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TITRE:

AKROMA (18 AVRIL 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

BLACK METAL



A l'occasion de la sortie du quatrième album d'AkromA "Apocalypse", nous avons rencontré ses deux têtes pensantes...
STRUCK - 12.05.2017 -
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Une longue et riche interview placée sous le signe de la bonne humeur durant laquelle il sera question des ambitions du groupe, de son (non) rapport à la scène, la présence de Dirk Verbeuren et donc de Megadeth mais également de Michel Fugain et Charles Aznavour... Patrick Sébastien et Jul !



Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?


Alain "Bob" Germonville : Pour AkromA, c’est pourquoi on ne fait pas de concert…

Matthieu Morand : C’est effectivement la question la plus courante.

Bob : Et c’est tout simplement parce qu’on est trop mauvais (Rires) !


Votre actualité est le quatrième album d’AkromA qui est né de votre rencontre en 2003, AkromA a toujours livré des albums de très grande qualité, le groupe me semble prendre le temps de composer et de peaufiner son travail, est-ce le cas ?

Matthieu : C’est effectivement le cas, nous prenons du temps pour essayer de sortir un produit de qualité…





J’avais la réponse dans ma question finalement ?

Matthieu : Absolument. Mais c’est vrai que même si nous n’habitons pas loin l’un de l’autre, on a quand même beaucoup de mal à se voir (Sourire). Ensuite, il faut trouver le concept et bien le travailler. Forcément, comme on ne fait pas de concert, on n’a pas la tête occupée par la scène et trouver des dates, on peut donc trouver le temps d’élaborer un concept bien comme il faut et aller jusqu’au bout.


Et l’idée de ce nouvel album est arrivée quand ?

Matthieu : En 2014. Mais c’est vrai que nous discutons parfois de ce que nous voudrions faire avant même que l’album d’avant soit sorti. En fait, entre 2010 et 2014, nous avons réfléchi à tout cela et en 2014, on s’est vraiment penché dessus. Mais le plus long reste d’écrire la musique.


On se connait assez bien pour savoir ce que l’autre veut et ce qu’on attend de l’autre



Et le fait de ne pas tourner ensemble contribue-t-il à allonger ce temps entre chaque album ?

Matthieu : Non parce que nous ne travaillons pas forcément de manière collaborative. J’écris la musique et une fois que c'est fait, je lui laisse écrire les textes.

Bob : C’est vrai qu’on se connait assez bien pour savoir ce que l’autre veut et ce qu’on attend de l’autre.


Qu’est-ce qui prend le plus de temps dans le processus ?

Matthieu : Il me dit qu’il écrit ses paroles en 24 heures et que je mets deux ans pour écrire la musique : on va donc dire que c’est moi…

Bob : C’est vrai que tu es plus lent !


Pourquoi avoir fait appel à Dirk Verbeuren que tu connais pour avoir joué lui chez Scarve sur cet album, alors que sur les albums précédents (Seth et La Cène) c’était Thomas (NdStruck : Thomas Das Neves) actuellement chez Deficiency qui assurait les parties de batterie ?

Matthieu : Tout simplement parce qu’on a eu l’opportunité de travailler avec Dirk sur cet album.






C’est surtout difficile de trouver un trou dans son agenda aujourd’hui ?

Matthieu : On a eu l’opportunité de travailler avec lui avant qu’il n’intègre Megadeth.


C’est quelque chose qui serait impossible aujourd’hui ?

Matthieu : Je pense que ce serait très, très compliqué. Il a tenu les engagements qu’il avait pris avec ses divers projets lorsqu’il était dans Soilwork. Maintenant, aujourd’hui, ce serait plus compliqué notamment contractuellement, je ne sais pas comment ça se passe…


Pour le prochain AkromA, il faudra donc trouver un nouveau batteur ?

Matthieu : Je ne saurais dire…


Quand on a vu que son arrivée au sein de Megadeth était officialisée, on s’est dit qu’automatiquement, il y allait avoir des retombées mais on n’a pas pris Dirk Verbeuren pour avoir une exposition médiatique supérieure.



Est-ce pour la présence de Dirk va jouer selon vous comme une accroche commerciale pour faire parler d’AkromA ?

Bob : Oui mais nous ne l’avons pas pris pour cela non plus.

Matthieu : Quand on a vu que son arrivée au sein de Megadeth était officialisée, on s’est dit qu’automatiquement, il y allait avoir des retombées mais on n’a pas pris Dirk Verbeuren pour avoir une exposition médiatique supérieure.
Depuis qu’on a commencé AkromA, Bob venait tout juste de quitter Scarve : il côtoyait donc Dirk quasiment tous les jours. On a toujours eu envie de travailler avec Dirk depuis le début mais les opportunités n’ont pas pu se concrétiser pour divers raisons.


Sa présence sur l’album n’a rien d’opportuniste


Malgré tout, avec cette exposition médiatique supplémentaire, peut-on dire qu’AkromA ouvre un nouveau chapitre de sa carrière comme en témoigne cette promo parisienne avec une autre vision du projet et des sorties plus régulières… ?

Matthieu : Non, ça ne changera pas du tout notre façon de faire de la musique.

Bob : Après, c’est le quatrième album, beaucoup de personne se disent déjà que c’est l’album de la maturité et qu’enfin, on va sortir un bon album (Rires) ! AkromA n’a cessé de progresser depuis toutes ces années et ces quatre albums mais c’est vrai que Dirk a amené quelque chose sur cet album. Mais nous avons pris Dirk en tant que notre ami Dirk et non pas le batteur de Megadeth.

Matthieu : Sa présence sur l’album n’a rien d’opportuniste.

