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A PROPOS DE:

LACUNA COIL (08 AVRIL 2016)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL GOTHIQUE

A l'occasion de la sortie de "Delirium", Music Waves a de nouveau fait des jaloux en ayant le privilège de rencontrer la sublime Cristina Scabbia...
STRUCK - 06.05.2016 - 8 photo(s) - (0) commentaire(s)
Malgré une nuit blanche suite aux grèves des lignes aériennes (italiennes pour changer), c'est une Cristina rayonnante qui a répondu à toutes nos questions concernant ce nouvel album et un sujet qui lui tient particulièrement à cœur...


La dernière fois où nous nous sommes vus, c’était en 2011 pour la sortie de "Dark Adreline" que s’est-il passé depuis ?


Tellement de choses ! Entre temps, nous avons sorti un nouvel album "Broken Crown Halo" mais depuis nous avons atteint une nouvelle étape, nous avons ouvert un nouveau livre : plein de choses ont changé… à commencer par un nouveau line-up.





Venons-en justement à ce line-up : en deux ans, il y a eu plein de changements notamment au poste de guitariste. Que s’est-il passé ?

Cela peut paraître étrange car entre le précédent album que nous avons sorti et "Delirium", le line-up est complètement différent à savoir que trois membres ne font plus partie du groupe. Ce fut un long processus : par exemple, deux membres ont quitté le groupe avant l’enregistrement de "Broken Crown Halo", ils étaient donc toujours crédités dans l’album mais à la sortie de l’album, ils ne faisaient plus partie du groupe et n’ont participé à aucun concert. Ryan, le nouveau batteur, nous a donc rejoints juste après la sortie de "Broken Crown Halo".
Bref, le seul départ récent est celui de Marco (NdStruck : Biazzi), le guitariste, qui considérait ne plus pouvoir contribuer à quoi que ce soit sur ce nouvel album : il a donc décidé de suivre une autre direction, ce qui est parfaitement compréhensible.


Vous avez engagé Daniel Sahagun qui a joué de la basse en 2014 avec vous, est-ce un membre désormais officiel du groupe ?

Ce n’a jamais été un membre temporaire même si j’ai lu de telles choses sur notre page Wikipédia qui peut parfois receler des erreurs (Rires)… Daniel n’est clairement pas un nouveau membre, il fait partie de la famille : c’est un ami de longue date qui nous a aidé à plusieurs reprises en tournée en remplaçant Marco qui s’était blessé, il a joué avec nous lors du 70.000 Tons of Metal en raison du départ de Marco… Mais malgré cela, Daniel n’est pas le guitariste temporaire de Lacuna Coil, il joue toujours dans le groupe Black Lodge qui ont été super cools d’accepter de le laisser jouer avec nous au 70.000 Tons of Metal.


Aujourd’hui, à la batterie, Ryan Folden est un membre officiel. Comment avez-vous vécu tous ces changements qui rappellent les débuts de carrière de Lacuna Coil dont le line-up a totalement changé après le premier EP ?


(Rires) C’est vrai, la vie est un éternel recommencement…


Cela vous donne-t-il un coup de jeune ?

Probablement (Rires) ! Non et c’est la raison pour laquelle les derniers mouvements que nous avons évoqué ne nous affectent pas plus que cela : les compositeurs sont toujours présents, le noyau dur du groupe est toujours là…


Je peux dire que nous avons atteint un équilibre différent depuis l’arrivée de Ryan





Le noyau dur de Lacuna Coil est Marco Coti Zelati, Andrea Ferro et toi. Penses-tu que le groupe survivrait si l’un des trois quittait le groupe ?


C’est une bonne question à laquelle je ne saurais pas répondre. Aujourd’hui, je peux dire que nous avons atteint un équilibre différent depuis l’arrivée de Ryan : il a une vraie valeur ajoutée en termes de jeu de batterie bien entendu mais également en termes de composition vu qu’il passe beaucoup de temps à Milan. Durant l’écriture des morceaux, il nous a apporté énormément de super idées, à commencer sur des plans de batterie mais également sur les textes, en effet, vu qu’il est américain, son anglais est bien meilleur que le nôtre et il peut ainsi contrôler tous nos textes et proposer des suggestions plus adaptées…


On peut dire qu’il est la caution anglaise de Lacuna Coil…

(Rires) Oui, nous avons énormément appris et nous ne faisons dorénavant plus d’erreurs ce qui est très important dans le processus de composition.
Bref, encore une fois, si le noyau dur de Lacuna Coil est toujours présent avec son style bien particulier, il y a énormément de nouvelles choses complètement différentes à commencer par l’incorporation de vieilles influences à commencer par « Comalies » et « Karmacode » avec lequel beaucoup de fans ont fait le rapprochement quand nous avons sorti ce nouvel album.


