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TITRE:

ZAKK WYLDE (26 MAI 2016)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Dans le cadre de sa tournée pour promouvoir son nouveau livre des ombres, nous avons rencontré un guitariste de légende, Zakk Wylde, avant qu'il ne monte sur scène pour son concert parisien au Cabaret... Sauvage !
STRUCK - 22.07.2016 -
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Même si il a fallu attendre très longtemps avant de pouvoir le rencontrer, nous avons eu le privilège de rencontrer un Zakk Wylde amical et authentique pour une interview chronométrée pendant laquelle nous avons essayé de faire un tour d'horizon le plus large possible...


Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?


Zakk Wylde : La question que l’on m’a trop souvent posée ? Mince…
"Pourquoi continues-tu à jouer et quand vas-tu arrêter ?" (Rires) ! Cette question revient souvent et la plupart du temps ce sont des jeunes qui me la posent.





A ce titre, te considères-tu comme une légende musicale ?

Non ! Et je ne veux pas en être, les légendes ont tendance à ennuyer les gens (Rires) !


Considères-tu comme Steve Vai qui m’a répondu que les guitaristes de légendes sont des guitaristes morts…


Je ne pense pas parce qu’il existe des légendes que j’adore comme John McLaughlin, Al Di Meola, Frank Marino, Robin Trower… qui sont, pour moi, des légendes : j’adore tous ces types !

Finalement, c’est comme au sport, un sportif peut avoir gagné plusieurs titres, il veut toujours plus et est en quête du prochain. Ce que je veux dire, c’est que même si tout à beau avoir été fait et dit, même si notre carrière passée est cool, je regarde – comme toi d’ailleurs – vers l’horizon et je pense déjà à ce que je vais faire demain…

Dans un autre style, tu as Neil Young, Elton John… et les Rolling Stones, s'il y a bien un groupe légendaire, c’est bien eux mais finalement, ça ne les empêche pas de toujours d’aller de l’avant : tous les quatre ou cinq ans, ils reviennent un nouvel album et c’est reparti pour un tour.


A la base, le but de "Book of Shadows II" était de battre de record de "Chinese Democracy"


Ta dernière actualité était la sortie de "Book of Shadows II" 20 ans après la sortie de la première partie. Comment expliques-tu que ce premier volet soit devenu culte ?

Hum, tout le monde me demande pourquoi j’ai attendu 20 ans pour faire une suite à "Book of Shadows" mais il faut savoir qu’à la base, le but de "Book of Shadows II" était de battre de record de "Chinese Democracy" qui a succédé à son prédécesseur 15 ans après (Rires) ! Et quand nous avons atteint 16 ans, je me suis dit : "attendons encore 4 ans, nous arriverons à un chiffre rond de 20 ans !" (Sourire) !





Et peut-on déjà dire que…

Oui, "Book of Shadows III" sortira dans 21 ans (Rires) !


La constance entre ces deux albums est mon amour pour tous les types de musique


… non seulement mais tu es en passe de dépasser ce record dans peu de temps avec "Pride of Glory II"…


Tout à fait, je sortirai "Pride of Glory II" 25 ans après le premier volet (Rires) !
Non, plus sérieusement je ne prête pas attention à tout cela, tout simplement parce que avec Black Label Society nous n’arrêtons jamais de travailler : depuis 1998, nous n’avons jamais arrêté de sortir des albums et j’ai déjà de nouvelles chansons pour le prochain Black Label Society.

Nous sommes sans cesse sur la route à travers le monde pour venir voir la grande famille Black Label Society et c’est simplement un de ces membres qui m’a dit : "Zakk, prévois-tu de faire un nouveau "Book of Shadows" ou un autre album du même genre ?" et en réfléchissant, j’ai constaté que "Book of Shadows" allait fêter ses 20 ans et c’est ainsi qu’est née l’idée de lui donner une suite.
La constance entre ces deux albums est mon amour pour tous les types de musique de Van Morrisson, Neil Young à Elton John, les Eagles, Bob Seger en passant par Percy Sledge…


Les paroles doivent toujours avoir du poids, une profondeur



Les deux volets de "Book of Shadows" ont ce point commun d’être très introspectifs, personnels et spirituels dans le même temps. Quel était ton humeur, le contexte qui font que tu composes de cette façon ?

Selon moi, les paroles doivent toujours avoir du poids, une profondeur… c’est ce que j’ai toujours recherché à faire, que ce soit dans Black Label Society ou dans mes albums solo. Les sujets d’une chanson peuvent être inspirés par une actualité, un film, un livre que j’ai lu, un événement qui m’est arrivé personnellement ou que quelqu’un de mon entourage m’a rapporté. Cependant l’interprétation de mes chansons dépend des métaphores que j’utilise dans les paroles.





