mais j’arrive à comprendre ce que je n’aime pas chez moi et donc j’arrive à éviter de le faire.


Toujours lors de notre interview en 2012, tu m’avais dit avoir hésité entre la direction d’un album instrumental dans l’esprit planant à la Pink Floyd avec des nappes et des soli de guitares qui voyagent…

C’est toujours un projet…


… Malgré tout, "Suis-moi" confirme la voie choisie par "Grizzly"….

Tout à fait, "Suis-moi" n’est pas du tout instrumental, il y a de la voix partout.


Ce projet instrumental est-il voué à rester dans les cartons ?

Non, c’est un projet auquel je pense toujours et je le sortirais sûrement un jour parce que je considère que c’est une bonne idée…


C’est d’autant plus une bonne idée qu’elle entre parfaitement dans la ligne éditoriale historique et progressive de Music Waves. Bref, nous sommes impatients d’écouter cela…

(Rires) Merci ! Ce n’est pas facile, il ne faut pas que je bâcle ce projet mais je ne me fais pas d’illusion, tant que tu n’as pas encore fait un projet, tu vas te tromper (Sourire). Je vais devoir en faire plusieurs pour m'améliorer…


En revanche, je ne suis pas convaincu de la portée commerciale d’un tel projet…

Oui mais on s’en fout ! Et finalement, on n’en sait rien, si ça trouve ça marchera dix fois mieux qu’un "Suis-moi" !


Tu admettras que malgré tout, sur le papier "Suis-moi" entre plus dans les canons des albums qui se vendent en France qu’un instrumental atmosphérique…

Oui mais j’ai rarement eu aussi peu de morceaux en radio qu’avec cet album. Disons que c’était dans les canons pour réussir… il y a 30 ans (Rires) !


"Finalement, je m’en fous si cet album ne passe pas en radio, ce qui compte c’est que les gens qui l’ont acheté le passe en boucle !"



Et comment l’expliques-tu ?


Je commence à croire que les radios ne passent pas ce genre de musique tout simplement ! En France, les radios passent une musique bien spéciale qui n’est pas la mienne… alors qu’en Belgique, elle y est sans arrêt ! Mais les gens l’aiment et c’est ça qui compte. Finalement, je m’en fous si cet album ne passe pas en radio, ce qui compte c’est que les gens qui l’ont acheté le passe en boucle !


Qu'est-ce qui a présidé au choix des musiciens qui t'accompagnent à savoir les pointures Leland Sklar (Phil Collins) et Chad Cromwell (Neil Young, Mark Knopfler) ?

En fait, ça a commencé par Chad Cromwell. Je suis tombé sur une vidéo de Keith Ritchards et Willie Nelson en train d’interpréter 'Dead Flowers' des Stones sur Youtube. J’ai été totalement bluffé par le batteur. Je n’avais jamais entendu un "Tchac Poum Poum" aussi solide et aussi groovy…





Dis de la sorte, tu ne nous fais pas rêver…

(Rires) Oui mais bon, c’est le rythme du rock quand même ! Et je n’avais jamais entendu un aussi bon rythme que le sien sauf peut-être Topper Headon des Clash et Charlie Watts. J’entendais donc cette batterie mais on ne le voyait pas ce qui m'a poussé à faire des investigations pour savoir qui était ce batteur (Rires) ! J’ai demandé à Patrice Cramer qui habite aux Etats-Unis et quand on a su qui il était, j’ai tout fait pour qu’il soit présent sur cet album. Et dans la foulée, il m’a demandé si je voulais également un bassiste américain et j’ai répondu positivement tant qu’à faire (Sourire) et il m’a proposé Leland Sklar.

Finalement, les deux étaient disponibles et intéressés par le projet : royal (Rires) ! Je me suis donc rendu à Miami où on avait loué un studio pour leur prise de son. Je m'y suis rendu avec mes maquettes, je n’ai donc pas joué. On m’avait loué un ampli mais je ne voulais pas jouer, je voulais m’occuper de ce que j’avais à faire c’est-à-dire les écouter et les aiguiller. Et c’est ce que j’ai fait !


Tu n’as donc jamais jammé avec eux ?

Non sauf le dernier jour pendant qu’on faisait des photos, on a fait un bœuf (Sourire)… Mais ce n’est pas grave, ce n’était pas le propos : nous avions quatre jours et il fallait vraiment avancer…


Mais n’est-ce pas frustrant ?

Ce n’est pas grave. De toute façon, je suis un timide : il aurait fallu attendre une semaine avant d’avoir le vrai Bertignac à la guitare !


Ah bon ?

Attends, ce sont des pointures…


Ne te sous-estimes-tu pas ?

C’est ma nature et encore une fois, ce n’est pas grave : je suis timide, c’est comme ça ! En revanche, si je joue avec Paul Personne ou des gens que je connais, je vais tout de suite le faire normalement. Mais si tu me mets avec une star ou un de mes héros, j’aurai beaucoup de mal à être moi-même.


