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A PROPOS DE:

STEAM MORRISLER (27 MARS 2017)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK

Avec son rock mélangeant groove, puissance et psychédélisme, le quatuor parisien vise les amateurs d'un rock à la fois revival et indépendant. Rencontre avec Steam Morrissler
STRUCK - 10.04.2017 - 0 photo(s) - (0) commentaire(s)

Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Emmanuel : Quelle est la signification du nom du groupe ? Et bien tu sais quoi ? On va passer à la question suivante !


Ce nouvel EP est en quelque sorte comme un nouveau départ pour nous.


"Odds & Ends est votre second EP. Pourquoi ne pas avoir sorti un véritable LP avec tous vos titres ?

Julien : Nous avons changé le line-up du projet il y a à peu près trois ans, on jouait à l'époque de ce premier EP avec un autre batteur et un claviériste. Le nom du projet est resté le même puisqu'Emmanuel et moi sommes présents depuis le début (et parce qu'on y tient), mais l'esthétique a beaucoup évolué depuis, le projet est plus réfléchi, plus mûr. Ce nouvel EP est en quelque sorte comme un nouveau départ pour nous.


On peut lire dans votre biographie que le groupe s'est formé en 2011 puis reformé en 2012. Pouvez-vous nous expliquer tout ça ?


Julien : Cette info doit venir d'articles datant un peu, qui ont pu être publiés à l'époque de ce premier line-up. Il y a eu une version 1.0 et 1.1, on peut dire qu'on en est à la 2.0 !

Emmanuel : En soit, il faut voir le projet actuel comme l'aboutissement d'un travail de recherche autant dans les textes que dans le son ou les compositions. Chaque période a été un véritable enrichissement pour nous et heureusement que tout cela évolue.





Le milieu du rock français regorge de groupes avec des influences communes aux vôtres (Natchez, General Store, Bootleggers...) mais l'auditoire semble très limité dans l'hexagone. Avez-vous des objectifs de développement à l'étranger pour espérer obtenir une plus grande écoute ?

Julien : Quitte à parler de Southern Rock ou de Blues, je pense que ces styles ont une audience en France, des projets émergents comme Laura Cox ou Theo Lawrence le montrent. Et n'oublions pas que Popa Chubby ou Calvin Russell ont ou avaient - Rest In Peace Calvin - leur public privilégié en France. Ceci dit à notre époque on a la chance de pouvoir briser plus facilement les frontières de l'art avec internet, ça serait bête de ne pas en profiter. Et tourner à l'étranger est évidemment un objectif à court terme, ce serait extrêmement enrichissant de tous les points de vue.


Quelles sont vos relations avec les groupes œuvrant dans votre style musical ?

Emmanuel :  On a la chance d'être sur Paris où beaucoup de groupes tournent sur une scène assez restreinte, donc  on se croise forcément, que ce soit sur des dates ou en soirée. Il y a certains lieux incontournables, des bars, des salles, des studios, et au final, Paris n'est pas aussi grand que ce qu'on peut penser. Même quand tu vas chercher tes fringues tu peux croiser d'autres groupes ! (Allez chez Tim Bargeot, ils font de très beaux pantalons.)

Julien : Et au Dr. Lupin, commandez à Peter (du groupe Folsom) un « Pète-braguette », vous m'en direz des nouvelles !


Nous, c'est ça que l'on veut faire. Interpréter et mettre en scène des émotions, des sentiments, des souvenirs...


En intégrant de nombreux éléments sonores et visuels à votre musique, vous vous créez une identité unique. Quelles formations vous ont inspiré dans cette démarche ? (Alice Cooper ? Lordi ?)

Emmanuel : Il y en a beaucoup... Janis Joplin, Jimi Hendrix, Jack White, ou Alice Cooper effectivement pour ne citer qu'eux. En live, il  y a une telle énergie, des émotions, des histoires, une certaine alchimie autant visuelle que sonore. Ecoute 'I Hear Voices' de Screamin' Jay Hawkins, c'est un réel bijou. Une ambiance spooky, une voix démentielle, une histoire qui évolue au long de la composition. Nous, c'est ça que l'on veut faire. Interpréter et mettre en scène des émotions, des sentiments, des souvenirs, ou tout bonnement des petites histoires. Au bout du compte tout ça,  le visuel et les sonorités, c'est la simple traduction des choses bizarres qui se passent dans nos têtes. Rien de plus. Mais on aime faire ça.


