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TITRE:

Eindhoven Metal Meeting - Première Journée - 16 Décembre 2016


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

BLACK METAL



Pour sa première journée le Eindhoven Metal Meeting a mis les petits plats dans les grands avec une affiche teintée black metal de qualité.
NOISE - 10.01.2017 -
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Fort d’une belle expérience en 2015, Music Waves est de retour aux Pays-Bas pour assister à la huitième édition de l’Eindhoven Metal Meeting. En matière de metal extrême dans toutes ses formes, le festival néerlandais ne cesse de monter en puissance : il affiche une nouvelle fois sold-out. Cette édition 2016 se déroule toujours sur deux jours, les 16 et 17 Décembre, et reçoit 36 formations dans le complexe Effenaar, toujours aussi agréable et parfaitement niché au cœur de la ville néerlandaise. Cette édition s’annonce aussi riche que ses devancières avec des espoirs, des découvertes et des noms confirmés. Elle fait une belle place au black metal avec la crème du genre mais accueille aussi des grands noms du thrash, du metal gothique et avec un peu de hardcore et de  heavy metal classique. Comme pour les éditions précédentes les groupes vont se chevaucher entre la grande salle, la ‘Large Stage’, et la plus petite, la ‘District 19 Stage’. Et comme en 2015, vos serviteurs vont alterner sans lassitude entre les deux salles pour couvrir tous les groupes. Dans la petite salle les hostilités débutent sur le coup de 16h20 et ce sont 9 formations qui vont se suivre dans cette salle à l’allure d’un petit club familial. Le respect des horaires est à noter, jamais un retard ne sera constaté pour notre bonheur. Cette journée va mettre à l’honneur toutes les composantes extrêmes.

Ce sont les Néerlandais de Burning Hatred qui lancent l’assaut. La salle se remplit doucement et le brutal death du groupe fait son effet. Entre Cannibal Corpse et Deicide,​ le groupe balance un son bien bourrin et old school qui ravit une assistance heureuse d’un tel coup de poing inaugural. Avec Toxic Waltz le thrash est à l’honneur. Les Allemands ont 7 ans de carrière et sont aller chercher un titre d’Exodus pour nommer leur groupe. Cela va donner 30 minutes de pure furie avec la voix criarde typique, la batterie mitraillette et des riffs et soli furieux. Proche de la nouvelle génération thrash crossover le groupe aura donné un excellent concert qui a ravi un public remplissant fortement la salle. Bleeding Gods enchaîne, ce groupe local œuvre dans un death teinté de thrash et il va nous coller une baffe. Sur une base furieuse il va nous entrainer dans un univers où la mélodie et de longues plages instrumentales se font de la place. Il se taille un joli succès et fait office de première belle découverte avec une puissance épique remarquable et en mêlant la force du thrash liée à la puissance vocale du death.

Le nom de Soulburn n’est pas inconnu, il a vu le jour en 1996 quand Asphyx avait fait un break et est revenu sur le devant de la scène en 2013 avec à sa tête deux anciens membres de la légende néerlandaise. Ce concert est très attendu des fans de death teinté de black et de doom. Et personne ne va être déçu, le son est énorme, la puissance musicale mixe un death écrasant avec la lourdeur du doom. Avec ‘In Suffocating Darkness’ ou le féroce ‘Crypts Of The Black', Soulburn va en impressionner plus d’un. Ce concert énorme aura été un grand moment et a mis la salle en ébullition. Après ce coup de tonnerre les amateurs de black se pressent pour l’arrivée d’Endstille. En 15 ans de carrière les Allemands ont montré leur amour pour un black cru et guerrier, dans la lignée de Marduk. La salle est pleine comme un œuf et nombreux sont ceux à devoir écouter le concert de l’extérieur. Et elle va trembler cette salle, Endstille va délivrer 40 minutes de black pur et dur, cru et sans concessions, comme une baffe intense dans le respect d’un black majestueux. Un titre comme ‘World Aflame’ ayant bien marqué les esprits. Ce concert aura été un autre grand moment de cette scène et a bien ouvert la voie pour la venue de Wederganger. La formation néerlandaise œuvre dans un black occulte et mystique avec un décor aux allures de messe noire. Il prend d'emblée le public à la gorge avec un black tout aussi cru et dur. Il se dégage une intensité énorme renforcée par des aspects épiques guerriers délectables et un chant criard impressionnant. Aussi maitrisée la brutalité est jouissive et aura glacé le sang de plus d’un. Cette jeune formation a déjà tout compris à l’art black metal et semble lancée vers un avenir radieux tant elle a rencontré ce soir un succès fort.

