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A PROPOS DE:

BLEEKER (22 MARS 2017)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK

A l'occasion de leur passage médiatique remarqué en France, le phénomène canadien Bleeker a accordé une interview découverte à Music Waves...
STRUCK - 24.04.2017 - 8 photo(s) - (0) commentaire(s)
Entre un passage au Quotidien et Taratata sans compter une session dans les studios de Ouï Fm où leur single est classé n°1, Taylor Perkins nous a livré une longue interview découverte...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Taylor Perkins : Hum… Qu’est-ce que ça fait d’être dans un groupe avec son frère ?


Ah bon…

Oui, c’est la question qui revient sans cesse…





Je ne te la poserai pas, en revanche je suis surpris car j’aurais pensé que la question qu’on te posait le plus souvent serait le nom du groupe. En effet, le groupe s’appelait précédemment Bleeker Ridge. Peut-on dire que vous avez changé de nom parce que vous vouliez effacer le nom des précédents membres du groupe (les frères Steinke) sachant que Ridge était le nom de la rue où habituaient les frères Steinke ?

(Rires)


Alors est-ce tout simplement pour montrer que la musique du groupe a évolué ?

Il y a plusieurs raisons à cela mais cela n’a rien à voir avec les précédents membres mais c’est vrai que ton raisonnement a du sens (Sourire).


Nous avons changé de nom parce que il y avait une nouvelle vibration plus simple dans le groupe


C’est même l’explication la plus naturelle pour quelqu’un d’extérieur au groupe…

Mais non, rien à voir avec cela, nous avons changé de nom parce que il y avait une nouvelle vibration plus simple dans le groupe. De plus, nous avions le sentiment que le nom de Bleeker Ridge sonnait un peu comme un nom de groupe de country (Sourire). Et Bleeker sonnait de façon plus lisse et nous voulions un nom de groupe avec un seul mot ce qui aurait plus d’impact et comme c’est le nom de la rue dans laquelle j’ai grandi : tout est cohérent !





C’est exactement Bleeker fait très nom de groupe pop à succès comme Weezer…

C’est parfait car c’est exactement ce que nous avons essayé de faire !


Finalement pourquoi avoir choisi d’intituler cet album "Erase You" car c’est assez agressif ?

Nous avons choisi ce titre parce qu’il englobe toute l’idée globale de l’album. Ce n’est pas un sentiment négatif, c’est plus laisser derrière nous certaines choses afin de nous lancer dans des choses nouvelles : c’est un peu ce que nous faisons en voyageant dans de nouveaux pays, découvrir de nouvelles nourritures…


Mais pour la majorité, ça sonne négatif dans le sens où vous semblez vouloir laisser derrière vous des choses négatives…

Dans la chanson, c’est le cas. Cette chanson est en lien avec mon frère plus âgé qui traverse des moments difficiles, je ne le vois plus trop… Il essaie d’aider les gens mais parfois, il ferait mieux de s’aider lui-même : c’est le sujet de la chanson !


Mais un titre comme 'Free' également titre d’une chanson, n’aurait pas été un meilleur titre ?


C’est vrai et nous y avons également pensé ! Mais si nous raisonnions ainsi, nous n’aurions pas choisi Bleeker comme nom de groupe car cela ressemble beaucoup à Bleak (NdStruck : sombre, triste) qui a connotation négative également… Nous espérons juste que le public ne le prend pas ainsi (Sourire) !


Je te rassure, le public français n’aura pas fait le lien…


(Rires)


Sans transition, Bleeker est aujourd’hui composé de trois membres, prévoyez-vous de rester dans cette configuration ?

Hum, aujourd’hui, j’aurais tendance à dire oui mais nous avons rencontré Chris (NdStruck : Chris Dimas) qui joue de la batterie. C’est le meilleur batteur que nous avons rencontré et il colle parfaitement au groupe que ce soit niveau mentalité ou musicalement. Peut-être que pendant la tournée, nous lui demanderons de nous rejoindre… mais aujourd’hui, Bleeker, c’est Mike, mon frère et moi !





