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TITRE:

NECROBLASPHEME (18 NOVEMBRE 2015)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

DEATH METAL



Avec "Belleville", Necroblaspheme propose la matérialisation des pires cauchemars, des images de bas-fonds nauséabonds. Une musique éprouvante proche de Obituary, qui ravira les adorateurs de l'obscurité dont fait partie Music Waves...
STRUCK - 24.11.2015 -
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Votre actu est cet album, "Belleville" : pourquoi un tel titre ? un hommage géographique ?

Il y a de ça oui. C'est un peu la croisée des chemins. C'est là qu'on répète, c'est là qu'on a figé toutes nos compos.
Notre musique est tellement liée à cet endroit qu'on a logiquement voulu y faire une sorte d'hommage.
Ce titre est d'ailleurs arrivé assez tardivement. C'est toujours un peu compliqué de nommer un album, un ensemble d’œuvres : c'est ou une évidence ou un bordel sans nom.
On ne veut pas le teinter ou l'enclaver dans quelque chose puisque le titre est le premier indice de ce que renferme un album, et avec un titre pareil, on se disait que ça serait un peu déroutant, à l'image de son contenu.





Vos compositions et votre son rappellent le Death historique, Obituary… est-ce que ce sont des références pour vous ?

Ça fait partie de nos influences plus ou moins lointaines mais elles ne sont pas vraiment conscientes.
En fait au fil des albums, on a beaucoup ouvert notre champ d'écoute et par extension, les choses que l'on inclut dans le groupe. Ce côté death old school vient probablement du fait qu'on a épuré techniquement les compos et le son pour revenir à quelque chose de très authentique et chaleureux. On a viré les triggs sur la batterie et opté pour un son assez crust sur les guitares. On a voulu virer le coté clinique de l’électronique qui finit par aplanir un peu l'ensemble et qui n'aurait pas du tout été adapté à nos compos.


Votre musique donne une impression de crasse et de malaise, elle est effrayante, est-ce une volonté de votre part ?


Déjà merci pour ce compliment. Oui, on a cherché à mettre l'accent sur le ressenti général de l'album. Je ne sais pas si c'est effrayant mais ce qui est sûr c'est qu'on a voulu mettre une ambiance assez particulière, oppressante et écrasante.


Peut-on parler de vertu cathartique dans votre musique ? En clair, est-ce un défouloir ?


Oui


Est-ce que votre musique traduit une vision sans espoir du monde contemporain, la violence de la société ?

On ne fait pas de musique sociétale. C'est plutôt des sujets tels que la perte d'identité ou les prisons psychologiques, la quête du savoir, des sens, du rationnel. C'est plutôt interne comme thématique.
Après il y a le poème d'Emile Goudeau que nous avons utilisé pour "Le Discours du Bitume" qui est un discours de cette mer de goudron qui est envahie par les hommes. Nous avons refermé les idées sur l’entité intérieure de chacun.


On sent un esprit punk dans votre musique, est-ce que le punk est votre base musicale ?


Non, on est davantage sur du death metal, d’où on vient. Mais l'aspect punk pourrait être dans notre démarche dans une certaine mesure, puisqu'on décide de proposer quelque chose qui plait, même si cela entends greffer des choses extérieur au style et casser certains codes. Et le fait de s'auto-produire et s'auto-distribuer et de s'affranchir des méthodes traditionnelles à un côté un peu punk finalement.





Avez-vous voulu pousser le style death dans ses ultimes retranchements, car votre musique est très souvent étouffante et peut-être ainsi plus difficile d'accès (notamment avec le chant de Yann fait passer John Tardy pour un chanteur d’opéra ou un chanteur pour midinettes, tellement son timbre est monstrueux ou caverneux….)?