La trilogie black metal va s’achever avec l’arrivée d’Archgoat. Avec cette légende finlandaise qui a connu deux vies depuis sa création en 1989 nous entrons dans un black metal teinté de death dans l’esprit de Blasphemy. Et une fois encore la salle va être plongée dans un océan de brutalité sans concession. Au chant, Lord Angelslayer impressionne avec son ton brut et guttural  semblant tout droit sorti de l’enfer. Ces 40 minutes vont faire leur effet : de la batterie aux guitares, tout est bestial et féroce dans la pure noblesse du black metal. Après ces tornades nous approchons de la fin de la journée. Mais le rythme ne va pas ralentir avec Protector, vétéran fondé en 1986 le groupe a connu une longue période inactive pour mieux renaître en 2011. Et il va nous balancer un thrash intense, certes classique mais d’une rare efficacité avec un son énorme. La salle apprécie cette déferlante qui tabasse et le groupe semble ravi d’être là et va piocher dans sa longue carrière, allant rechercher un de ses premiers titres, ‘Protector Of Death’, qui tabasse et un tout aussi antique ‘Apocalyptic Revelations’ qui transforme la fosse en magma. En matière de thrash un peu crade et cru, Protector nous aura prouvé sa classe et laissé plus d’un spectateur K.O. Après cette tornade, ce sont les Français de Benighted qui ont l’honneur de finir la journée. Malheureusement la salle s’est un peu vidée, il est déjà tard et pas mal de gens sont partis ou sont allés voir Mayhem. Mais nos Français n’en ont cure et vont tout dévaster. Leur death teinté de grind est féroce et le public va s’en rendre compte rapidement. Après une intro qui a fait méchamment monter la sauce c’est l’explosion avec ‘Collection Of Dead Portraits’ et  ‘Experience Your Flesh’. L’intensité est énorme, au chant Julien est possédé et va chercher le public avec hargne. Musicalement la maîtrise d’une telle violence impressionne, le groupe flirte avec le grind mais n’est pas que du bruit : il est une machine de guerre death. Ces 50 minutes passent à la vitesse de l’éclair et des brûlots comme ‘Let The Blood’, ‘Carnivore Sublime’ et ‘Asylume Cave’ emportent l’adhésion.

Ce concert brûlant conclut une journée énorme de force et de puissance et nous donne franchement envie de déguster l’affiche du lendemain tant cette salle est un complément remarquable de la principale. Celle-ci va aussi donner une belle place au black metal et d’entrée débarque Cirith Gorgor, une formation néerlandaise oui œuvre depuis 20 ans dans l’occultisme et la mythologie. Le groupe n’a que 30 minutes et ne jouera que 4 titres mais il a soigné la mise en scène avec de la fumée et des flammes. Le public est déjà fortement présent et une tempête glaciale s’annonce. Cirith Gorgor va se concentrer sur son dernier album, "Visions of Exalted Lucifer" et va frapper les esprits. Entre férocité, froideur extrême et aspects épiques il propose un concert habité et intense qui développe les ambiances avec une redoutable efficacité. Que ça soit avec le titre éponyme, ‘Wille Zur Nacht’, ‘Into The Nameless Void’ et ‘Rite Of Purification’ il excelle en rouleau compresseur. Au chant Satanael hurle comme un monstre sorti des enfers avec un charisme redoutable et ce concert trop court ravit les amateurs de black pur et dur.

