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A PROPOS DE:

Eindhoven Metal Meeting - Deuxième Journée - 12 Décembre 2015


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
BLACK METAL

Music Waves est de retour à Eindhoven pour la seconde journée du festival, et la journée s'annonce toute aussi chargée et de qualité que la première.
NOISE - 05.01.2016 - 30 photo(s) - (0) commentaire(s)

La première journée de l’Eindhoven Metal Meeting a été bien chargée, la deuxième en ce Samedi 12 Décembre va l’être également. Les deux scènes vont accueillir pas moins de 20 groupes avec des grands noms, des groupes cultes et des formations en devenir.

 


Notre journée va commencer sur la District 19 Stage avec Distillator. Ce groupe néerlandais s’est formé en 2013 et vient juste de sortir son premier album. Il va lancer idéalement la journée avec son thrash old school renvoyant autant à Overkill qu’aux débuts de Metallica. Le chant de Desecrator est criard comme on l’aime et les riffs et soli ultra rapides. Certes il n’y a rien de neuf mais ce trio possède une belle fraîcheur. Le thrash reste ensuite à l’honneur avec Angelus Apatrida : les Espagnols ont déjà une belle carrière et proposent une musique dans l’esprit de Megadeth, le chant de Guillermo y étant pour beaucoup. Le groupe va nous proposer une solide prestation et convaincre. L’ensemble est efficace et d’une rare puissance grâce à une batterie bien en avant et des riffs taillés dans le meilleur du genre. Ce concert brut de décoffrage aura été très plaisant et a sans doute amené à cette sympathique formation de nouveaux adeptes. Avec Shores Of Null,le festival accueille un groupe italien méconnu. Il a un album à son actif et il va être la découverte du weekend. Les Italiens proposent un mix de doom et de gothique, comme si Candlemass avait croisé le fer avec My Dying Bride et Paradise Lost. Et cela va donner un concert très apprécié. Au chant, Davide balance entre vocaux clairs et passages plus dark tandis que musicalement le mélange prend à merveille avec des passages épiques doom et une facette obscure vers laquelle on se laisse entraîner avec plaisir. Clairement Shores Of Null aura été pour beaucoup la révélation de ce festival.

 


Changement radical de style ensuite avec Disabuse, la formation évolue à domicile et est attendue par une cohorte de fans. Reformé depuis 2014, le groupe propose un thrash teinté de hardcore, et va donner un concert efficace et violent ; certes Disabuse est à part sur cette affiche mais il a su se tailler un joli succès. Avec Desaster la petite salle va afficher complet et va même déborder. Il faut dire qu’en matière de black thrash underground, le groupe allemand est une légende avec ses 25 ans de carrière. Et dans la chaleur étouffante de la salle chacun va s’en prendre plein la tronche. Entre Slayer et Venom le groupe va violemment frapper dans un esprit old school, des bombes comme ‘Profanation’, ‘Hellbangers’ ou encore ‘Satan’s Soldiers Syndicate’ faisant leur effet. Ce concert restera un grand moment pour tout le monde et aurait mérité les honneurs de la grande scène. Après cette tornade un autre nom de l’underground débarque : Solstice a 25 ans de carrière, nombre d’EP et de démos, mais juste deux albums. De plus, seul reste aux commandes depuis le début le guitariste Richard Walker. Musicalement nous sommes dans l’esprit de Candlemass avec un doom épique et heavy. Et cela va nous donner un bon concert, très old school, épique et entraînant avec une facette heavy mélodique proche de Manilla Road. Le public, moins présent que pour le concert précédent mais composé de connaisseurs, ne va pas s’y tromper et savourer ce set sans en perdre une miette, conscient de vivre un moment fort.

 

La jeunesse revient ensuite à l’honneur avec Lvcifyre. Le groupe anglais évolue dans un black death métal teinté d’occultisme et va balancer une prestation féroce au possible. L’esprit de Vader et de Behemoth va régner pendant ce très intense concert. Cette ultra-brutalité va marquer les esprits et nous rappeler à quel point le death métal peut être encore pur et violent. Sans nul doute beaucoup de spectateurs auront fait une nouvelle belle découverte. Gama Bomb ayant déclaré forfait les organisateurs sont allés chercher en urgence un groupe local, Rompeprop. A l’image de Gronibard le groupe fait du porn grind, ses membres sont déguisés tout comme leurs instruments sont improbables, la basse en forme de cuisse a fait sensation.  Nous assistons à un grand délire devant un public de fans conquis. Ce death bien furieux va déclencher des pogos en pagaille et mettre le feu à la salle malgré la fatigue de la journée. Et au delà du délire on découvre un groupe solide musicalement qui aura vraiment été plus qu’un dépannage pour le festival. Notre soirée dans cette salle va se terminer en beauté avec No Return. Nos Français n’ont pas la partie facile, ils passent entre Marduk et Samael et le public est un peu moins au rendez-vous. Cela va nous permettre d’assister au plus près à cette prestation et constater qu’en matière de thrash teinté de death, le groupe reste une valeur sûre. Les musiciens en grande forme ont clairement la volonté d’en découdre et ils vont réussir à se payer un joli succès auprès d’un public réceptif qui ne va pas regretter d’être venu voir ce concert.

