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TITRE:

DEAN WALLACE (05 DECEMBRE 2015)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

THRASH



Avec "Metal Family", Dean Wallace signe un album marquant qui lui confère le statut de groupe à suivre de près... ce que Music Waves a fait !
STRUCK - 16.12.2015 -
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Quelle est la question qu’on t'a trop souvent posée ?

Rémy Boyer : Je n’ai fait que peu d’interviews jusqu’à maintenant, donc je ne peux pas vraiment trouver une question trop souvent posée.
La question qui revient régulièrement est "Pourquoi Dean Wallace ? Pourquoi un projet solo ?".
En revanche, la remarque qui me revient trop souvent aux oreilles concerne ma ressemblance musicale et vocale avec Metallica, remarque certes flatteuse mais un peu chiante à la longue, car malgré mes influences, je ne cherche à copier personne.





La carrière de Dean Wallace est peu commune finalement. L’histoire du groupe commence en 2011 sous le nom de Whymper et se fait repérer en Californie en gagnant un concours radio mais le groupe prend le nom de son leader pour ce premier album. Première question, pourquoi ne pas avoir surfé sur le succès de ce concours en gardant le nom d'origine ?

Deux raisons à ça.
Premièrement, le groupe n’existait pas vraiment à l’époque, je n’avais pas de batteur, je n’avais jamais fais de concert, j’ai eu donc beaucoup de mal à mettre cet événement en avant, j’étais totalement inconnu au bataillon. Mais peu importe le nom du projet, je reste le compositeur de cette chanson, et cela m’a vraiment aidé à trouver des musiciens et un label.
Deuxièmement, je me devais de changer le nom du groupe tôt ou tard. J’avais choisi Whymper en hommage à un grand explorateur /alpiniste anglais, mais j’ai ensuite appris que "whimper" voulais dire gémir, ou chouiner en anglais, ce qui n’est pas très heavy (Rires)…


Outre ce changement de nom, pourquoi ne pas avoir précipité la sortie d’un support, ne serait-ce que plus court comme un Ep, pour surfer sur ce succès car tu es conscient qu’à l’ère d’Internet où tout va vite, tout est éphémère et le succès de Whymper est déjà oublié ?


C’était le cas, puisque la maison de disques californienne a repéré cette chanson sur ma première démo deux titres, publiée sur ma page Myspace. J’aurais pu sortir un Ep tout de suite après, mais je ne suis pas particulièrement fan des EPs, je préfère passer du temps sur un album complet, et encore une fois je n’avais pas de musiciens et je pense que je n’étais pas prêt. Même si Whymper est déjà oublié, je me tourne vers l’avant et ce succès demeure une bonne carte de visite.


On indique que vous avez pris le nom de votre leader Dean Wallace or, c’est également un alias. En fait, Dean Wallace est un groupe français du chanteur/ guitariste Rémy Boyer. Pourquoi tous ces changements ? Ne supportes-tu pas ton côté français ?

Tous ces changements sont intervenus après que mon frère ait quitté le groupe, c’est en fait tout un idéal et un rêve de gamin qui se sont cassé la gueule.
Je voulais que ce groupe soit le nôtre. L’exemple de Pantera, ce groupe légendaire créé par deux frangins me faisait vraiment rêver.

C’est mon frère lui-même qui m’a poussé à faire un projet solo. Il m’a dit : "Prends du recul, c’est toi qui fais tout dans ce projet, si tu ne le sens pas de continuer sous forme d’un groupe après mon départ, ce que je comprends, fais un projet solo. En plus de refléter la réalité, ça sera hyper original". C’est ce que j’ai fait. Et pour ce projet solo, je voulais un nom universel, aux sonorités anglo-saxonnes, pour toucher le public le plus large possible. Je ne pense pas avoir honte d’être français, mais j’en parlerai quand même à mon psy (Rires) !


Le son de "Metal Family" se rapproche d’un son à l’américaine : l’album sonne comme une rencontre entre le heavy teinté de thrash d’un Anthrax et le stoner sludge d’un Down ou d’un Crowbar. Considères-tu que ce résumé corresponde assez bien à la musique de Dean Wallace ?

Ouais, ça résume plutôt bien mon style et mes objectifs. J’adore le son à l’américaine, et je pense m’y diriger de plus en plus. Le point commun entre le heavy, le thrash et le stoner, c’est l’efficacité, et j’adore le côté efficace d’une chanson.
Après, il y a des choses que j’aime moins dans chaque style, je ne prends donc que ce qui m’intéresse. Je dirais que mon style correspond au metal américain selon mon point de vue d’européen.