La journée est ainsi lancée et la pression ne va jamais se relâcher dans une salle qui se remplit de plus en plus et qui laissera rapidement peu d’espaces libres dans une chaleur intense. Illdisposed arrive derrière, les Danois œuvrent depuis plus de 20 ans dans le death métal avec à leur tête Bo Summer comme seul survivant. Ils ont sorti récemment "Grey Sky Over Black Town’"et on se souvient qu’en 2009 "To Those Who Walk Behind Us" avait fait mal. Ce concert va confirmer l’efficacité du groupe pour un death lourd à la Obituary avec des passages plus mélodiques entre Soulfly et Kataklysm. Dans cette idée de death rentre-dedans mais mélodique un titre comme ‘Again’ est très efficace tandis que ‘Throw Your Bolts’ est une belle claque dans les gencives. Dans cette idée le groupe en fin de concert repart à ses tout débuts chercher un titre bien brutal, histoire de montrer qu’il sait aussi se faire puissant. Ildisposed a certes perdu un peu de son aura ces dernières années, mais en concert il reste une valeur sûre. Au milieu de la brutalité, ce concert aura été une bonne surprise par son côté frais et accrocheur et grâce à un Bo sympathique et communicatif.

C’est un grand moment de black metal que s’attendent à savourer ensuite les spectateurs dans une salle remplie. Enthroned, la légende du genre chez nos amis belges débarque sur scène. Le groupe écume les scènes depuis plus de 20 ans et répand avec force et violence, malgré de nombreux changements de line-up, son message occulte et teinté de satanisme. Aux commandes du vaisseau ,Nornagest se porte garant de l’idée Enthroned et il va faire de ce concert une ode aux forces du mal, faisant régner dans la salle une ambiance lugubre parfaite qui fascine une audience très attentive. Dans l’esprit de Marduk et Dark Funeral, le groupe délivre une prestation ultra brutale avec un rythme intense et un chant droit sorti du dernier cercle des enfers. Ces 50 minutes vont s’avérer d’une intensité remarquable. Avec ‘Of Feathers And Flames’ le groupe balance un extrait récent d’une grande qualité qui joue sur les ambiances tout en étant d’une jouissive brutalité. Cet énorme concert aura largement marqué les esprits et montré la grande forme d’un Enthroned souverain et maître se son art.

Après cette claque, la pression ne va pas se relâcher en ce début de soirée. Hail Of Bullets affiche 10 ans de carrière au service d’un death métal œuvrant sur l’histoire de la deuxième guerre mondiale. Récemment le groupe néerlandais a changé de chanteur : Martin Van Drunen a été remplacé par l’ex Bolt Thrower Dave Ingram. Le groupe n’a pas de nouvel album et prend le temps de présenter son nouveau hurleur qui effectue ici son premier concert européen. Dès l’introduction nous sommes plongés dans une ambiance guerrière et tout cela va éclater avec force dès ‘Swoop Of The Falcon’. Ingram fort de son expérience est parfaitement intégré et se montre à l’aise. Musicalement le death guerrier et caverneux fait son effet sur un public bien chaud. La set-list revient sur les trois albums du groupe et des brûlots comme ‘General Winter’, ‘DG-7’ ou encore ‘On Coral Shores’ font leur effet avec une intensité énorme et une agressivité impressionnante qui fait remuer les premiers rangs. Le redoutable ‘Tokyo Napalm Holocaust’ est l’occasion pour le groupe de rendre hommage à Martin Kearns, le batteur récemment disparu de Bolt Thrower. Ce concert aura été un nouveau grand moment du week-end et un énorme moment de death metal. Hail Of Bullets semble armé pour faire mal avec Ingram à sa tête et a toutes les armes pour prendre la place laissée vacante par Bolt Thrower comme maître du genre.