Je pense que tes remarques vont lui plaire.
En fait, on a voulu le pousser loin dans ce que nous avions initié. Chaque groupe cherche à repousser les limites de ce qu'il fait dans des directions différentes : certains par la technique, d'autre par l'imagerie. On a choisi l'oppression, la violence lourde et martelante. C'est assez différent de ce qu'on a fait auparavant donc Yann a beaucoup travaillé le placement pour alourdir chaque pulsion ou élever les aérations.


Vos compositions sont lourdes, bourrées de riff pesants, d’accélérations fracassantes, de chant rocailleux, une batterie qui pilonne et peu de soli … Est-ce pour vous la définition du death ?

Il y a tellement de death metal différents que finalement, chacun s'en fait sa propre définition et se l'approprie suivant ce qu'il aime. Je crois qu'on est sur quelque chose d'un peu hybride finalement parce que la batterie est assez death old school avec beaucoup de double pédale mais les guitares font du doom ou du sludge avec des lead qui peuvent toucher au black.
Je crois qu'on s'est donné la liberté de virer toute étiquette, justement pour éviter de s'enfermer dans un cadre et pouvoir inclure ce qu'on veut dans l'ensemble, tant que ça reste en cohérence et que ce n'est pas gratos.


Si la tendance actuelle est de faire du death mélo, pourquoi avoir choisi de faire du death rocailleux (une musique moins mélodique, enharmonique ou dissonante parfois), en somme d’aller contre les modes ?


On n’écoute pas tant de death que ça finalement. On fait ce qu'on aime sans trop chercher à coller à un style ou un autre. C'est peut-être pour ça que les gens trouvent ça généralement assez frais parce qu'on n'a pas de limite.
On est conscient de faire un espèce de metal extrême mais on aime bien mélanger tous les codes et proposer des choses nouvelles. C'est un exercice intéressant de se renouveler sans cesse, ce qu'on fait, et de faire évoluer le groupe. C'est un peu comme une espèce d'immondice qui se métamorphose de manière aléatoire au fil de son avancée. On ne se sent pas vraiment dans une mode, en fait on est assez éloigné de tout ça.
Plus généralement, j'ai le sentiment que la mode est plutôt à l'hyper électronisation donc effectivement, c'est un contre-pied qu'on a voulu assumer, de tout faire en son naturel et de sentir le studio dans l'album.


Vous avez aussi de très beaux intermèdes instrumentaux. Était-ce nécessaire pour permettre à l’auditeur de reprendre son souffle et de digérer toute cette violence, pour apporter un peu de douceur dans ce monde de brutes?


Oui, en fait on voulait faire quelque chose qui s'écoute d'une traite, comme un livre avec des tunnels d'un morceau à l'autre. Ça créée une dynamique qui renforce l'impact des chansons. Et oui, c'est vrai que c'est assez bourratif donc si ça permet de respirer avant la prochaine entrée en apnée, tant mieux.





Ces instrumentaux construisent des harmonies étranges, presque paranormales, qui font penser aux musiques de John Murphy ('In The House, In A Heartbeat' notamment). Pourquoi ces intermèdes entourent les pistes 'Two Trees' et 'Waiting to Exhale'?

Il y a pas vraiment de raison particulière, ces interludes s'adaptaient bien aux entrées des morceaux qui suivent. Mais oui, il y a un côté un peu déroutant, voire cosmique. Ca donne une couleur supplémentaire et ça dispose l'auditeur dans un certain état d'esprit.


Pourquoi avoir invité Thomas Noël de Bodie qui est groupe très éloigné de votre univers musical? Comment s’est passé votre rencontre ?


C'est un ami de longue date. Il a une voix qui est hors du commun et on voulait trouver un moyen de l'intégrer de manière cohérente. Il a harmonisé sa voix sur plusieurs niveaux, ce qui donne un effet de flottement vocal. Et on aimait bien le contraste entre la douceur de sa voix et l'explosion de la musique qui vient clôturer l'album.


Merci à Thibautk pour sa contribution...



Plus d'informations sur http://www.facebook.com/necroblaspheme.page.officielle
 
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