Cet album débute par l’énergique 'Highway'. Une telle entame, c’est pour montrer que Bleeker ne perd pas temps avec des longs discours et peut commencer sur les chapeaux de roue ?


(Rires) Il y a de ça ! Mais nous voulions surtout attraper l’auditeur dès le premier morceau.


Mais tu ne crains pas de décevoir l’auditeur enthousiasmé par un super titre introductif et peut-être déçu par une suite moins haute en couleur ?

C’est l’exact opposé de ce qui se fait en concert : tu joues le tube en dernier ! Mais de mémoire, je n’ai pas connaissance d’un album dont le tube est placé en fin d’album… mais ce serait intéressant…


Généralement, il est placé en deuxième ou troisième…

C’est vrai mais si tu le mets en troisième, les gens peuvent arrêter l’écouter à ce moment !


Tu dis que quoi que tu fasses, il n’y a pas de bon choix ?

C’est tout à fait ça (Rires) !


‘Highway’ est n°1 des écoutes sur Ouï Fm. Un tube anglais sur une radio française, as-tu le sentiment de réconcilier les deux langues canadiennes ?

(Rires) Justement, nous évoquions entre nous précédemment la relation entre la France et le Canada. Je sais que je devrais à nouveau prendre des cours de français parce que je suis extrêmement mauvais…


Tu prends des cours, cela signifie que la promo du prochain album serait faite en français ?

(Rires) Plein de mes amis parlent français et je leur ai demandé des conseils mais ça n’ira pas plus loin…
Il y a une différence entre les Français qui parlent français et les Québécois qui ont un accent plus « slang », par exemple, le "oui" canadien ressemble à un canard (Rires) !





C’est exactement la même différence entre l’anglais parlé par un Anglais et un Américain…


C’est vrai, c’est typique de l’accent new-yorkais !


Ouï Fm, mais également deux grands programmes télé comme Taratata, Le Quotidien… Comment expliques-tu cet attrait du public français ?

(Rires) Je dirais que le travail de Replica est central !


Avant de venir ici, nous n’imaginions même pas être joués ici…



Nous travaillons beaucoup avec Replica depuis des années mais tous leurs groupes dont ils s’occupent ne font pas Taratata ou Le Quotidien… cela signifie qu’il y a bien un effet Bleeker, comment l’expliques-tu ?

Je ne sais pas. C’est une question difficile parce qu’avant de venir ici, nous n’imaginions même pas être joués ici… Je n’en ai aucune idée !


Vous leur avez versé beaucoup d’argent, un truc de ce genre ?

(Rires) Non, peut-être parce que le Canada et la France ont des racines communes ?


Oui mais par exemple, un artiste comme Devin Townsend n’est jamais passé sur aucune radio française…


Je ne sais pas quoi mais ce qui est sûr, c’est que ça fait plaisir !





Vous étiez signés sur Roadrunner pour l’album "Small Town Dead". Pourquoi avoir changé de label sur l’album suivant et enfin, quelle impression ça fait d’être signé par Five Seven Music ?

Hum… Etre sur Five Seven Music est incroyable et je ne dis pas ça parce que nous sommes signés chez eux.
L’expérience avec Roadrunner a été compliquée. Nous avions travaillé dur sur cet album qui était un bon album, il a bien marché au Canada mais il n’a pas franchi les frontières de notre pays, ils n’ont pas poussé sa promotion en dehors du Canada.


Selon toi, si "Small Town Dead" avait été sorti par Five Seven, vous auriez déjà été ici devant nous pour en faire la promo ?

Oui, ils savent comment ça se passe, ils ont un sens du marché plus développé : ils ont compris qu’il faut que le groupe soit présent partout où il est possible qu’il se rende pour construire de bonnes fondations.
A l’inverse, aussitôt que l’album était sorti, Roadrunner était passé à autre chose…


Ne penses-tu pas également que le choix de Roadrunner plus axé metal n’était pas adapté à votre musique ?

