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TITRE:

JJ GREY & MOFRO (14 JANVIER 2015)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Dans le cadre de la promotion de son nouvel album "Ol' Glory" qui fera l'objet d'un concert exceptionnel au New Morning le Jeudi 19 Mars, JJ Grey a répondu aux questions de Music Waves...
STRUCK - 16.03.2015 -
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De passage à Paris dans le cadre de sa promo européenne, c'est un JJ Grey très détendu qui nous a répondu pour nous parler de son nouvel album "Ol' Glory" mais aussi de sa musique en générale puisque l'artiste compte percer en Europe avec l'aide de Mascott et ce premier concert au New Morning, le 19 Mars...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?


JJ Grey : Hum, décrire ma musique ou de me décrire moi-même… Ce sont des questions pièges parce que je n’en ai aucune idée (Rires)
Mais je n’ai aucun problème à y répondre c’est juste que c’est plus simple pour moi d’avoir des éléments de réponses si on me donne des clés dans les questions.





Et on va essayer de t’aider dans cet exercice. Il a un aspect soul évident dans ta musique : est-ce que finalement Mofro ne serait pas la contraction de Motown et Afro ?


Et bien, si certaines personnes veulent penser que c’est ça : c’est super ! Mais Mofro est le surnom qu’on me donnait jeune lorsque j’habitais à Jacksonville. En fait, Mofro est la contraction de Mother Fucker (Sourire) !


Justement, le groupe change de nom en 2007 pour devenir JJ Grey & Mofro ? Est-ce que la musique du groupe va changer également ?

Non ! C’est juste que je n’avais pas de groupe à l’époque. A chaque nouvel album, c’était de nouveaux musiciens qui m’accompagnaient.


Cela signifie que tu as trouvé ton groupe en 2007 ?


Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une personne qui a joué sur l’album de 2007 (Rires) !
Je tourne tellement que certains musiciens ne peuvent pas suivre pour diverses raisons : financières, professionnelles, privées…
Mais honnêtement, au début, je m’étais surnommé Mofro mais un jour, ma grand-mère m’a demandé pourquoi je m’appelais ainsi. Mes chansons traitent tantôt de la mort par overdose d’un mes meilleurs amis ou de la dernière conversation de mon grand-père mais que signifie Mofro, pourquoi ne pas se présenter sous son propre nom comme tout le monde vu que les sujets que j’évoque sont souvent personnels.
Personnellement, même si je ne voulais pas trop changer, j’ai capitulé parce que ma grand-mère m’avait demandé de le faire.


Pour moi, le message est définitivement aussi important que la musique. Je ressens le besoin de me souvenir.


Ta musique semble toujours autant concernée par l'écologie et la transformation de l'environnement. Le message est-il prépondérant dans ta démarche ?

Pour moi, le message est définitivement aussi important que la musique. Je ressens le besoin de me souvenir. La première moitié de ta vie, tu la passes à essayer de t’enfuir de chez toi et la dernière moitié, tu fais tout pour y revenir. A un certain moment, j’ai eu le sentiment de ne pas assez porter attention aux choses importantes.
Bref, je n’essaie pas de passer un message à qui que ce soit, ce sont des introspections ou une sorte de journal intime. Cet amour de mon pays, ma connexion avec moi-même finalement sont des choses qui sont profondément ancrées en moi et font que j’essaie de me résoudre à être une meilleure personne.





Tes albums contiennent ce mélange de Blues, de Southern Rock à la Skynyrd, de Funk, de Soul à la Otis Redding et surtout une fraicheur et une spontanéité perpétuelle. Comment une telle formule, qui semble pourtant évidente mais jamais entendue auparavant, est née ?


