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A PROPOS DE:

PSYKOKONDRIAK (12 SEPTEMBRE 2016)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL FUSION

Rencontre avec les membres de P3K pour une interview fusionnelle...
STRUCK - 14.09.2016 - 2 photo(s) - (0) commentaire(s)

Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

La fameuse question du chant en anglais. Plus qu'une mauvaise question, elle est souvent mal posée.


Votre actualité est la sortie de votre deuxième album, « Gloomy Days». P3K existe depuis plus 2011, comment expliquez-vous qu’il  a fallu attendre 2016 pour pouvoir écouter ce premier album ? Est-ce le changement de line-up en 2014 avec l’arrivée des 2 nouveaux MC, Yassine et Clément, qui a fait évoluer P3K vers une musique plus funk ?

Le groupe existe en fait depuis plus longtemps que ça. En 2011, nous avions été sélectionnés par  le dispositif Tour de Chauffe avec Wes Waltz (l'ancien groupe de funk hardcore de Clément et Yassine). On a sympathisé, joué ensemble, et on est devenus des groupes frères (on était un peu esseulés à Lille dans nos styles 90's). Du coup, après un premier 5 titres en 2012 avec l'ancien chanteur, James IzCray, quand le groupe a changé de line-up mi-2014, c'était un peu naturel que Clément et Yassine prennent le relai au micro. Le temps de remettre la machine en marche, de recréer les automatismes de groupe, d'enregistrer nos morceaux etc., nous voilà en 2016. 
On considère que c'est notre premier album à la fois parce qu'il n'y a eu au final qu'un EP 5 titres avant ça, et aussi parce qu'il s'agit du premier effort de Psykokondriak nouvelle formule. Plus funk, sans doute, mais plus punk aussi, et avec des influences hip-hop diversifiées.





Est-ce à penser que Psykokondriak est réellement né en 2014 ?


Non, mais Psyko a trouvé son équilibre en 2014.


Comment définiriez-vous votre style : une fusion rock, rap et funk ?

Du « Hip Hop Rock’n’Roll », c'est bien, c'est vaste comme terrain de jeu. Et puis on aime pas trop le terme « fusion », on ne se retrouve pas dans la connotation métallique du mot. Et le funk, disons que c’est une nature musicale, c’est plus profond que le style. 


Vos influences principales semblent être RATM, on pense aussi beaucoup à Run DMC et Fishbone à l’écoute de l’album… Etes-vous d’accord ?

Merci de citer Fishbone, on ne nous le dit pas souvent et pourtant... S'il y a un groupe qui influence nos prestations live, c'est bien celui-là, beaucoup plus que RATM finalement.


Certains délires à Les Claypools ainsi que certains plans de basse rappellent : est-ce une influence également pour vous ?

Merci pour la comparaison, même si je ne pense pas avoir ce niveau mais oui, Primus est une de nos influences.
En ce moment, j’écoute beaucoup l’album « Sailing The Seas of Cheese 1991 » et la chanson « Jerry Was a Race Car Driver ». J’adore ce rapprochement entre musique et humour décalé.


On y arrive le chant est maintenant uniquement en anglais, pourquoi avoir éliminé le français ?

On a prévenu, hein, alors :
a) On a longtemps hésité entre l’arabe et le chinois mais finalement on a opté pour l’anglais pour dominer le monde plus facilement
b) On l’a pas éliminé, il est mort d’un cancer du colon
b) Parce qu'on est bilingue
c) Parce qu'une chanson des Beastie Boys en français n'a vraiment aucun sens.
d) La prod vise le marché canadien


Malgré les influences citées précédemment, le groupe a une vraie personnalité et on sent un gros travail de composition. Comment travaillez-vous ensemble ?

Généralement, on trouve des riffs entre musiciens, des bribes de textes, puis on arrange les morceaux en fonction des idées de chacun. C'est un long processus de va-et-vient entre nous six, pour penser les arrangements les plus efficaces en live et en studio, et finalement contenter tout le monde. On reprend plusieurs fois chaque morceau, en se laissant le temps d'être perfectionniste sans se manger le cerveau. On laisse reposer, on réécoute (on fonctionne beaucoup avec des maquettes), on y revient jusqu'à satisfaction. 





Est-ce que les scratchs sont intégrés à la musique dès l’enregistrement ?

Après l'enregistrement, ce serait plus compliqué, c'est sûr... C'est vrai qu'il y a un côté « touche finale » dans le taf de DJ Stam Iff, qui doit à la fois respecter le groove général du morceau et trouver le sample qui convient à la thématique du morceau. C'est plus confort pour lui d'arriver sur un terrain balisé, même s'il est parfois à l'origine d'un riff. Ca a même parfois un côté un peu subliminal; par exemple, un de nos nouveaux morceaux qui sample une guitare de Led ZEPPELIN  (le riff de la chanson « Dancing Days ») est devenu le moment de nos concerts où les gens viennent slammer sur la foule. Etablir des concordances là dedans, c’est très excitant.


L’artwork de l’album est assez sombre et assez décalé par rapport à votre musique groovy. Le personnage de la pochette représente-t-il Psykokondriak isolé dans les brumes du Nord ?