C’est vrai ! A l’époque, nous adorions "Small Town Dead" mais nous l’avions écrit avec un côté rock lourd pour coller à un label rock. Ce n’était pas le cas avec Five Seven à qui nous avons proposé notre musique sans aucune considération de ce type et finalement, ils ont dit que c’était exactement ce que nous devions faire ! Ils nous ont laissé une totale liberté en nous conseillant parfois : c’est vraiment une relation très enrichissante et cela fait toute la différence !


Five Seven vous a encouragé dans votre choix artistique et votre évolution musicale ?

Tout à fait, les avoir à nos côtés et les voir nous soutenir de la sorte est très important pour nous.


Si tous les titres présents sur cet album sont différents [...]… ils sonnent toujours comme du Bleeker !


Le titre 'Where Is Your Money' est plus psychédélique. Est-ce que c'est important de révéler des influences aussi diverses?

Oui, mais c’est quelque chose de naturel parce que nous écoutons un peu de tout : du hip-hop au rock. Et ce titre a cette vibration un peu Prince.
Mais si tous les titres présents sur cet album sont différents certains plus pop… ils sonnent toujours comme du Bleeker ! Je ne sais pas comment expliquer cela mais c’est plutôt cool de constater que nous avons pu façonner notre propre son.





Vous faites une reprise de 'Radio Radio' d'Elvis Costello. Comment vous êtes-vous réappropriés cette critique au vitriol de l'entertainment?

C’est une histoire vraiment très drôle parce que Five Seven voulait une reprise. Et nous n’avions strictement aucune idée de quel titre reprendre parce qu’à la base, nous ne voulions pas faire de reprise qui est un exercice « commercial » de m…
Ils nous ont demandé quel titre nous avions en tête et le président de notre label a suggéré « Radio Radio » d’Elvis Costello. Nous pensions qu’il plaisantait parce que tu conviendras que c’est hilarant de savoir que cette reprise nous a été demandée par le président du label (Rires) ! Et c’est une nouvelle preuve que ce sont des gens géniaux…


Justement, pour un premier album, vous visez haut, avec cette reprise. Allez-vous essayer de la jouer en duo avec l'auteur original et pourquoi pas au Saturday Night Live?

Ça serait hilarant ! Je me vois bien organiser le truc, être invité pour jouer notre tube et au moment où nous commençons, jouer 'Radio Radio' : ça serait quelque chose d’amusant à faire et un bel hommage à Elvis Costello.


Vous êtes rock, vous êtes énergiques, mais vous savez aussi tirer parti de climats plus doux. Est-ce que c'est cela aussi Bleeker, du rock énergique mais avec ses moments de contemplation et de sensibilité?

Sur scène, nous sommes un groupe de rock mais comme je te l’ai dit précédemment, nous écoutons tout style de musique et cela se ressent dans notre musique qui évolue sans cesse. Mais c’est important pour un groupe comme le nôtre de pouvoir être doux : quand j’écoute un album, j’attends que le groupe me propose une palette de plusieurs couleurs.


Après le tube 'Highway', est-ce qu'un 'Emergency' est conseillé pour prendre de vitesse les radios françaises?

J’estime que ce n’est pas au groupe de choisir ses singles.


Nos chansons sont nos bébés et même si un d’entre eux est moche, tu le trouveras toujours mignon


Qui a choisi 'Highway' comme premier single ?

Nous l’avons fait écouter à plusieurs membres de nos familles, nos amis et le label nous a demandé ce que nous pensions si 'Highway' était le single et nous étions d’accord.
En fait, nos chansons sont nos bébés et même si un d’entre eux est moche, tu le trouveras toujours mignon (Rires) : c’est pour cette raison que je considère que ce n’est pas au groupe de choisir ses singles !


Etes-vous intéressés par des formats plus longs comme le rock progressif ? Musicwaves est un webzine originellement consacré à ce genre, que pensez-vous du rock progressif?

