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TITRE:

PAUL PERSONNE (28 SEPTEMBRE 2016)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

BLUES



Music Waves avait de nouveau rendez-vous le bluesman français Paul Personne pour évoquer son all-star band éphémère le Lost In Paris Blues Band....
ADRIANSTORK - 25.10.2016 -
9 photo(s) - (0) commentaire(s)

En temps normal, Paul Personne est déjà une personne bavarde mais le rencontrer dans le cadre de son projet probablement le plus prestigieux, vous imaginez bien qu'il était difficile de rester dans le temps imparti par ses attachés de presse...


​Bonjour Paul. Nous t'avons rencontré il y a deux ans pour la sortie de ''Puzzle 14''. On se retrouve deux ans plus tard pour la sortie de ce nouvel album. Le titre ''Lost In Paris Blues Band'' nous conduit dans deux directions : est-ce que Paris n'est pas une ville qui bluese? (un groupe de blues perdu à Paris aurait plus sa place à La Nouvelle Orléans) ou est-ce une volonté de montrer que cette session aux studios Ferber est placée sous le signe du hasard?


Paul Personne : Marque ce que tu veux (rires). Paris a toujours été une super ville de blues. Dans les années 40-50, il y a des artistes qui sont venus s'y installer. Il y a T-Bone Walker qui venait enregistrer des sessions avec des musiciens français. Paris a attiré un paquet d'artistes : Jim Morrison....





​Donc, ce serait plutôt la deuxième réponse. Plein de gens qui aiment le blues se seraient retrouvés par hasard autour de la guitare.

Oui, ce serait ça le principe. Le titre "Lost In Paris" est parti d'une blague. Un matin au petit déjeuner, j'ai dit à ma gonzesse : ''Mais ces gars sont bloqués dans leur hôtel à jouer les touristes. Que de talents gâchés!'' Elle m' a regardé en rigolant et m'a répondu : ''Loue un studio, et demande leur de venir jouer pendant un après-midi.'' Moi j'ai rigolé, mais quand j'en ai parlé à Mehdi [ndlr : EL Jaï] de Verycords, il se marrait aussi. Seulement, lui m'a rappelé au bout de cinq minutes pour me dire que mon idée était géniale et qu'il était avec moi à 200% si je voulais y aller. Je n'ai pas eu à attendre longtemps, il m'a ensuite confirmé que le studio Ferber serait libre pour trois jours. Je me suis dit : ''Il va falloir que je le fasse cet album.'' (rires). Cela allait plus vite que prévu. Après il fallait organiser la rencontre, quinze jours avant je ne les connaissais pas. On avait déjà fait trois-quatre concerts autour de la guitare. Il y avait des affinités : Robben Ford venait jouer sur un de mes titres, j'avais un super feeling avec John Jorgenson, Ron Thal c'était un bonnard de première. Il y avait de bonnes vibes. Simon, le taulier de Verycords a dit : ''On va faire quelque chose de plus convivial : une soirée spaghetti chez moi et tu leur expliqueras ton truc.'' Avant même que je leur explique de quoi il s'agissait, John Jorgenson a pris une guitare et s'est mis à jouer 'Bus Stop' de The Hollies. J'étais épaté : ''Quoi? Tu connais ça?'' Ron s'est mis à chanter des chansons des ​Beatles, montrant qu'il n'était pas branché à un genre. On a bouffé nos nouilles (rires) avec une super sauce!





​Est-ce que finalement ce n'est pas un album de potes? Une jam chaleureuse, est-ce que ce n'est pas ça la musique finalement?

Pour moi, ça a toujours été ça. Tous mes albums je les ai faits en regardant les mecs dans les yeux, en leur laissant un peu de liberté. Si ça ne me plaisait pas, je le disais. Si ça me plaisait, je le disais aussi. Avant, je faisais des démos à la maison avec un quatre-pistes (aujourd'hui, j'ai un huit pistes) et je les montrais aux musiciens. Depuis les années 2000, j'amène une cassette ou un dictaphone sur lesquelles j'ai mes premières prises instinctives où figure la mélodie. Quand je les fait écouter, je dis aux mecs : ''Celle-là, non. Ah! On pourrait tenter celle-là.'' J'essaie de retrouver les accords, et je leur dis : ''Allez-y, faites comme vous le sentez.'' Evidemment, avec ce nouveau projet, c'était la même chose. Avec des personnalités et des musiciens pareils, je ne me voyais pas dire : ''Ok, Robben, joue de la guitare comme ça, John, tu ne joues pas de guitare, tu vas aux claviers direct.'' (rires) C'était humainement génial de me retrouver là avec ces mecs, qui étaient d'une humilité, car comme ils savaient que c'était mon truc, ils n'essayaient pas de me passer dessus. Ils étaient à mon service.


