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A PROPOS DE:

AMORPHIS (08 JUILLET 2015)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HEAVY METAL

C'est sous un soleil de plomb que nous avons rencontré les membres d'Amorphis pour évoquer le nouvel album "Under the Red Cloud"...
STRUCK - 18.09.2015 - 2 photo(s) - (0) commentaire(s)
Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Esa Holopainen : Oh sans hésitation, je dirais tout ce qui touche au poème "Kalevala" dont nous nous inspirons énormément dans nos textes. C’est vraiment la question qui revient le plus souvent, on nous demande souvent de raconter notre lien avec ce poème (Sourire)…


Récemment le groupe a tourné pour fêter les 20 ans de l'album référence du début de carrière, "Tales from the 1000 Lakes", suivant ainsi une certaine mode qui dure depuis des années dans le métal. Pourquoi y avoir cédé à votre tour, ne craignez-vous pas d’être taxé de suiveurs et de finalement laisser penser à certains que le meilleur pour beaucoup de groupes est dans le passé ?

Esa: Nous ne raisonnons pas ainsi. C’est tout simplement notre management qui a eu cette idée de fêter le vingtième anniversaire de cet album. Je considère que c’est plutôt une bonne idée, en effet, quand l’album est sorti, nos tournées n’étaient pas aussi bonnes que celles que nous faisons aujourd’hui.





Et c’est également l’occasion de jouer sur scène cet album à vos nouveaux fans qui n’auraient pas eu la chance de vous voir jouer cet album à l’époque.

Esa : Exactement ! C’était vraiment génial de pouvoir jouer "Tales from the 1000 Lakes" avec tous les moyens mis à notre disposition aujourd’hui.


Au chant Tomi, tu t’es emparé des parties vocales de Tomi Koivusaari avec brio et efficacité. Tu n’as eu aucune pression au moment de t’y coller en sachant que ce dernier était juste à côté de toi sur scène ? Avez-vous pensé justement à demander au guitariste de faire quelques voix growls ?

Tomi Joutsen : Bien sûr mais nous avions déjà joué tous ces titres par le passé. Bien sûr, cela aurait cool s'il avait placé quelques growls mais nous devons respecter son choix de ne jouer que de la guitare. D’une certaine façon, il souhaite être dans l’ombre (Rires) et non pas un frontman…


Enfin, quel effet ça fait de se replonger dans le passé ? Cela même si Tomi n’était pas dans Amorphis à cette époque ? Nostalgie ou simple retour dans le passé pour se faire plaisir avant d’aller de l’avant ?

Esa : Je pense que nous avons été attentifs à reproduire les mêmes plans notamment de guitare de l’époque. Même si nous avions déjà joué certains titres de "Tales from the Thousand Lakes" entre-temps, pour d’autres, c’était une première depuis la sortie de l’album … et je dirais que c’était la bonne surprise de cette tournée. Mais pour conclure, ce fut une sensation géniale de pouvoir jouer cet album dans son intégralité !


L’avant justement c’est "Under The Red Cloud" le nouvel album, depuis les débuts du groupe jamais quasiment plus de deux ans ne s’écoulent entre deux sorties. Comment arrivez-vous à tenir ce rythme soutenu, surtout en arrivant ici déjà à votre douzième album ? Il n’y a jamais d’angoisse de la page blanche ou de pression de faire moins bien qu’avant ?

Tomi : Je pense qu’une des raisons est de garder le même line-up : nous sommes ensemble depuis presque 10 ans. Nous nous connaissons tous plutôt bien, si bien qu’une certaine alchimie s’est créée entre nous. Tout cela contribue à ce que cela soit plus simple pour nous de composer parce que nous savons ce que chacun d’entre nous veut.


A l’inverse, n’avez-vous jamais l’angoisse de la page blanche ou de pression de faire moins bien qu’avant ?


Esa : Non et la raison est simple : tous les membres du groupe composent si bien que nous ne souffrons pas de manque d’inspiration. Le nouvel album est un très bon exemple…


D’une certaine façon, "Circle" a ouvert un nouveau chapitre dans notre carrière


Justement en revenant sur les derniers albums, force est de constater que depuis 2006 et l’arrivée de Tomi au chant le groupe applique une formule bien huilée, à base de mélodies fortes, à la fois mélancoliques et mélodiques, de refrains forts et surtout d’une base gothique métal, le tout avec quelques passages plus violents pour garder certaines bases du passé. N’avez-vous jamais craint la redite à garder cette formule intacte sur déjà quatre albums différents sachant qu’on a l’impression que "Circle" a clos ce cercle…

Esa : Tu es dans le vrai. Depuis l’arrivée de Tomi, nous avons sorti "Eclipse", "Silent Waters", "Skyforger", "The Beginning of Time", tous ces albums ont été produits de la même façon dans les mêmes studios. Nous étions parfaitement conscients de cela, et  au moment de commencer la composition de "The Beginning of Time", nous avions vraiment besoin de casser la formule que nous avions créée. Avec « Circle », nous avons décidé de prendre un nouveau producteur à savoir Peter Tägtgren et ce fut un énorme soulagement.  
Attention, je ne dis pas que je renie les albums que nous avons précédemment : "Eclipse", "Skyforger" sont d’excellents albums mais il fallait impérativement que nous allions plus loin. Nous avions besoin de petits changements notamment dans le style de production. Et ce que nous avons mis en place depuis "Circle", nous le perpétuons sur « Under the Red Cloud » même si cette fois-ci, nous avons choisi Jens Bogren pour produire l’album.
Mais tu as raison d’une certaine façon, "Circle" a ouvert un nouveau chapitre dans notre carrière.


