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TITRE:

BORN TO BURN (12 DECEMBRE 2016)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HARDCORE



Auteurs d'un disque varié et explosif, gagnants du concours de l’Énorme TV... il n'en fallait pas plus pour que Music Waves s'intéresse à Born to Burn,qui place des revendications bien de notre temps au cœur de sa musique !
STRUCK - 16.01.2017 -
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Un p'tit shooter ?


Vous vivez une sorte de conte de fées depuis vos débuts il y a 3 ans, votre ascension est même fulgurante car avec une démo et des dates vous avez réussi à vous faire un nom rapidement, vous l’expliquez comment ? La force médiatique d’internet vous a aidé je suppose ?


On est loin du conte de fées car une vie de groupe c'est une succession de hauts et bas. Il faut juste savoir y faire face intelligemment pour perdurer. Comme on nous l'a conseillé il ne s'agit pas de s'ouvrir des portes mais de les défoncer pour se créer des opportunités : on prend ça au pied de la lettre.
On fait du neuf avec du vieux et surtout beaucoup d'influences différentes ce qui permet de toucher à différents courants et donc un public plus large dans la communauté fermée du metal.
Le net est un outil de com merveilleux et bon marché, principalement Facebook Nous sommes des enfants d'une époque où pour se faire connaître, il fallait surtout se démerder, tout donner en com et aller vers les gens. Internet est un plus, c'est sûr, mais c'est avant tout notre motivation et notre acharnement qui a participé à cela.


C'est très difficile pour les petits comme nous de se faire une place, mais on persévère !


Mais au-delà du net j’ai le sentiment que vous avez aussi travaillé à l’ancienne, par les fanzines, le bouche-à-oreille et un travail acharné, un peu comme on faisait pour percer dans les années 80 et 90 ? Vous vous reconnaissez dans ce travail d’artisan ?

Voilà exactement, le terme « artisan » est parfait. Comme on l'expliquait au-dessus c'est notre boulot qui se retrouve récompensé en quelque sorte. On a une petite fanbase bien sympa et fidèle qui nous fait une super pub en relayant nos infos. De notre côté c'est beaucoup de temps, de recherches, de mails... Tout cela pour pouvoir se faire un nom dans cette immensité de groupes talentueux. C'est très difficile pour les petits comme nous de se faire une place, mais on persévère !


À présent vous êtes face à une nouvelle étape, l’artisanat est derrière vous et grâce à l’Énorme TV vous avez franchi un gros cap, comment avez-vous l’envie et l’idée de participer à ce concours ? Le côté sincère de la démarche de ce média a dû vous y encourager ?

C'est surtout pour la visibilité et le fait de rassembler les gens qui nous a encouragés à participer à ce concours. Maintenant ils assurent vraiment la promo de notre album et ça ce n'est pas négligeable en effet


A présent vient le temps du premier album, bosser avec Dooweet doit être un bel aboutissement et la promesse d’un travail soigné puisque cette structure a le vent en poupe et est réputée pour bien travailler ses formations ?

Avant même de parler d'un constat du travail accompli ensemble car nous sommes en plein dedans, Dooweet nous a surtout plu pour sa sincérité. La qualité de la communication est exceptionnelle, ils sont vraiment à notre écoute et disponibles. Et ça, c'est plutôt rare de nos jours.


Niveau concerts vous avez aussi labouré le terrain et joué avec des formations très variées, j’ai regardé : vous passez de Aqme à Dagoba en passant par Bukowski ou Klone et Deep In Hate, cela permet de toucher des publics variés et se faire connaitre, mais tous ces publics se sont-ils toujours retrouvés dans votre musique ? Car vous proposez un cocktail assez explosif avec une base hardcore avec une facette metal teintée de sludge et de crossover thrash, un peu comme un croisement entre Sick of it all, Suicidal Tendencies et Eyehategod. Vous vous reconnaissez dans ce mélange d’influences diverses mais qui ont en commun le goût de la puissance brute de décoffrage ?


