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TITRE:

THE SPIDERS (13 NOVEMBRE 2014)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HARD ROCK



A l'occasion de son passage au Glazart pour la tournée promotionnelle de son deuxième album "Shake Electric", Music Waves a rencontré Ann-Sofie Hoyles...
STRUCK - 23.01.2015 -
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Quelques minutes avant de monter sur scène, Music Waves a rencontré Ann-Sofie Hoyles visiblement surprise et enthousiaste à l'idée de devoir répondre à notre interview, preuve de l'intérêt français pour The Spiders...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?


Ann-Sofie Hoyles : Oh… Je ne sais pas vraiment… Mais cette question me fait penser que je réponds parfois à des questions que je n’aime pas (Rires)…


Et quelles sont-elles ?

Je n’aime pas répondre à la question de savoir ce que ça fait d’être une chanteuse au milieu de tant de garçons ou encore être une chanteuse dans la scène rock (Sourire)…


Vous allez jouer dans quelques minutes sur la scène du Glazart. Comment te sens-tu avant de monter sur scène ?


C’est super. J’adore Paris. Il y a quelques années de cela, j’avais entendu dire qu’il ne faisait pas bon tourner pour un groupe rock en France qui était plus un pays dédié à l’électro. Et lorsque nous avons joué ici pour la première fois en mai, je me suis rendu compte que c’était un cliché totalement faux : les gens ici adorent le rock et semblaient apprécier Spiders : c’est pourquoi nous sommes de retour avec notre nouvel album. Et je dois t’avouer que les gens sont adorables et semblent excités à l’idée d’écouter les chansons de ce nouvel album. Si en plus, tu ajoutes le fait que j’aime beaucoup cette ville, tu comprendras que je suis très contente d’être ici ce soir (Sourire).





Comment expliques-tu l'attirance actuelle pour les années 1970 et celle de The Spiders en particulier ?

Si un groupe comme Spiders joue du rock, c’est une évidence que les années 1960 et 1970 sont la période la plus intéressante sachant que par la suite, la musique proposée allait être de pire en pire (Rires)… Nous écoutons donc beaucoup de musique issue des années 1960 et 1970 et ça tu peux clairement l’entendre dans notre musique.

Les groupes n’ont jamais cessé de jouer cette musique [le rock des années 1970], c’est juste qu’aujourd’hui, on en parle plus…



Mais comment expliques-tu ce retour en force depuis les années 2000 ?

Mon sentiment est que les groupes n’ont jamais cessé de jouer cette musique, c’est juste qu’aujourd’hui, on en parle beaucoup plus…


Mais pourquoi donc ?

Les groupes qui jouent cette musique sont signés par de plus gros labels qui finalement décident ce que doivent écouter les gens.


Selon toi, tout est question d’exposition finalement ?

Exactement !


Il y a de plus de chanteuses dans le rock, le stoner et le doom. Là aussi, c'est devenu une mode. N'as-tu pas peur que The Spiders soit catalogué comme suiveurs ?

Je pense que ce n’est pas seulement dans la musique : les femmes sont de plus en plus présentes dans la scène politique, dans l’art de façon générale… De plus, aujourd’hui en Suède, le gouvernement aide les jeunes et incite notamment les jeunes filles à faire de la musique en payant par exemple les studios d’enregistrement…


"En écoutant notre musique [...] je dirais que j’entends parfois du Motörhead, du Kiss, de la soul, du punk… Au final, c’est du Spiders !"



Quels sont les éléments de la musique de The Spiders qui vous permettent de sortir du lot ?

Nous écoutons tous différents styles de musique : du punk, du jazz, du blues, du rock… et c’est tout cela qui, une fois  mélangé, façonne finalement l'identité de Spiders (Rires). En tant que membre du groupe, c’est difficile de définir ce que j’entends en écoutant notre musique mais je dirais que j’entends parfois du Motörhead, du Kiss, de la soul, du punk… Au final, c’est du Spiders !


La recette de The Spiders est donc ce mélange subtil ?


Oui, je pense que c’est notre force parce que nous n’avons pas peur d’explorer. A ce propos, nous avons souvent dû répondre à des questions nous demandant pourquoi nous jouions telle ou telle musique et aujourd’hui, nous en jouons une autre… Nous ne raisonnons pas de cette façon, nous faisons et avons toujours fait ce que nous voulions faire (Sourire).





Ta voix possède un grain particulier, un peu rugueux qui apporte beaucoup de fraicheur…


Je suis contente d’entendre ça (Sourire)… La voix est un élément particulier dans un groupe parce que autant tu peux échanger les sons des instruments comme la guitare par exemple autant tu ne peux pas le faire avec la voix qui est ce qu’elle est !