​On sent un partage. Est-ce qu'on peut le considérer comme une suite à Amicalement Blues avec Hubert-Félix Thiéfaine en moins, mais dans le fait de partager le chant. Ce n'est pas que Paul Personne, c'est un vrai blues band?


Et encore, c'est moi qui ai voulu qu'ils chantent, car ils ne s'étaient pas proposés. J'ai proposé des chœurs, ils étaient fous de joie. Robben, un peu timide, avait un peu mal à la gorge, il a un peu traîné la patte pour chanter, alors que j'adore sa voix. Il y avait un texte de Tom Waits. Ce n'était pas facile à chanter, alors je leur ai proposé de à chacun de faire les couplets suivants. Les autres ont soutenu Robben qui y allé finalement et qui a fait 'Travel No More'. Le premier jour, on a mis 5 titres en boîte. Le suivant, Beverly Jo est arrivée. Le troisième jour, Ron est revenu après une master class le deuxième jour. Moi, je ne savais pas où on allait. Je pensais enregistrer 6 titres et me poser la question ensuite : On en fait quoi? Est-ce qu'on continue d'autres sessions? Pourquoi pas avec Warren Haynes s'il venait à passer? Je l'ai d'ailleurs rencontré plus tard.


​Tu as l'air d'être enthousiaste comme jamais à propos de Warren Haynes. Est-ce que ça t'a donné des idées pour faire un second volet?

Si on faisait un second volet avec Warren qui viendrait jouer sur un titre... ça peut s'organiser même si ce n'est pas facile. Sur cet album, c'est différent, tout le monde était là. Beverly est venue en urgence, elle a sauté dans une bagnole et est venue rapidement. C'était une dream team et il n'y avait rien de mercantile, ils n'ont pas joué les stars. Pour eux, c'était une super récréation. John a proposé de jouer du clavier, du saxophone... Un vrai couteau suisse! Et pas de caprice de star, même sur le matos. Ron a dit : ''Trouvez-moi un Marshall, moi je joue sur n'importe quoi!''





​Comment arrive-t-on à jouer sur un album de blues pour un artiste qui a joué un titre qui s'appelle 'I Can Play The Blues'? Ca sonne naturel? Mais as-tu une recette?

Ron s'est éclaté, et il était super. Son domaine c'est plutôt jazz-blues. C'était le vilain petit canard mais en même temps, avec sa culture musicale, il va m'amener quelque chose qui sera différent. Dans cette musique, on part du root, tout le monde a fait ce qu'il voulait. A l'époque des Chicago Blues, Freddie King connaissait les racines, mais il allait plus loin que ​Robert Johnson. Eric Clapton en faisant 'Layla'​, il n'était plus dans le blues, mais il faisait une putain de chanson! (rires). J'ai toujours pensé à cette musique comme une musique intemporelle, comme un point de départ. Moi, j'ai aussi fait ça à mon échelle. On m'a collé l'étiquette de bluesman. Moi j'ai dit que je n'étais pas stricto sensu bluesman, mais ma musique elle, sera toujours bluesy. Mais j'aime aussi ​Crosby Stills Nash And Young, ​James Taylor. ​​C'est à chacun sa sauce. Je me suis retrouvé avec trois guitares, nous étions quatre gratteux, John avait des possibilités de claviers. Une fois, on a travaillé seulement avec John et avec les deux Français parce que j'avais perdu Robben. Une fois la prise finie, j'ai vu que Robben était à la porte. Je lui ai proposé de faire une seconde prise, mais il a dit que c'était génial ce que l'on avait fait et qu'il n'avait pas besoin de jouer. Pas de caprice de stars, on était entre potes!


​Comment as-tu fait ce choix de musiciens?

Au début, j'ai pensé aux Américains. Les Français sont plus facilement accessibles.


