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TITRE:

LOST OPERA (10 NOVEMBRE 2016)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL MELODIQUE



5 ans après la sortie du remarqué "Alchemy of Quintessence", Lost Opera revient avec son deuxième album "Hidden Sides", l'occasion pour Music Waves de faire le point avec le groupe...
STRUCK - 08.12.2016 -
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Sven : Je crois faire une indigestion aux questions sur les meilleurs et pires souvenirs de scène…je me suis trop exprimé à ce sujet.

Julien : Les questions sur le concept de l'album ; j'ai beaucoup travaillé dessus et la question me revient dans tous les cas. J'aime en parler cela dit.


Fondé en 2007, deux démos, "Hidden Sides" est le deuxième album de Lost Opera. Comment expliquer le délai de 4 à 5 ans entre chaque album finalement ?


Sven : Il y a eu un gros changement de line-up entre "Alchemy of Quintessence" et "Hidden Sides". De plus, il fallait retravailler les compositions du groupe pour ne pas retomber dans un schéma déjà existant avec "Alchemy of Quintessence". C’est ce qui a failli se produire au tout début. Nous avons tâtonné pour savoir sur quel univers nous travaillerons, comment nous aborderons les nouvelles compositions, etc. etc. Il y a également eu mon intégration au groupe, j’ai dû travailler les compositions déjà existantes, j’ai découvert les nouvelles compositions de "Hidden Sides" pendant mon intégration. De ce fait, entre les concerts, nos vies chacun de notre côté, le changement de line-up, le travail a été long et c’est non sans mal que nous sommes arrivés à créer "Hidden Sides".





Vous avez été gagnant du MS Award du Meilleur groupe Francophone 2013 et apparemment, vous auriez dû enchainer l’écriture du deuxième album à ce moment que s’est-il passé ?

Sven : L’écriture d’"Hidden Sides" était déjà en cours à ce moment-là, c’est d’ailleurs avec un morceau démo ('Rage') présent sur l’album que nous avons gagné l’Award.


De "Alchemy of Quintessence", il ne reste que Julien et Stéphane, ces changements de line-up expliquent-ils ces contretemps ?


Sven : À vrai dire, il ne reste plus que Julien à ce jour. Stéphane à décider de partir pour des raisons qui lui sont propres. Et ça rejoint la première question, oui, les changements de line-up ont, en partie, contribué au retard sur la réalisation de ce nouvel album.

Julien : À vrai dire je suis entré dans le groupe juste après la sortie de "Alchemy of Quintessence". Et la recherche de nouveaux musiciens répondant aux attentes du groupe a été longue et compliquée.


Est-ce qu’à l’ère d’Internet où tout va vite, ce délai n’est pas un handicap pour un groupe qu’on qualifiera d'"en développement" finalement ?

Sven : Pas du tout, au contraire. Justement, c’est un outil qui nous aide beaucoup au final ; nous arrivons à nous faire pas mal connaître grâce à ça. Et c’est tout bonnement ce que l’on souhaite. Évidemment, comme pas mal de groupes du même niveau que nous, il reste beaucoup de points à améliorer. Nous travaillons dessus, et beaucoup de gens sur internet ont un sens critique relativement fiable, ce qui nous permet de nous accorder en fonction des demandes, de nos défauts mais également de nos qualités.

Julien : Pour moi, la pression du temps est présente depuis longtemps dans le milieu de la musique ; la comparaison avec des groupes comme In Flames qui sortent un album tous les 1-2 ans s'impose forcément, et 5 ans pour sortir un album, ça soulève des questions. En revanche, nous réfléchissons beaucoup à des moyens de partager avec nos fans toutes sortes de créations via internet, en particulier Youtube. Travail en cours !


Aujourd’hui, peut-on dire que Lost Opera a trouvé son line-up définitif ?

Sven : Non. Dans le sens où il nous manque toujours quelqu’un pour assurer les claviers, nous ne pouvons pas estimer que nous avons un line-up définitif. En revanche, si l’on parle de cohésion musicale au sein du groupe et d’osmose, alors, oui nous sommes le line-up définitif à Lost Opera.

Julien : Loic, Raph, Sven et moi, sommes sûrs à 99,99% de rester ensemble. (Jusqu'à la fin des temps !)


Peut-on considérer dans ces conditions que "Hidden Sides" est le véritable point de départ du groupe ?


Sven : Oui et non, c’est toujours pareil. "Alchemy Of Quintessence" eu été un bon coup de pouce par le passé, et le groupe existait déjà dans la lumière de cet album. "Hidden Sides" ne fait qu’appuyer un peu plus l’univers du groupe et de ceux qui le compose aujourd’hui. Mais c’est un produit qui est réellement abouti si l’on compare au premier opus, qui nous permet de nous vendre beaucoup mieux. Le véritable point de départ de Lost Opera restera toujours "Alchemy of Quintessence", quoi qu’on en dise.

