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TITRE:

UNION JACK (26 FEVRIER 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Music Waves a rencontré Union Jack un groupe de ska, rock, punk... supersonique !
STRUCK - 13.03.2017 -
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Tom : Pourquoi Union Jack ?

Antoine (batterie) : Vous pourriez jouer moins fort? mais j’avoue on nous la pose pas trop en interview

Ben (basse, chant) : l’origine du nom du groupe !

 

Etes-vous lié à une scène particulière ? Vous êtes par exemple assez proche, musicalement et géographiquement, du Pélican Frisé. Avez-vous des liens ?

Tom : On évolue depuis toujours dans la scène punk, une grande famille internationale. C’est avant tout une histoire de valeurs, être anti sexiste, anti raciste, anti homophobe, où on partage une vision alternative de la vie en société. Concernant le Pélican Frisé je ne connais que de nom.

Antoine : Pas directement, personnellement je ne les connais pas (les membres du groupe je veux dire) mais oui on traine sur les mêmes scènes. J’aurais du mal à nous associer à une scène en particulier, clairement notre scène c’est le milieu punk rock au sens large, on se retrouve à jouer aussi bien dans des squats que dans des skate shops ou dans des plus grosses salles tant qu’on se sent bien avec les groupes avec qui on partage l’affiche et avec l’orga, on est bien.

Ben : je ne les connais pas non plus. On a majoritairement des liens avec la scène punk et indé, mais on n’est pas fermés sur d’autres scènes et on a déjà eu l’occasion de faire des rencontres sympas avec des groupes d’autres styles, du moment qu’on partage des valeurs en commun.


Le rythme de sorti de vos albums est assez lent (2009, 2012, 2017). Quelle en est la cause ?

Tom : Étant excessivement perfectionniste, il m’est indispensable de faire et refaire avant d’être satisfait d’un résultat, de ce fait le processus d’écriture, de répets, de maquettes peut vite prendre du temps. On fait les choses à notre façon depuis toujours, l’important est que l’on soit satisfaits de nos morceaux, qu’on sente que le truc est abouti, avant de rentrer en studio.

Antoine : On autoproduit tous nos albums, et la musique n’occupe qu’une partie de nos vies, on a tous des taffs à côté donc composer prend du temps, et à côté de ça, produire un album coûte cher, on n'aurait pas les moyens de le faire tous les ans.

Ben : la composition d’un album est un travail énorme, en tout cas pour nous avec le niveau d’exigence qu’on se fixe pour notre musique. On ne peut pas se permettre financièrement d’en faire trop souvent, et pour parvenir à des compositions qui nous satisfont on a besoin de temps.

 

Est-ce parce que vous n’accordez pas trop d’importance à ce format (vous avez sorti nombre de démo, EP…) ?

Tom : Non, au contraire, le format album a beaucoup d’importance à mes yeux, mais j’apprécie d'avoir une discographie variée en termes de supports.

Ben : non, ce n’est pas qu’on n’accorde pas d’importance à ce format, qui est intéressant. Mais pour les raisons énoncées au-dessus, on ne peut pas en sortir autant que des EP, qui constituent une alternative intéressante pour sortir quelques morceaux sans composer un album entier.

 

Comment assurez-vous la distribution / promotion de ces disques ? Justement la dernière sortie est assurée avec l’aide de Dooweet ; quelles sont vos attentes ?

Tom : La version CD est distribuée mondialement pour la première fois et notamment par Season of Mist en France. Pour ce qui est de la version vinyle, on gère ça directement avec notre réseau DIY et la version numérique est assurée par INgrooves Music Group avec lesquels on bosse depuis de nombreuses années pour tout le catalogue de notre label Beer Records. Niveau promo, on bosse avec Dooweet, étant nous-mêmes mauvais dans ce domaine, on préfère laisser Chris et son équipe s’occuper de ce qu’ils font beaucoup mieux que nous.

Antoine : La distribution en France est assurée par Season of Mist, pour le physique. En numérique on est distribué via Ingrooves, qui nous distribuait déjà sur les albums précédents. On a décidé de bosser avec Dooweet parce qu’on avait envie de toucher un public plus large, de nous faire connaitre de gens qui ne seraient pas normalement exposés à notre musique.

 

Vous êtes un trio, pourtant la basse est (un peu) le parent pauvre de votre dernier album. Pas tant en termes de qualité qu’en termes d’exposition. Est-ce volontaire de ne pas plus la mettre en avant ?

Tom : L’album ne m’a jamais donné cette impression, je suis plutôt satisfait de son mix.

