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TITRE:

BALTHAZAR (24 FEVRIER 2015)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

POP



De passage à Paris pour promouvoir son nouvel album, les deux leaders de Balthazar ont répondu aux questions de Music Waves...
STRUCK - 20.04.2015 -
4 photo(s) - (1) commentaire(s)

Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Maarten Devoldere : Probablement la signification du titre et ce qu’il y a derrière…

Jinte : Et c’est finalement assez logique car nous devons promouvoir ce nouvel album (Rires) !





N’en avez-vous pas assez d’être considérés comme les nouveaux DeUS en raison du fait que vous soyez belges ?

Maarten : C’est assez logique mais c’était surtout vrai à nos débuts.

Jinte Deprez : Effectivement, c’était le cas pour le premier album et finalement, c’était une chose géniale d’être considéré comme les nouveaux DeUS : cela a permis qu’on parle de nous !

Maarten : Mais c’est logique : le public international ne connaît pas beaucoup de groupes belges. Et c’est finalement assez cool de constater que la scène belge a un son typique. Nous nous sommes lancés dans ce style musical mais depuis, je pense que nous avons évolué dans un style différent. Bref, si je n’ai eu aucun problème avec cette comparaison, elle n’est plus d’actualité aujourd’hui.


Votre actualité, c'est ce troisième album, "Thin Walls", après le très bien accueilli "Rats". Avez-vous ressenti une quelconque pression au moment de vous lancer dans la composition de cet album ?

Jinte : Non ! Nous n’avons pas vraiment réfléchi à cela et quand tu regardes bien, nous n’arrêtons jamais de composer : c’est juste que nous faisons une sélection à un moment donné pour sortir un album.
Je suis vraiment très content de la réaction du public à "Rats" parce que j’estime qu’il est un peu plus difficile dans le sens où il n’est pas très commercial. Pour "Rats", nous avons surtout constaté qu’un album grandissait sur scène et je pense qu’il en sera de même pour ce nouvel album.
En bref, même si il essuie de mauvaises critiques -ce que je ne souhaite pas (Rires)- je suis convaincu que le verdict se fera au bout d’une tournée sur scène pendant une année. A ce jour, nous venons juste de terminer un album que nous avons composé pour nous-mêmes, nous considérons que c’est le meilleur de nous-mêmes à ce jour… et nous souhaitons juste qu’un maximum de personnes l’écoute !





Est-ce la raison pour laquelle vous avez changé votre façon de composer à commencer par le fait de composer pendant que vous étiez en tournée ?

Maarten : Non ! Nous avons procédé de la sorte parce que nous n’avions pas le choix et surtout le temps de faire autrement (Rires) ! Malgré tout, cela a influé sur notre son, notre façon d’écrire…


Et votre expérience scénique avec "Rats" a également influencé cela ?

Maarten : Bien sûr, c’est la raison pour laquelle cet album est plus direct ! En revanche, la scène a un côté urgent, instantané et qui n’arrive qu’une fois que tu ne peux pas retranscrire sur un album.

Jinte : Nous ne nous sommes pas dit qu’il fallait faire un album pour la scène en pensant écrire des titres plus faciles à jouer sur scène. Malgré tout, nous avons déjà fait deux concerts et la tendance est que "Rats" était délicat à jouer sur scène, les titres de ce nouvel album sont plus joyeux (Rires).


Nous estimons que notre façon de composer s’est améliorée avec les années, elle est dorénavant plus mature si bien que notre signature est dans les chansons en elles-mêmes


Contrairement à ses prédécesseurs, cet album n’est pas autoproduit mais produit par Ben Hillier (Blur, Depeche Mode..) et mixé par Jason Cox (Massive Attack, Gorillaz). J’ai lu par ailleurs dans le cadre de la sortie de "Rats" que vous étiez des maniaques, que vous saviez ce que vous vouliez et que nous n’aviez besoin de personne en termes de son. Cela veut-il dire que vous ne savez désormais plus ?

Jinte : Non, c’est juste qu’auparavant, nous avions besoin de poser une signature sur notre musique. Aujourd’hui, nous ne faisons qu’écrire les titres et nous estimons que notre façon de composer s’est améliorée avec les années, elle est dorénavant plus mature si bien que notre signature est dans les chansons en elles-mêmes.


Malgré tout, vous êtes d’accord qu’une production et un mixage peuvent totalement changer cela ?


Jinte : Bien sûr ! Malgré tout, tu auras beau mixer 10.000 fois notre album, cela sera toujours du Balthazar ! Aujourd’hui, le son que nous avons est exactement celui que nous voulions. Nous avons juste fait appel à des personnes extérieures pour nous aider à créer ce son !


Finalement, vous êtes plus confiants en votre musique ? Même en la faisant produire / mixer par d’autres, vous savez ce que ça sonnera toujours Balthazar ?

