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DEFICIENCY (11 AVRIL 2017)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
THRASH

Deux ans et demi après notre rencontre pour la promo de l'excellent "Prodigal Child", nous avions de nouveau rendez-vous avec les membres de Deficiency pour parler de leur nouvel album "The Dawn Of Consciousness"...
STRUCK - 26.04.2017 - 8 photo(s) - (0) commentaire(s)
... l'album de la confirmation, de tous les dangers... appelez-le comme vous le voulez ! Quoi qu'il en soit, nous avons de nouveau débattu de la pression vécue par le groupe pour succéder à l'album de l'explosion "Prodigal Child" et de la suite donnée aux évènements dépendants de l'aspect financier, véritable nerf de la guerre, pour une interview vérité passionnante !


Depuis notre rencontre fin 2013 Deficiency a tourné de manière intensive et a multiplié les grands moments avec nombre de grandes formations nationales et internationales, les souvenirs de ces deux ans de tournées doivent être intenses et forts, qu’en retenez-vous en particulier : le Motocultor, le Conquering Europe Tour, les concerts avec Testament et Machine Head ou un peu de tout cela ou plus simplement notre dernière interview au Hard Rock Café ?


Laurent Gisonna : En premier lieu, l’interview, le reste n’est que secondaire (Rires) !
Non, ce sont des moments absolument fous. Personnellement, chaque évènement a une connotation particulière. Machine Head est un de mes groupes préférés tout simplement. Testament sont des légendes et sur scène, ils te mettent une branlée à chaque fois : c’était un moment magique ! La tournée parce que c’était notre première expérience de tournée, en plus avec des groupes que nous écoutons quasiment depuis leur début et qui sont des crèmes en plus… C’était donc la découverte d’un univers dont nous était rêvé à la base mais qui est devenu concret à ce moment-là.





Surtout ces concerts servent-ils aussi d’expérience humaine pour bien cerner les personnalités et la capacité de chacun à tenir le coup lors d’une longue tournée loin de sa famille, des amis et du confort. Justement vous avez changé de batteur récemment, est-ce que ces expériences vous ont resserré ?

Vianney Habert : Bien sûr, toutes les expériences nous unissent et nous resserrent plus qu’autre chose. De toute façon, l’entité musicale que nous sommes fait que nous partageons tout tous les quatre. Ces expériences ont été riches humainement mais également musicalement. Après, est-ce que ça nous a permis de découvrir les capacités de certains ? Je ne pense pas parce que cela fait quand même un certain temps que nous jouons ensemble : Laurent et moi jouons ensemble depuis fin 2010, Jérôme est arrivé 2012, Thomas plus récemment mais c’étaient déjà des personnes que nous connaissions antérieurement de par leurs anciens projets, qu’on a croisé plusieurs fois notamment en concerts… nous savions donc que c’étaient des personnes avec qui nous étions plus ou moins certains de nous entendre humainement.


Et le départ d’Anthony dans tout cela, cela-a-t-il à voir avec la routine de la tournée et une certaine lassitude ?

Laurent : Anthony faisait partie du groupe depuis le début mais il a eu l’opportunité de partir à l'"aventure" en baroudeur, en Nouvelle Zélande… C’était le moment pour lui dans sa vie professionnelle et personnelle, il avait besoin de ça mais c’est vrai qu’il a eu beaucoup de mal à quitter Deficiency.


C’est une parenthèse ?

Laurent : Non, parce qu’on ne pouvait pas se permettre de l’attendre et aujourd’hui, même si Anthony doit revenir dans le courant de l’année, je me vois mal dire à Thomas : "Merci pour ce moment".


Comment revient-on à la normale après un tel tourbillon, est-ce difficile de se remettre au travail pour un album ?