Ben : c’est une remarque intéressante, parce que moi je ne trouve pas que la basse soit en retrait en termes d’exposition sur cet album, et je crois que c’est la première fois que je suis si content du son de basse sur un de nos albums. J’écoute la musique dans son ensemble, et ce qui compte pour moi c’est que tous les instruments s’harmonisent bien, que la basse appuie la mélodie de la guitare et des voix.

 

Une particularité qui nous a beaucoup charmés dans votre disque est l’alchimie qui règne entre les deux voix. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur votre chant (particularité de chacun, choix des partis chantés…).

Tom : La dynamique créée par le mélange de la voix de Ben et de la mienne fait partie de la marque de fabrique d’Union Jack. On aime l’interactivité que ça génère et la répartition des parties se fait de façon assez naturelle, on connait nos qualités et défauts, on essaie de créer la meilleure dynamique possible pour chaque titre.  En termes d’écriture, l’exercice n’est pas facile car chacun écrit sa partie respective donc l’autre est dépendant de la partie de l’autre pour rebondir et écrire la suite (ça peut expliquer le délai entre chaque album !). Ça permet d’avoir des points de vue qui se confrontent, ça amène des choses pertinentes cette écriture à 2 mains.

Ben : Effectivement Tom et moi n’avons pas les mêmes tessitures de voix, et pas non plus les mêmes façons de chanter, ça permet de faire des alternances de voix. C’est venu assez naturellement dans le groupe, et au fil des années on sait laquelle des deux voix conviendra au mieux aux différentes parties des morceaux.

 

Qu’elle est selon vous l’évolution de ce nouvel album par rapport au précédent ("Never Ending Struggle" – 2012) ?

Tom : Antoine a apporté un côté percutant et rock'n'roll à notre musique, une assise rythmique. En termes de son, on a quelque chose de bien plus solide, le matos sur lequel on joue maintenant y est pour beaucoup.

Ben : Ce n’est plus le même batteur, puisqu’Antoine nous a rejoint depuis 2013, ça donne une dynamique différente à l’album (et au live). Je pense qu’il y a davantage de mélodies dans "Supersonic", et on a mis pas mal de claviers et d’arrangements, ce qu’on avait un peu moins fait sur "Never Ending Struggle".

 

Le (petit) reproche que nous avons fait dans la chronique de votre très bon dernier album concerne l’homogénéité des titres qui le composent. Certains d’entre eux ('Bitter Taste' et 'Summer Waves' par exemple) sont très proches. Vous sentez-vous prisonniers d’un style ?

Tom : Non, on a toujours composé la musique qui nous plaisait, en essayant de trouver des sonorités et des dissonances assez spécifiques à notre identité. Sur "Supersonic", il y a peut-être plus de morceaux accessibles, plus pop, on a sciemment plus travaillé les mélodies.

Antoine : "Prisonniers d’un style" ça voudrait dire qu’on fait ça un peu à contrecœur, je comprends ce que tu veux dire, et ouais il y a des codes, comme dans tout style musical, fatalement on fait la musique qu’on aime et donc ouais y a des similitudes, c’est évident. Wim Wenders a dit « je fais toujours le même film », mais ses films sont tous différents, si on ne creuse pas on peut avoir l’impression que c’est la même chose mais à chaque fois c’est plus affiné, le propos est retravaillé, et au final c’est différent mais il y a sa patte, son style.

Ben : on ne sent pas prisonniers d’un style, le nôtre évolue au fil des années en fonction de nos découvertes musicales, nos envies, on l’enrichit et on fait ce qui nous plaît. C’est d’ailleurs le côté excitant d’un groupe, et chacun apporte sa pierre à l’édifice.

 

N’envisagez-vous pas sur quelques titres d’expérimenter d’autres styles afin d’aérer un peu votre propos ? De faire quelques morceaux plus marqués, punk, ska, rock steady, par exemple ?

Tom : Rien n’est exclu, si je trouve un riff qui nous plait dans ce style.

Antoine : Pour moi ça  n’a pas de sens, on part d’une idée, d’un riff, d’une base, et puis on brode autour et on regarde ce qu’il en ressort, ça nous est arrivé de composer un morceau aux sonorités pop, de transformer le refrain en ska pour voir comme ça sonnait puis de revenir à une version plus rock avant de le finaliser. Mais on ne pense pas en termes de style, on fait juste ce qu’on aime

Ben : on ne se dit jamais avant de composer un morceau « on va faire tel style » ou « on va orienter le morceau comme ça », ça se fait naturellement en jouant ce qui nous plaît.