Nous y reviendrons… Pour faire un parallèle avec Arch Enemy, te verrais-tu laisser ta place à une nouvelle chanteuse ?


Je peux comprendre cela d’un point de vue de fan, il est difficile d’accepter des départs dans un groupe. Certains fans peuvent se lier à un membre sans même le connaître personnellement : ils aiment la musique du groupe, ils aiment donc les musiciens au point de les considérer comme un membre de ta famille. Mais pour moi, le plus important est de délivrer une musique nouvelle et de qualité.
Tu évoques Arch Enemy. Pour moi, Alissa est une chanteuse phénoménale et jolie : elle fait son boulot d’une façon extraordinaire si bien que personne ne peut rien lui reprocher.
Dans le cas de Lacuna Coil, qui peut dire quoi que ce soit sur Ryan ? C’est un super batteur avec une attitude positive et une belle gueule… Au regard du package global, personne n’y trouve rien à dire au final ! Ajoute à cela le fait que les chansons de ce nouvel album sont géniales : personne ne peut vraiment rien dire ! Bien sûr, cela a pris un peu plus de temps mais j’aime faire le parallèle avec des parents qui doivent accepter le nouveau petit ami de leur fille qui vient de rompre avec son ex.


Je n’arrive pas à me voir autrement que dans Lacuna Coil : ce groupe est ma famille !



Toujours concernant Arch Enemy, te verrais-tu à l’instar d’une Alissa chanter dans un autre groupe ou intégrer un side-project ?

Dans un side-project ? Une collaboration ? Oui. Mais je n’arrive pas à me voir autrement que dans Lacuna Coil : ce groupe est ma famille !
Lacuna Coil n’est plus un projet artistique. Ce groupe est ma maison et je ne vois pas vivre ma vie de chanteuse autrement qu’avec des musiciens que je connais parfaitement et dont je ne connais les réactions lorsque nous vivons au quotidien dans le bus au moment des tournées.
Et j’avais déjà cet état d’esprit au moment de commencer ma carrière de chanteuse. J’ai trouvé la passion d’être dans le milieu du business musical quand j’ai les rencontrés parce que j’avais le sentiment d’être une famille entourée de frères qui m’acceptent telle que je suis…





Ce nouvel album est plus sombre et violent, et moins néo-metal mais toujours avec ces passages éthérés grâce à ta voix notamment sur le titre 'Downfall' qui sonne comme un retour aux racines metal atmosphérique…

Je suis totalement d’accord et j’ajouterai que nous avons intégré de nouveaux éléments qui font partie de notre passé. Par exemple, il y a également une vibration hardcore autour de certains morceaux. Marco et Andrea viennent de cette scène hardcore : jeunes, ils étaient skatters et écoutaient cette musique. J’ai toujours poussé Andrea dans ce sens mais sur certains anciens titres que nous avons écrits, cela ne collait pas. Au contraire, sur cet album, je suis très contente qu’il soit revenu à ce style parce que j’ai toujours considéré qu’il avait une voix distinctive que j’aime particulièrement et qui fonctionne à merveille. J’ai également expérimenté de nouvelles directions : j’ai atteint des tonalités et un niveau que je n’avais atteint auparavant !


Dans ce nouvel album, le chant d’Andrea est plus agressif que jamais mais il chante toujours en clair. Cette variété est très intéressante. Comment avez-vous travaillé vos chants sachant que la dualité bien/ mal n’a jamais été aussi forte ?

C’est vrai et c’était une volonté liée à la thématique de l’album. Nous évoquons l’insanité de façon médicale mais également de façon plus générale à commencer par l’insanité à laquelle nous faisons face quotidiennement. C’était donc très important pour nous de mettre en avant cette dualité et de montrer qu’il existe une partie plus saine qui peut nous permettre de nous libérer de nous-même.