Malgré tout, ces pointures ne sont connues que par les initiés ?


Oui mais ce sont de super musiciens. J’aurais eu peur de ne pas être en place, de ne pas être naturel… Non, ce n’est pas plus mal ainsi et on se retrouvera. Et ce que j’ai bien aimé par la suite, c’est que Chad - avec qui je continue d’échanger - me dise qu’il était tombé sur une vidéo de moi et qu’il avait été surpris. Il ne pensait pas que j’étais le tueur qu’il avait pu voir sur cette vidéo (Rires) !


Avec la chanson 'Mes Icones' qui est un hommage évident aux Rolling Stones, n'avais-tu pas la tentation d'aller plus loin dans l'hommage en t'inspirant encore plus des Stones quitte a donner un peu dans une chanson style 'Rockollection' ?

C’était possible mais au départ, le but n’était pas d’écrire une chanson sur les Rolling Stones. A la base, j’avais écrit ce titre en posant des "Ouh Ouh", des "Ah Ah", des "Oh Oh", des "Uh Uh" (Rires) sur mon téléphone et en l’enregistrant sérieusement, je me suis rendu compte qu’aucun de ses gimmicks me plaisait sauf les "Ouh Ouh", j’en ai donc mis partout (Sourire)… Si bien que finalement même si le morceau en lui-même sonne plus Led Zep que Stones, les "Ouh Ouh" donnent l’impression d’un pompage évident ! Par la suite, en envoyant le mp3 aux écrivains possibles, j’ai mis un brief dans lequel j’indique que la marque des "Ouh Ouh" était si forte que ce serait bien que les textes parlent des Stones (Sourire) !


En clair, aujourd’hui, on ne peut plus mettre de "Ouh Ouh" dans un titre sans qu’on dise qu'il est influencé par les Stones…

Tout à fait ! C’est la raison pour laquelle j’ai demandé qu’on parle des Stones dans cette chanson. Mais c’est vraiment la seule raison, il n’était pas prévu que je fasse référence aux Stones au départ. Quoi qu’il en soit, ce titre est un vrai bonheur sur scène et à chaque fois, je ne peux pas m’empêcher de faire un passage 'Sympathy for the Devil' (Sourire)…


Qu’attends-tu de la sortie de "Suis-moi" ?

En fait, j’ai déjà eu ce que j’en attendais et j’espère que ça va continuer. Ce sont de super chansons à jouer sur scène, je me régale à les jouer comme jamais... J’ai souvent l’impression de jouer des reprises tellement ces chansons me plaisent (Rires) !


Tu sais que ce type de réponse est celle d’un artiste rôdé à l’exercice promotionnel ?

Non, non, ces chansons m’éclatent vraiment alors que ce n’est que le début ! C’est assez inattendu parce que ce n’était pas le propos initial. Au départ cet album devait être un bon album bien produit et finalement, je me retrouve avec de bonnes chansons à jouer sur scène.


Est-ce que le titre est un appel à tes fans, une demande pour qu’ils te fassent confiance et te suivent quelque soit le chemin emprunté et plus particulièrement sur scène ?

Oui mais non (Rires) ! En fait, le titre de cet album est comme d’habitude celui d’une chanson qui parle à une fille. J’avais fait un sondage au préalable sur Facebook en proposant "Embrasse-moi, "Suis-moi", "Miaou" et non "Minilou", "Je dis oui"… que des trucs positifs.

Il y a eu une majorité de "Suis-moi" avec comme raison :
- "Suis-moi" en concert comme tu l’as dit,
- mais également je "Suis-moi"…

Donc "Suis-moi" a gagné et je l’ai choisi comme titre d’album et aujourd’hui, il faut que je trouve des prétextes, des explications alors que ce n’est pas moi qui l’ai choisi (Rires) !


Tu as dis que le titre "Suis-moi" parlait à une fille. A ce propos, quelles sont tes relations avec la gente féminine notamment quand tu dis que tu ne promets pas d’être fidèle ?

(Rires) Je ne le dis qu’une fois dans "Je dis oui" (Rires) !


Ça n’effraie pas ta compagne actuelle ?

Si mais je lui précise bien que c’est une chanson (Rires). Elle m’a quand même demandé si je ne voulais pas changer cette phrase. Je n’ai pas voulu, je l’aime bien : elle est un brin provocatrice (Sourire). Et pour être honnête, quand je tombe amoureux, j’aimerais bien pouvoir lui dire ça : il y aurait un côté tellement honnête de dire qu’on ne lui garantit pas d’être fidèle… mais je ne l’ai jamais fait !