Vos titres de chansons, vos paroles et votre attitude globale laissent une grande place aux substances dites "illicites". Au-delà du côté fun de la chose, n'avez-vous pas peur d'y perdre un peu en crédibilité ?


Emmanuel : C'est trop tard pour changer notre réponse à la première question ? (Rires) Non en vrai, c'est pour paraître Rock n' Roll, tu comprends, nous on est plus Cacolac et Granola...

Julien : On s'attendait un peu à la question. Comme le disait Emmanuel à la question précédente, on aime raconter des histoires. Le psychédélisme est un outil et un sujet privilégié pour décrire des sensations, des ressentis. Ou des expériences. Dans Heroin Jenny par exemple, on parle d'une fille que l'on avait croisée une nuit lors d'une jam dans un bar à Gröningen (Pays-Bas), et qui a passé vingt bonnes minutes à parler à un ampli. Ça nous a inspiré pour construire le personnage de la chanson.

Emmanuel : On peut être addict au Cacolac ?


Cette imagerie ne vous a t'elle pas fermé quelques portes sur des festivals ou autres ?


Emmanuel : Ça n'a jamais été un problème, non.


Sur la version de "Odds & Ends" en notre possession, vous proposez tous vos titres en "version radio". Avez-vous de réels espoirs de passer sur des radios françaises ?

Julien : Pour être honnête, on a délivré des Radio Edit plus pour le principe que par envie, ça nous a semblé criminel de trancher les chansons qui ont été pensées, construites et écrites avec une certaine structure et évolution. C'est un peu comme si on te disait « Tu as le choix, soit tu te coupes la main, soit tu te coupes le pied ». Ceci dit, vous pourrez écouter notre single dans l'émission British Connection qui sera diffusée sur plusieurs radios et webradios du 27 mars au 2 avril !



C'est ça que les gens recherchent dans [l]e retour aux sources : une certaine vérité



Le mouvement revival se porte bien depuis quelques années. A quoi attribuez-vous ce succès et ce besoin de retour dans le passé ?


Emmanuel : Parce que c'est atemporel. Ce n'est pas juste une musique, c'est un état d'esprit. La musique de nos aïeux a un goût de liberté et avait une place différente dans les 60s et les 70s. C'était un vrai vecteur de libération et de rébellion. Maintenant, si tu mélanges tout ça avec un regard moderne mais respectueux de ce qui a déjà été fait, tu obtiens le revival. Et je pense que c'est ça que les gens recherchent dans ce retour aux sources : une certaine vérité et un moyen de dire « va te faire foutre ».


Tu t'inspires forcément de ce qui s'est fait avant toi. Après, à toi d'y apporter ta touche personnelle


Entre votre style musical, vos looks et votre mise en scène en live, n'avez-vous pas peur d'être réduit au rôle de simples clones français des Black Crowes ?

Julien : Absolument pas peur, non. Les Black Crowes sont une influence de notre musique, mais c'est très loin d'être la seule, et il en résulte forcément un mélange qui (on l'espère!) se retrouve dans nos morceaux. C'est le jeu des poupées russes : Tu retrouves du Robert Johnson dans du Chuck Berry, du Chuck Berry dans du Elvis, du Elvis dans du Beatles, du Beatles dans du Aerosmith, du Aerosmith dans du Black Crowes, … On peut remonter très loin comme ça ! Tu t'inspires forcément de ce qui s'est fait avant toi, de ce avec quoi tu as grandi. Après, à toi d'y apporter ta touche personnelle et de faire ta petite mixture.


Les Nantais d'El Royce viennent de sortir un album traitant de la Nouvelle Orléans et de la Louisiane. Vous fréquentez le même sorcier vaudou ?