On te voit sur la pochette ce qui est très rare. Ce miroir, le titre : est-ce que l’album traite de la double personnalité et l’impression de ne pas contrôler son image et son destin. Y’a-t-il un lien avec le Delirium Tremens ?


Non, non, non, nous n’avions pas en tête le Delirium Tremens au moment de composer cet album.
En revanche, la pochette est née totalement par hasard. Nous étions en train de faire des photos pour le visuel et nous cherchions un endroit qui pouvait représenter la vibration, l’anxiété et la lourdeur de "Delirium" mais nous ne voulions pas que cette photo soit trop évidente au point d’en être ringarde. Nous avons été photographiés dans un vrai asile parce que nous traitions de ce sujet : c’est un sujet que nous prenons très au sérieux et nous ne voulons offenser personne de quelque façon que ce soit, c’est un sujet que nous connaissons parfaitement bien, non seulement parce que chacun d’entre nous a sa part d’insanité lié à notre société mais également de vraies maladies mentales de point de vue médical : j’ai personnellement la chance de connaître certains endroits comme ceux-là dans lesquelles tu peux trouver un traitement à certaines situations médicales comme celles-ci. Bref, nous ne voulions donc pas que notre démarche ait l’air superficielle, ridicule voire offensante c’est la raison pour laquelle dans nos textes, nous utilisons énormément de métaphores, nous ne racontons en aucune manière des histoires… Bien entendu, quand nous devons expliquer cet album, nous évoquons cet asile fictif où les patients racontent leurs histoires que nous avons transformées en chansons. Mais en aucun cas, je te dirais que tel patient a raconté cela et j’ai écris ceci… nous avons vu les choses en plus grand : nous souhaitons que "Delirium" soit un endroit ouvert à toutes les personnes blessées ou abandonnées ; peut-être ne trouveront-elles pas le traitement, la solution à leurs maux mais au moins, essayer de surmonter ce stress et cette anxiété.


Tu sembles très concernée par le sujet de cet album, est-ce que son écriture a été cathartique pour toi ?

C’est une tentative d’auto-guérison. Encore une fois, nous ne savons pas si nous sommes capables de trouver un traitement même si le dernier titre de l’album s’intitule 'Ultima Ratio' qui signifie la dernière chance : nous décrivons une sorte d’évasion… La façon dont ce titre est écrit peut évoquer un film dans lequel une personne essaie de s’échapper d’un immeuble qui peut-être sa prison, son asile… Nous utilisons des métaphores pour parler des manières de sortir des mauvais moments, de la folie… et nous laissons les portes ouvertes à l’interprétation, sans dire si la personne est finalement capable de sortir de sa situation insensée parce qu’elle peut être parfois plus confortable… Cet album a tellement de couches qu’il est difficile d’en parler lors d’une discussion de trente minutes…

Et j’ai été tellement prise dans ma réponse que j’ai totalement oublié de répondre à ta question sur la photo de la pochette "Delirium" : c’est du pur hasard. En effet, nous avions trouvé cette chambre près de l’endroit où nous avons fait toutes les photos du visuel de l’album. J’étais face à ce miroir et Marco prenait quelques photos de moi face à ce miroir. Nous avons refait la même photo avec un photographe professionnel qui nous suit. Et tout d’un coup, j’ai décidé d’écrire "Delirium" sur le miroir à un moment où je pensais à quelqu’un enfermé de force derrière un mur - et pas seulement un miroir - qui écrivait le même mot encore et encore… Quand nous avons vu l’énergie que dégageait cette photo avec « Delirium » écrit ainsi, nous avons décidé de nous en servir en tant que pochette pour l’album.





Tu as évoqué des métaphores, avez-vous été influencés par les crises économiques et sociales qui touchent l’Italie et l’Europe de façon plus générale : est-ce que "Delirium" est également une métaphore de notre société folle et schizophrénique ?

Toutes les situations que tu as toi-même traversé d’un point de vue social avec notamment les évènements tragiques du Bataclan ou plus récemment encore à Bruxelles, nous constatons cela à travers le lien superficiel et froid d’Internet grâce auquel nous sommes plus connectés que jamais - mais paradoxalement plus seuls que jamais. Nous dépendons d’un ordinateur ou d’un téléphone portable et parfois, nous mettons un masque, un filtre devant l’écran avec de paraître ce que nous ne sommes pas afin d’être acceptés. C’est bizarre de constater que ce comportement est parfaitement accepté : tout le monde est un modèle ou une personne très connue, une star du rock sur Internet mais personne ne sait vraiment qui se cache derrière et personne n’y trouve rien à dire, tout le monde considère ça normal !


