MW / Accueil / Articles / INTERVIEWS - TWILIGHT MOTION (29 JUIN 2015)
TITRE:

TWILIGHT MOTION (29 JUIN 2015)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Après un deuxième album "Blind Eye" marqué du sceau de l'expérimentation, Music Waves ne pouvait pas ne pas approfondir le dossier Twilight Motion...
STRUCK - 13.07.2015 -
2 photo(s) - (0) commentaire(s)

Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Etienne : Je pense que c'est surtout : Pourquoi vous vous appelez Twilight Motion ? Qu'est ce que cela signifie ?


Et nous ne la poserons pas en revanche, d'après ce nom, vous pensez être la fin du mouvement ou ce qui arrive en exclusivité après que le mouvement se soit éteint?

Etienne : Le début et la fin n'existe pas, il n'existe que le mouvement (Rires) ! A vrai dire le crépuscule (Twilight) est une phase entre deux, ça nous représente bien.

Julien : Je rajouterai en disant que tout n'est qu'une longue continuité.





Pour "Dark City" votre précédent album, vous étiez à trois. Pour ce nouvel album, vous avez fait appel à plusieurs invités dont une violoncelliste. Est-ce que ces apports ont été originellement vécus comme une façon excitante de renouveler votre musique, ou une méfiance face à ce qui pourrait dénaturer les couleurs présentes sur le premier album?



Etienne : Nous avions déjà travaillé de cette manière avec des invités sur le premier album, mais plus sur le chant. Sur le deuxième album nous voulions travailler sur une opposition musique acoustique / musique numérique. Trombone, trompette et violoncelle ont donc trouvé leur place au milieu des séquences et des sons saturés.

Julien : L'idée était de faire un album dans l'esprit du "Collectif : Twilight Motion" plutôt qu'un album à 3. Nous souhaitons toujours avancer, et ne jamais refaire ce que nous avons déjà fait. Du coup un nouvel instrument, ou un nouveau(elle) chanteur/euse est forcement une nouvelle source d'inspiration.


On sent que sur ce nouvel album, vous avez été davantage sous influence du rock industriel que sur le premier. Allez vous privilégier à l'avenir cette orientation?


Etienne : Je ne sais pas du tout. Il y a beaucoup de choses qui nous inspirent. Le côté rock est de moins en moins dominant, tout comme le côté indus qui faisait surtout la trame de fond, l'univers du deuxième album. Peut-être qu'un jour, on invitera un joueur de Ukulele, qui sait, avec disto et ampli à 11, bien sûr. Pour le troisième album, nous n'avons rien décidé pour l'instant.

Julien : Ce qui est sûr c'est que l'on a envie d'être là où on ne nous attend pas. Un nouvel album est une façon pour chacun des membres du groupe de repenser sa façon de jouer. Je ne vois pas l'intérêt de refaire toujours le même album. Nous sommes actuellement en phase de réflexion pour avancer sur cette question.


Notre chronique cite d’ailleurs Killing Joke ou Nine Inch Nails ; sont-ce des références pour vous ?

Etienne : oui, ce sont des grosses références que nous aimons beaucoup. Nous pourrions en citer beaucoup d'autres.


Justement quelles sont les influences dont vous vous réclamez et est-ce que votre succès (prochain!) repose sur cet alliage d'influences hétéroclites?

Etienne : Nous nous réclamons de beaucoup de scènes différentes, electro, drum and bass, métal ou le noise et l'indus par exemple. Nous puisons dans toutes ces influences. Nous espérons créer ainsi une alchimie de ce que nous aimons. Le style propre n'est pas dominant, ce qui compte c'est le résultat pour le spectateur. Nous aimons surprendre en utilisant des choses qui semblent ne pas pouvoir se marier ensemble.


Vos influences sont multiples : est-ce que la volonté première du groupe est expérimentale ?


Etienne : Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles choses, de nouvelles sonorités, de nouveaux rapports musicaux, peut-être que c'est notre volonté première au final, oui. Expérimenter fait partie du groupe, on peut mettre 6 mois avant de sortir un ou deux nouveaux morceaux et en mettre trois pour sortir un album au complet. Dans la construction des albums, nous avons toujours fait beaucoup de recherche, d'ambiance, de sons de claviers, de sons acoustiques. On voit ce qui marche, ce qui ne marche pas et on gagne du temps pour les morceaux d'après.





Avez-vous des limites à cet égard, une frontière que vous vous refusez de passer ?


Etienne : A vrai dire non. Dans la création, il n'y a pas de limites. Par contre tous les discours ne sont pas possibles, du coup il y a forcément des frontières. Je ne me vois trop pas aborder les sujets politiques ou de société et surtout sans rentrer dans les clichés.


N’avez-vous pas eu peur de faire fuir l’auditeur rien qu’à la lecture de l’introduction de la chronique de Music Waves indiquant "Fort d'un premier album ("Dark City") marqué par ses allusions cinéphiliques et une alchimie conviant à sa table hip-hop, électro et rock industriel, Twilight Motion a repris le chemin des studios pour nous livrer avec "Blind Eye" une suite à ces expérimentations." ?