Ce serait pour un Groupe de Blues perdu à Paris (en référence à Lost in Paris Blues Band)

(Rires) Je voulais prendre des gens qui n'étaient pas souvent dans le coin. J'ai surfé sur la vague. Avec Larry Carlton, je devais passer par son avocat pour l'appeler, alors que j'avais un super rapport avec lui. Christopher Cross, je n'y ai pas pensé sur le coup. Il est tellement dans les belles mélodies. Et pourtant avant d'enregistrer, il m'a dit qu'il était texan et fan de Stevie Ray Vaughan. Ah merde! (rires) Il m'a demandé s'il pouvait venir au studio pour voir le dernier jour. Christopher est venu, il est allé dans un coin. A la fin, je l'ai appelé pour qu'il vienne nous rejoindre, mais il m'a répondu : ''Non, non, il y a assez de bonnes guitares comme ça!'' Christopher m'a dit que je chantais comme James Dean quand je chantais en anglais. Comme je ne savais pas comment chantait James Dean (rires), j'ai compris qu'il parlait en fait d'une attitude. J'ai trouvé que c'était un bon compliment, c'est pour ça que je l'ai remercié dans les crédits.


​Certains de tes morceaux nous emmènent ailleurs. L'introduction de 'You Are Killing My Love' pourrait nous évoquer Yes avant de bifurquer vers un blues plus sombre. 'Trouble No More' de Muddy Waters se fait assez lugubre par ses boucles de guitare. Même dans l'exercice de l'album de blues, tu es capable de surprendre, est-ce voulu?

C'est le moment qui fait ça. Je connaissais 'You Are Killing My Love' d'Otis Rush. Le son est rough, un peu dur. Je l'ai vue plus cool et j'ai demandé à John de faire un truc au Wurlitzer. Le batteur a pris un chemin différent, alors que pour moi la guitare devait jouer un rôle primordial. J'ai baissé ma guitare parce que ça me gênait. Ca a donné ce truc sobre avec plein de silences. 'Trouble No More' c'est différent. Quand je suis rentré dans le studio, j'ai vu Robben qui essayait quelque chose sur sa guitare. Je l'ai regardé parce que ça avait l'air intéressant. Il m'a alors demandé si je connaissais 'Trouble No More'. Je lui ai répondu que je connaissais la version de ​Muddy Waters et celle des ​Allman Brothers, que j'aime beaucoup. Il me demande ensuite si je connais cette version obscure de Greg Oldman et me le joue à la manière dont nous l'avons enregistrée.​​ Je lui ai dit que comme c'était lui qui avait ce morceau en tête, c'était à lui de diriger la session.





​A l'inverse, quand tu joues 'I Can't Hold Out' d'Eric Clapton, ne penses-tu pas être dans l'évidence?

C'est un morceau d'Elmore James au départ! La version d' Eric Clapton est très cool, très relax. Avec un groupe que j'avais dans les années 70 ​Backstage, j'avais déjà fait une reprise assez proche de l'originale. Et là je suis parti sur quelque chose de plus relax, entre JJ Cale et Creedence Clearwater Revival. L'album est relax, il n'est jamais agressif, écoutez-le!​


Dans notre dernière interview, tu te demandais si un jour tu serais surpris par un jeu de mots sympa sur ton patronyme. Est-ce que quelqu'un et pourquoi pas des artistes américains que tu as rencontré ont pu te surprendre sur Paul Personne?

Non. En tout cas, eux n'ont pas essayé de faire des vannes dessus. Pas de Mister Nobody (rires).


​Nous nous étions vu en septembre 2014 pour Puzzle 14. Doit-on se donner rendez-vous en septembre 2018?

Même 2017 peut-être.


Tu as déjà des idées?

Maintenant oui. C'est perturbant. J'ai déjà d'autres idées. Un big band, en solo, un album de jazz, quoique un album de jazz venant de moi serait bizarre (rires). Je dois d'abord parler de celui qui sort maintenant, je dois en faire la promo, je ne peux pas me consacrer à autre chose. Je ne sais pas ce qui va se passer. Faire venir les autres musiciens serait trop cher, mais pourquoi pas faire un Olympia ou une mini-tournée? Mais ce qui va arriver avec ça aucune idée!





​Merci beaucoup!

Merci à vous!


Plus d'informations sur http://paulpersonne.com/index.php
 
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