Emmanuel: Peut-être, on n'a jamais su son nom ! (rires) On ne connaissait pas le groupe avant que tu nous en parles mais nous avons beaucoup accroché ! Avis au mecs d'El Royce, si jamais ça vous tente quelques incantations ensemble un de ces soirs, we're in !


D'où est tirée la bande son utilisée sur 'Red Voodoo Babe' ?


Julien : D'une réplique de Bela Lugosi dans le Dracula de Tod Browning.


Sur ce titre et sur 'Heroin Jenny', l'influence d'Aerosmith semble palpable. Reconnaissez-vous cette source d'inspiration ?

Julien : Tout à fait, on a grandi avec. Mais comme je disais tout à l'heure avec les Black Crowes, tout est une histoire de poupées russes.


Qu’attendez-vous de cet album ?

Emmanuel : Oh... un Zenith sold out ? (Rires) Pour être francs, nous souhaitons tout d'abord que ça plaise au gens qui nous suivent et aux personnes qui nous ont aidé à sortir cet EP. Car les Steam Morrisler c'est plus que nous quatre. Conseils, création, production, c'est avant tout un travail collectif et c'est pour cela que ça nous tient tant à cœur. Le plus gros cadeau pour eux et pour nous serait alors que cet EP soit bien reçu du public. 


Qu’est-ce que nous pouvons attendre après cet album ?

Julien : Déjà des dates. On a beaucoup de morceaux en stock en plus de cet EP, le live est le bon endroit pour en découvrir un peu plus. À part ça on commence à réfléchir à un clip pour accompagner un double single qu'on a envie de sortir. On ne peut pas encore donner de dates pour le moment, on préfère prendre notre temps et sortir quelque chose d'abouti qu'on est fiers de présenter. Pour cet EP il s'est quasiment écoulé un an et demi entre les premières pré-prods et le pressage du disque...


Quel est l’adjectif qui qualifierait le mieux votre musique ?

Emmanuel : Turgescente.

Julien : Violette.


Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?

Emmanuel : Un concert au Divan du Monde. Le public était réceptif, il y avait quelque chose. C'était vraiment le pied. Il s'est passé quelque chose de magique ce soir-là, et ça s'est prolongé tard dans la nuit.

Julien :  Idem je pense. Ou la deuxième Boule Noire, mais c'est vrai qu'au Divan du Monde il y a eu un truc spécial qu'on a tous ressenti en même temps, ce truc qui te fait réaliser pourquoi tu fais de la musique.


Au contraire le pire ?

Julien : Pas vraiment de mauvais souvenirs de mon côté... Au final même un concert en extérieur sous la flotte ça te fait bader sur le moment, mais ça devient un super souvenir avec le temps. Si, les réunions de familles où on me demande de jouer un morceau. Ça, ça m'énerve.

Emmanuel : Julien a raison. En soi, ce n'est que des mauvais moments passagers, on se débrouille toujours pour que ça finisse quoiqu'il arrive en bon souvenir. Julien fait référence à un petit festival près d'Angers où nous avions été invités. C'était en extérieur et rien n'était bâché. Dès qu'on a commencé à jouer une pluie du diable s'est abattue. Au final plus de peur que de mal, le matos n'avait rien et on a passé une soirée extra !


Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?


Emmanuel : Il y en a plein ! «Quelles sont vos inspirations littéraires lorsque vous écrivez vos textes ? » « Pourquoi parlez-vous autant de la mort ? » « Avez-vous un animal de compagnie ? » ou plein d'autres trucs comme ça ! Tu sais quoi, on y réfléchit et on te répondra à la sortie du prochain opus !

Julien : Personnellement, j'ai un chat !  


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?


Julien : Sortez, éclatez-vous et profitez de la vie. Ça peut sembler anodin mais ça a vraiment une résonance particulière avec ce qui ce passe aujourd'hui. Rencontrez des gens, dansez sans retenue, aimez, buvez, faites l'amour... sentez-vous vivant. Au-delà de ça, le reste n'a pas beaucoup d'importance.


Merci à Loloceltic pour sa contribution...



Plus d'informations sur http://www.steammorrisler.com/
 
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