Aucun homme ne l’a fait…

Ça doit exister ce genre de mec qui dès le début prévient la fille : c’est un peu ce que je rêverais de faire. Je préférerais dire à la fille "je ne promets pas d’être fidèle" et l’être que de lui dire que je resterais fidèle et la tromper comme un rat dans un coin… Il se trouve que là, je suis fidèle (Sourire)… et je ne lui ai donc pas dit que je ne lui promettais pas d’être fidèle. C’est dans la chanson, ce n’est pas moi qui l’ai écrite, je suis une victime (Rires) !


Dans la continuité de la deuxième raison pour le choix de ce titre d’album… Tu m’avais avoué que Jean-Louis Aubert avait dit que contrairement au titre, Grizzly ce n’était pas toi : en avez-vous discuté depuis et considère-t-il que "Suis-moi", c’est toi ?

(Rires) Je ne l’ai pas vu depuis.


Vous ne vous êtes pas revus depuis ?


Non, non… Je ne sais même pas si il sait que j’ai sorti un album, nous ne nous sommes pas recroisés depuis…


C’est dommage, on ne pourra pas savoir si il estime qu’avec cet album…

Je "Suis moi" (Sourire)… A mon avis, il me connaît bien et il sait à peu près quel genre de morceaux je peux composer : cet album ne devrait pas trop le surprendre.


Pour revenir à Jean-Louis Aubert, tu disais que son orientation était incompréhensible voire dirigé par le pognon. Est-ce que ta pensée est toujours la même au lendemain de la sortie de son nouvel album "Les parages du vide" quand il chante Houelbecq ?

Non, je ne pense pas que ce soit dirigé par le pognon : c’est son truc ! Après, je vais te dire, son nouvel album, je ne l’ai pas écouté, je ne peux donc rien en dire…


C’est étonnant quand même : vous vous êtes revus lors du concert exceptionnel au Bus Palladium il y a environ 6 mois…


… C’était il y a 6 mois : il n’avait pas sorti d’album et moi non plus…


(Avec Jean-Louis Aubert) Il y a comme une gène. C’est comme si tu avais été avec une fille et que tu tenais absolument à savoir comment ton ex fait l’amour aujourd’hui... Personnellement, je m’en fous !


… on aurait pensé qu’à défaut de vous voir quotidiennement, vous échangiez régulièrement et seriez curieux de ce que chacun est susceptible de jouer ?

Non pas vraiment ! Il y a comme une gène. C’est comme si tu avais été avec une fille et tu tenais absolument à savoir comment ton ex fait l’amour aujourd’hui… Personnellement, je m’en fous : elle peut faire l’amour comme elle veut, je ne veux pas le savoir (Rires) !


Tu serais un peu jaloux de ce qu’il pourrait faire ?

Je ne sais pas, ce n’est pas vraiment de la jalousie.


De la pudeur alors ?

Il y a un peu de ça aussi… Si je l’entends soit je ne vais pas comprendre ce qu’il fait soit je l’aurais fait différemment et c’est normal puisqu’on est différent. Il aurait également fait différemment mon album, il aurait eu plein de conseils à me donner et réciproquement… mais je ne suis pas dans son histoire, il n’est pas dans la mienne : laissons-nous faire ce que nous voulons. Malgré tout, sans entendre l’album, je trouve bizarre qu’il ait demandé à un autre mec d’écrire le texte parce que pour moi, c’est toujours ce qu’il fait de mieux aujourd’hui. Mais il y a un truc avec Jean-Louis, c’est qu’on n’a pas besoin de tout ça. On a vécu des moments très intenses, je sais que quand je vois sa gueule, instantanément, ça me file la banane et je crois que lui aussi. On a vécu des moments forts, on s’est engueulé… il reste de tout ça quelque chose de presque plus beau que l’amour !


Et votre histoire commune, c’était ce concert au Bus Palladium : c’était comment ?

(Rires) J’étais ravi de le voir, on a discuté, on a parlé de nos vies… Les gens nous encourageaient à remettre ça (Visiblement agacé)…


Justement, nous n’en sommes pas à extrapoler sur une reformation, comment était ce moment sur scène ?

Ce n’est rien du tout ! Je le connais comme ma poche, je sais par avance ce qu’il va faire et réciproquement…

On adore jouer ensemble mais jouer 'Ça, c’est vraiment toi' avec un son de merde (Rires)…

Ce moment était sympa pour les gens qui étaient là mais pour nous, non ! Si on prend deux guitares sèches et qu'on se met dans un coin, on s’éclate mille fois plus (Sourire)…





Avant de se quitter un dernier message aux lecteurs de Music Waves ?

Continuez à planer et vous éclater. Rock n’roll !



Merci à Arnaud et Nestor pour leur contribution...


Plus d'informations sur http://www.bertignac.com
 
(1) COMMENTAIRE(S)
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THIBAUTK - 05/12/2014 15:10:42
1
Bravo pour cette belle entrevue !
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