On a évoqué quelques influences mais il y en a d’autres comme Anthrax (The New Slavery’ et ‘I’m Not A Hero’), un petit groove à la Pantera (‘It’s My Turn’, ‘Metal Family’), le thrash mélodique à la Megadeth (‘Headshot’ et un excellent ‘Flying Coffin’) et l’esprit de Down plane sur un titre comme ‘The Ferryman Of Soul’. Les mélodies sudistes évoquent Metallica époque "Load" mais aussi Black Label Society pour l’esprit stoner. Comment prends-tu de telles comparaisons flatteuses ?

Je suis très flatté et honoré d’être comparé  à ces groupes, surtout dés mon premier album. C’est très encourageant et bon pour le moral, et j’apprécie ce point de vue de connaisseur qui ne voit pas uniquement la ressemblance avec Metallica.
Il ne s’agit pas là d’une stratégie commerciale qui vise à dire "inspires-toi de ce qui marche, ça marchera pour toi aussi", mais il est vrai que mes influences viennent majoritairement des plus grands, et de leur rigueur lorsqu’il s’agit de composer un album.


A l’écoute de cet album, on a parfois l’impression d’écouter un vieux briscard de la scène heavy américaine avec notamment cette voix au côté rugueux faisant penser à James Hetfield ou Chad Kroeger. Entretiens-tu ces comparaisons ?

Pour ce qui est de ma voix, je n’y suis pour rien. Ce timbre est naturel et je ne cherche encore une fois à copier personne. Etre comparé à Hetfield est un honneur pour moi, puisqu’il reste l’un des dieux du metal, mais il semblerait que cette ressemblance agace plus qu’elle n’attire. Je cherche donc à m’en éloigner le plus possible. Le timbre restera le même, et seul le temps pourra changer ça, mais pour ce qui est du phrasé, des harmonies et des mimiques, je mets actuellement beaucoup d’efforts dans le développement d’un style plus personnel.


Comment arrive-t-on à assimiler toutes ces influences pour réussir à en faire un album homogène qui ne soit pas uniquement un patchwork d’influences musicales sans cohérence ?

C’est certainement grâce à ce qu’on appelle la touche personnelle. Non, je n’ai pas inventé la musique, et oui j’ai fortement été influencé par certains groupes, mais il existe bel et bien une touche personnelle qui fait que ces chansons sont cohérentes et homogènes. Mais n’oublions pas qu’il s’agit de mon premier album, et que mon style est encore en développement et ne demande qu’à être révélé. Le son y est pour beaucoup également, car ce gros son heavy, est appliqué à toutes mes chansons, même les thrash.


Bref, te considères-tu comme le Stéphane Plaza du metal en réussissant le tour de force de faire un home-staging classieux d’influences metal ?

(Rires) Pas forcément le Stéphane Plaza, car mon passé d’agent immobilier me permet de voir chez lui un côté certes télégénique mais imposteur, et à ce titre je ne veux surtout pas être comparé à ce mec.
Mais j’aime en effet l’idée de faire du neuf avec du vieux. La fuite en avant a poussé le metal vers des horizons plus extrêmes et complexes que je n’apprécie pas forcément, alors que certaines époques du style non pas été assez explorées selon moi, comme le début des années 90. C’est là mon point de départ, qui sait où j’irai ensuite…


Penses-tu que cet album aussi bon soit-il soit taillé pour le marché français ? Finalement quelles sont tes ambitions ?


D’abord, merci pour ce compliment. Ma réponse est non, mon style n’est pas du tout taillé pour le marché français, du moins pour le moment. Encore une fois, je ne base pas mon style sur des stratégies commerciales, je fais la musique que j’aime jouer et composer.

Malheureusement, la France ne connaît pas le juste milieu entre Christine and the Queens et Gojira, alors que certains pays ont adopté ce style depuis très longtemps. Quand j’entendais du Metallica sur les radios à heure de grande écoute lors de mes voyages aux Etats-Unis, j’ai trouvé ça énorme, je me suis dis "voilà des mecs qui ont tout compris". C’est pour ça que j’ai choisi de partir, non pas aux USA mais à Londres. Si j’avais eu la possibilité d’émigrer aux States, je l’aurais fait depuis des lustres car je suis vraiment amoureux de ce pays depuis mon plus jeune âge, mais Londres demeure l’une des grosses plaques tournantes de la musique dans le monde, et je sais qu’il y a de quoi faire ici.

