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SINSAENUM (08 JUIN 2016)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DEATH METAL

Pas seulement des partenaires pour ce véritable All Star Band, ce sont des amis, des âmes sœurs qui se sont unies pour un projet durable. Retour sur la formation et les secrets du monstre Sinsaenum...
PHILX - 29.07.2016 - 8 photo(s) - (0) commentaire(s)
Nous retrouvons le virtuose Fred Leclercq en grande forme accompagné de la légende Joey Jordisson pour parler du monstre Sinsaenum qui sort son premier chef-d'œuvre "Echoes Of The Tortured".


Quelle est la question qu'on vous a trop souvent posée ?

Joey : Probablement "comment ce groupe a-t-il démarré ?" Mais c'est logique, après tout, tout à fait normal ! Et on veut y répondre, c'est pour cela qu'on se rencontre aujourd'hui. En fait, on a tourné plusieurs fois ensemble, avec nos groupes respectifs à l'époque. Et tu vois, quand tu formes un groupe, tu ne cherches pas juste un spot à remplir, ça ne peut pas marcher, il te faut cette connexion. Là, en tournant ensemble avec Slipknot et Dragonforce, on a commencé à discuter, comme beaucoup de groupes le font quand ils partagent une tournée, je parle en connaissance de cause. Après les concerts, on picole et au bout d'un moment ça se transforme en "Un jour, il faudra qu'on monte un groupe ensemble !" et jusque là, on n'y était pas arrivés (rires) !
On a eu cette connexion indispensable pour partager un projet. Notre amour du death et du black metal est identique, on cherchait chacun de notre côté ce déclencheur qui mettrait le feu aux poudres. Si tu me suis un peu, tu sais que ça fait des années que j'en parlais dans les magazines, de cette envie de faire du death et du black, partout où je pouvais je le disais !


C'est vrai, on l'a beaucoup vu...

Joey : Ah, tu vois ce que je veux dire, merci ! Vraiment : Merci ! Ca fait un paquet d'années que j'en parlais... Jusqu'à ce que je rencontre Fred sur ces tournées, et qu'il m'envoie ces putains de sons qu'il avait composés et qui m'ont littéralement mis sur le cul (chansons qui se retrouvent d'ailleurs dans ce "Echoes Of The Tortured"). Je savais que j'avais trouvé mon copilote.





On parle d'un all star band, les membres de cette formation viennent du monde du black sauf toi, Joey, finalement. Fred, tu avais ces compos depuis des années, 1998 même, c'est l'effet coupe du monde qui t'a motivé (rires) ? 

Fred : Ouais, le chant officiel était chiant comme tout, donc j'ai composé (rires) ! Non blague à part, j'ai toujours voulu composer dans ce style musical et c'était différent de ce que j'avais l'habitude de faire. J'ai trouvé les bonnes personnes pour m'entourer, tout y était. Ensuite la compo a pris du temps. Je connais Stéphane de Loublast depuis 95. Dans les années 2009-2010, je lui ai fait écouter ces titres, et je lui ai demandé ce qu'il en pensait et s'il voulait se joindre à moi pour en faire quelque chose.


En tant que chanteur, guitariste ?

Fred : Je ne savais même pas ! A ce stade-là du projet, c'était pas important, il s'agissait de regrouper les meilleures personnes pour lui donner vie. Là, c'est plutôt une question de feeling, de connexion entre personnes, pas d'assigner des postes. On vit dans cet univers rempli de musiciens, d'artistes, donc à travers les rencontres, on trouve les gars avec qui ça matche. Bon avec Stéphane, on savait pas qui ferait quoi - même si je le voyais quand même bien derrière une guitare, lui ne le savait pas (rires) ! Pourtant j'aime beaucoup sa voix, et il serait tout à fait capable de chanter sur ce projet, soyons très clairs, mais je le voyais plutôt à la guitare. D'ailleurs, il ne m'a même pas demandé s'il allait chanter, ça s'est fait très naturellement.
Et quand Joey m'a contacté, je les lui ai faites écouter aussi et il était intéressé, m'a demandé qui jouerait la batterie... Moi : "Ben.... toi ! ?" (rires). Génial, on est 3, ça devient vrai. J'étais super content que ça prenne forme mais j'avais la pression de finir l'écriture des morceaux. Aucun n'était terminé, j'avais tout au plus 1min30 pour chaque. "Ok, merci les gars d'avoir accepté, maintenant je vais me creuser un trou (rires) !" J'étais tellement excité. Pareil, je connais Sean depuis des années, et j'ai toujours trouvé que c'était un excellent vocaliste. En gros, tous ceux à qui j'ai envoyé les sons m'ont répondu "Fuck Yeah, let's do it !" Joey a aussi suggéré Attila pour le chant...