 

Est-ce que vous tournez beaucoup ?

Tom : Autant que nos agendas respectifs nous le permettent ! C’est selon les périodes, pendant le travail sur l’album tu mets les concerts comme quelque chose qui n’est pas prioritaire, maintenant qu’il est sorti, l’idée est d’aller le défendre autant que possible.

Antoine : pas encore assez, mais on essaye de le faire le plus possible.

Ben : jamais assez ! Mais on a pas mal de projets pour 2017, une tournée au Canada en mai, des dates en France en juin et juillet, et une tournée allemande en septembre.

 

Vous êtes des vieux briscards musicaux désormais. Quels sont les groupes récents qui vous ont impressionnés dans votre spectre musical ?

Tom : Trail of Dead, les gars sont vraiment bons autant sur disque qu’en live ; l’album "Sempiternal" de Bring me the Horizon tourne beaucoup chez moi en ce moment, je le trouve vraiment dingue ce disque, la prod est franchement excellente ; j’aime beaucoup Wavves aussi.

Antoine : Perso j’ai vraiment bien aimé le set de Kidz Get Down lors de notre release party, je n’avais pas beaucoup écouté avant et j’ai trouvé ça vraiment chouette. Sinon j’avais pris une bonne claque devant les Quitters sur la tournée de l’an dernier aussi.

Ben : J’ai beaucoup aimé le dernier album des Parisiens de Bitpart, et leurs concerts sont cools aussi. Et sinon le dernier album de The Mercenaries est excellent aussi.

 

Le poste de batteur est celui qui semble le plus instable chez Union Jack. À quoi est-ce dû ?

Tom : Chacun fait des choix dans sa vie, et cela signifie parfois d’aller vers d’autres horizons et c’est simplement ce qui s’est passé avec nos 2 batteurs précédents.

Antoine : les batteurs sont des cons !

 

Quels sont vos futurs projets ?

Tom : Me rétablir de ma fracture au poignet pour poursuivre l’écriture de la suite de "Supersonic".

Antoine : Tourner pour l’instant et puis ensuite on verra bien !

Ben : faire autant de dates que possible pour défendre ce nouvel album en live.

Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?

Tom : Un concert à Lille qu’on a fait il y a quelques années, c’était proche de ces instants qui frisent la perfection, on jouait avec nos frangins de Beng Beng Cocktail et Black Sheep, donc on n’aurait pas pu espérer meilleure affiche, la salle était bondée comme jamais et c’était juste la folie. L’alchimie était parfaite.

Antoine : oh la vache, c’est dur à dire ! Il y a eu pleins de moments incroyables. La release party a été une vraie réussite et c’était vraiment touchant de voir autant de monde venir faire la fête avec nous. C’était vraiment une soirée dingue.

Ben : dur de dire le meilleur, j’ai en tête des moments extras comme le tournage du clip de notre morceau 'The 13 Ways' avec une super équipe, un concert mortel au festival Skalimouchaulgnes, et plus récemment la release party au cirque électrique.

 

Au contraire le pire ?

Tom : Un concert organisé par un club de volley dans un gymnase avec des vigiles qui séparaient les gars du public parce qu’ils dansaient de façon un peu trop… désynchronisée à leur goût. Je voulais me barrer avant de jouer, c’était infâme l’ambiance, le lieu, tout.

Antoine : Dur à dire, y a eu pleins de moments foireux aussi mais au final dans la plupart des cas on s’en rappelle plutôt en se marrant. Je dirais que les pires souvenirs ce sont des déceptions humaines, des qui gens qui te prennent pour des pigeons, qui te promettent des trucs. Ces situations sont parfois plus démoralisantes que d’avoir un vrai plan de merde où ton hôte te secoue son fusil de chasse sous le nez au beau milieu de l’after avec 10g dans chaque œil (et pourtant ça c’est pas un bon souvenir) !

Ben : Je crois que mon pire souvenir, c’est un festival qui n’a pas eu lieu à l’Elysée Montmartre et auquel on devait jouer. La salle avait brûlé 4 jours avant la date du concert… grosse déception.

 

Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?

Tom : À quelle heure vous jouez sur la Warzone cette année ?

Antoine : Je te paye un coup?

Ben : Vous pourriez jouer moins fort ?

 

Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Tom : Merci d’avoir pris le temps de lire cette interview et à bientôt sur scène dans la vraie vie !

Antoine : Salut, et merci d’avoir pris le temps de nous lire.

 Ben : Salut !



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