MW / Accueil / Articles
A PROPOS DE:

SKYE AND ROSS (06 SEPTEMBRE 2016)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK

Les ex-Morcheeba, Skye Edwards et Ross Godfrey étaient de passage à Paris pour présenter leur nouveau projet que Music Waves souhaitait vous faire découvrir...
STRUCK - 21.11.2016 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)

... journée promo trop dense, interviewer sans empathie qui pose des questions à côté de la plaque ou tout simplement la grosse tête des artistes ? Toujours est-il que tel le kayakiste qui descend des eaux vives, nous avons dû sortir les rames pour une interview à contre-courant...


Question traditionnelle de Music Waves pour commencer cette interview, quelle est la question qu'on vous a trop souvent posée ?


Ross Godfrey : En tant que musicien, quels sont les musiques ou les groupes qui vous ont influencés et ceux dont vous êtes fan.


J'ai lu que Ross avais été marqué par l’intensité d’un groupe que vous avez vu en 2014. Pouvons-nous connaitre le nom de ce groupe qui constitue le point de départ du projet ?


Skye : Gary Clark Jr

Ross : il s’agit de Gary Clark Jr que nous avons vu en concert à Perth en Australie. Il y avait tellement d’énergie sur scène et dans le public. C’est ce que nous recherchions à ressentir. Il a une voix très mélodieuse et sa musique est entrainante avec des guitares très rock, funk et une rythmique entrainante. Voir ce que le public pouvait percevoir de ce style d’ambiance a été pour nous un révélateur pour s’inscrire dans un projet plus rock.

Les chansons de "Skye and Ross" adoptent cette intensité plus "heavy" et d’ailleurs, lorsque nous avons commencé à jouer les morceaux en live il y a 3 ou 4 mois, le public était assez réceptif et enthousiaste. Nous avons eu de bons retours sur cette orientation musicale. Sur certaines chansons nous avons essayé de capturer l’énergie du live pour la retranscrire en studio notamment sur la chanson 'How To Fly'.





A l’écoute de cette chanson on ressent une influence Pink Floyd, qu’en penses-tu ?

Ross : Pink Floyd, vraiment ?


Oui  notamment dans la guitare...

Ross : Je ne pense pas tout à fait, je dirai plutôt que nous avons comme influence un mix entre Scott Walker et Steppenwolf.


Steppenwolf mais c'est plutôt un groupe de hard ?

Ross : Oui, nous écoutons beaucoup de musiques de styles différents y compris celles qui ne sont pas dans notre ADN. Nous sommes considérés comme un groupe de trip hop ce qui ne veut pas dire que nous écoutons uniquement Portishead ou Massive Attack.


A ce sujet, n'est-il pas décevant d'être catalogué comme un groupe de trip-hop alors que vous êtes plus que ça, c'est d'ailleurs le constat que l'on peut faire à l'écoute de ce nouvel album où on a le sentiment que vous êtes moins restreints ?

Ross : C'est vrai que c'est navrant d'être restreint à ce genre dans trip hop, c'est plus riche que ça, c’est un éventail assez large de styles pouvant aller de Portishead à John Barry. C'est dommage d'arriver à cette conclusion que le trip pop est simplement une musique relaxante ou tranquille. C’est pour cette raison que dans cet album nous avons voulu faire les choses naturellement en repoussant nos limites et le public nous encourage dans cette voie et trouve ça plutôt cool.


Nous avons perçu une influence floydienne sur cet album mais également un rapprochement pourrait être fait avec le travail d’Archive, qu'en pensez-vous ?


Ross : Je crois qu'il n'y a pas de raison de nous comparer à Archive, je les connais. Je dirai que l'approche de la composition de l’album est dans une veine plus rock, dans la lignée d’un Jimmy Hendrix Experience. Je mesure également l’importance des Pink Floyd qui est une référence avec laquelle souvent les groupes sont comparés mais en réalité, j’ai assez peu écouté pour m'en rendre compte.


Mais on ressent que le travail que vous proposez en mêlant trip hop et rock, sans aller jusqu'à la comparaison, un parallèle pourrait être fait avec Archive même si vous bien sûr vous avez commencé avant eux.

Ross : Je ne crois pas que ce soit un bon parallèle à vrai dire !

Skye : (Rires) !





Le premier titre de l'album, 'Repair To Saviour' avance masqué avec son introduction façon opéra, est ce que vous serez capable de faire un opéra rock ou un concept album ?

Ross : Je vois où vous voulez en venir mais je dois vous répondre non. Nous n’avons pas envie de nous lancer dans ce genre de composition qui ne serait pas naturel pour nous. Écrire ce genre d’album nécessite de créer une histoire avec bien entendu des paroles collant au thème fil rouge, alors que nous sommes plus spontanés dans notre méthode de travail où nous avons juste envie de nous amuser.