Pour moi, c’est plus un accent. La musique reste de la musique, cela reste une histoire de tonalité. Comme tu le peux le constater, je parle avec un accent du sud très prononcé (Sourire) et ma musique comporte cela aussi. Ma musique sort tout naturellement ainsi. J’ai été influencé par énormément de musique à commencer par la musique classique et cela n’a aucun lien avec l’endroit d’où je viens.
En fait, c’est comme en cuisine, pour que le plat ait une saveur particulière, il faut que tu le goûtes au préalable afin de savoir ce qu’il faut rajouter ou pas. Et depuis que je fais de la musique, je suis toujours parti du principe que chaque son est comme un ingrédient d’un plat.


Mais tout l’art réside de faire en sorte que tous ses ingrédients se marient pour donner un plat cohérent…


Exactement ! Pour continuer dans l’image de la cuisine, il faut savoir laisser les ingrédients mijoter ensemble. Il ne faut pas essayer de forcer les choses.
Pour simplifier, on va dire que ma musique est bluesy avec des éléments southern rock, mais si en termes de genre, un des titres que je compose a vocation à être typiquement blues, je ne vais pas ajouter de la soul histoire de me démarquer… Il ne faut pas, ça ne marchera pas : il faut laisser faire les choses naturellement.


Il y a quelque chose de profondément humain et fédérateur dans ta musique. Qu'est-ce qui t’inspire dans le processus de composition ?

Les chansons sortent naturellement lorsque je suis chez moi. Puis je me rends dans mon studio pour enregistrer les démos. J’enregistre tout et je présente le cd de démos au groupe. Les démos ont vocation à donner la tendance, la ligne directrice des autres instruments. Je leur donne une totale liberté dans l’interprétation, je ne leur demande surtout pas de jouer exactement ce que j’ai pu enregistrer car ils sont manifestement meilleurs que moi dans leur domaine respectif (Rires) !
Travailler ainsi rend la musique plus cool. Parce que par le passé, je ne leur laissais pas forcément cette liberté ; ils apprenaient note par note ce que je leur avais fait écouter…


Pendant l’enregistrement, je voulais ressentir la même émotion que celle vécue sur scène.


Finalement, cette façon de travailler a des impacts sur ta musique qui devient plus naturelle et avec des intonations live ?


C’est exactement ce que je voulais pour cet album ! Pendant toutes ces années, mes chansons ont changé et se sont bonifiées sur scène. Même si certains titres n’ont pas du tout changé et sonnent toujours comme sur l’album de l’époque, en revanche, d’autres ont totalement changé. Et je voulais que certains titres sur cet album aient cette sensation de scène. Nous avons enregistré cet album dans les conditions du live, nous ne voulions pas l’enregistrer de façon digitale, même si nous avons ajouté des éléments digitaux par la suite. Pendant l’enregistrement, je voulais ressentir la même émotion que celle vécue sur scène.
On peut ressentir cela à l’écoute de cet album mais également certains titres du premier album…


Est-ce aussi pour cela que les bonus de ce nouvel album sont des titres de ce premier album ?

Je suis un éternel insatisfait. Outre la batterie qui était programmée, je ne supportais pas mon chant. Honnêtement, je n’étais pas capable de chanter ces titres comme je peux le faire aujourd’hui.
Et en jouant ces titres avec mon groupe actuel, je me suis dit qu’il fallait impérativement les réenregistrer. Et quand le label nous a demandé des titres bonus, je leur ai dit que je les avais déjà, il nous fallait que quelques jours de studio supplémentaires pour les finaliser.


Tu es désormais signé par Mascott, as-tu vu une différence significative ?


Bien sûr !


Le but est de revenir jouer en France tous les ans.


A commencer par cette promo en France.

Tout à fait ! J’ai déjà vu une différence majeure du point de vue du traitement par les médias ici en Europe.
Effectivement, le plus gros changement est cette promo européenne mais je ne connais pas encore tous les impacts réels vu que l’album n’est toujours pas sorti ici. Malgré tout, nous avons une date de prévue en France au New Morning, le 19 Mars puis nous devrions revenir en Octobre… Le but étant de revenir jouer en France tous les ans.