Ecrire une chanson de 6 ou 8 minutes est quelque chose de vraiment cool ! C’est facile quand tu as déjà le côté couplet/ refrain, couplet/ refrain et que tu arrives au pont, c’est assez facile de faire un pont de 10 minutes… En fait, nous avons en tête pour nos futurs concerts qui seront plus longs, nous allons essayer d’écrire une chanson de cette façon et je sais déjà que Mike (NdStruck : Mike Vandyk) notre bassiste qui est très fan de rock progressif va prendre beaucoup de plaisir, de mon côté, cela m’ennuie un peu car je suis plus branché « refrain »… mais les autres membres veulent vraiment écrire un morceau de ce type donc…


Être n°1 des titres joués en France est quelque chose que nous n’aurions jamais osé imaginer.


Qu’attends-tu de cet album ?

Je dirais que c’est en train de se passer. Je ne m’attendais pas de vivre ce que nous vivons aujourd’hui. S’installer au Canada était la première étape qui était super importante puisque que nous tournons au Canada depuis 13 ans maintenant et ça fait pas mal de neige (Sourire).
Voyager à travers les Etats-Unis, venir en France, en Allemagne… étaient des attentes, mais être n°1 des titres joués en France est quelque chose que nous n’aurions jamais osé imaginer. C’est incroyable, nous sommes extrêmement surpris ! C’est étrange pour un groupe comme le nôtre qui tourne depuis tant d’années au Canada de franchir un cap comme celui-ci. D’ailleurs, je me souviens quand mon père me disait il y a deux ans que quelqu’un en France avait écouté nos chansons : je n’y croyais pas ! Pour preuve que c’était quelque chose d’incroyable, mon père lui avait envoyé notre album (Rires) ! Et aujourd’hui, nous voir ici, on se rend compte du chemin parcouru…





Aujourd’hui, ça vous coûterait plus cher !

C’est clair, nous demanderions de payer au moins les frais de port (Rires) !


Depuis notre nomination au JUNO [... ] on me prend enfin au sérieux !



Qu’est-ce que ça fait d’être nommé au JUNO (NdStruck : Les victoires de la Musique canadiennes) ?

Avant, la majorité des gens ne me prenaient pas au sérieux et depuis notre nomination au JUNO, ces mêmes personnes me disent "Oh, tu fais de la musique toi !" (Rires) et on me prend enfin au sérieux ! C’est finalement plutôt amusant ! Et bien sûr, mes parents sont très excités.
Mais de façon générale, c’est une sorte de réalisation qui est importante pour un groupe qui récompense toutes ces années de tournées et d’effort…


Questions traditionnelles de Music Waves avant de se quitter, quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?

Mon meilleur souvenir ? Hum, c’est une question difficile, il faut que j’y réfléchisse…
(Sourire) Je dirais que c’est quand on nous a offert une batterie et une guitare pour respectivement mon frère et moi. Mon grand-père qui jouait également de la guitare a essayé de m’apprendre à jouer mais dès qu’il avait le dos tourné, je mettais ma guitare sur mes genoux et je jouais avec mon pouce 'Smoke on the Water' pendant deux ou trois heures toutes les nuits avec mon frère (Rires) !
Mon meilleur souvenir est donc d’apprendre à jouer de la guitare et quand tu mets les amplis de voir que ça décoiffe !


Tu as évoqué ton meilleur souvenir, au contraire, quel serait le pire ?

Hum… je dirais que ça arrive encore : c’est conduire la nuit pour se rendre au prochain concert. A deux heures du matin, c’est toujours terrible !





On a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Oh… c’est également une question difficile… Mais comme j’ai envie de passer un message à tous les amateurs de musique, il faut soutenir les groupes en allant les voir sur scène. C’est très important de soutenir les groupes qui voyagent pendant des heures et des jours et de votre côté, vous prendrez du bon temps à venir ces groupes qui vous le rendront !


Merci beaucoup

(En français) Merci beaucoup…


Merci à Adrian pour sa contribution…


Plus d'informations sur http://www.bleekerofficial.com/
 
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