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TITRE:

PSYKUP (22 FEVRIER 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL ALTERNATIF



A l’occasion de la sortie du nouvel album de Psykup, le très attendu "Ctrl + Alt + Fuck", Music Waves a rencontré Julien Cassarino, alias Ju (chanteur et guitariste) et Matthieu Miegeville, alias Milka (chanteur)...
STRUCK - 14.03.2017 -
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Interview pendant laquelle il sera tour à tour question de la reformation du groupe et de leurs attentes, mais aussi d’hippopotame et de Poulidor …


Julien, nous nous étions rencontré en 2013 dans le cadre d’une entrevue pour Manimal. Que s’est-il passé pour vous depuis ?

Ju : Oui, c’était la tournée d’adieu de Manimal. Ensuite j’ai travaillé sur mon projet Rufus Bellefleur. A l’époque, la reformation de Psykup n’était pas du tout dans les tuyaux. Et en on a fait un concert exceptionnel en 2014 pour l’anniversaire des dix ans de notre label Jerkov Musiques.

Milka : Et c’était un concentré d’amour. C’est très cliché de dire ça. Mais c’est vraiment ce que nous avons ressenti. Le Metronum (Ndlr : salle de concert toulousaine) était bondé et ça nous a vraiment fait quelque chose. Déjà de rejouer ensemble car nous sommes d’abord des potes. Mais surtout la réaction du public. Ensuite, les gens du Nord, c’est-à-dire du nord de Montauban (Rires), nous ont dit : "Vous jouez à Toulouse, pourquoi ne venez-vous pas à Paris ?". Donc nous avons joué à Paris et c’était également complet. C’était assez incroyable ce concentré d’amour et cette explosion de bisounours (Rires).






Remplir une salle sur Toulouse, c’est une chose mais ce n’est pas une surprise. Tandis que faire salle comble à Paris, qui accueille des concerts tous les jours, est plus difficile. C’était un concentré d’amour entre vous, d’accord, mais comment expliquez-vous cet engouement du public ?

Ju : Quand Psykup s’est arrêté, nous avons créé une attente pour les gens. En fait nous n’avions pas dit que nous arrêtions. Nous avions dit que nous mettions Psykup en stand-by parce que Matthieu quittait le groupe. Donc les gens attendaient qu’il se passe quelque chose.


Julien, tu n’en as pas marre de t’entourer de gens qui se mettent en stand-by : entre Vidda chez Manimal et Matthieu chez Psykup...

Milka à Ju : C’est peut-être toi l’élément perturbateur (Rires).





Est-ce que ça explique cette boulimie de projets (Ndlr : Julien intervient dans Rufus Bellefleur, Mister Team, Pink City Opera) pour compenser la mise en attente de Manimal et de Psykup ?


Ju : Je pense que nous sommes naturellement boulimiques. Même quand Psykup était notre groupe de base, nous avions cette envie de faire d’autres choses. Cette boulimie artistique a pris de l’importance avec les années. Matthieu écrit des bouquins, moi j’écris des critiques cinématographiques (Ndlr : pour L’encyclopédie du cinéma fantastique). On a toujours envie de créer. De la musique ou d’autres choses. Mais un groupe, c’est comme un couple. On doit résoudre des problèmes à plusieurs qu’on n’aurait pas eu tout seul. Parfois nous devons faire face à des divergences d’opinion, les chemins se croisent et se décroisent.


Donc Matthieu, tu as été l’élément féminin du couple qui a voulu faire une pause ?

Milka : oui ! A cause de l’argent. (Rires)


Est-ce que le concert anniversaire a été un déclencheur pour la reformation de Psykup ou est-ce que tu y pensais déjà avant ?

Milka : Non, je n’y pensais pas. En fait j’étais toujours dans le même état d’esprit que lors de mon départ de Psykup. Je ne me sentais plus de jouer une musique aussi cérébrale et exigeante.

Ju : (Amusé) c’est le gars qui chante dans Cancel The Apocalypse qui te dit ça.


Pourtant Cancel The Apocalypse est considéré comme un groupe jouant une musique très cérébrale et avant-gardiste.