 

Pour nous cette prestation clôture une superbe journée dans cette salle qui aura été le rendez-vous de très nombreux excellents concerts. Une fois encore cette programmation pointue aura été un complément idéal pour une scène principale au contenu très alléchant.

 

La journée commence sur la Large Stage avec Bodyfarm une jeune formation néerlandaise et qui évolue dans un death métal guerrier très incisif. Venus présenter leur nouvel album, ‘Battle Breed’ devant un public qui les connait bien, ils vont se tailler un joli succès. Ils sont servis par un son très correct mettant bien en avant de belles parties de guitare. On ressent encore quelques influences entre Bolt Thrower, Obituary et Entombed pour le côté bien lourd. Mais en pimentant son death de quelques riffs plus mélodiques, Bodyfarm évite de sonner comme un simple clone et nous délivre une belle petite claque pour commencer la journée.

 


Les Allemands de Necros Christos sont très attendus par la frange black death du public et de fait la salle est déjà très remplie à leur arrivée. Comme tant d’autres ce weekend, le groupe a peu d’albums mais a su se créer une réputation dans l’underground métallique. Il installe l’ambiance avec une intro en latin avec des chœurs et un décor soigné, tout pour verser dans l’occultisme. Musicalement on retrouve un dark black qui doit pas mal à Rotting Christ avec des vocaux semblant venir tout droit des enfers, pour un concert très prenant, le côté occulte dark apportant beaucoup aux morceaux joués. De plus le groupe ajoute un aspect brut de décoffrage black thrash à la Venom qui met le feu à un public conquis. Avec ce concert la journée continue idéalement et la suite s’annonce toute aussi culte et jouissive.

 


Culte car Vektor l’est assurément et il est très attendu. Le groupe joue un thrash progressif qui renvoie à Voivod et Coroner, et est auteur de deux albums références. En attendant leur troisième album, les retrouver sur scène dans de si bonnes conditions est un privilège que le public va goûter à sa juste valeur. En 6 titres le groupe va se montrer à la hauteur de sa réputation, son thrash est très technique, à la guitare Erik et David se montrent virtuoses, de plus le chant criard très death ajoute une ambiance particulière. Et avec ‘Cosmic Cortex’, ‘Black Future’ ou encore ‘Deoxyribonucleic Acid’ et ‘Accelerating Universe’ ils nous donnent une leçon de cyber thrash et il est jouissif d’assister à une telle leçon de violence maitrisée. Ce concert restera comme un des points d’orgue du weekend et le petit avant-goût du futur album joué ce soir, ‘Ultimate Artificer’ laisse augurer du meilleur pour l’album à venir.

 


La suite de la programmation s’annonce toute aussi culte et occulte avec les Allemands d’Ahab. Depuis 10 ans le groupe s’est taillé un nom parmi les amateurs de doom funeste pour ses albums, tous dans le meilleur du genre. Comme son nom le laisse pressentir, Ahab est le nom du capitaine dans Mody Dick, il ajoute à ce doom une dimension proche de l’univers des océans qui lui donne une dimension spirituelle proche de l’esprit de Lovecraft. Les amateurs ne vont pas être déçus, le groupe va nous jouer 4 titres en près d’une heure et faire honneur à sa réputation. ‘The Divinity Of Oceans’, ‘Like Red Foam’, ‘To Mourn Job’ et ‘The Hunt’ sont de superbes pépites de doom dans l’esprit le plus noir d’un My Dying Bride avec ce côté lent, lourd et écrasant mais aussi avec une forme de fraîcheur troublante. Quand la musique se fait plus douce et le chant plus clair, Ahab nous entraîne dans un autre monde où l’esprit des anciens règne. Et même si il y avait un peu moins de public présent, le doom demandant un certain effort intellectuel, il ne fait aucun doute que nous avons assisté là à un des grands concerts du festival, certainement le plus culte et prenant.

 

Necrophobic fait aussi parti de ces groupes cultes, ignorés par les gros médias métalliques mais adorés par une cohorte de fans. Le groupe suédois a fait revenir son premier chanteur courant 2014 après avoir vu partir Tobias Sidegard. Durant son heure de concert il va revisiter sa carrière et nous rappeler qu’il est une solide formation de death black teinté d’occultisme que 25 ans de carrière n’ont pas fait faiblir. Le groupe a ses fans, un son bien costaud et une bonne technique. Des titres comme ‘Astaroth’, ‘Revelation 666’ ou encore ‘Before The Dawn’ et ‘Darkside’ sont de belles pièces du genre. Elles sont toutes bien servies par un Tobias au chant guttural mais aussi aigu et qui a repris sa place dans le groupe très naturellement. Certes tout cela est très classique mais le concert fut de bonne facture et le public était satisfait d’avoir assisté à ce set.