Joey : En fait, je l'avais invité une semaine à la maison, j'adore ce gars, il est vraiment bon... Même si on avait pensé à Sean, je pensais qu'Attila avait de quoi apporter dans un duo de voix, ce qu'avec un seul on n'aurait jamais pu avoir. Quand on pense à l'aspect torturé, c'est ce qui s'en rapproche le plus. Attila est comme un fantôme omniprésent qui plane derrière Sean, qui lui balance ce qu'il faut dans ta gueule. Ces mecs sont la source même de la noirceur, du Diable qui t'encercle et qui te confuse en même temps. Et c'est cette image qui a inspiré le titre de l'album, on a le torturé, et ses échos...





Les compos ayant commencé fin 90's, peut-on dire que ce disque est comme un hommage à ce genre musical ?

Fred : Oui et non, disons que c'est un genre qu'on adore, et ce que j'ai voulu faire avec ces compos - j'essaye de le dire de la façon la plus humble possible - c'est d'amener ce genre dans la direction où j'aurais souhaité le voir évoluer à l'époque. J'ai l'impression que le mouvement est mort en fait, qu'il a cessé de produire ce qui me/nous faisait vraiment vibrer, et ce disque c'est une alternative à ce qu'il est devenu aujourd'hui. Donc plus qu'un hommage, c'est un "Merci pour tout, mais tentons d'évoluer encore, prenons ce chemin". Mais attention, j'ai un immense respect pour tous les acteurs de ce genre musical.


Avec ses différentes anecdotes, on a vraiment l'impression que ce n'est pas un all star band classique, mais réellement une aventure de potes. Est-ce peut-être la raison pour laquelle cet album est si bon ?

Joey : Merci mec, santé ! Vraiment merci beaucoup, c'est sincère. En disant ça, je réalise qu'on a fait notre boulot et que cet album n'est pas une blague, on a bossé dur pendant 4 ou 5 ans. Bon, il y a eu un an pour en parler (rires) mais ce n'était pas des conneries, on prenait ça au sérieux. Quand Fred m'a envoyé ses sons, je me suis retrouvé avec une nouvelle responsabilité dans la vie. Quand j'ai remonté ma batterie, je suis resté assis pendant au moins une heure à me dire "Si je me lance là-dedans, il faut que j'y sois à 100%, c'est un point de non retour, si j'y vais, j'y vais à fond". Quand j'ai fait mon compte à rebours sur le charley, je me suis lâché, complètement. Ce n'était pas de la haine, mais une énergie démoniaque que j'avais et que je devais libérer. L'un des plus beaux moments que j'aie vécu et 'Army Of Chaos' est le premier titre que j'ai enregistré et c'est passé tout de suite, j'étais dedans. C'était naturel.





D'accord, mais tellement de all star band ne sont que des coups d'une fois. Tout nous laisse penser que vous avez réellement été motivés par la musique et votre passion du genre, l'album est excellent, mais on s'inquiète presque déjà que le projet ne tienne pas, rassurez-nous : prévoyez-vous de continuer l'écriture et de tourner dans la configuration de l'album ?

Fred : Oui, complètement ! Alors c'est une chose d'être totalement impliqué et passionné par le projet lors de l'écriture et de l'enregistrement. Ensuite, il faut savoir qu'on ne s'est vraiment enfin tous rencontrés en même temps que pour l'enregistrement du clip, à Budapest. On s'est mis à répéter le morceau, et au fur et à mesure qu'on le jouait on réalisait l'ampleur du projet, qui n'était d'ailleurs plus qu'un projet, mais on était un groupe. Dès les premières notes on s'est regardés comme jamais, et j'ai dit "Les gars, j'ai juste eu les plus gros frissons"

Joey : C'est vrai qu'il a dit ça (rires) !

Fred : C'est un tel contraste en plus alors qu'on joue de la musique tellement sombre, et qu'on s'amuse tant à la jouer. En fait, c'est thérapeutique...