… dans ces conditions et au regard des particularités de The Spiders, ne craignez-vous pas que le groupe soit résumé à toi ?


Non. Il m’arrive parfois d’écouter des groupes que je ne connais pas et je me rends compte par la suite que c’est une fille qui chante alors que je pensais que c’était un garçon ou inversement. Dans les années 1970, les garçons chantaient très haut… Aujourd’hui, dans le rock, c’est très compliqué de savoir si le chanteur est un garçon ou une fille.


Peux-tu revenir sur la naissance du groupe et plus particulièrement sur le choix du chant féminin? Etait-il déjà prévu ou est-il venu après ?


Le groupe a commencé avec moi au chant et John (NdStruck : Hoyles) à la guitare… Aucun plan n’a été fait pour savoir si il fallait avoir une fille au chant… Nous avons juste décidé de jouer ensemble parce qu’il aimait vraiment ma façon de chanter et moi, j’aimais beaucoup sa façon de jouer. Nous avons connu plusieurs changements de line-up mais avec mon époux, John à la guitare, faire de la musique ensemble est quelque chose de naturel.


The Spiders est donc -notamment- porté par ta voix. Le groupe pourrait-il continuer sans toi ?


Non, je ne pense pas. Un groupe peut toujours évoluer si tu changes un membre en sonnant un peu différemment comme ce fut notre cas en changeant de batteur ou de bassiste. En revanche, c’est différent pour John ou moi-même et si nous venions à changer l'un des deux, ça ne serait plus Spiders. Je ne dis pas qu’ils ne pourraient pas jouer ensemble mais il faudrait le faire sous un autre nom.


Vous sentez-vous proches de la scène stoner ? Cette étiquette t’agace-t-elle ?

Je ne m’en soucie pas plus que ça parce que nous savons ce que nous jouons et surtout qui nous sommes. Nous avons joué dans des festivals de musiques extrêmes en Suède mais finalement, ce fut amusant de monter sur scène et répandre la musique que nous aimons à des personnes d’autres horizons. Et si ces gens veulent nous définir comme un groupe stoner ou autre, je m’en fiche un peu…


"Aujourd’hui, tout est standardisé [...] nous avons décidé de prendre le contre-pied en faisant quelque chose de différent"


En fait quelle que soient les étiquettes, vous faîtes du rock, avec un grand "R", tout simplement, non ? Ni psyché, no occulte, vous avez déjà votre propre identité, votre propre style...

C’est sympa et je ne peux être que d’accord avec toi (Sourire) !

Nous faisons ce que nous voulons faire et nous n’avons jamais fait de plan pour sonner de telle ou telle façon pour plaire au public. Certains groupes sont très attentifs à ce qu’ils jouent, leurs looks, jouer sur le côté occulte comme tu as pu le souligner… Mais ce n’est pas notre cas. Nous ne voulons pas entrer dans une case, c’est peut-être pour cette raison que nous avons souhaité enregistrer ce nouvel album dans un studio différent parce que tout le monde y enregistrait.

De façon générale, aujourd’hui, tout est standardisé : tous les groupes louent les mêmes studios, engagent les mêmes photographes, les mêmes artistes pour faire le merchandising… et nous avons décidé de prendre le contre-pied de cette standardisation en faisant quelque chose de différent.


Ce nouvel album "Shake Electric" semble plus varié. On y trouve des teintes un peu soul ('Hard Times'), il y a de l'harmonica sur le titre éponyme. Vous vous renouvelez avec discrétion ?

La composition de cet album a débuté dès la sortie du premier album "Flash Point" ; ce fut un long voyage (Rires) ! Nous écrivions les chansons depuis un certain temps et à partir du moment où nous avons décidé de rentrer en studio, il a fallu terminer tous les titres, choisir ceux qui allaient figurer sur l’album et donc choisir le studio puisque nous avions décidé de changer de studio puisque le précédent était devenu trop cher… Nous avons donc décidé de travailler dans un nouveau studio avec un nouveau producteur qui avait souhaité que nous lui donnions des albums que nous aimions (Heart, David Bowie, T-Rex)… et pour lui, ça ne faisait aucun doute que ça collerait !





Et votre expérience scénique vous a également aidé à évoluer dans votre écriture ?


Bien entendu ! Mais j’aime toujours nos anciennes chansons. Pour cette nouvelle tournée, notre set-list est équilibrée entre les titres issus de "Flash Point" et de "Shake Electric" que je suis très impatiente de jouer. Ce qui est sympa, c’est que je joue de la guitare sur les nouvelles chansons, John et Olle (NdStruck : Griphammar, basse) font les chœurs…


Tous vos titres sont courts…

... C’est vrai (Rires) !


Pourrait-on vous voir un jour vous essayer à un registre plus long, plus épique ou cela ne vous intéresse pas ?