Mon ambition c’est de faire de la musique mon métier, je veux pourvoir tourner dans le monde entier, et me faire un nom dans ce business. Je n’ai pas quitté un boulot rémunérateur et une baraque avec vue sur le Mont Blanc pour venir jamer dans la grisaille londonienne, je ne suis pas ici pour enfiler des perles. Si j’ai choisi Londres, c’est pour y trouver les fans et les professionnels nécessaires à l’accomplissement de mes objectifs.





Vous êtes signés chez Tinphlo, la promo est assurée par Dooweet. Finalement, tout est réuni pour réussir ?

Tout à fait, mes collaborations avec Tinplho et Dooweet sont déjà mythiques en soit, et j’en profite pour les remercier pour leur implication et la qualité de leur boulot. Il me manque juste une plus grande expérience de la scène, que ce soit dans le nombre ou dans la taille. Non pas que je me sente inexpérimenté sur scène, mais je sais que je dois maintenant aller au contact direct de la foule. 


Quelle est la prochaine étape ?

La prochaine étape est de trouver et former un nouveau bassiste, mais les choses semblent bien parties à ce niveau là. Je vais maintenant travailler dur pour pouvoir jouer en live autant que possible, autour de Londres mais aussi partout où l’opportunité se présentera, et si possible dans des grands festivals. Et bien évidemment, je travaille sur la composition des titres du prochain album, que je veux encore plus personnel, et là ça va être énorme !


La chronique de Music Waves conclut par "Avec ce "Metal Family", Dean Wallace signe une belle carte de visite métallique. L’homme est doué et semble capable de tout jouer en matière de heavy metal, qu’il soit classique et mélodique ou plus lourd et stoner. Avec un disque de cette qualité, Wallace semble promis à un avenir brillant, il faudra en tout cas le suivre de très près". Qu’en penses-tu, en clair, quelles sont vos ambitions en tant que groupe ?

J’en pense que du bien, merci les gars ! Comme je l’ai dis précédemment, mon objectif est de pouvoir vivre de la musique, d’être un artiste qui passe son temps en tournée et en studio. Je promets de faire mon possible pour que ça arrive, mais vous avez raison de suivre tout ça de près, car c’est sûr que des choses vont se passer…


Question traditionnelle de Music Waves, quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Quand j’ai reçu le mail de la maison de disque à Los Angeles qui m’informait que j’avais gagné le concours. C’est à ce moment là que j’ai compris que mes chansons étaient loin d’être pourries, et que j’avais raison de croire en mes rêves de gosse.


Au contraire le pire ?

Mon deuxième concert, quand il a fallu jouer à Genève devant 12 personnes amorphes, et que pour amortir le retard qu’avait pris la soirée, l’organisateur nous a demandé d’arrêter notre set après 20 minutes. 


On a commencé cette interview par la question qu’on vous a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?


De manière générale, j’ai bien aimé les questions de cette interview, je pense que tout est là. Les questions qui me plaisent sont souvent en rapport avec mon départ dans la musique, comment je suis devenu fan de metal littéralement du jour au lendemain, combien de temps j’ai passé dans ma chambre à faire de la gratte au point d’oublier ce qu’était une télé ou même un pote, ou le nombre de sacrifices que j’ai fait depuis mon adolescence pour pouvoir consacrer ma vie à la musique… Mais ça fera l’objet d’une prochaine interview (Sourire)





Le mot de la fin aux lecteurs de Music Waves ?

A tous les fans de la musique couillue et motivante, à tous ceux qui aiment se faire tasser la colonne en concert, à tous ceux qui n’ont pas peur de suivre leurs envies, à tous ceux qui en ont marre d’être pris pour des cons quand ils disent qu’ils écoutent du metal, je leur dis "gardez la tête haute, le metal est un style de puriste, créé par des amoureux de la musique et non par des businessmen avides de thune, soyez-en fiers. Le metal est trop souvent critiqué, alors faisons notre possible pour défendre nos convictions et pour redonner à ce style la place qu’il mérite".



Plus d'informations sur http://www.dean-wallace.com/
 
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Dean Wallace signe un excellent disque de heavy à la fois mélodique, teinté de stoner et de thrash, qui lance la carrière du groupe de fort belle manière.
 
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