Joey : Tu ne savais pas que jouer de la musique démoniaque pouvait être si fun (rires) ?

Fred : (rires) Mais c'est vrai que c'est thérapeutique. Ca fait tellement de bien de libérer tant de noirceur, on a besoin de ça pour être normaux. C'est un exutoire. Je suis très heureux dans ma vie, j'ai connu bien pire, comme nous tous, et j'ai besoin d'exprimer tout ça, j'espère que les gens vont se retrouver dedans, il y a autant d'énergie que de noirceur. Bref, on s'est retrouvé en tant que groupe, donc dans ces conditions, il est hors de question de tourner sans l'un d'entre nous. Pareil côté label, ils voulaient savoir qui tournerait à la place des absents, etc ! Mais la réponse est : personne !


En même temps, c'est compliqué de remplacer un Sean, Attila, Joey...

Joey : Ca ne semblerait pas juste. Honnêtement, pardon de t'interrompre, mais je le dis avec mon coeur, tellement je suis passionné, mais je ne le sentirais pas si je devais monter sur scène sans Attila, sans Sean, sans Stéphane.


Même sans toi...

Joey : Oui, je ne veux pas l'imaginer, on en parle depuis tellement longtemp avec Fred, pour faire aboutir cette musique, c'est une vraie part de moi maintenant, je ne suis pas là pour m'amuser, ni faire la fête, ce groupe est NOTRE groupe, vraiment. c'est pour ça que je suis là aujourd'hui pour en parler. On est amis depuis tellement longtemps, ce qu'on doit faire se fera. On peut toujours arranger ce qu'il y a autour pour le faire fonctionner. Avec Sinsaenum, on va vous envoyer ça dans la tronche avant même que vous ne vous en rendiez compte. Je vais vous envoyer mon jeu de batterie dans le cul (rires) !

Fred : C'est vrai qu'on a tous nos projets, mais Sinseanum est notre nouveau bébé, on va vous l'envoyer ! Je plaisante, mais on sait que ça va demander beaucoup d'efforts de concilier tous nos travaux, de nous retrouver tous ensemble déjà, dans la même pièce, mais on fait tout ce qu'il faut pour. On doit faire perdurer cette passion et la partager avec notre public.





Ce n'est pas seulement la musique, mais quand tu regardes l'artwork, ça rappelle les codes des grands Morbid Angel ou Emperor. Est-ce volontaire de se rapprocher autant de tels mastodontes du genre ?

Fred : Merci beaucoup, il y a pire comme comparaison, je suis très fier de cet artwork. On l'a demandé à Costin Chioreanu qui a déjà bossé avec At The Gates, Mayhem, etc. Je l'ai contacté par le biais d'Attila et je lui ai demandé de partir du logo et de la musique pour créer un artwork le plus proche possible de nous. Les chansons sont démoniaques, terrifiantes, mais en même temps, il y a une sorte de splendeur, de majestuosité qui s'en dégage. C'est ce que l'on voit dans le logo également, la partie haute est nette et propre et ça se dégrade en bas par quelque chose de sanglant, on retrouve cette dualité dans notre musique. A l'écoute des morceaux, Costin m'a dit "C'est bon, je visualise bien". Il est roumain et c'était à l'époque où il y a eu une catastrophe due à la pyro dans un concert de rock (27 morts et 180 blessés pendant le concert du groupe roumain Goodbye To Gravity, ndlr). Il avait été très affecté par cela, avait perdu des proches dans la tragédie, il avait donc des idées précises de toute la noirceur qu'il devait et pouvait exprimer.


Musicalement, tout l'album est très impressionnant, les interludes froids et sombres créent des atmosphères particulières qui peuvent rappeler King Diamond dans l'aspect horrifique. Êtes-vous d'accord avec cette comparaison ?

Fred : Oui, merci beaucoup de l'avoir remarqué ! Stéphane est un gros fan de King Diamond. Je suis de la génération où on écoutait les CD dans leur intégralité, du début à la fin dans l'ordre pour voyager à travers l'histoire qui était contée. J'essaye de reproduire cette construction et d'inciter les gens à faire de même, c'est une expérience décuplée. 


On comprend mieux ce choix quand on voit le nombre d'interludes qu'il y a sur l'album. Ca semble risqué car ça pourrait casser la dynamique mais au final, le résultat est incroyable et donne à l'album un aspect cinématographique de film d'horreur. Etait-ce votre volonté ?