Parles-tu de toi qui peux être un modèle pour certaines jeunes filles qui rêvent de suivre ta carrière ?

Bien sûr que cela peut être utilisé à des fins positives mais le problème est que tout ce que tu peux dire peut être mal interprété parce que tu es étudiée à la loupe surtout si tu es une personne publique.
Mais je parle plutôt de personnes qui travaillent par exemple dans un bureau avec une vie tout ce qu’il y a de plus normale et qui voudrait être plus que cela : des personnes qui souhaiteraient être plus populaires, avoir plus de visibilité. Parfois, ce sentiment est un appel à l’aide parce que ces personnes se sentent incomprises et/ ou seules, même si elles vivent au milieu de millions d’autres personnes.


Parfois nos chansons ne sont pas immédiates, ce que je considère comme un plus, mais cela peut être parfois handicapant.



Lacuna Coil n’a eu de cesse d’évoluer depuis "In a Reverie" mais toujours avec la patte Lacuna Coil. Vous sentez-vous parfois prisonniers de cette patte ou au contraire vous l’entretenez par fierté?

En fait, je considère comme une chance d’avoir toujours pu évoluer et rester frais sans rester figé à un cliché.
Les avantages sont que nous sommes libres de faire ce que nous voulon,s sachant que nous aurons toujours une base de fans qui comprendra ce que nous faisons et nos évolutions. De plus, comme nous évoluons, nous gagnons de nouveaux fans.
Les inconvénients sont quand tu es considéré comme éclectique - ce qui est compliment pour moi parce que tu n’es pas un cliché - parfois c’est compliqué de se vendre. Par exemple, dans certains festivals, on s’attend à avoir des groupes spécifiques et nous sommes un groupe qui mélange plusieurs genres musicaux et donc un groupe difficile à décrire. La musique de Lacuna Coil est difficile à décrire : nous sommes un mélange de rock, metal, gothique, moderne, atmosphérique, hardcore avec des voix claires et gutturales et parfois nos chansons ne sont pas immédiates, ce que je considère comme un plus, mais cela peut être parfois handicapant.


Quand la majorité attendait de nous un album plus doux ou rock, nous proposons un album qui est probablement le plus heavy que nous ayons pu faire : j’aime cet effet de surprise !


Vous avez toujours été comparés à The Gathering depuis vos débuts : est-il possible de voir Lacuna Coil évoluer dans une musique plus atmosphérique ?

Je ne pense pas. Aujourd’hui, nous avons pris une direction totalement différente parce que nous voulons prendre le contre-pied de l’évolution du cercle des groupes qui naviguent dans le même genre que nous. Quand la majorité attendait de nous un album plus doux ou rock, nous proposons un album qui est probablement le plus heavy que nous ayons pu faire : j’aime cet effet de surprise (Sourire) ! Surtout quand tu constates la réaction de surprise des fans qui va dans le bon sens : je suis très contente du palier que nous venons de franchir ! Donc pour répondre à ta question, je ne pense pas que nous allons nous diriger vers cette direction mais qui sait ? Nous verrons bien le moment venu mais à ce jour, nous n’avons pas encore commencé à écrire le prochain album, « Delirium » n’est pas encore sorti (Sourire) mais pendant les prochaines années, nous aurons l’occasion d’expérimenter et peut-être cela nous mènera vers cette direction… Nous verrons (Sourire)…


Dans cet album, certaines atmosphères rappellent Nightwish comme notamment sur les titres 'The House of Shame' ou 'Take me Home' grâce notamment à ta voix puissante et aérienne…

C’est étrange parce que tu es la première personne à me faire cette comparaison mais c’est intéressant parce que je ne connais pas personnellement toutes les chansons de Nightwish et tu as certainement plus de connaissance que moi à ce sujet qui te permet de faire cette comparaison en fonction d’éléments que tu as trouvé.
Effectivement, le fait qu’un homme et une femme chantent sur la même chanson mène inévitablement à ce genre de comparaison et comme Nightwish est un groupe de très grande qualité et des amis, je ne suis pas du tout offensée par ce lien (Rires) !