Milka : Ce que je veux dire, c’est que ce sont quand même des formats très courts et pop, même si la construction est baroque. Nous ne sommes pas là pour comparer mais à ce moment-là, je souhaitais me tourner vers une musique plus viscérale, directe, urgente, spontanée. Je n’avais pas envie de mentir à mes potes, ni de me mentir à moi-même. Donc j’ai pris du recul. Ensuite j’ai pris beaucoup de plaisir à faire le concert anniversaire de Jerkov. Nous nous sommes retrouvés autour d’une énergie commune sur scène et cette amitié et cette humanité sont belles après toutes ces années. À notre époque, c’est quand même pas mal de rester fidèle à des convictions, des valeurs et des amis. Donc quand nous avons réfléchi au futur de Psykup, nous sommes tombés très vite d’accord sur l’idée de réessayer quelque chose.





Justement, votre album précédent « We Love You All » paru en 2008 présentait des titres à rallonge et un mélange des genres. Le mélange des genres est toujours présent sur « Ctrl + Alt + Fuck » mais l’album semble plus homogène, plus réfléchi, avec des titres plus courts et plus structurés. Est-ce uniquement dû à l’âge ou à une envie de faire un disque plus viscéral ?

Ju : Le fait est que nous avons 38 ans tous les deux. Je pense qu’il est impossible d’écrire de la même façon dix ans après et heureusement. Plus je vieillis, moins je ressens le besoin de prouver et plus j’ai envie d’aller vers des compositions plus directes. Psykup a toujours été un terrain de jeu pour moi, en tant que compositeur. Nous avons ce côté un peu rebelle de dire qu’on se fiche du format, de la longueur des titres, de passer à la radio. Mais avec le temps je me dis que ce serait quand même bien si le message était compris.


Penses-tu qu’aujourd’hui le message soit plus clair ?

Ju : Oui. Enfin j’espère. J’ai commencé à écrire le nouvel album pendant notre tournée 2015 qui fêtait les vingt ans de Psykup et la réédition de notre premier album « Le Temps de la Réflexion ». J’ai eu un déclic en regardant le public réagir à ces vieilles compositions qui étaient plus directes et primaires. Parce que même nous, nous avons mal à la tête quand nous réécoutons « We Love You All » (Rires). J’ai voulu retrouver cette énergie de nos débuts, qui était plus spontanée. Pour « Ctrl + Alt + Fuck », j’ai retrouvé dans l’écriture une spontanéité que j’avais perdue, sans trop me focaliser sur l’attente des gens.


Je comprends que vous vouliez vous faire plaisir, surtout dans le cadre d’une reformation. Malgré tout votre campagne de crowdfunding a dépassé de près de 20 fois votre objectif initial. La pression existe quand même, non ?

Milka : Il est évident que si nous avions fait 22 entrées à Toulouse quand Psykup s’est reformé, nous ne serions pas là. Mais la reformation s’est faite pour de bonnes raisons : se retrouver et dire des choses différemment. Je pense que cet album peut contenter les vieux fans et ceux qui n’ont jamais écouté Psykup de leur vie.


Si je vous dis que c’est l’album de la maturité, vous riez, vous pleurez, vous êtes d’accord ou vous partez en courant en criant au fou?

Ju : Un peu tout (Rires). Mais je pense en effet que la musique de Psykup n’a jamais été aussi mûre, dans le sens où elle n’a pas été réfléchie de la même façon en amont et elle n’a pas été exécutée de la même façon. Nous avons beaucoup plus réfléchi au son, à la production. J’ai utilisé quatre guitares différentes. Je n’avais jamais fait ça avant. Nous nous sommes pris beaucoup plus la tête pour que le message soit le plus clair possible.





Plus réfléchi, des titres plus courts. Psykup veut-il conquérir le monde ?

Ju : On a plus de stratégie. Nous avons maintenant un manager. Nous sommes moins dispersés.

Milka : La stratégie vient aussi des gens qui travaillent avec et pour nous. Nous sommes encore plus motivés que par le passé. Mais il ne faut pas se tromper. Nous avons appris beaucoup de choses chacun de notre côté et nous sommes plus forts qu’avant sur beaucoup de plans. Nous sommes maintenant plus détendus et sans doute plus ambitieux.


Vous avez une identité forte et vous êtes en quelque sorte le porte-drapeau de la scène metal toulousaine. N’avez-vous pas peur de perdre cette attache très forte en vous internationalisant ?