Vianney : Quand nous composons un album en général, c’est Laurent qui apporte l’essentiel de la structure et des riffs du moment. Après, nous retravaillons tous ensemble les idées -on enlève des choses, on en rajoute d’autres - c’est un travail d’aménagement que nous faisons par la suite.
Nous n’avons pas de période pendant laquelle nous tournons et une autre pendant laquelle nous composons, il arrive que pendant une tournée, nous répétions quand nous avons un créneau de libre et il arrive que Laurent nous dise qu’il a commencé une nouvelle compo pour l’album suivant alors qu’on continue de défendre sur scène le précédent. Il n’y a donc pas de créneau fixe par exemple pour la tournée et la composition sachant qu’il y a également d’autres aspects à régler au niveau de la sortie d’un album comme ceux avec le label, la communication, l’enregistrement, la production…


Pensez-vous avoir trouvé un équilibre niveau communication justement avec les équipes de Replica qui a permis de passer un cap avec le précédent album ?

Laurent : Clairement même si nous avons changé de label…


Notre album précédent nous a permis de nous faire connaître au-delà de notre région, à l’échelle nationale voire un petit peu plus loin.



Et qu’est-ce que cela a changé concrètement pour vous ?

Laurent : Comme tu l’as souligné, notre album précédent nous a permis de nous faire connaître au-delà de notre région, à l’échelle nationale voire un petit peu plus loin.
Bien sûr, cela a changé beaucoup de choses pour nous et on avait envie d’être soutenus d’une autre manière avec un nouveau label, Apathia Records, avec un petit plus de "moyens".
C’est notre évolution qui a justifié ce changement…


Qu’entends-tu par moyens ?

Laurent : Tous sauf ceux financiers : des contacts notamment…


On s’est mis automatiquement et sans le vouloir une espèce de pression parce que "Prodigal Child" a été super bien accueilli.






Quel était ensuite votre état d’esprit au moment de composer le nouvel album ? "Prodigal Child" a été un succès et vous a permis de vous affirmer au sein de la scène heavy thrash française et vous avez réussi votre objectif de franchir un palier supplémentaire, quel est votre objectif suivant : vous faire connaitre encore plus à l’international et continuer d’avancer ? Le tout sachant que vous arrivez à un carrefour délicat, un troisième album c’est souvent un quitte ou double et ce palier n’est pas facile à franchir et peu y sont arrivés au final.

Laurent : Je t’avoue que personnellement, pendant la phase de composition, j’étais assez serein, les choses avançaient… mais quand il a fallu l’enregistrer, rentrer dans toutes les démarches c’est-à-dire les choses concrètes, j’ai eu un gros coup de flip en me demandant si ce nouvel album était aussi bon que le précédent. A notre petit niveau, on s’est mis automatiquement et sans le vouloir une espèce de pression parce que "Prodigal Child" a été super bien accueilli.
Comme je disais, j’ai donc eu ce coup de flip pendant cette dernière année qui vient de s’écouler : j’espérais que ce nouvel album allait nous permettre de continuer au moins au niveau où nous en sommes en termes de tournées, de premières parties, de festivals… Si on arrive à maintenir ce niveau d’intérêt, le même retour au niveau public, pour moi, ce serait déjà une réussite !


Je comprends que beaucoup de groupes peuvent perdre la foi [..] : plus tu montes, plus c’est la misère !



On parlait en 2013 de vos confrères de The Arrs, malgré un talent certain le groupe a décidé de jeter l’éponge après une dernière tournée. Comment voyez-vous cette situation où des groupes talentueux doivent arrêter leur carrière ? Qui est responsable au final, les fans qui n’achètent plus ou ont du mal à venir aux concerts, les médias qui parfois ne soutiennent pas les groupes de forte manière ou une conjoncture difficile pour les groupes qui doivent à côté de la musique subvenir à leurs familles et leurs besoins ?

Vianney : C’est un petit peu de tout ça en même temps ! C’est vrai que comme tu l’as dit, la conjoncture est de plus en plus difficile. On peut également dire qu’il y a de plus en plus de groupes sur le "marché" qui est de plus en plus concurrentiel.