"Book of Shadows II" sonne plus comme un album de Black Label Society qui sortirait une compilation de ballades qu’une réelle suite de "Book of Shadows". Dans ces conditions, pourquoi l’avoir appelé « Book of Shadows » malgré tout, sachant que les fans feront inévitablement la comparaison ?

Comme je l’ai dit, c’est tout simplement parce que cet album est dans le même esprit, la même veine que le premier : cet album est mélo du début à la fin. Et finalement, l'esprit de cet album est : si tu veux écouter des trucs mélo, écoute-le !


Pourquoi "Book of Shadows II" est moins riche pour ce qui est du piano classique (au profit des orgues) que son prédécesseur ?

L’orgue Hammond a toujours eu une résonance en moi avec des titres comme 'A Whiter Shade Of Pale', 'Your Time is Gonna Come' de Led Zeppelin… ces chansons des années 1970 que j’adore.

J’adore le son de l’orgue Hammond, c’est la simple raison pour laquelle il y en a dans cet album. J’ai grandi tous les jours en écoutant ce son et j’ai essayé d’en mettre sur cet album et ça a particulièrement bien fonctionné. Sur le premier album, il y a quelques lignes d’orgue Hammond sur le titre 'Road Back Home'. Mais tu as raison, cet instrument est prédominant sur cet album, mais j’aime tellement le son qu’il en sort !


Considères-tu que ta voix a changé depuis "Book of Shadows" ?

Hum, je dirais que non… en revanche, je dirais que plus tu fais quelque chose, meilleur tu deviens. Mais non pas vraiment, je dirais seulement que c’est une continuation. C’est comme mon jeu de guitare qui a pu changer à travers les années parce que je travaille ma technique, je fais des exercices tous les jours…





Tu continues à t’entraîner contrairement à d'autres comme Ron Thal qui ne le font plus par manque de temps…

Oui et tout simplement parce que j’adore le faire et je ne le vois pas comme de l’entraînement. Je fais des gammes comme je fais du cardio, soulever de la fonte : il n’y a pas de différence !


Tu tournes avec Nuno Bettencourt, Yngwie Malmsteen et Steve Vai dans le cadre de la tournée Generation Axe. Comment arrivez-vous à gérer tous ces egos ?

En fait, ils ne sont de rien de tout ça ! Nous sommes amis, des amis depuis des années… le seul que je ne connaissais pas était Tosin (NdStruck : Tosin Abasi d’Animals as Leaders) qui est extraordinaire et c’est un mec super ! Nous sommes tous au même niveau, l’histoire que nous vivions chaque soir était géniale : nous espérons pouvoir tourner ici en Europe.


Ce serait super !

C’est clair, notre objectif est de tourner ensemble autour du monde.





Tu joues plusieurs titres avec Nuno Bettencourt avec qui tu sembles particulierement lié. Te sens-tu plus proche de lui que d’un Steve Vai ou Ingwie Malmsteen ?

Non, dans le cas présent, c’est tout simplement que nos sets se suivent mais c’est vrai que nous prenons beaucoup de plaisir à jouer ensemble. Et puis, c’est comme si je connaissais Nuno depuis toujours, je crois que nous connaissons depuis que nous avons 18 ans : j’adore Nuno qui est un musicien extraordinaire : il chante, il produit, il sait tout faire… et il va sans dire que c’est un guitariste phénoménal doublé d’un mec super : je le considère comme mon frère !


Nuno Bettencourt est le guitariste de Rihanna lors de ces tournées, pourrais-tu en faire de même ?


C’est ce que je te disais : il sait tout faire !


Mais toi, pourrais-tu être le guitariste de Rihanna ou Beyonce par exemple ?

Non. En revanche, je porterais bien les sacs de Nuno pour être dans le même hôtel qu’eux en tournée (Rires) !


Tu as également pris part à la tournée hommage "Experience Hendrix". Quelle est l’influence d’Hendrix sur ton jeu et comment expliques-tu que près de 50 ans après son décès, son jeu soit toujours intemporel ?


Non, non, non, je pense que plus que son jeu de guitare, il a composé de super chansons ! Ce que je veux dire que ce soit Neil Young, Jimi Hendrix, Beatles ou les Stones… ce qui reste, ce sont les chansons ! De la même façon avec le Mahavishnu Orchestra, John McLaughlin a marqué le public avec ses chansons plus que par ses capacités musicales phénoménales.