Tu as évoqué Jens Bogren, vous a-t-il influencé notamment dans la mise en avant du chant guttural ?

Tomi : La plupart des chansons était déjà composées quand nous avons pris contact avec Jens Bogren. Le fait de savoir que nous allions être produits par lui ne nous a donc pas du tout influencés. J’irai même plus loin : il n’y a aucune différence en termes de composition entre ce nouvel album et le précédent. Malgré tout, nous devons remercier Jens pour avoir fait sonner cet album de façon si heavy.


Etait-ce une volonté de votre part ?

Tomi : Quand nous commençons la composition, nous ne faisons aucun plan en nous disant que nous allons faire un album typé black metal ou un album très mélodique… Nous ne faisons que composer de la musique et nous espérons que cela fera un bon album (Rires) !

Esa : Nous avons envoyé toutes nos démos à Jens qui a travaillé dessus pendant une semaine. Et dès la pré-production, nous avons déjà réalisé dans quelle direction, Jens allait nous amener, et ce caractère heavy.


Cette production colle parfaitement à des titres comme 'The Four Wises Ones' dans lequel il n’y a que du chant hurlé… Etait-ce également une volonté de mettre en avant le chant death ?

Tomi : Oui, c’était l’idée. Jens voulait vraiment mettre ce titre au début de l’album afin d’afficher la couleur mais également de surprendre la personne qui va l’écouter. C’est un titre vraiment marquant avec également cette superbe voix féminine qui m’accompagne.


Les concerts à jouer "Tales from the Thousand Lakes" ont eu des effets subliminaux qui nous ont indirectement influencés pour cet album.


Avec un tel titre, devons-nous nous attendre à un retour aux racines death ? Et si oui, est-ce que les répétitions de "Tales from the 1000 Lakes" vous a influencé sur cet album ?

Esa : Probablement pas de façon aussi forte qu’on pourrait le penser, mais je présume que cela nous a probablement ouvert les yeux que le fait d’avoir plus de growls n’était finalement pas problématique et notamment dans nos titres les plus heavy (Rires) ! Mais je pense que ces concerts à jouer "Tales from the Thousand Lakes" ont eu des effets subliminaux qui nous ont indirectement influencés pour cet album.

Tomi : Malgré tout, je pense qu’il est trop tôt pour avancer quoi que ce soit et nous devons attendre le retour de nos fans pour savoir quoi penser de cet album.

Esa : Malgré tout, cet album montre une des qualités de ce groupe à savoir que nous sommes très ouverts d’esprit, ce qui a permis à Jens de pouvoir donner la direction de tout cet album.


Un autre indice concernant l’évolution musicale, c’est cette pochette. Très ésotérique, elle rappelle un peu les pochettes de Mastodon dans cet esprit de voyage intérieur que pourrait effectuer l’auditeur ?

Tomi : Nous avions certaines idées très brutes en tête que nous voulions mettre et qui rappellent l’album. Ce fut très intéressant de travailler avec cet artiste -Valnoir Mortasonge- qui a apporté sa french touch (Rires) ! J’avais certaines idées mais bien sûr, je voulais laisser ne totale liberté à l’artiste afin que son style rejaillisse sur cette pochette. Et avec le recul, quand je regarde cette pochette, je me dis qu’elle est vraiment magnifique tout en dégageant une impression de puissance mais surtout, elle n’a rien des standards des pochettes d’albums heavy metal.


C’était une volonté de s’éloigner de ces standards ?

Tomi : Bien sûr ! Dans notre cas, ce serait facile de mettre un magicien et tous les clichés qui l’entourent. Nous pensons que notre démarche est plus intéressante.

Esa : La pochette fait corps avec les textes que nous composons. Ces textes ont une grande signification pour nous et nous ne voulons pas prendre de raccourci sur ce point. Nous pourrions écrire nos paroles nous-mêmes et écrire des choses stupides (Rires) mais ce n’est pas ce que nous voulons !


Que pouvez-vous nous dire du concept de l’album, du rapport de cette pochette avec les paroles et comment le créateur de la pochette s’est inspiré de vos paroles pour donner vie à cette pochette très intrigante ?

Tomi : Une des idées était que nous voulions que l’artwork reprenne les quatre éléments que nous évoquons dans les paroles et qui sont représentés par ces quatre statues. Une autre idée était que quand tu regardes les serpents… C’étaient les deux principales idées que nous voulions retrouver. Enfin, nous voulions également un nuage rouge représenté quelque part : il est caché par une éclipse mais il est bien là (Sourire)…





Est-ce un concept-album ?