Laurent : Le terme marché convient parfaitement à la situation. Même à notre petit niveau, c’est du business : pour un groupe comme le nôtre, il y a beaucoup de business autour.
Malgré tout, depuis que nous avons mis un petit pied dans le monde semi-pro voire pro avec les groupes avec qui nous avons pu tourner, nous avons constaté qu’il y avait un monde de différence et nous avions l’impression d’être tout en bas de l’échelle alors qu’on avait énormément donné pour en arriver à notre niveau. Tu passes du haut du premier palier à tout en bas du deuxième palier et à ce moment, je comprends que beaucoup de groupes peuvent perdre la foi notamment ceux que tu cites qui n’étaient même à l’aube du deuxième palier, les mecs étaient déjà au quatre ou cinquième palier : plus tu montes, plus c’est la misère ! Et tu aurais pu citer Kronos qui viennent d’annoncer leur split : Kronos, quoi, putain… The Arrs….

Vianney : Ça fait mal au cœur !


Même si le groupe est jeune, craignez-vous déjà de devoir aussi un jour tout arrêter ?

Laurent : Je pense que ce qui nous ferait vraiment arrêter définitivement, c’est quand au niveau économique, on ne pourra plus suivre : une sortie d’album, ça coûte du pognon !


Aujourd’hui, vous êtes à l’équilibre ?

Laurent : A l’aube de la sortie de cet album, nous sommes à moins quelques centaines d’euros de notre poche.
Mais il arrivera forcément un jour où nous n’arriverons plus à mettre tous les trois ou quatre ans, ces sommes de notre poche : ce n’est pas possible !


Actuellement, beaucoup de groupes perdent de l’argent en tournée, c’est ce qui peut tuer le groupe !






C’est votre principale crainte ?

Laurent : Oui parce qu’en début d’interview, tu as cité notre pedigree en live et même si les retours sont toujours unanimement positifs, pour autant nous n’arrivons pas à obtenir des cachets corrects. C’est compliqué et les ventes de CD, de t-shirts ne suivent pas…
Pour avoir des cachets corrects, tourner dans de bonnes conditions… il ne faut pas perdre d’argent en tournée or actuellement, beaucoup de groupes perdent de l’argent en tournée, c’est ce qui peut tuer le groupe !


Quelle est la solution : ne plus tourner ?

Laurent : Si tu ne tournes pas, tu ne vends pas… c’est le serpent qui se mord la queue !


Ou du moins se cantonner à des premières parties ou des festivals ?

Laurent : Encore faut-il pouvoir le faire.

Vianney : En effet, si on donne de visibilité en faisant ces tournées avec de plus petites « dates », on risque de ne pas nous appeler.


Bref, pour en revenir à la question précédente, le but n’est pas de faire aussi bien mais mieux avec cet album ?

Laurent : Si, pour continuer à le faire…


Oui mais si vous le faites dans ces conditions, vous continuerez à mettre de votre poche et donc amener à arrêter à un moment ou un autre…


Laurent : Dans ta question précédente, je voyais un objectif au niveau du groupe mais c’est vrai que c’est lié, je n’y avais pas pensé.

Vianney : L’objectif serait de combler ce gap qu’on avait pu avoir sur le précédent album.


Tant qu’on y arrive et qu’on est prêts à faire ces efforts : on continuera parce que nous sommes des vrais passionnés !



Mais vous avez dû en parler entre vous : quelle est votre solution car la vie du groupe en dépend ? J’ai même envie de dire c’est la question principale…

Laurent : C’est compliqué ! Écoute tant qu’on y arrive et qu’on est prêts à faire ces efforts : on continuera parce que nous sommes des vrais passionnés !
On fait comme on peut avec notre niveau, on prend les plans les uns après les autres : appelez-nous pour nous programmer, dépêchez-vous !


Après ces considérations un peu philosophiques et peu optimistes aussi, revenons-en à la musique. Proposer un album conceptuel semble quelque chose de naturel pour vous, partez-vous directement d’une idée pour écrire, ou bien le concept vient-il naturellement au fur et à mesure des sessions d’enregistrement ? Ici vous abordez un thème classique, l’humanité face à ses démons et sa chute et sa tentative de renaissance, le sujet est souvent abordé, comment avez-vous travaillé ce thème pour sortir du lot ?