C’est ta plus grande attente pour cet album : développer le marché européen et venir jouer ici le plus souvent possible ?


Venir jouer ici régulièrement serait formidable !


En revanche, penses-tu que ta musique est faite pour le public européen ?


Je ne sais vraiment pas, l’avenir nous le dira (Sourire) !


Mascott est également la maison de disques d’un Joe Bonnamassa, Gov’t Mules, Beth Hart… Qu’est-ce que ça te fait d’être à côté de ces noms ?


C’est super ! C’est vraiment un super label avec des artistes super talentueux. Je suis ami avec Warren Haynes et je lui ai demandé son avis sur Mascott, il ne m’en a dit que du bien… Je suis vraiment content d’être signé par ce label.


Si je prends ma musique au sérieux, en revanche, je ne me prends pas au sérieux…


L'arrivée progressive du succès ne te fait pas trop peur ? Peur de perdre cette fraicheur et ce côté "dimension humaine" qui fait ta force?

Non pas du tout ! Je veux juste venir jouer et partager ma musique avec le public européen. Si je prends ma musique au sérieux, en revanche, je ne me prends pas au sérieux… Peu importe le nombre de personnes qui viendra ou pas. J’aurais toujours en tête cette tournée américaine où nous jouions devant des milliers de personnes tous les soirs et un soir, nous nous sommes retrouvés devant un public de 15 personnes et finalement, ce fut le concert le plus chaleureux de toute la tournée. J’ai l’impression de jouer pour une personne chaque soir et techniquement, c’est le cas…


Le titre éponyme 'Ol'Glory' tape dans un registre plus nerveux et un chant plus rageur, est-ce une voix que tu comptes creuser à l'avenir ?

Ce sont des choses que j’ai l’habitude de faire sur scène mais effectivement, c’est plutôt rare sur album. Malgré tout, concernant ce titre 'Ol’ Glory', j’ai enregistré la démo -comme tous les titres- chez moi. J’ai enregistré rapidement la batterie, le piano, la basse… J’ai fait une rapide démo de 10 minutes et la voix également. J’étais inspiré, j’ai pris le micro et j’ai commencé à chanter… Et quand j’ai amené la démo, les musiciens ont enregistré leurs instruments sur ma voix.


On ne va pas parler de heavy metal, malgré tout, on a la sensation que l’approche de cet album est plus agressive sur la deuxième partie ?

C’est exact et c’est également le cas dans la construction des nos set-lists en concert. Et comme je te l’ai dis par ailleurs, mes sources d’inspiration sont innombrables et le heavy metal en fait partie. Black Sabbath est l’un des précurseurs du style et je considère qu’il joue une sorte de heavy blues.


C’est donc une volonté de construire ton album de la sorte ?

Oui. Quand nous sommes arrivés au moment de donner l’ordre des titres, je voulais que l’album se termine sur un titre « The Hurricane » qui serait tel le passage d’un ouragan qui est d’une intensité rare lorsqu’on est dans l’œil et qui s’éteint tout aussi rapidement.


Le titre bonus 'Santa Claus, True Love, & Freedom' de "Blackwater" est vraiment touchant et parle de l'enfance et sa magie. Quel est le message derrière ?


Ma famille est mixte… Contrairement aux idées reçues, il y en a plus qu’on ne le pense dans le Sud des Etats-Unis. C’est comme si en ayant vu quelques films sur la France, je pensais connaître la France et les français. C’est le sentiment que j’ai à propos du Sud des Etats-Unis. J’ai encore les stigmates de certaines choses et c’est ce dont traite ce titre. Aux Etats-Unis, comme en France, on véhicule l’idée que le Père Noël vient les soirs de Noël passer dans la cheminée. Et les adultes que nous sommes devenus sont éblouis par la naïveté des enfants mais pour moi, ce n’est pas de la naïveté. Les enfants naissent en espérant la vérité et dans le cas présent, ils croient tout simplement en ce qu’on leur dit.