Cette tempête va laisser la place à une autre avec l’arrivée du premier grand nom, Destruction, présent pour la troisième fois à Eindhoven. La légende thrash allemande vient de sortir une nouvelle bombe avec "Under Attack", et la fosse trépigne à l’idée de se prendre une bonne rasade dans la tronche. Le groupe va utiliser à merveille son heure de jeu et frapper dur. D’entrée avec l’enchaînement du récent 'Under Attack' et du vénérable ‘Curse The Gods’ qui affiche 30 ans, Destruction met les points sur les i. Il est une machine de guerre thrash, derrière sa basse Schmier pète le feu et hurle avec conviction. Musicalement la machine est en pleine forme, le rythme est intense, les riffs sont rapides à souhait, le groupe délivre une leçon à un public en feu. La suite du concert confirme cette impression. ‘Nailed To The Cross’ et son refrain fédérateur fait encore monter l’ambiance d’un cran, Schmier tenant le public dans sa main, bien décidé à ne pas le lâcher une seconde. Toute la suite de ce concert va ravir l’ensemble du public, comme autre grand moment on ne peut que citer le formidable ‘The Butcher Strikes Back’ toujours aussi énorme à savourer en concert. Destruction a impressionné avec force. Son concert restera comme l’un des plus détonants de ce week-end et il colle une pression certaine sur les deux têtes d’affiches à venir.

La première nous vient de Suède, Watain nous gratifie de son seul concert dans le Benelux et de plus va baser son set sur son légendaire classique de 2003, "Casus Luciferi". Autant dire que la salle est pleine à craquer, il ne reste plus un espace libre et tout le monde attend que la messe noire - une de plus dans ce week-end lugubre - soit prononcée. Watain va soigner son entrée sur scène, le décor est superbe et une fois l’introduction sombre et lugubre à souhait achevée les musiciens arrivent torches enflammées à la main. D’ailleurs E. jouera souvent avec des torches pendant le concert, n’hésitant pas à caresser ses bras avec le feu. L’interprétation de l’album va être un grand moment, les 8 titres sont autant d’odes au mal et à Lucifer et l’ambiance glaciale ajoute une grande force spirituelle. Au-delà de la violence, Watain possède un charme vénéneux et attirant, comme une invitation à aller vers le côté obscur. Des titres comme ‘Devil’s Blood’, ‘Opus Dei’ ou encore ‘Casus Luciferi’ et autre ‘I Am The Earth’ en auront envoûté plus d’un prouvant la très grande force d’un album qui reste l’un des meilleurs jamais sortis par Watain. Ce concert aura été un grand moment de plus et il met une certaine pression sur la tête d’affiche.

Dernier concert de la journée et autre légende au programme, Mayhem est très attendu, sa réputation sulfureuse, sa légende toujours aussi forte malgré les années qui passent, tout cela a attiré du monde. De plus la perspective d’entendre jouer en entier le référentiel premier album du groupe, "De Mysteriis Dom Sathanas" ajoute à l’excitation. Bien sûr le temps a passé, mais Attila et Necrobutcher sont encore là, tout comme Hellhammer derrière ses futs fidèle depuis bien des années. On ne peut s’empêcher de penser que le groupe capitalise pas mal sur son côté sulfureux., mais entendre un tel disque en live ne se refuse pas car il est un monument de l’histoire du black metal, quand Vark et Euronymus y jouaient encore. Et le silence lugubre qui règne dans la salle quand les lumières s’éteignent confirme que chacun retient son souffle avant le début des hostilités. Le black de Mahyem est moins violent mais il est froid, dur et intense et teinté d’atmosphérique, et le groupe va parfaitement rendre cela ce soir. Ce côté glacial et peu évident d’accès demande de l’attention, étant peu facile d’accès pour les non initiés.  Mais de ‘Funeral Fog’ à ‘Freezing Moon’ en passant par ‘Pagan Fears’ et ‘Buried By Time & Dust’ on voyage dans le cœur du black metal originel et le groupe actuel parvient très bien à rendre hommage à ces chefs-d’œuvre du genre. Ce concert fort et prenant aux tripes nous prouve que Mahyem garde un fort pouvoir d’attraction et de fascination.

Cette première journée aura été bien remplie et chaque groupe a fait honneur au metal extrême dans toute sa richesse et sa diversité. La journée de samedi s’annonce tout aussi prometteuse et en quittant la salle une seule envie était dans pas mal de têtes, vite y revenir !



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