Julien : Sans mentir, je pensais que ça allait être le cas. Mais j'ai vite constaté que le troisième album et / ou le quatrième, sont si ambitieux que je risquerais de me dire la même chose dans 3 ans. Une grosse marche a été franchie entre "Alchemy of Quintessence" et "Hidden Sides", simplement.


Vous sentez-vous proche de groupes comme Amorphis ou DGM voire Adagio, cités dans notre chronique?

Sven : Aucune idée, ce ne sont pas des groupes que j’écoute. Après, sans doute, le ressenti est différent à chacun. Sur certaines chroniques on a pu lire qu’on était comparé à Kamelot, Epica, In Flames, bien évidemment tout en nuances et à prendre avec un degré de comparaison raisonnable. Mais ça fait toujours plaisir.


Comment travaillez-vous les orchestrations?

Sven : C’est Loïc qui travaille le plus les orchestrations. Il dispose d’un sens relativement aigu des choses quand il s’agit de composition orchestrale. On pense que c’est sa passion pour la musique de film, et ses compositeurs, qui l’emmènent à prendre des décisions assez cruciales pour ce qui est de ce type de composition.

Julien : Je travaille activement à la composition, et des titres comme 'So Wrong', 'My Silent Hill' ou 'Follow The Signs' sont de moi, mais Loic a apporté les orchestrations au sein de ces morceaux. C'est quelque chose que je ne ferai jamais aussi bien que lui; à noter qu'il est responsable d'une bonne moitié de la composition de l'album.


Le point de départ est-il plutôt les riffs de guitare ou les mélodies vocales?

Julien : La nature du point de départ est très aléatoire. Loic a démarré des compos entières avec un mémo vocal enregistré aux chiottes de son taff, parfois c'est un riff de guitare et le jour d'après il passe au chant. J'ai parfois composé sur une ligne de batterie, ou même un sample de clavier électro.

Sven : C’est un tout. Si nous avons une idée, nous la notons sur une partition avec batterie, guitare et simulation de chant, pour entendre ce que ça peut donner. C’est déjà arrivé que je me pointe avec plusieurs riffs de guitare qui sont susceptibles d’être sur un prochain album. À suivre…





Pourquoi introduire des chants death ou black? Pour faire moderne ou y a t-il une raison artistique?

Sven : Ce n’est pas moderne du tout, c’est la modernité qui veut que le black et le death le soient. On parlerait de modernité si l’on posait du math, djent ou autres conneries, mais ce n’est pas le cas et ce n’est pas la direction voulue. J’imagine que c’est une question d’envie plutôt qu’une question artistique. Le mélange prend bien dedans, on aime tous ces incorporations, et puis c’était une base du premier album que l’on veut garder car elle est propre à l’entité de Lost Opera.

Julien : Le djent et le math ne sont pas une connerie. On en reparle en privé avec des menottes Sven ? Sérieusement, je pense que c'est quelque chose qu'on aime tous au sein du groupe, et qu'on aime incorporer aux compositions. Il y a eu de l'évolution cela dit, "Alchemy of Quintessence" était rempli à plus de 50% de chants death/ black, contre environ 33% dans "Hidden Sides".


Est-ce que toutes les voix sont assurées par Loïc?

Sven : Oui tout à fait, ce n’est pas une légende, nous attestons !

Julien : 'The Lonely Owl' et 'The Weigth of the Cross' ont eu l'apport de chœurs réels, et j'ai chanté la moitié de 'My Silent Hill'. Cela mis à part, tous les types de cris et de chants, même les lyriques, sortent de la gorge de notre chanteur adoré.


De quoi parlent vos chansons? Y a t-l un concept?

Julien : Chaque musique aborde un des maux de la vie; amour perdu, amour perverti, phobie sociale, prise de tête perpétuelle, terreurs nocturnes... etc. La cover de l'album représente un monde détruit, celui de l'arrière de l'album où l'on voit un lieu vert plein de vie. Le protagoniste central a une vision noire et morbide de ce qui l'entoure, une vision née de ses expériences destructrices. Le discours de "Hidden Sides" a une grosse teinte anti-sociétale, en particulier sur ce que cette société commet en nous et en notre sensibilité. Néanmoins, le dernier titre de l'album est une invitation à lever le menton et à se battre, à trouver la force en soi ainsi que l'enseignement, pour changer ce monde intérieur détruit qu'est le nôtre.


A votre avis est-ce qu'il y a une place et un public pour ce genre de metal en France?