Et si je te dis pour finir que Lacuna Coil sonne comme un groupe de metal gothique atmosphérique : es-tu d’accord ?

Je suis d’accord pour partie et plus particulièrement si tu te réfères à un titre comme 'The House of Shame' avec sa partie épique notamment dans les refrains, ou un autre titre comme 'Blood, Tears, Dust' dont les parties sont extrêmement épiques et décrivent un voyage, un vol au-dessus des montagnes et des rivières, tu peux voir le paysage que nous évoquons dans cette chanson et que tu ne peux pas voir parce que tu es piégé dans un endroit qui ne te permet pas de voir autre chose. Cet album est très descriptif et évoque plein de choses donc oui, je suis d’accord avec toi (Rires) !


Cet album a été produit par Marco Coti Zelati qui est également le principal compositeur. Pensez-vous avoir assez de recul pour juger votre propre travail ?

Je dirais que ce peut être un risque de n’avoir personne de l’extérieur qui vient donner un avis différent et donc continuer à rester avec les mêmes idées. En revanche, je dirais que c’est également un point fort parce que procéder de la sorte signifie que cet album est 100% Lacuna Coil dans la musique, dans les textes, dans le visuel où nous avons dirigé les photos que nous voulions… Nous ne procédions pas ainsi par le passé mais cette fois-ci, nous n’avions aucun élément extérieur qui ne conseillait de faire autrement et qui est une source de stress finalement.


Nous sommes dans le milieu depuis quelque temps maintenant et nous savions que nous avions appris beaucoup de choses et il était temps de prouver à nous-mêmes que nous étions capables de faire cet album nous-mêmes.


Est-ce une volonté de tout contrôler ?

Nous voulons essayer. Nous sommes dans le milieu depuis quelque temps maintenant et nous savions que nous avions appris beaucoup de choses et il était temps de prouver à nous-mêmes que nous étions capables de faire cet album nous-mêmes.
C’est un sentiment agréable parce que nous ressentons la vraie pression. Quand tu travailles avec un producteur extérieur, tu peux te sentir tranquille d’une certaine façon parce que tu sais qu’il y aura un directeur au-dessus de toi qui contrôle les délais et sait donc parfaitement ce qu’il faut faire au quotidien pour les tenir…
Faire par soi-même te fait ressentir la pression à commencer du respect des délais pour rendre l’album dans les temps… Nous ne pensions jamais y arriver mais cette tension fait que tu travailles mieux (Rires)…


Allez-vous continuer à travailler ainsi ?

Nous verrons. Nous voulions juste essayer et peut-être que dans le futur, nous travaillerons avec quelqu’un qui voudra vraiment travailler avec nous. Mais dans le cadre de cet album, nous voulions proposer les chansons telles que nous les avions imaginées dans les démos. Nous voulions les garder les plus "vraies" possibles avec le moins d’interférence possible.
Nous avons donc tout fait de A à Z et avons proposé l’album masterisé définitif à Century Media : le Lacuna Coil 2016 (Sourire) !


Nous ne sommes pas blasés de ces vingt années d’existence, au contraire nous nous sentons comme si nous sortions notre premier album parce que nous sommes excités comme au premier jour !






Avec le recul, quel est le bilan de votre carrière en comparaison d’un groupe comme Evanescence qui a été le groupe phénomène le temps d’une saison et a aussitôt disparu : êtes-vous fiers d’être toujours ici ?

Bien sûr que nous sommes contents ! Chaque groupe a une carrière différente : certains vont devenir super-populaires, connaître un creux puis revenir… Nous n’avons jamais discuté de la carrière du groupe : cela fait bientôt 20 ans que Lacuna Coil existe et nous n’avions même pas réalisé que nous étions dans le milieu depuis tant d’années. Nous ne sommes pas blasés de ces vingt années d’existence, au contraire nous nous sentons comme si nous sortions notre premier album parce que nous sommes excités comme au premier jour !