Maarten : Exactement ! Nous savons comment procéder pour produire un album studio. Aujourd’hui, c’est intéressant de faire appel à quelqu’un d’autre sachant que ça nous a permis de ne pas nous occuper de tout comme nous le faisions par le passé. Nous n’avions pas à nous embarrasser de considérations techniques, nous n’étions en studio que pour jouer de la musique et je dois avouer que c’était quelque chose de très agréable. C’est la raison pour laquelle nous avons fait appel à un producteur : être soulagés de ce poids.




Et avec le recul, êtes-vous satisfaits du résultat ?

Maarten : Nous avons énormément échangé avec lui sur le sujet et nous avons réussi à lui faire comprendre ce que nous avions fait et pourquoi nous avions fait certaines choses sur "Rats". Nous voulions impérativement savoir s'il était capable de nous comprendre finalement pour avoir totalement confiance en lui.


Malgré tout, n’avez-vous pas éprouvé une certaine crainte au moment de laisser votre bébé dans les bras d’un autre ?


Jinte : Je vais donner l’impression d’être un mauvais père mais au bout du troisième enfant, tu peux commencer à lâcher du lest (Rires).
Mais comme on l’a dit, c’est notre troisième album, nous avons donc certaines convictions et nous sommes plus confiants sur notre façon de composer. Bref, la production, le mixage n’allaient pas totalement changer l’atmosphère de cet album. Et ils collent parfaitement à la mentalité de cet album qui se veut plus direct. En effet, avec un tel esprit tu peux te permettre d’être plus nonchalant avec la production. Et même si nous n’avons pas fait la production, Ben a une certaine expérience si bien qu’il savait ce qui allait marcher ou pas.  

Maarten : A cet égard, si "Rats" était un album très mature, celui-ci est plus joyeux dans le sens où nous nous sommes amusés à le faire : si nous avions un peu perdu de notre naïveté par le passé, nous l’avons retrouvée depuis (Sourire)…


"Thin Walls" est un mélange de diverses influences comme le folk qui apporte une atmosphère nostalgique avec notamment cet orchestre et ces violons mais également des influences pop rock anglaises des années 1990 de Radiohead ou Nerve (‘Then What') avec une voix pouvant évoquer Lou Reed ou Iggy Pop et des passages plus rock dissonants comme sur 'I Looked For You'… L’objectif était-il de faire un album riche et varié ?

Maarten : Je me répète mais nous n’avions qu’un seul objectif : nous amuser ! Après si tu entends du Radiohead ou un autre groupe, ce n’est pas intentionnel mais totalement inconscient : nous sommes influencés par énormément d’artistes que ce soit ceux que tu as cités mais également Rihanna ou Miley Cyrus !
Si à l’écoute de cet album, on peut penser que le but était qu’il soit diversifié, je répondrais seulement que nous avons fait l’album qui nous plaisait.

Jinte : Si nous nous sommes arrachés les cheveux pour faire en sorte que chaque titre ait l’air le plus raffiné et intellectuel possible, aujourd’hui, nous ne nous prenons pas la tête : nous faisons les choses de façon instinctive sans trop réfléchir et nous nous sommes énormément amusés à procéder de la sorte.


Y-a-t-il un message derrière cet album ? Comme si "Thin Walls" était ce petit détail qui te fait passer d’une réalité à une autre. Par exemple, le titre 'Then What’ qui évoque l’amour : peut-on dire que derrière ce mur étroit d’un grand amour, il y a une autre réalité à savoir que tu n’es plus seul maître de ta vie ?

Jinte : Tu peux voir cela ainsi à savoir que tu peux entendre une histoire au travers d’un mur mais ce mur induit une certaine distorsion de la vérité… mais ce n’est pas ce que nous avons voulu dire (Sourire) !
Le titre fait plutôt référence à la façon dont nous avons créé cet album pendant la tournée. En tournée, nous sommes tous dans le tour bus et nous n’avons aucune intimité si bien que nous entendions tout ce que les autres pouvaient faire. De la même façon, lorsque nous étions à l’hôtel, nos petites chambres mitoyennes étaient également séparées de murs très fins. Ce titre a beaucoup de signification pour nous.

Maarten : Inversement, si ce titre a cette signification particulière pour nous, ce qui est génial c’est de constater qu’elle est différente pour chaque personne qui s’approprie notre musique.


Vous avez énormément tourné avec "Rats" (200 concerts), n’est-ce pas contraignant d’un point de vue vie privée ?

Jinte : Ce n’est pas vraiment une chose négative. En effet, comme nous tournons énormément, cela nous permet d’écrire.
Quand nous avons commencé à tourner, nous n’avons vu que la beauté de la chose en nous disant qu’une tournée pouvait être utile car nous rentrions de tournée avec un tas de nouvelles chansons.
En revanche, certains verront le côté négatif à savoir que tu es rarement chez toi…
Mais de façon plus objective, ce n’est ni positif, ni négatif, les choses se sont présentées ainsi et nous avons changé notre façon de composer. Et si cet album sonne ainsi, c’est aussi parce que nous avons beaucoup tourné : je dirais donc que j’opterais plus pour le côté positif (Sourire) !