Tomi : Ce n’est pas un concept-album, ce sont plutôt de petites histoires dont l’idée principale qui en sort est que nous vivons une époque très dangereuse et c’est toute la signification de l’image de nuage rouge sous lequel nous vivons. Les cultes sont convaincus qu’un malheur va nous arriver dans le futur et que ce sera le début d’une nouvelle ère.  


Quelles sont vos attentes pour cet album ?

Esa : Nous avons déjà organisé quelques sessions d’écoute privée de cet album en Finlande et les retours sont assez incroyables : c’est très encourageant, alors que cet album est assez risqué car plutôt brutal d’une certaine façon, je suis donc curieux de voir ce qu’il va se passer (Sourire) !


Et ces retours vont également dans le sens de ceux de l’équipe de Music Waves…


Esa : Oh ! C’est cool de le savoir car aujourd’hui, nous sommes dans la période pendant laquelle où nous avons tout fait et nous ne pouvons qu’attendre les retours des fans (Rires) !


Et quelle est la prochaine étape ?

Tomi : Cet été, nous allons faire des festivals avant la sortie de "Under the Red Cloud" prévue en septembre.


Et durant ces festivals d’été allez-vous jouer quelques nouveaux titres ?

Tomi : Non ! Nous n’allons jouer que des titres de "Tales from the 1000 Lakes"…


Vous ne comptez même pas en jouer au moment des rappels ?

Esa : Non, nous jouons que des titres des tous premiers albums : nous voulons faire une sorte de spectacle old-school !


Question traditionnelle du site, quelle est votre meilleur souvenir d’artiste ?


Tomi : Mon meilleur souvenir ?

Esa : C’est une question difficile ! Je dirais qu’on ne s’en souvient plus (Rires) ! Il y en a tellement…

Tomi : Je ne sais pas si c’est le meilleur mais nous avons vécu un moment merveilleux lorsque nous avons joué dans un château en Finlande.

Esa : Oh oui, c’est vrai !

Tomi : Nous avions établi une set-list particulière pour l’occasion et nous avions invité des membres supplémentaires aussi…

Esa : Et nous avons joué l’album “Eclipse“ dans cet environnement extraordinaire.

Tomi : Jouer dans ce château a été un moment étrange car normalement, nous jouons dans des salles avec des émotions intenses et c’est très agréable de constater que ton groupe est capable de produire des concerts de qualité dans des châteaux. Ce sont deux mondes totalement différents malgré tout, nous sommes à l’aise dans les deux…

Esa : Jouer dans ce vieux château est clairement un de mes meilleurs souvenirs. Mais je me souviens également de l’émotion que j’ai eu lorsque j’ai tenu dans mes mains mon premier album…


Au contraire, quel serait le pire ?

Esa : Mon pire souvenir est quand je me suis cassé la main. Nous étions en train de mixer l’album "Elegy" en 1994-1995 aux studios Parr Street à Liverpool et je me suis cassé la main (Rires) et j’ai dû passer deux jours à l’hôpital.

Tomi : Mon pire moment dans le groupe fut la tournée juste avant que nous sortions "Eclipse". Nous jouions pour assurer la promotion de l’album "Far from the Sun". C’était la première fois que je montais sur scène et j’étais vraiment nerveux  - mais d’une certaine façon, c’était mon école du rock’n’roll : c’était donc très important pour moi !





On a commencé cette interview par la question qu’on vous avait trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Tomi : J’aimerais connaître la réponse de ce que sera l’industrie du disque dans les 10 prochaines années et malheureusement, je n’ai pas la réponse (Rires) !


Aucun indice sur cette évolution ou du moins, pensez-vous qu’Amorphis a pris le bon chemin ?

Tomi : Il est clair qu’en tant que groupe, nous aimons sortir des albums et pas seulement sortir des chansons. Je n’ai aucun problème avec le fait de sortir des chansons mais ce que nous aimons faire est sortir des albums.


Malgré tout, comme nous l’avons évoqué en début d’interview, Amorphis sort un album tous les deux ans en moyenne et ce rythme est important quand on sait que le business va extrêmement vite et que les groupes sont extrêmement nombreux : il faut toujours avoir une actualité finalement…

Esa : Mais il n’y a rien de forcé ! C’est un cycle naturel pour nous : nous sortons un album, nous tournons jusqu’au moment où nous recommençons à écrire de la musique et entrer à nouveau en studio pour sortir un nouvel album.


Avant de se quitter, un dernier mot aux lecteurs de Music Waves et peut-être en français ?

Tomi : En français (Rires) ?

Esa : J’aimerais pouvoir (Rires)…

Tomi : "Au revoir"…


Avant de se quitter malgré tout, pouvez-vous donner rendez-vous à vos fans français ?


Esa : Oui, nous allons assurer la première partie de Nigthwish, nous devrions donc rencontrer le public pour quelques concerts et notamment à Paris Bercy, à la Halle Tony Garnier à Lyon, le Zenith de Toulouse… Ce devrait être une belle tournée qui devrait nous permettre de nous ouvrir à un nouveau public, qui sait (Rires) !


Merci

Amorphis : Merci à toi


Et merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.amorphis.net/
 
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