 

Culte est le terme adéquat pour Nuclear Assault qui investit la scène. Cette légende du thrash américain a connu une histoire très mouvementée depuis sa grande époque au milieu des années 80. Reformé une énième fois depuis 2011, le groupe a annoncé une toute dernière tournée, ‘The Final Assault Tour’, sensée mettre un terme à sa carrière. Sans album depuis 2005 le groupe débarque avec un EP, "Pounder". La nostalgie va être au rendez-vous, car retrouver des grands noms comme Dan Lilker, John Connely et Glenn Evans reste un évènement. En trois albums entre 1986 et 1989, le groupe était devenu un monstre du crossover thrash. Ce soir il va nous envoyer une prestation énorme, le temps semblant s’être suspendu le temps de cette heure de légende. Le groupe va balancer ses grands titres. On citera en vrac ‘My America’ couplé à ‘Hang The Pop’ et à peine plus d’une minute de folie ou encore ‘Brainwashed’, ‘Critical Mass’ ainsi que ‘Rise From The Ashes’ tous témoins de la grande époque. Enfin le groupe nous gratifie d’un nouveau morceau très apprécié : il prouve que le groupe est encore vivant artistiquement. Si cela devait être la dernière fois que nous voyons Nuclear Assault il aura fini sur une belle note et sous les vivats du public.

 

Avec Marduk,Eindhoven accueille une légende du black métal. Il n’est guère utile de présenter le groupe, juste se dire que là quand certains évoluent Marduk reste Marduk, cette machine de guerre féroce et violente. Les Suédois représentent un certain esprit black métal, le plus pur et le plus dur avec une facette glaciale représentée par son charismatique chanteur Mortus d’une froideur impénétrable. Le groupe va nous proposer une heure de pure haine qui va revisiter sa riche carrière. Servi par un son clair nous allons savourer un très grand moment, Marduk dispose de grands titres et va nous les proposer avec une sauvagerie à l’état brut. Les morceaux récents que sont ‘Wartheland’ ou ‘Frontschwein’ s’incorporent à merveille aux classiques ‘502’, ‘Cloven Hoof’ ou encore ‘The Black…’ ainsi que ‘Slay The Nazarene’ et ‘Throne Of Rats’. Marduk est venu et a vaincu avec une classe et une force rares. En matière d’art extrême les Suédois ont atteint un niveau d’excellence que peu de groupes pourront espérer approcher. Cette prestation a en tout cas été fortement appréciée du public et restera comme l’un des grands moments du weekend.

 

Le final de ce festival, tout du moins la dernière grande tête d’affiche, c’est Samael. Les Suisses se font rares, leur dernier album remontre à 2011 et leur bassiste historique, Mas, a quitté la formation pour être remplacé par ex-Sybreed. Pour ce concert en tête d’affiche les Helvètes vont jouer la sécurité en proposant une set-list axée sur leur album légendaire"‘Ceremony Of Opposites". Et cela va fonctionner à merveille. Certes jouer un disque dit classique en entier est devenue une mode un peu lassante, mais à mi chemin entre le black des débuts et le métal martial de la suite de la carrière du groupe, cet opus reste une référence et savourer ces 10 chansons en concert est un plaisir que chaque spectateur présent va saisir avec entrain. Car ‘Baphomet’s Throne’, ‘Black Trip’, ‘Ceremony Of Opposites’ ou encore ‘Son On Earth’ restent des classiques intemporels. Le groupe est en pleine forme, visuellement toujours aussi impressionnant avec un Vorph charismatique derrière son micro. Après ce bon moment le groupe va nous proposer trois très bons extraits de "Passage" dont le référentiel ‘Rain’ ainsi que deux titres plus récents tout aussi appréciés. Parfait concentré de puissance et de mélodie ce concert conclut un excellent weekend métallique pour MusicWaves et il nous reste à espérer revoir rapidement nos amis suisses avec du matériel tout neuf à nous faire écouter.

 


L’Eindhoven Métal Meeting a proposé encore une fois une affiche à la hauteur de sa réputation de grand festival extrême. Nous ne pouvons que saluer le travail des organisateurs pour mettre en valeur des groupes moins connus et nous faire découvrir pas mal d’excellentes formations, notamment sur la petite scène. Nous remercions l’équipe du festival pour nous avoir accueillis dans une salle aussi chaleureuse et adaptée pour accueillir un large public dans de bonnes conditions.  Et nous remercions aussi Kelly pour la photo de Samael.



Plus d'informations sur http://www.marduk.nu
 
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