Justement quelle opportunité pour nous de déjà pouvoir fouler la même scène que des groupes comme ceux cités ! L'avantage de Born to Burn c'est qu'effectivement nous avons une fibre hardcore dans notre son, mais l'ouverture musicale que nous apportons à chaque morceau reste une découverte pour beaucoup, et est pour cela très accessible pour tous les publics.

Le groupe s'est construit autour d'une influence commune qui est le Sepultura des années 90'. Autour de se base nous avons apporté les influences de chacun : heavy, hardcore, indus, fusion, punk, rock...

Les maîtres-mots du groupe sont "simplicité et efficacité"


Nous sommes dans une dynamique revendicatrice, et souhaitons profiter de notre musique pour faire passer notre écœurement et notre indignation.



'Welcome to Reality', ce titre est un sacré coup de poing, un véritable message sans équivoque sur l’état actuel de notre société, disons même de notre civilisation qui semble parfois s’écrouler, il faut voir ce titre comme un avertissement ou plus fortement comme un constat d’échec et de chute pour les valeurs que nous avions et que nous laissons s’envoler par peur, bêtise ou fainéantise ?

En effet le message de l'album est clair. Nous sommes dans une dynamique revendicatrice, et souhaitons profiter de notre musique pour faire passer notre écœurement et notre indignation. C'est un constat du résultat de la bêtise humaine. On a l'impression qu'on a mis le feu à notre propre maison, qu'on se plaint de la voir brûler, mais qu'au lieu de balancer des seaux de flotte pour l'éteindre, on envoie des bûches.

On pourrait donner des centaines d'exemples, mais pour faire simple le monde est dominé par des ordures qui n'hésitent pas à tuer, détruire, s'approprier, asservir les peuples et la planète à leurs seules fins économiques... On leur chie dessus, abondamment !

Les paroles de nos prochains titres seront certainement beaucoup plus engagées. Certaines compos de l'album ont été réalisés avant de prendre cette direction revendicatrice.


Force est de constater que l'Homme ne s'arrêtera devant rien.


La pochette de l’album renvoie fortement à celle du premier album de Downset sorti en 1994 et qui faisait le même constat cruel. Pourtant 22 ans après rien n’a changé, sommes-nous condamnés à être si stupides en portant au pouvoir populisme et libéralisme sauvage ?

Les libertés s'effacent d'année en année, ceux qui ont du pouvoir en ont plus encore et le pognon qui va avec. Avant ils se cachaient pour faire leur magouilles maintenant même au grand jour ils ne craignent rien. Tant qu'ils continueront de tenir les ficelles rien ne changera.

Sans rentrer dans un débat où cette seule page ne suffirait pas, effectivement force est de constater que l'Homme ne s'arrêtera devant rien. Tel un rouleau compresseur, il extermine tout, jusqu'à sa propre espèce. Malheureusement les consciences ne semblent pas assez fortes et rassemblées pour changer cela. Nous voulions pour cette pochette représenter la seule chose pure qui ne soit pas contaminée par cette désolation : un enfant. Son hurlement représenté est en fait la violence rejetée d'un monde qu'il ne veut pas voir, d'où le sang sur son bandeau.


Je reviens à la musique et aux chansons, quand vous êtes énervés on le sent méchamment tant nos cervicales remuent bien. Que ça soit avec ‘Hammer’ ou ‘Seven’ vous balancez des petites bombes de hardcore qui font mal, ces titres sont taillés pour la scène, quand vous écrivez vous pensez au rendu live de vos chansons, ou cela est naturel ?

On aime composer des musiques avec des rythmes et des riffs énergiques qui donnent envient de se défouler un peu mais l'origine chaque titre est construit essentiellement dans une optique musicale.
C'est tout naturellement que notre mélange en termes de composition se fait. Nous avons cela dans le sang, et chacun a sa fibre artistique à déposer. Évidemment une projection scénique se fait lors de l'écriture, mais c'est un feeling qui nous fait dire que si nous aimons, les gens qui nous suivent aimeront.