Parfois, cette naïveté -qui n’est finalement qu’un enfant sans arrière pensée qui ne juge pas- n’est-elle pas plus belle que la réalité comme les évènements de ce début d’année en France ?


Je ne dis pas que faire croire au Père Noël est une mauvaise chose. Je dis juste qu’en tant qu’adulte, nous voyons dans les enfants la naïveté de ceux qui attendent la vérité et qui apprennent à mentir plus tard. Si on apprend à mentir, on apprend également comment ne pas mentir. Comme un terroriste ne naît pas terroriste, on lui apprend à le devenir…
Toute cette chanson traite de cela, quand j’étais jeune, je croyais au Père Noël, au vrai amour et à la liberté… et plus tard, j’ai réalisé que tout cela n’existait pas mais la vérité est que cela existe malgré tout (Rires) : le Grand Amour, la liberté existent et si le personnage du Père Noël n’existe pas en revanche l’idée de partage et de fête existe bel et bien…


Penses-tu avoir réussi à avoir transmis cette philosophie positive à tes enfants ?


J’ai un fils qui est grand maintenant. J’ai fait des erreurs mais il a plutôt bien tourné, heureusement (Rires) !
J’ai une fille de 5 ans et j’ai appris que le plus beau cadeau que je pouvais lui donner était de lui donner l’espace d’être elle-même et malgré tout être très attentif à elle.


Tes enfants écoutent-ils ta musique ?


Mon fils est plus branché hip-hop (Sourire)… mais ma fille chante toutes mes chansons.
D’ailleurs, la première chanson de cet album a été inspirée par ma fille. Je revenais de course avec elle et à l’arrière de la voiture, elle a commencé à chanter une mélodie et ça était le point de départ de cette chanson…


Quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?

Wahou, j’en ai un paquet. Mais un des plus beaux est quand l’orchestre symphonique de Jacksonville composé de 42 membres a joué quelques unes de nos mélodies avant notre montée sur scène : j’en ai encore des frissons…


A ce propos, en 2010, sur "Georgia Warhorse" tu collabores avec Toots hibbert et Derek Trucks des Allman Brothers. Ca doit faire partie de tes meilleurs souvenirs ?

Définitivement ! Chanter avec ces deux chanteurs est un autre de mes grands souvenirs…


Tu as évoqué ton meilleur souvenir, au contraire, quel pourrait être le pire ?


Tu sais je n’ai pas en mémoire un seul mauvais souvenir. Mais je dirais que la pire des expériences en tant que musicien a été de me convaincre qu’il fallait travailler dur non seulement dans la musique mais aussi la vie. Et plus tard, j’ai réalisé que je prends énormément de plaisir à faire ce que je fais même si j’ai traversé des moments terribles comme tomber en panne sur l’autoroute et devoir réparer le van pour continuer la tournée, dormir dehors dans l’Oahio… Malgré tous ces souvenirs, je continue à m’amuser.
Certes, par moment, il m’arrive de perdre cette flamme et il suffit de me rappeler tous ces souvenirs bons ou mauvais qu’on croirait sortis d’un film… Et rien que le fait de me pouvoir me dire que je vis ce film : c’est formidable !





On a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Je ne saurais te dire… Tu m’as posé des questions géniales et je ne vois pas quoi pas rajouter, on a tout dit (Rires) !


Un dernier mot aux lecteurs de Music Waves ?


Je sais demander au public français "Comment allez-vous ?".
Je veux apprendre le français et découvrir la nourriture française (Rires) !


Peut-on dire que la prochaine interview promo de JJ Grey sera en français ?

Je l’espère vraiment (Rires) !


Merci


"Merci"


Et merci à Mr Blue pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.jjgrey.com/
 
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