Sven : Bien évidemment… Tout le monde trouve chaussure à son pied, après nous ne sommes pas forcement la came de tout le monde et l’on assume cela. Et heureusement d’ailleurs, on se ferait chier si l’on plaisait à tous, si tout le monde adorait notre style. Il n’y aurait pas de challenge, et rien ne serait plus inutile.

Julien : Il y en a un, cela dit nous n'essayons pas d'être fidèle à un genre de metal; peut-être n'est-ce pas encore très évident avec "Hidden Sides", mais nous composons ce qui nous plait, avec une multitude d'influences sortant souvent du metal. Personnellement j'aime beaucoup la démarche de Shaka Ponk, qui n'a pas d'étiquette précise pour la simple raison que les 6 musiciens font ce qui leur plait, et ratissent un éventail de styles et d'influences larges. Selon moi ça devrait être la démarche de la majorité des groupes.


Selon vous, quelle est votre évolution musicale depuis "Alchemy Of Quintescence" sorti il y a déjà 5 ans?

Sven : D’une part en termes de composition, c’est une partie importante de notre évolution que nous ne pouvons nier. Ensuite vient sans doute le niveau de jeu et/ou la cohésion générale. Une équipe plus jeune, plus dispo, plus moderne, plus dynamique.


Avez-vous pu évoluer musicalement grâce à la scène pendant toutes ces années?

Sven : Pour ma part c’est le studio qui m’a fait évoluer, et notre remarquable ingénieur du son multifonction, qui sont à la base d’une réelle évolution de mon côté. La scène permet non seulement de nous faire évoluer sur notre jeu d’instrument, en partie, mais contribue surtout à faire évoluer en tant qu’humain. J’suis super timide de base, avant de rentrer dans ce groupe de taré, jamais tu m’aurais vu comme je suis sur scène.

Julien : La scène te heurte à certaines réalités que tu n'imagines pas en répétitions avec des pauses entre chaque morceau de 5 à 10 minutes, ou chez toi quand tu testes une descente de toms 10 fois de suite. Tu te rends compte que tu n'es pas forcément assez en forme pour jouer une heure sans mourir de fatigue, que tes breaks foirés ne peuvent pas être retentés une seule fois, et que l'atmosphère de la scène appelle une autre approche du jeu. Oui, définitivement, ça fait évoluer ton jeu.


Le fait de travailler avec Dooweet vous donne-t-il des ambitions plus grandes?


Julien : Je pense plutôt que ce sont nos ambitions qui nous ont fait rencontrer Dooweet. Cela dit, ce qui en découle attise notre feu et nous laisse imaginer des plans plus gros encore pour la suite.


Quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Sven : Je ne vais pas parler concert parce que c’est chiant, c’est redondant, tout le monde sait désormais que j’aime chaque concert et que j’aime jouer sous acide. Par contre, ce qui me donne de la joie au quotidien en temps qu’ "artiste" c’est de faire une rétrospection sur mes précédents groupes. De les voir, d’écouter ce qu’on faisait, c’est hilarant et ils sont tous relativement contents pour moi aujourd’hui. Ces groupes que j’ai pu avoir en tant que musicien c’est du pur souvenir car c’est le fondement même de ce que je suis aujourd’hui.

Julien : J'ai un souvenir précis, c'est le pire et le meilleur, tout en un. J'ai joué avec mon premier groupe devant près de 300 personnes, en ouverture d'un festival. On était à chier. Mais quand je dis à chier, c'était vraiment quelque chose. Personne ne s'écoutait, ça chantait le refrain pendant le couplet, les retours son étaient catastrophiques... Et au bout de 3 minutes de pure dépression, j'ai levé la tête et aperçu devant la scène une quinzaine de mecs (probablement bourrés) qui sautaient à l'unisson sur les coups de ma grosse caisse. C'était inespéré, et j'ai fait les 25 minutes suivantes avec un sourire disproportionné. C'était ma première vraie date, et j'ai appris ce qui me grise aujourd'hui sur scène : envoyer de l'énergie, et sentir le public bouger sur le rythme.





Au contraire le pire ?

Sven : De mémoire d’emblée, si l’on parle d’artiste ce doit être mon premier entretien avec Lost Opera. La première c’était un vrai carnage…

Julien : Le second et dernier concert de mon fameux premier groupe. C'était la même chose sans l'engouement du public. Douloureux.


Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?


Julien : Sven est-il réellement un homme.


Un dernier mot aux lecteurs de Music Waves qui vous suit depuis vos débuts ?

Julien : Continuez de nous suivre, car on a des idées... expérimentales pour la suite. Merci à vous, on vous aime tous autant que vous êtes. Et venez discuter avec nous sur nos réseaux et / ou en vrai, on adore ça.


Merci à Ocerian pour sa contribution...



Plus d'informations sur http://www.lostopera.com
 
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