La pochette a été réalisée par Geoffroy Triacca, un dessinateur qui bosse entre autre chez Ankama. Il s'est lancé sans aucune directive dans le projet, et sa première piste a fait l'unanimité. Cette pochette correspond bien au titre de l'album. Le côté Nord brumeux nous faisait bien marrer. Après, isolé, pas trop, viens faire un tour à Lille, on te présentera les potes.


Ou l’homme moderne isolé au milieu de dizaines d’écran ?

On est bien plus proche de ça. Tu parlais de Fishbone tout à l'heure, les mecs font la musique la plus joyeuse du monde mais leurs textes parlent dictatures, enfance douloureuse, conditionnement social, racisme etc.  L'artwork était un moyen pour nous d'attirer l'attention sur les paroles. « Gloomy Days », c'est aussi l'atmosphère générale d'aujourd'hui, entre la main-mise des médias sur l'opinion, le nouveau souffle de l'extrême-droite et les dérives fascisantes qui surgissent là où on les attend le moins. S'il fallait souligner un thème global de l'album, ce serait les médias et leur impact. Ou plus précisément, le flux constant d'informations auquel nous sommes confrontés, et l'absence totale de hiérarchisation de celles-ci. Pour prendre un exemple dans l'actualité, c'est quand même complètement dingue qu'on se laisse encore avoir par des débats stériles sur des maillots de bains , quand un/une candidat(e) sur deux à la présidentielle trempe dans des affaires judiciaires. A force d'avoir les attentats, le football, la politique étrangère, la dernière mode mélangés sans distinction dans des brèves de deux minutes, on laisse le bon sens de côté.  Notre musique prend au funk cette attitude qui consiste à transformer toute chose, même négative, en son groovy et enivrant. Ecoute aussi cette chanson de Funkadelic « If You don’t like the effect, Don’t produce the cause ». C’en est une bonne illustration.


L’album est totalement autoproduit. Aucun label ne s’est encore intéressé à P3K ?

Comme on le disait plus haut, il a fallu réinventer le groupe. On ne pouvait pas démarcher de labels avec le premier EP en leur disant « c'est le même groupe mais avec deux chanteurs anglophones, ça va être génial ». L'industrie musicale n'a plus une thune, elle est bien frileuse, même (surtout?) chez les indépendants. Il fallait qu'on ait quelque chose à défendre avant de prétendre à quoi que ce soit. Maintenant on a notre album qui parle pour nous. Il sonne grave, on est vraiment fiers de la production. Si on est capables de faire ça avec nos moyens, en conciliant nos jobs et le groupe, imagine ce qu'on te prépare avec un peu d'aide ! On essaye d'être patients, attentifs à ce qu'on fait dans le moment présent. Il ne faudrait pas se péter un tibia en voulant monter quatre à quatre. On commence à chercher un label et un tourneur, mais on s'applique surtout sur les prochains morceaux.


Votre musique trouve ses racines dans les années 1990, pourquoi se lancer dans un style qui n’est plus sur le devant des projecteurs ?


Pour le remettre sur le devant des projecteurs ? La mode est cyclique donc on est avant-gardiste en fait. Après, les modes, l'actualité, tout ça... On écrit, on joue, on existe en 2016, donc on est d'actualité non ?


N’est-ce pas risqué d’un point de vue popularité ?


On ne sait pas, pose la question à Prophets of Rage !


Peut-on espérer vous voir mettre le feu à d’autres salles hexagonales que celles des Hauts-de-France ?

C'est l'idée pour l'année qui commence, il est temps de s'exporter.


Qu’attendez-vous de cet album?

Avant qu'on le sorte, on voulait montrer qu'on ne rigolait pas. C'est notre premier album, c'était à nous de mettre la barre aussi haut qu'on pouvait. On dirait que c'est mission accomplie, vu les retours de la presse comme du public. Maintenant, on espère que ce sera suffisant pour convaincre d'autres gens de s'intéresser à notre travail, et pouvoir tourner toujours plus, enregistrer de nouveaux morceaux, et faire vivre ce groupe.





Question traditionnelle de Music Waves, quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?


Notre release party, le concert au Nuits Secrètes, le concert devant l'orage à Saint-O... Beaucoup de bons souvenirs en live en fait.


Au contraire le pire ?

Les prises de têtes qui surviennent en studio, en répète ou en live, et qu'il faut savoir surmonter en mettant son ego de côté. Comme la vie en fait, sauf que c'est rageant de perdre du temps là-dessus.


On a commencé cette interview par la question qu’on vous a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?


Quel est le groupe avec qui vous aimeriez jouer ou faire la première partie ? A quoi on répondrait Fishbone ou Prophets of Rage, Body Count, ou pleins d'autres groupes d'ailleurs.
Sinon, une question qu'on ne nous pose jamais et qui est pourtant super importante : qui sont vos groupes de potes préférés? Citons pêle-mêle les Radical Suckers, Grüppe, Burning Lady, Alabasterds, Toxic Waste, Obsolete Radio, Working Class, BOW, Karma Sutra, Be4t Slicer... Pardon les copains qu'on oublie.
Merci Music Waves de prendre un peu de temps sur notre cas. Venez nous voir en live les jeunes, vous ne regretterez pas.


Merci Newf pour sa contribution...



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/psykokondriak/?fref=ts
 
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