Avec Ted vous disposez d’un hurleur de tout premier ordre, à l’aise aussi bien dans un registre hurlé impressionnant que dans un côté plus gras et vicieux, quand on évolue dans ce style si féroce disposer d’un chanteur aussi fort et varié doit être un atout précieux ? Car vraiment on sent qu’il vit pleinement et fortement ce qu’il chante !

Carrément, Ted cartonne sur les live, il impressionne continuellement le public et nos camarades de scène.
Nous sommes vraiment contents de l'évolution vocale de Ted. Tout le groupe l'a beaucoup accompagné et soutenu, en programmant par exemple des sessions d'écriture pour lui montrer que la partie chant parlait à tout le monde.
En sentant cet investissement de chacun, il a vite pris confiance. Avec l’enchaînement de dates, sa voix c'est posée et son jeu de scène c'est clairement affirmé.
Nous sommes une équipe, et Ted nous montre par son travail et sa volonté qu'il fait bien partie des cinq majeurs.


J’aime aussi donc votre capacité à mixer hardcore et thrash crossover, à cet effet ‘Pigs’ me rappelle un peu la force primitive d’un Soulfly, Cavalera dans les années 90 était avec Sepultura un des pionniers de la lutte du tiers monde contre le capital, vous vous retrouvez dans sa carrière et ses travaux ?

Comme on l'a mentionné plus haut, le roi Max est notre influence principale. Nous sommes bien sûr solidaires des implications, des revendications que lui et d'autres veulent faire passer par la musique et leurs actions. Nous pensons aussi beaucoup à RATM sur ce point, qui revient en force avec Prophets of Rage pour dénoncer les mêmes absurdités. Cette façon que nous avons de varier les styles sur nos morceaux rend de ce fait hommage à ces influences dont nous sommes fiers.

Enfin le trio final ‘Dark Walk’, ‘Loud’ et ‘Mars’ forme comme une trilogie, mais avec ce côté sombre et glauque proche en cela d’un sludge primitif et qui donc me rappelle Eyehategod et son côté un peu nihiliste. Finir ainsi c’est aussi dire qu’il y a peu d’espoir pour notre société et les hommes qui la composent et que notre destin est  de commettre encore et toujours les mêmes erreurs ?

C'est une très bonne analyse. La plupart des morceaux de Born to Burn ne sont pas super gaies, clairement. Mais plus on se dirige vers la fin de l'album, plus l'ambiance devient inquiétante. Nous suivons la logique de ce que nous ressentons : de la violence, du désespoir... L'album suit donc son cheminement pour se finir en effet dans une ambiance relativement lourde, le genre d'ambiance à la "The Wall", pour laquelle une simple écoute peut susciter des émotions réellement différentes sur chaque morceau, mais avec un vrai fil conducteur.


Qu’attendez-vous de cet album ?

Qu'il fasse parler de nous, qu'il nous porte, qu'il ouvre par lui-même les portes qu'on n'aura pas réussi à défoncer. Et bien entendu le partager avec un maximum de public, de groupes et surtout qu'il plaise !


Quelles sont les prochaines étapes pour le groupe ?


Nous sommes sur le booking de la prochaine saison 2017 des festivals et sur la continuité de notre tournée. C'est surtout l'heure de la composition qui va de nouveau se présenter pour nous.

Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?

Le bordel foutu par le public au festival Openmind lors de nos deux participations, ce n'était pas un public de metalleux mais ils ont été réceptifs et actifs du début à la fin de notre set, un grand moment de saleté ! Plus généralement l'embrassade de nous 5 sur scène après chaque show, bien trempés


Au contraire le pire ?

De ne pas conserver tout le public, magique, dans les loges pour un canon commun.


Quelle est la question que vous souhaiteriez qu’on vous pose ?

Les prochaines dates sont dans quel pays ?


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Un grand merci à toutes et tous. La lecture c'est ce qui nous fait vivre, continuez à soutenir la presse spécialisée, tout comme votre scène locale.

On vous attend nombreux en concert pour foutre la zone !!

Et maintenant arrêtez de lire et écoutez l'album (Rires) !!


Un grand merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.facebook.com/btoburn
 
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