'Light Of Gold' démontre votre talent créatif pour toucher un large public, une chanson pop avec un refrain efficace, une orchestration incroyable avec un bon solo de guitare. Lorsque vous composez une chanson, sentez-vous l'or que vous avez dans les mains et que ce sera un potentiel single ?


Skye : (Rires) Pas vraiment en réalité. Nous ne pensons pas à ça lorsque nous écrivons. Le potentiel succès d’un titre provient de la réaction du public. Au cours de l’élaboration de "Skye and Ross" nous avons eu l’occasion de jouer plusieurs titres en acoustique et lorsque j'ai commencé à chanter le refrain, le public l’a repris en cœur, mon sentiment a été "Oh My God !" nous tenons là un super titre. Ce sont les gens qui font qu'un titre est un hit et nous ne pouvons pas affirmer dès l’enregistrement que cette chanson sera un tube.


Cette chanson est un super titre, c'est une chanson qui a le potentiel pour être un single ?

Ross : Lorsque nous avons commencé à enregistrer nous ignorions qu’il allait rencontrer cette réaction positive. Nous sommes spontanés dans notre processus de composition et ne cherchons pas forcément à écrire un potentiel hit.


Comme pour le dernier album de Garbage, avez-vous le sentiment de vous réinventer dans ce projet sans pour autant changer radicalement ?


Ross : Oui, la musique évolue au fil des rencontres que nous faisons et en fonction de ce que nous écoutons sans en être foncièrement conscients. En fait, notre travail ne reste pas figé sur un style. Le but de cet album est de se réinventer tout en tout en gardant nos fondamentaux, pousser plus loin l’expérience sans rechercher à être forcément original, faire de la bonne musique et avoir du plaisir comme nous l'avons évoqué au début de l'interview.


Par exemple, les atmosphères indiennes 'Feet First' rappellent 'Diggin A Watery Grave' de l'album "Big Calm", et 'Mandala' qui surprend par sa guitare bluesy qui entraîne vers un autre horizon, donnent l’impression que vous êtes imprévisibles, est-ce le but qui était recherché ?

Ross : Oui, sur 'Diging' d’ailleurs je ne joue pas très bien de la guitare mais au final ce n'est pas une mauvaise chanson. Notre souhait n’est pas d’être absolument imprévisibles ou insaisissables, ce n'est pas notre intention première. Lorsque nous composons, les mélodies nous viennent naturellement. C'est une démarche par laquelle nous captons l'air sur lequel nous nous laissons porter sans vouloir être obligatoirement déroutant et original. Ce n’est pas un de nos critères d’écriture.






Nous avons évoqué "Big Calm" (Ndlr : Le deuxième album de Morcheeba sorti en 1998), votre frère Paul a dit à propos de "Blood Like Lemonade" était : "l'album que nous aurions dû faire après mais nous avons dû parcourir d'autres domaines pour revenir à notre nature". Pouvons-nous dire que "Skye Ross" est l'album que Morcheeba aurait dû faire après "Blood Like Lemonade" mais que vous avez encore du voyage à faire ?


Ross ; Oui peut être, je pense que la première chanson du projet sonne comme une chanson de "Blood Like Lemonade" et ainsi être dans la continuité.


Sur un autre point, pensez-vous que vous avez besoin de cette liberté, de l’oxygène d'un projet solo pour trouver la fraîcheur que l'on peut entendre dans "Skye and Ross" ?


Ross : C'est exact. Nous avons besoin d'évoluer, de trouver une autre voie. En tant que musicien, vous êtes souvent à la recherche d'une nouvelle inspiration qui nous encourage à continuer à jouer ensemble surtout en concert, c'est ce que nous aimons principalement. Vous savez, nous passons beaucoup de temps en studio pour écrire et enregistrer l'album, mais le but ultime reste le fait de pouvoir jouer les titres en live où nous prenons du plaisir à partager notre musique et à ressentir la réaction du public. Il m'arrive souvent de penser à enregistrer un album live.


Pourquoi n'avez-vous pas fait ce genre d'album juste avant ?

Ross : J'ai eu 2 fils, c'est une bonne raison tu ne trouves pas ?


Beaucoup de titres de ce nouvel album (comme ‘Hold On’) contiennent des atmosphères quasi cinématiques ? Comment travaillez-vous en studio, avez-vous une approche cinématique lorsque vous écrivez ?

Ross : Qu’en penses-tu ?