Laurent : Comme je suis celui qui amène plus d’idées qu’elles soient musicales ou conceptuelles, j’arrive plus facilement à écrire des morceaux dans un concept album qu’écrire dix morceaux dans dix thématiques différentes : c’est aussi simple que cela !
Après pour répondre à ta question, la musique se commence toujours avant -je suis avant tout musicien et c’est ça qui m’anime : j’écoute la musique avant tout- et forcément, le concept vient de lui-même sur des questions existentielles qu’on se pose et on cale les thématiques en fonction des morceaux. Malgré tout, il peut arriver que certains plans soient développés en fonction des paroles mais c’est très rare. De façon générale, j’écris les paroles en dernier.


Lors de notre rencontre précédente vous aviez déjà évoqué votre envie d’en offrir plus, dans une époque où les gens consomment la musique comme un MacDo, vos concerts et vos rencontres avec le public vous ont-ils rassurés sur ce point-là, se dire en fait qu’il reste une frange de personnes qui vont au-delà du simple aspect musical pour fouiller les textes et les thèmes ?

Vianney : Oui (Rires) ! Plus sérieusement, pour l’instant sur le troisième album, on vient de faire notre release party, il y a quelques premiers retours des médias… et cela nous a confortés !

Laurent: Toutes les craintes que j’évoquais tout à l’heure, en l’espace de trois semaines, juste avant la sortie de l’album, tout s’est très bien passé : c’est génial !

Vianney : Apparemment, ça a convaincu et ça nous a convaincu aussi (Sourire) !





L’album est composé de 10 titres et tous dépassent les 5 minutes, vous développez de longues plages instrumentales, vous aviez besoin pour exprimer vos idées de proposer de longs passages ?

Laurent : Peut-être que c’est l’impression qu’on a en tant qu’auditeur mais personnellement, je vais dire que je ne ressens pas cela par rapport à "Prodigal Child" parce que je ne fais que chanter en concert, je n’ai pas de temps mort par rapport à l’album précédent.
Malgré tout, il a quand même des passages instrumentaux assez longuement développés sur certains titres mais j’ai l’impression que c’est une recette qu’on a toujours appliquée et qui est tout à fait naturelle pour nous.


L’ensemble est souvent bien technique et musicalement si on retrouve ce thrash moderne teinté de heavy qui a fait la force du groupe, et on retrouve aussi une bonne dose de death metal à la fois technique et mélodique. Sur ‘Newborn’s Awakening’ et ‘Uncharted Waters’, ‘Face The World We Experience’ ou ‘Nausera’ on pense à du Meshuggah mais aussi Cynic ou Cephalic Carnage pour ce côté furieux et technique mais très maitrisé. Je vous ai vu sourire à l’écoute de ces comparaisons, je ne suis pas le premier à les faire…

Vianney : Cephalic Carnage pas forcément mais Meshuggah revient. Et ça nous fait sourire parce que c’était le titre de travail de la chanson « Meshuggah » : nous étions partis sur un rythme un peu décalé, des mesures qui ne sont jamais les mêmes…

Laurent : Mais le morceau reste quand même très thrash et heavy malgré tout. Ça ne ressemble pas du tout à du Meshuggah…

Vianney : Ça ne ressemble pas du tout à du Meshuggah fondamentalement parlant mais il y a des petites connotations qui expliquent le parallèle et notre sourire (Sourire)…


On écoute plein de styles différents et Deficiency est la synthèse de nos influences !


Votre différence en fait vient de votre capacité à calmer le jeu et retrouver ce ton plus mélodique et proche d’un thrash moderne. Vous aviez envie de varier les plaisirs avec cet album et de quand même monter d’un cran dans la puissance ?


Laurent : C’est tout simple, on écoute plein de styles de metal différents : on n’écoute pas que du thrash ! On écoute du death, du death mélo, du metal symphonique, du djent, du metal mélodique, du rock mélodique… on écoute plein de styles différents et Deficiency est la synthèse de nos influences !  


En synthèse, on a un peu l’impression d’écouter un mix réussi de Meshuggah et de Soilwork et le meilleur exemple est un titre comme ‘From A Less To A Greater Perfection’ pour cette technique parfaite mais aussi pour ce groove, ce côté accessible qui aère à merveille la chanson. On retrouve encore un peu cette trace heavy dans quelques soli et riffs mais cette empreinte est plus diffuse que par le passé, vous aviez besoin de passer à autre chose ?