Etienne : Bien sûr que ça fait peur (Rires). Mais tout est dans l'introduction, tout est expliqué : nous faisons de la musique instrumentale electro-rock avec beaucoup d'allusions filmiques. Nous travaillons en projet avec d'autres artistes pour le chant ou les solos.


Est-ce que le titre de l'album est purement ésotérique (c'est à dire des connaissances sont sous nos yeux mais nous ne pouvons pas les voir)?

Etienne : Il peut y avoir un sens ésotérique, mais je ne pense pas que se soit le sens voulu. The Blind Eye a plus le sens pour moi de foncer dans le mur. « L'œil aveugle » littéralement, l'œil au sens de la conscience, je le conçois plus comme cela.

Julien : Ce flou permet à chacun de l'interpréter à sa façon. C'est entre autres pour cela que nous n'avons pas de chanteur, afin de laisser libre cours à l'imagination de chacun.


En plus, est-ce que cet album est ancré dans son temps, d'une façon politique ? Est-ce que The Blind Eye est une critique contre le monde d'aujourd'hui et plus particulièrement un titre comme 'Ground Zero' par exemple ?

Etienne : Oui tout a fait. Nous sommes loin de la politique des Etats, mais plus proche de la politique des multinationales. L'album est beaucoup plus proche des récits de science-fiction des années 80-90 et des revendications de l'époque. L'humain est au milieu de l'opposition nature et science, riche et pauvre. L'album aborde surtout un sujet que nous aimons beaucoup : la proximité entre la machine et l'homme.

Julien : Plus qu'une confrontation machine/homme, je parlerai plutôt d'une fusion machine/homme, un peu comme le film "Tetsuo" de Shinya Tsukamoto.


La chanson 'Don't Wake Up' est plus délicate et plus sensible, est-ce une façon d'échapper à un monde plus glauque que glauque?


Etienne : (Rires) Cette chanson a été construite comme cela en effet. Le début du morceau est fait de sons qui s'entrecroisent avec des effets réversibles. La basse et les pianos font des mélodies simples mais qui s'entrechoquent créant ainsi ce malaise : la recherche du sommeil. On se pose des questions ... ça tourne. Puis arrive l'éclatement, on devient fou. Et finalement le sommeil arrive quand on ne s'y attend plus.


Est-ce que la cinéphilie dont vous faites part dans les albums est juste un clin d'œil, ou est-ce que ces références sont plus chargées de sens?



Etienne : Ca dépend des morceaux de l'album, en fait. Il y a les deux. Des morceaux très filmiques avec beaucoup de références, d'autres morceaux beaucoup plus terre à terre. Nous aimons utiliser des samples d'un peu partout.


Quel message souhaitez-vous faire passer ?

Etienne : Je ne sais pas si il y a vraiment un message, nous laissons la porte ouverte. L'auditeur se fait son propre avis. Les images que nous proposons donnent des avis complètement différents en fonction des émotions et des ressentis de chaque personne. C'est ce qui peut choquer chez certains. Le public a trop l'habitude d'un discours avec une prise à partie sans concession.





Qu’attendez-vous de cet album ?

Etienne : Faire un maximum de choses possibles, concerts et spectacles surtout.

Julien : Arriver à le défendre un peu mieux sur scène, mais faire ce genre de musique aujourd'hui devient très compliqué et demande une grosse énergie.


Quelle est la prochaine étape ?


Etienne : Pour l'instant, nous voulons travailler sur des projets avec d'autres groupes. Puis dans un an ou plus voir pour le prochain album.

Julien: Nous avons réservé des sessions de studio pour voir ce que nous pouvons faire. Si nous sommes contents du résultat, nous sortirons quelques morceaux "singles" dans pas très longtemps.


Question traditionnelle de Music Waves, quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Etienne : Au détour d'un bar, on vient me voir pour me dire que nous faisons la musique du futur. Que c'est trop pour l'esprit humain actuel. J'aime beaucoup ce compliment.

Julien : Que notre musique est déroutante, mais qu'au moins on a le courage d'assumer quelque chose de complètement différent.


Au contraire le pire ?

Etienne : Jouer sous un auvent de caravane, à cause de la pluie ?

Julien : Mais c'était dans un autre groupe (Rires)!


On a commencé cette interview par la question qu’on vous a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Etienne : Quand est ce qu'on arrive à la fin (Rires) ?


Justement le mot de la fin aux lecteurs de Music Waves ?

Etienne : Merci et bonne lecture !

Julien : La musique actuelle ne va pas très bien, il faut soutenir la scène underground.


Merci à Adrianstork pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/pages/twilight-motion-officiel/142767315740822
 
(0) COMMENTAIRE(S)  
 
 
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 5103
  • 5104
Haut de page
EN RELATION AVEC TWILIGHT MOTION
DERNIERE CHRONIQUE
TWILIGHT MOTION: The Blind Eye (2015)
3/5

Second album du groupe tourangeau, toujours marqué par un esprit de syncrétisme.
 
AUTRES ARTICLES
WARREN HAYNES (06 MAI 2015)
C'est le lendemain d'un concert complet de Gov't Mule que nous avons eu la chance de croiser à nouveau la route de Warren Haynes...
MESSALINE (29 MAI 2015)
Deux ans après "Eviscérer les Dieux", Messaline revient sur Music Waves pour évoquer ses "Illusions Barbares"...
 

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2021