Milka : Nous n’avons pas choisi de naître à Toulouse, ni même d’être français. Nous n’éprouvons donc aucune fierté particulière, vu qu’on ne l’a pas choisi. Donc je ne me sens représentant de rien du tout. Jouer dans Psykup est déjà très bien. Après si les commentateurs ou les journalistes nous désignent comme porte-drapeau d’une scène particulière, c’est leur histoire.





Mais vous en êtes fiers quand même ?

Milka : Fiers parce que cela montre que nous sommes plus ou moins importants artistiquement et pour les gens.

Ju : Ce qui me touche le plus, c’est de constater que le public nous soutienne autant après tout ce temps. Nous recevons de nombreux messages de gens qui nous soutiennent et ça nous touche beaucoup. Psykup est un groupe de vieux potes qui ne se serait jamais reformé si nous ne nous entendions pas bien, parce qu’il n’y a pas d’enjeu financier. Nous ne sommes pas des stars. Et que des gens soient encore là en France mais aussi dans d’autres pays avec d’autres cultures, c’est fascinant. Pour moi, nous avons fait un bon album et en tout cas celui que nous devions faire aujourd’hui. Et j’en suis très content.



En tout cas, si vous n’êtes pas représentant de la scène toulousaine, vous êtes représentant de l’autruche-core. Alors pourquoi avoir mis un hippopotame sur la pochette ?

Ju : (Rires) Justement pour ne pas être là où on nous attend ! C’est un rêve en fait. Je me suis réveillé un matin avec l’image d’un hippopotame en tête. C’est l’idée que l’album m’évoque.



En fait je retire ma question précédente sur l’album de la maturité.

Ju : (Rires) Nous revendiquons notre côté sale gosse. C’est comme le titre de l’album « Ctrl + Alt + Fuck », ça claque mais c’est complètement stupide. Mais ça montre bien notre côté décomplexé. Nous sommes un peu des fauteurs de trouble dans un ordre établi. Nous sommes l’hippopotame qui vient mettre le bazar. C’est le côté cérébral mais complètement stupide de Psykup (Rires).


Psykup a 22 ans. Avec le recul, regrettez-vous certains choix ou y a-t-il des choses que vous feriez différemment ?

Milka : Il y a justement deux morceaux qui parlent de ça dans l’album, ‘The Intelligence’ et ‘Fuck Me ‘Til The End Of Times’. Ces titres parlent à la fois de notre rapport aux femmes et du complexe de Poulidor. Comme la parabole du condor et du serpent dans la chanson de Simon And Garfunkel. Nous ne serons jamais le condor.


Oui, mais Poulidor est le héros des Français !

Ju : Oui, mais les Américains n’aiment pas les deuxièmes. Il faut être premier.

Milka : Bien sûr que nous avons fait des erreurs mais avec des si, on fait du bois.

Ju : En fait nous aurions pu enfoncer le clou en faisant « Le Temps de la Réflexion II ». Mais nous sommes partis vers d’autres choses.

Milka : C’est sûr que nous ne sommes pas le Mister Bungle français. Nous n’avons pas toujours choisi les voies les plus simples. On a beaucoup pêché par naïveté voire par philanthropie et par humanisme. Ce ne sont pas les qualités premières dans le monde de la musique mais nous avons envie de les revendiquer aujourd’hui.





Psykup, c’est aussi et surtout un groupe de scène. Une tournée est-elle en préparation pour défendre « Ctrl + Alt + Fuck » et des dates sont-elles déjà prévues ?

Ju : Une date est calée pour le mois de décembre au Trabendo. Et de grosses dates sont prévues pour plus tard, le temps de se chauffer et de monter progressivement en puissance.


A ce propos, nous avons vu récemment des dates prévues pour Manimal

Ju : C’est un malentendu depuis le début. Un autre groupe s’appelant Manimal est relié, je ne sais pas comment, à notre compte Facebook de Manimal. Chaque fois qu’ils font des annonces pour leurs concerts, elles apparaissent sur notre page. Il faut que nous arrivions à corriger ça rapidement car ça crée la confusion. Il faut que j’écrive à ce groupe …



Merci beaucoup pour cette interview

Merci à vous !



Et merci à Newf sans qui cette interview n'aurait pas pu être possible.



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/psykup-259590920912397/
 
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