Fred : Merci ! C'est tout à fait ça. Quand j'étais jeune, j'accordais beaucoup d'importance à la construction d'un album, comment le décor était planté, etc. Donc les interludes contribuent à instaurer le calme avant la tempête, à lier l'ensemble et à annoncer ce qui va suivre dans une construction homogène. Dans un film d'horreur, ce n'est pas la scène d'action qui angoisse le plus, c'est plutôt toute la construction qui y amène. 


La variété de cet album est remarquable : on y entend du Morbid Angel, mais aussi du Vader, Behemoth et même du Paradise Lost avec 'Dead Souls' et son doom ou encore du black metal à la Dimmu Borgir. Vous avez très rapidement réussi à vous forger une grande personnalité enrichie par ces influences. C'était très certainement le but, mais c'est très compliqué. Vous avez conscience de ce tour de force nécessaire à vous faire accepter en tant que groupe et non uniquement un all star band ?

Fred : Un grand merci, tu ne le vois pas derrière mes lunettes, mais tu me fous les larmes aux yeux, mec ! Quand tu mets autant d'énergie, autant de passion et de conviction dans un tel projet, c'est énorme de lire les chroniques si positives comme il commence à y avoir. Voir que l'album est compris est une grande réussite, c'est une vraie connexion qui se fait. À aucun moment nous n'avons tout planifié, tout s'est fait naturellement. Je suis content que vous le perceviez comme un ensemble cohérent issu du travail de groupe.





Vous nous avez fait un sacré cadeau avec un tel album.

Joey : Merci, mais c'est un travail collectif et vous faites également partie de l'aventure. 

Fred : Je pense qu'on a tous une partie de nous qui est assez sombre pour se retrouver dans un tel album.

Joey : Peu importe qui on est, d'où on vient. On me dit souvent que je suis jeune, mais mec, t'as pas idée de ce qu'on a traversé dans nos vies, nos expériences avec tout le monde. Mais la flamme ne se consume pas, elle n'est que ravivée par Sinsaenum, mon cœur est empli de cette passion pour ce groupe. On ne serait pas là pour en parler physiquement si elle n'était pas si vive. Et pourtant j'en ai fait des interviews, j'ai parlé de trucs que j'ai répétés presque machinalement, ce qui fait partie du jeu tant que ce que tu dis est vrai et honnête. Mais là, je ne parle avec mon cœur de ce monstre qu'on va libérer. 


En effet, ce n'est pas à prouver, on le constate bien en vous voyant, c'est un groupe de potes et au-delà de sortir un disque ensemble, c'est le résultat de ce qui anime votre passion, comme vous le disiez, vous proposez une alternative à la direction que le death et black ont pris à l'époque.

Fred : Oui, et ce n'est pas parce qu'on est connus pour ce qu'on fait dans d'autres groupes qu'on est pas légitimes à en sortir pour proposer autre chose. 





Qu'attendez-vous d'un tel album ?

Fred : Rien du tout. Maintenant, il faut qu'il sorte pour atteindre notre public. Après tant de temps, il est tant qu'on libère la bête, elle est prête. 


Et en plus sur scène !

Joey : Mais carrément ! T'en as une de prête, car moi je le suis (rires) !


On a commencé par la question que l'on vous a trop souvent posée, mais quelle serait celle à laquelle vous auriez souhaité répondre ?

Joey : Oh putain, ouais : quoiqu'il arrive, je veux dire que j'ai un immense respect pour mes potes de Sinsaenum. Quand tu as un tel projet qui se monte, avec de tels proches, c'est comme avoir ta nuit qui se remplit d'étoiles. J'ai trouvé mes âmes sœurs et on forme un groupe ensemble, c'est indescriptible.

Fred : Moi j'aurais envie de répondre à la question : "Es-tu heureux ?" et ma réponse serait : "Oh que oui !"


Merci beaucoup !

Fred : Merci beaucoup à vous !

Joey : Merci, cette journée promo française a été un vrai plaisir parce que les journalistes français sont cools... mais pour le coup, les mecs, vous êtes des tueurs, vous avez su trouver les mots pour parler de ce projet, ce bébé que Fred tient particulièrement à coeur ; merci les mecs !



Merci à Noise pour sa contribution...
 
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