Tu as joué avec plusieurs légendes, tu as cité plusieurs fois Neil Young dans cette interview, envisages-tu de jouer avec lui ?


Sans aucun doute, c’est un mec génial ! J’ai eu la chance de pouvoir jouer avec une poignée de mes héros, j’ai vécu des moments fabuleux dont je garde des souvenirs inoubliables. Et Neil Young est extraordinaire, je l’ai rencontré une fois et c’était cool !


Mais si je cite Neil Young, c’est que plus que Nuno Bettencourt avec Rihanna, ton jeu collerait parfaitement à l’univers de Neil Young…

Ce serait extraordinaire mais je n’ai jamais eu l’occasion de pouvoir entrer en contact avec lui pour évoquer un tel projet.


Le blues fait partie du jeu de n’importe quel guitariste



Sans transition, considères-tu que le blues influence ta composition ?

Je considère le blues fait partie du jeu de n’importe quel guitariste. Tu apprends tes gammes, tu développes tes connaissances, tu peux travailler ta technique mais le blues est ancré en toi avec l’émotion et tout ce que ça comporte. Par exemple, même pour Van Halen, les fondations de son jeu est le blues plus que tout ce qui brillait autour comme sa technique, le tapping… qui sont juste la partie visible de l’iceberg, la plus grosse partie cachée est le blues…


Nous avons parlé de Steve Vai qui a l’habitude de jouer avec une guitare à 7 cordes. Pourrais-tu en faire de même ?

Oui, si c’est nécessaire ! C’est pourquoi Tosin joue avec une guitare à 8 cordes et que Steve joue avec 7 : ils le font parce que c’est essentiel à leur musique.
C’est juste un autre outil pour donner une autre couleur…
Si tu ressens le besoin d’utiliser de tel outil, il faut le faire : c’est outil utiliser une pédale de distorsion ou une pédale wah-wah… qui permettent d’amener de nouvelles couleurs.





Tu as récemment lancé ta propre marque de guitares et d’amplis. Pourquoi et quelle est la signification profonde pour toi ?

Hum, ça me permet d’avoir une liberté créative et donc créer ce que je veux créer.
J’ai été honoré et béni d’avoir travaillé avec des compagnies comme Gibson, Marshall, Dunlop…
Mais aujourd’hui, je peux demander plein de choses supplémentaires avec toutes ces sociétés qui m’endorsent et avec qui je créée.
Pour moi, c’est juste la suite logique : c’est comme partir de la maison de tes parents, tu te prends un appartement puis ensuite, tu emménages dans une maison ! Il y a un peu de ça : c’est juste une évolution !


Avant de se quitter, questions traditionnelles du site, quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?

Mon meilleur souvenir ? Créer ! Le fait d’arriver avec une idée et à la fin, s’assoir en écoutant le morceau fini.


Tu dis que ton meilleur souvenir est de créer, cela signifie-t-il que tu prends moins de plaisir à jouer sur scène ?


Non, j’aime les deux ! C’est comme jouer au football : j’aime m’entraîner mais j’aime aussi les matchs ! Mohamed Ali disait qu’il détestait chaque seconde passer à s’entraîner, il souffrait mais c’est ainsi qu’il est devenu un champion. Mais de mon côté, je n’ai pas ce sentiment, j’aime le processus entier ! Et si l’entraînement me faisait chier, je ne le ferais pas...

Chaque môme qui gravite autour d’une activité, d’un sport comme le skateboard, n’a pas besoin que quelqu’un leur dise de s’entraîner : si il passe 12 heures sur un skateboard, c’est qu’il aime ça !


Tu as évoqué ton meilleur souvenir, au contraire, quel serait le pire ?

Wahou ! Je n’en ai pas… la pire des choses c’est que tout ne soit plus que comédie : à rire de tout ce qu’il t’arrive parce que tu ne peux pas croire ce qu’il se passe autour de toi (Rires) ! Mais non, je n’ai pas de pire souvenir parce que je fais ce que j’aime le plus au monde.





Nous avons commencé par la question que nous avons trop souvent posée, au contraire quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Hum, tout ce que tu veux, je peux répondre à toutes les questions que tu me poses, mec !


Et bien, je n’aurais pas le temps d’en poser plus même si ce n’est pas l’envie qui manque mais plutôt le temps… Merci


Tu as assuré mec, merci !


Merci à Nuno pour sa contribution..


Plus d'informations sur http://www.zakkwylde.com
 
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