Laurent : Ecoute, je vois la musique telle que je l’écoute et qu’elle m’impacte personnellement : il faut un refrain béton, un refrain que quand tu l’entends une fois, il reste gravé…


… d’où Soilwork…

Laurent : Comme tu le dis ! Il faut que tous les titres, tu puisses les identifier en fonction du refrain, du couplet, d’un développement de musique. Et je pense que dans tous les titres qu’on a créés dans ce nouvel album, il y a les trois ingrédients qui sont plus ou moins réunis.

Vianney : Malgré tout, je pense que le raccourci Meshuggah/ Soilwork est un peu réducteur car autant Meshuggah peut être un titre de travail d’une chanson, autant ce n’est pas vraiment ce qui constitue le principal de notre musique.
Donc d’une façon globale, je prendrais volontiers la comparaison avec Soilwork mais pour l’autre, je prendrais plus un thrash à la Megadeth ou Machine Head


On fait très attention à ne pas tomber dans la redondance et pour cela, on varie les tempi, on varie les tonalités…



Et ce qui nous frappe c’est la variété du propos, l’album garde une grande cohérence alors qu’il ne se fixe aucune limite ni frontière musicale. Vous avez clairement construit le disque et son enchainement des titres pour bien entrainer l’auditeur dans votre univers ?

Laurent : On fait très attention à ne pas tomber dans la redondance et pour cela, on varie les tempi, on varie les tonalités… En écoutant notre album, tu n’auras jamais deux titres de suite qui seront dans la même tonalité. Selon moi, il y a énormément d’albums qui sont en ré, en do, en si… en ce que tu veux du début à la fin et en fait, tu as l’impression de n’écouter qu’un seul morceau parce que les tempi et les accordages sont souvent les mêmes et c’est à tout prix ce que nous voulons éviter. Donc comme je te le disais tout à l’heure, nous travaillons énormément nos refrains en essayant de les différencier d’un titre à l’autre, les accordages, les tons des morceaux un te rappellera Machine Head, un autre Meshuggah, un autre Lamb of God, un autre Death Angel… C’est ainsi que nous travaillons les morceaux tout en explorant un peu plus loin chaque aspect que tu as évoqué tout à l’heure : l’aspect mélodique…

Vianney : Je pense que cela nous permet de proposer des ambiances différentes pour chaque morceau ce qui fait que comme Laurent le soulignait, l’auditeur n’a pas le temps de se lasser. Autant les morceaux peuvent être longs, autant on essaie de jouer avec cette non-redondance, cette diversification entre les morceaux pour captiver l’auditeur.





Vous proposez aussi un titre instrumental avec ‘And Now Where Else To Go’, sur 8 minutes vous faites très fort, si je dis que ce titre est celui de la maturité musicale que vous n’auriez peut être pas pu faire avant sans tomber dans l’excès qu’en pensez-vous ?

Laurent : C’est assez bizarre parce qu’on voulait absolument boucler la boucle : dans nos deux premiers albums, il y avait un instrumental donc on voulait faire un instrumental.
D’ailleurs si tu écoutes les trois morceaux, même si ils sont très différents, ce sont toujours les mêmes thématiques, les mêmes gimmicks, les mêmes enchainements qui reviennent…
C’est assez bizarre que tu nous poses cette question parce que c’est le titre que nous avons fini à l’arrache : par exemple, les parties de batterie ont été travaillées en studio.


N’est-ce pas une façon d’aborder le process de composition différente à explorer sur les prochains albums ?

Laurent : Peut-être, ce n’est pas une mauvaise idée : travailler sous la pression !

Vianney : Sachant que comme les parties de batterie, certaines de mes parties de basse ont été faites en studio même. J’avais pas mal d’idées sur certains passages mais je ne savais pas laquelle intégrer et je me suis remis intégralement au producteur David Potvin du Dome Studio qui a choisi les idées que je n’arrivais pas à départager.

Laurent : En tous cas, j’ai pris énormément de plaisir à composer et à enregistrer cet instrumental.


Nous souhaitons vraiment conserver ce style thrash qui a beau être moderne mais qui garde des racines old-school.