Cet album est très extraverti, direct et naïf, tout l’opposé de la mélancolie finalement. Malgré tout, certaines chansons restent mélancoliques mais cela demeurera toujours un aspect de la personnalité de Balthazar


Cet album transpire la mélancolie, la nostalgie : êtes-vous nostalgique d’un certain passé ?

Maarten : Si nous n’essayons pas d’être le groupe le plus joyeux, nous essayons juste d’écrire les meilleures chansons possibles. En revanche, je te rejoins sur le point que le son de ces chansons est intemporel donnant cette impression. Il est indéniable que nous adorons les classiques des années 1960 à nos jours et je pense qu’effectivement, cela doit influencer notre musique. Malgré tout, nous n’essayons pas de faire une musique rétro. Notre musique est un condensé de ce que nous aimons qui nous permet de créer notre propre petit univers.

Jinte : De plus concernant la mélancolie et la nostalgie, je dirais que nous le sommes moins que par le passé. Pour nous, cet album est très extraverti, direct et naïf, tout l’opposé de la mélancolie finalement. Malgré tout, certaines chansons restent mélancoliques mais cela demeurera toujours un aspect de la personnalité de Balthazar. Si l’intention n’était pas de faire des titres mélancoliques, nous avons essayé d’être le plus ouvert et vivant possible.



On peut dire que la différence majeure entre "Rats" et la pop minimaliste de "Applause", votre premier album, était financière parce que vous avez pu vous permettre certaines choses que vous ne pouviez pas faire par la passé. Avez-vous passé un cap pour cet album ? Et que peut-on attendre pour le quatrième ?

Jinte : Oh ! Pour être honnête si nous avons pu faire appel à un producteur sur cet album, nous n’aurions pas pu nous le permettre sur le précédent. Donc pour le quatrième, nous allons faire en sorte d’inviter des chanteurs très chers comme Elton John, Kany West…


… Kany West ? Le Kany West qui a lancé la carrière d’un certain Paul McCartney ?

Jinte : (Rires)… ou Paul McCartney mais je ne pense pas que ce sera possible puisque à aucun moment de ses interventions avec Kany West ou Rihanna, il n’a chanté… Je pense qu’il va être compliqué de le faire chanter à nouveau pour un duo !





"Rats" a été élu meilleur album 2012 des Music Industry Awards (équivalent belge des Victoires de la Musique). Quelles sont vos attentes pour ce nouvel album : un disque d’or ?

Maarten : (Rires) Bien sûr !

Jinte : Ca va être compliqué parce que plus personne n’achète d’album. Je ne sais pas trop mais ce qui est certain c’est que nous pensons que "Thin Walls" est notre meilleur album à ce jour et ça serait cool si le public pouvait également penser la même chose. En revanche, ça ne m’empêchera pas de dormir si cet album ne décroche aucune récompense…


Malgré tout, nos vies entières sont faîtes de défis et de toujours essayer d’aller plus haut : avec "Rats", vous avez atteint un certain niveau avec notamment cette récompense…

Maarten : Nous en avions également eu une pour "Applause". Certes, c’est une sorte reconnaissance de ton travail à un moment donné de ta carrière mais quand tu composes, c’est vraiment la dernière chose à laquelle tu penses. Quand tu composes, tu es uniquement concentré sur le fait d’écrire des chansons.  En revanche, c’est après coup, quand l’album est sorti, que tu commences à faire de la promotion que tu te rends réellement compte de cette pression. Mais je t’avouerai qu’elle est vite balayée dans le sens où nous avons fait en sorte que cet album corresponde exactement à ce que chacun d’entre nous aime.


Vous allez faire une tournée française, avez-vous prévu de faire un titre en français pour votre public francophone ?

Jinte : (Rires) Nous avons toujours dit que nous allions faire un album pour le public français.


Tout un album ?

Jinte : Non, juste une chanson…


Une telle décision est un bon plan marketing pour définitivement conquérir le public français ?


Maarten : Nous chantons en anglais et nos compositions sont bien meilleures en anglais : nous ne nous soucions pas trop !

Jinte : Et je suis convaincu que si jamais nous le faisons, le public français va détester considérant qu’avec nos accents, ce ne sera pas un vrai titre français (Rires) !


Quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Jinte : Je n’en ai strictement aucune idée…


Le prochain concert en France ?

Jinte : Je ne sais pas mais je dirais notre prochaine chanson en français (Rires) !


Au contraire, quel pourrait être le pire souvenir ?

Maarten : On n’a pas eu trop de soucis finalement…





Nous avons commencé cette interview avec la question qu’on vous a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Maarten : Quelle est ta couleur préférée ?


Et alors ?

Maarten : Le jaune…

Jinte : Je suis daltonien (Sourire)…


Merci

Merci à toi !


Plus d'informations sur http://www.balthazarband.be/
 
(1) COMMENTAIRE(S)  
 
 
ALADDIN_SANE
20/04/2015
  0
J'ai bien aimé leur précédent album "Rats", même si "Thin Wall" m'a un peu moins convaincu, cela reste de la bonne indie-pop que je raprocherais plus des Tindersticks que de dEUS toutefois. Curieux de les découvrir en live (en juin au festival Aucard de Tours).
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