Skye : Pas vraiment, lorsque nous nous lançons dans le processus de composition d'un titre, la première chose que nous essayons de trouver et qui nous vient à l’esprit est la mélodie. Nous l’enregistrons, l’écoutons et la répétons ensuite et lorsque celle-ci convient, nous écrivons et ajoutons les textes. C'est la rencontre entre les deux qui donne le sens de la chanson pour que les images viennent en tête par exemple sur ‘Hold On’ qui parle de ma fille ou sur ‘Light Of Gold’.


Morcheeba est une affaire de famille composé de 2 frères, à Little Mountain, Ross tu travailles avec ta femme, Amanda Zamolo. Il semble que vous avez dupliqué cette façon de travailler sur ce projet : Amanda s'occupe des voix additionnelles, le mari de Skye joue de la guitare, son fils Jeaga est à la batterie et aussi Richard Milner aux claviers qui a déjà joué avec Skye ces 5 dernières années. Est-ce que la famille est un refuge idéal pour faire de la bonne musique ?

Ross : Nous n'imaginions pas à quel point ce sont d'excellent musiciens (Rires) mais c'est quelque chose de pratique car ils sont proches et lorsqu'on a besoin d'eux on les appelle. Plus sérieusement comme nous enregistrons dans un home studio c’est vraiment une solution facile, en plus ce sont vraiment des soutiens précieux pour nous deux.


Leur avez-vous expliqué ce que vous souhaitiez faire sur ce projet, la musique vient du cœur et ils vous connaissent parfaitement, quel est votre objectif ?

Ross : Comme tu l'indiques du fait de la proximité, ils connaissent parfaitement nos envies et nos humeurs et nous n’avons pas eu besoin de leur donner des indications, juste quelques orientations.


Sans transition, ne craignez-vous pas que certains fans soient déçus de cet album sachant que Morcheeba est le fer de lance du mouvement trip hop ?

Ross : Sincèrement non car sur ce projet, quelques titres ressemblent à du vieux Morcheeba où nous avons toujours cherché à pousser nos limites en incluant des éléments comme du reggae, du country, du blues ... C'est ce que nous avons toujours essayé de faire dans notre démarche, nous ouvrir vers d'autres horizons. Sur ce projet, nous avons voulu pousser l’expérience encore plus loin avec un son plus rock.


Qu'attendez-vous de cet album ?

Ross : Qu’il soit écouté par un maximum de monde et rencontre du succès, c'est une base pour faire un second album, nous y pensons déjà d'ailleurs.


La question qui se pose naturellement est quel est le devenir de Morcheeba ?


En chœur :  Morcheeba est mort définitivement.


Vous perpétuez alors l'héritage de Morcheeba ?

Skye : C'est un projet différent avec d'autres influences multiples qui prend tout son sens et son originalité en live. Bien sûr, nous continuerons à jouer des anciens titres de Morcheeba sur scène, nous ne pouvons pas renier ce que nous avons été.





Quel est votre meilleur souvenir en tant qu'artiste ?

Skye : Je crois que c'était à un festival en Hongrie, la foule était très réceptive malgré la pluie et le temps très nuageux avec les lumières qui se reflétaient sous les gouttes. C’était un concert assez spécial avec un excellent feeling.


Et au contraire le pire ?


Ross : Il y a 2 jours, en Suisse, nous n'avons pas pu avoir tout notre matériel pour jouer et du coup nous avons été frustrés de ne pas pouvoir jouer. 


Mais avec cet album vous auriez pu offrir un concert acoustique ?


Ross : Oui absolument, une grande majorité des titres ont d’ailleurs été composés sous ce format puis ils ont été complétés ultérieurement.


On a commencé cet interview par la question qui vous a été posée trop souvent, maintenant nous allons finir sur la question que vous aimeriez que nous vous posons ?

Ross : Voulez-vous du vin (Rires) ?


Merci à Adrianstork pour sa contribution et Calgepo pour la retranscription...



Plus d'informations sur http://www.skyeross.uk/
 
(0) COMMENTAIRE(S)
Vous pouvez ici réagir au sujet de l'article, ajouter quelques anecdotes, quelques connaissances ou tout simplement raconter votre vie...
 
Aucun commentaire. Soyez le premier à donner votre avis sur ce article
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 8795
  • 8796
  • 8797
Haut de page
EN RELATION AVEC SKYE AND ROSS
AUTRES ARTICLES
ARTICLE PRECEDENT
TAX THE HEAT + EUROPE - L'OLYMPIA - 15 NOVEMBRE 2016
EUROPE plus de 30 ans de carrière mais une énergie et un plaisir toujours là !
 
ARTICLE SUIVANT
TAX THE HEAT + EUROPE - L'OLYMPIA - 15 NOVEMBRE 2016
EUROPE plus de 30 ans de carrière mais une énergie et un plaisir toujours là !

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2020