Mais pour revenir à ta question, je suis plus attachée à l’idée d’avoir une carrière consistante. Je te mentirais si je te disais que je n’étais pas frustrée qu’on nous compare à Evanescence - pas que nous ne respections pas le groupe - mais c’était assez fantastique d’entendre dire qu’on les copiait alors que nous jouions cette musique depuis des années déjà. Je ne dis pas non plus qu’ils nous ont copiés mais nous n’avions pas les mêmes outils pour toucher le public : Lacuna Coil est un groupe italien signé sur un label indépendant…


Et on en revient à ma question de fierté. Es-tu fière d’avoir touché ce public sans avoir les outils que pouvait avoir un Evanescence et surtout toujours être présent en 2016 en proposant un nouvel très bon album ?

Je suis fière d’avoir toujours fait ce que nous voulions faire. C’est même assez fou finalement d’être encore là 20 ans après et j’espère que nous serons encore là pour 30 ans supplémentaires (Rires) ! Si le cœur est la passion et la motivation : il est évident que nous sommes là pour encore très longtemps !


Ta présence ici pour présenter un nouvel album de Lacuna Coil prouve que la présence de Cristina dans le groupe n’était pas seulement un argument marketing que pour appâter le public…

Oui, nous parlons de musique ! Lacuna Coil c’est un groupe et non pas Cristina et ses musiciens…


Mais vous l’avez entendu par le passé…

Oui mais je pense que c’est normal parce qu’il y a une femme dans un groupe, elle attire l’attention. Mais concernant Lacuna Coil, ce n’est plus le cas !
Nous avons  enduré cela sur pas mal d’albums, nous étions stressés sur ce point : quand il fallait faire des sessions photos, on me demandait de me mettre en avant et je refusais : c’était moi et Andrea…


Malgré tout, sur une des photos sessions de ce nouvel album, tu es bien devant…


Oui mais c’est juste parce que je suis petite (Rires) ! Mais si tu regardes bien, Andrea et moi sommes sur la même ligne.
Et finalement, tu te rends compte que ce ne sont pas les personnes en avant les plus importantes, Marco a écrit plus de 90% de la musique de cet album mais il se fout d’être mis en avant.


Mais bon, toi et Andrea êtes les chanteurs, c’est normal que vous soyez mis en avant…


Non, mais je suis vraiment très petite. Si tu me prends en photo en arrière plan, je disparais de la photo (Rires) : c’est la raison pour laquelle je suis si proche dans les photos. A ce propos, j’ai une anecdote très drôle, nous avons pris quelques photos avec Simone d’Epica et Alissa d’Arch Enemy lorsque nous jouions ensemble au Grasspop l’an dernier. Elles sont bien plus grandes que moi - même si n’importe qui est finalement plus grand que moi (Rires) - et nous avons pris cette photo où j’apparaissais clairement plus petite. En temps normal, tu fais en sorte de prendre la photo pour qu’il y ait un équilibre : j’étais à la gauche de cette photo et donc très petite et aucun photoshop n’a été fait afin de corriger cela. C’est juste quand j’ai vu la photo publiée que j’ai supplié le photographe qui travaille avec nous de me rendre plus grande sachant qu’il a l’habitude de « photoshoper » ma taille puisque nous travaillons ensemble. La photo est désormais visible et je suis visiblement plus grande que je ne suis (Rires) !





Quand nous nous sommes rencontrés en 2011, je t’ai posé la question traditionnelle de fin de Music Waves qui est la question à laquelle tu adorerais répondre et tu n’avais pas su me répondre… Tu as eu cinq ans pour y réfléchir…

(Rires) Je ne sais pas ,probablement une question relative au sens, le but de la vie, l’amour… C’est vraiment très difficile de répondre à ce type de questions parce qu’il a tant de choses que tu essaies de réaliser dans une vie qu’il est impossible de donner une réponse satisfaisante.


Et aujourd’hui, on en a une tout aussi compliquée : qu’est-ce que "Delirium" ?

Delirium est un endroit où chaque personne qui sent blessée, abandonnée, seule ou incomprise peut trouver un lieu où elle ne trouvera peut-être pas le traitement mais certainement un lieu où elle pourra traitée de son expérience avec nous ou d’autres personnes qui vivent la même chose. Ce n’est sûrement pas l’endroit le plus chic, le plus propre, le chaleureux au monde mais au moins c’est un lieu où on peut essayer d’évoquer ces situations.


Merci beaucoup

(En Français) "De rien" (Rires). Merci à toi, j'étais très contente de te revoir...





Merci à Childeric Thor pour sa contribution....


Plus d'informations sur http://www.lacunacoil.it
 
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