Bien sûr que nous pourrions écrire de tels titres mais je ne pense pas que ce soit si intéressant. Spiders pourrait faire une longue chanson épique mais ce que nous aimons c'est aller à l’essentiel…


Écouter The Spiders nous rappelle une phrase de Ritchie Blackmore qui disait que les meilleures chansons sont aussi les plus simples, celles que l'on peut fredonner...

Merci (Sourire) ! Je suis vraiment contente de notre façon de composer, de travailler et de jouer ensemble… J’ai toujours été fière des chansons que nous avons sorties, aucune ne m’ennuie : nous continuons toujours à jouer les premiers titres que nous avons écrit et je les aime toujours autant…


Comme on l’a dit, votre musique est très ancrée dans les années 1960 et 1970. Doit-on en conclure que Spiders est un groupe nostalgique ?

Oui et… non (Rires) ! Nous ne voulons pas donner l’impression que notre musique vient des années 1970, nous sommes un groupe moderne et tu peux l’entendre.
Il est difficile de le dire aujourd’hui parce que nous n’avons pas forcément le recul mais je pense et j’espère que nous pourrons écouter "Shake Electric" dans dix ans en sachant que cet album est sorti en 2014. Nous écoutons du rock et jouons du rock mais nous apportons des touches de modernité


Mais vous restez pourtant attaches à une manière de faire "à l'ancienne" : des singles en 45 tours, un son naturel pas surproduit, des pochettes très simples...

C’est sûr mais même si nous sortons chacun de nos albums en CD, j’ai toujours aimé l’art autour du vinyle, j’aime l’idée que l’auditeur étudie la pochette pendant qu’il écoute l’album. De la même façon, j’aime le son analogique… C’est une évidence, j'adore ces choses ancrées dans les années 1970 !


Finalement qu’attendez-vous de cet album ?

Nous avons enregistré cet album par nous-mêmes, c’est ensuite que nous avons signé un gros label pour le sortir. Nous avons réalisé à ce moment-là que c’était une opportunité incroyable de jouer un peu partout…


Tu as déjà constaté une différence ? Des portes se sont déjà ouvertes depuis ?

Oui ! Tout ce qui nous arrive aujourd’hui est du bonus pour moi : cette tournée, j’espère que nous pourrons faire quelques festivals l’été prochain et pourquoi pas aller jouer en Amérique…


Vous avez des touches ?

Nous avons également sorti l’album en Amérique et j’espère que nous pourrons nous y rendre pour y jouer…


Tu es optimiste ?

Bien sûr (Rires) ! En revanche, je ne serai pas triste si ça ne se fait pas. Comme je le disais par ailleurs, je suis déjà contente que les gens apprécient cet album et nous demandent de venir le jouer dans leur pays.


Et arrivez-vous à vivre de votre musique ?

Non, nous devons travailler par ailleurs pour payer nos factures (Sourire). Mais nous avons toujours joué de la musique et personne ne pourra nous empêcher de continuer à le faire…


Et ce statut de musicien professionnel, c’est un rêve ou une réalité atteignable pour vous ?


C’est un rêve pour les trois autres membres parce qu’ils ne travaillent pas dans un domaine qu’ils apprécient. Pour ma part, j’adore mon travail donc ce n’est pas un problème si je n’arrive pas à vivre de ma musique.


Question traditionnelle de Music Waves pour finir, quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?


J’en ai plusieurs mais j’ai en tête un souvenir de notre dernière tournée : nous nous sommes rendus pour la première fois en Italie dans une salle au milieu de nulle part. Nous nous sommes dits qu’il n’y aurait personne et finalement, la salle était comble, des personnes sont venus me voir en me demandant des autographes… Tu peux être parfois fatigué à un moment donné d’une tournée mais tu arrives à trouver de nouvelles énergies grâce au public !


Tu penses que ce sera le cas ce soir ?

Je l’espère mais nous avons déjà eu notre dose d’énergie tout le long de cette journée à Paris (Sourire)…


Au contraire, quel pourrait être le pire souvenir ?

Le pire souvenir est quand tu es malade en tournée et plus particulièrement quand tu es sur scène en train de chanter : c’est horrible !


On a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Oh ! Tu m’as vraiment posé de belles questions qui m’ont demandé de la réflexion (Rires) ! Non, c’était super !


A cet égard, tu peux remercier Childeric ici présent qui m’a aidé à préparer cette interview…

Merci (Sourire) !


Avant de se quitter, souhaiterais-tu dire un dernier mot aux lecteurs de Music Waves et peut-être en français ?

(en français) "Bonjour madame !" (Rires)


Merci beaucoup

"Merci"


Et merci à Childeric pour sa contribution et ses photos...


Plus d'informations sur http://www.wearespiders.com/
 
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