David Potvin, Soilwork… on pense inévitablement à T.A.N.K. : vous classez-vous dans cette catégorie ?

Vianney : Il peut y avoir des similitudes mais les genres que nous développons sont assez différents : je dirais qu’ils ont une petite dose de modernité supplémentaire par rapport à nous dans la mesure où nous souhaitons vraiment conserver ce style thrash qui a beau être moderne mais qui garde des racines old-school. Mais cela ne nous empêche pas de beaucoup aimer T.A.N.K. et c’est vrai qu’on peut se rapprocher d’eux sur certaines parties mélodiques, les refrains qui se veulent accrocheurs…


T.A.N.K. a fait le buzz avec des featurings notamment celui avec Björn Speed Strid de Soilwork : est-ce que c’est une chose à laquelle vous réfléchissez pour franchir un nouveau cap ?

Laurent : Ecoute, on l’a fait pour cet album avec Alain Clément à la guitare sur un des titres.


Je pensais à un featuring internationalement reconnu…

Vianney : Je ne pense pas qu’un featuring puisse changer fondamentalement la donne. Cela peut apporter un plus mais il faut savoir que les featurings ne sont généralement pas gratuits (Sourire)…

Laurent : En tous cas, je tiens à souligner que le featuring d’Alain Clément a été fait à titre gracieux et c’est le choix du cœur.


Enfin j’ai envie de vous parler de 'Post Knowledge Day' et de son violon sur la première minute. Proposer cet air de violon avant de foncer droit au but c’était une envie de tromper l’auditeur pour mieux l’écraser de puissance ?

Laurent : Si tu veux, dans le concept, l’instrumental boucle un peu la boucle des six titres qui parlent des émotions primaires. Et ensuite, il faut relancer la dernière partie de l’album qui est la conclusion de l’histoire et forcément, pour faire cela, il fallait marquer une petite rupture qui n’a pas été faite pour marquer l’auditeur puisque nous l’avions déjà fait par le passé mais c’est venu naturellement.


Ce titre en tout cas est parfaitement révélateur de cet esprit à la fois rageur et mélodique, il a tout du hit en puissance…

Laurent : … hormis sa durée (Rires) !





… avec son refrain énorme, vous pensez qu’il peut vous aider à fédérer un large public autour de vous et qu’il peut vous permettre de progresser encore ?

Laurent : Peut-être. Je n’aurais pas forcément cité ce titre même si c’est peut-être un des titres sur lequel j’ai pris le plus de plaisir à composer.

Vianney : Egalement !

Laurent : Après, est-ce que le type de titre qui entre dans les cases du titre qui te permet de… ? Je ne sais pas.


Cela on le doit aussi je pense à Laurent, vocalement tu arrives à être à la fois bon en chant clair et rapide qu’en chant plus proche du growl et du death. Sur ‘Another Fail To Come’, tu es bluffant tant tu varies les tons sans sembler te forcer. Si je dis que tu es l’un des vainqueurs de ce disque et l’artisan de sa réussite vous êtes d’accord je suppose tant le travail accompli est énorme?

Laurent : Je ne pourrais pas répondre à cette question (Rires) !

Vianney : Effectivement comme je l’ai dit auparavant, il faut quand même souligner que c’est Laurent qui amène l’essentiel des compositions, du concept… et ça serait cracher dans la soupe que de dire qu’il ne fait pas énormément pour le groupe autant musicalement que pour tout le reste…


Ne crains-tu pas que le groupe soit résumé au seul Laurent que ce soit par son travail et le fait qu’il soit le frontman ?

Vianney : Non, parce que tout seul sur scène, il ne joue pas ! Il y a beaucoup de gens qui veulent s’éclater comme ça mais ça se cantonne à des projets studio. Je lui fais énormément confiance, ça fait des années que je le connais et je sais très bien que s’il fait un groupe, c’est pour la passion, c’est pour le live
Fondamentalement, ça ne me dérange pas de lui confier toutes ces tâches parce que je sais qu’il le fait très bien !


Merci beaucoup

Laurent : Merci à vous, c’était un plaisir de vous revoir à nouveau !





Merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.deficiency.fr/
 
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