Bob : Quand Matthieu m’a annoncé que c’est Dirk qui jouerait de la batterie sur l’album, je suis tombé sur le cul par rapport à ce qu’il est devenu et malgré tout, il vient quand même jouer avec nous parce que ça lui fait plaisir de revenir jouer avec nous : ce mec est une bête de batterie qui a une humilité folle !


Et toi qui as joué avec lui au sein de Scarve, quand tu vois son ascension, tu ne dis pas parfois que tu as loupé le coche ?

Bob : Non, mais il faut dire que des six membres de Scarve, j’étais le seul à bosser à côté, les autres vivaient de la musique… Et quand j’ai quitté le groupe, c’était à cause de mon boulot : la musique m’apportait du plaisir mais mon boulot me faisait vivre ! J’ai donc dû faire un choix et j’ai fait le choix de la raison.
Peu de temps après, j’ai vu Mat qui m’a dit qu’il montait AkromA qui ne serait qu’un groupe studio et qui ne ferait aucun concert.


AkromA correspondait totalement à ton équilibre privé/ professionnel…

Bob : Totalement !





Malgré tout pour avoir rencontré Arjen Lucassen qui disait ne jamais vouloir monter sur scène, il va cependant donner quelques concerts exceptionnels : n’est-ce pas quelque chose d’envisageable ?

Bob : Oui mais ça serait un boulot monstre parce qu’on n’a jamais joué ensemble ! La seule fois où nous avons joué ensemble, c’est pour le clip de ‘Simon’.
Nous faisons des albums conceptuels très longs à développer et pour retranscrire cela sur scène, il faudrait réunir plein d’éléments que nous ne sommes pas en mesure de réunir.


Mais n’est-ce pas frustrant ?

Bob : Bien sûr que si, j’adore la scène…

Matthieu : … c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons d’autres groupes à côté : AkromA, c’est le petit bébé…


On ne reviendra certainement jamais sur cette décision qu’est la nôtre de ne pas prendre le risque de faire quelque chose qui ne nous corresponde pas et qui ne répondrait pas à l’attente ni de nous-mêmes ni du public…


… Oui mais comme cette journée promo sur Paris en atteste, nous ne sommes plus trop dans le domaine du petit bébé…

Bob : Il faudrait investir de l’argent et on ne peut pas se le permettre. Nous avons plein d’opportunités mais honnêtement, jouer AkromA dans un club : ça ne passerait pas ! On respecte trop notre musique et le boulot qu’on met dedans pour jouer dans un petit club avec deux, trois lumières. Attention, je n’ai rien contre ça, on l’a fait pendant des années.

Matthieu : On ne reviendra certainement jamais sur cette décision qu’est la nôtre de ne pas prendre le risque de faire quelque chose qui ne nous corresponde pas et qui ne répondrait pas à l’attente ni de nous-mêmes ni du public… mais que ce soit bien clair, je dis ça sans aucune prétention : on ne se la pète pas, c’est juste qu’on pense que c’est une musique qui mériterait une production colossale.

Bob : Mais soyons honnêtes, nous rêverions de jouer sur scène mais nous préférons nous abstenir plutôt que de faire de la merde.


Outre la présence de Dirk, une autre nouveauté se trouve dans le chant de Laura -bien que déjà présente sur l’opus précédent : un chant en latin, pourquoi ce choix sachant que peu comprennent cette langue ?

Matthieu : En fait, le choix du latin découle automatiquement de la forme musicale qu’on a choisie pour ce disque, à savoir un requiem, qui pour ceux qui ne le savent pas est une messe pour les morts et c’est une trame qui est existante pour toutes les messes pour les morts. Le texte est en latin, initialement, il y a même une mélodie liturgique qui est censée être toujours la même.
Bref, on avait la forme musicale à savoir le requiem, on avait le texte existant… on s’est dit qu’il fallait garder la langue.


On avait envie d’internationaliser notre musique en termes d’exposition médiatique.



Et pourquoi avoir choisi cette fois le chant en anglais, alors que justement la force d’AkromA résidait dans ce black metal en français ?

Matthieu : C’est une question qu’on a mûrement réfléchi aussi. On avait envie d’internationaliser notre musique en termes d’exposition médiatique. C’est vrai qu’en France, dans les pays francophones, les gens sont attachés aux textes pour pouvoir se plonger dedans, s’identifier…
C’est donc une grosse étape mais ça faisait longtemps que j’avais envie de passer à l’anglais. On en a longuement discuté entre nous, on avait tous envie de tenter cela sachant qu’à l’international, le public, les médias revenaient souvent en disant qu’ils ne comprenaient pas.


Mais tu avoueras qu’en français ou en anglais, quand il s’agit de chant extrême, tu ne comprends pas les textes, il faut de toute façon le livret…


Bob : C’est vrai que même moi, je ne les comprends pas (Rires) !





Ce chant anglais illustrant une volonté d’internationalisation, avec le recul, la présence de Dirk tombe à point nommé pour réunir tous les éléments d’un coup de projecteur international sur AkromA ?

Bob : Les gens vont peut-être penser cela mais pour moi, Dirk, c’est le mec que je voyais jouer en slip (Rires) ! On a fait des concerts ensemble, on s’est battu à coups de coussin dans la tronche… Les gens vont se dire que c’est le batteur de Megadeth mais pour nous, c’est notre Dirk : quand il y avait un souci et quand tu cherchais un batteur sur Nancy, il n’y avait qu’à "demander au Dirk" (Rires) !


On fait confiance aux personnes qui vont écouter l’album…



Sans transition, on parlait du choix latin, n’avez-vous pas peur de paraître trop intellectuel ou trop élitiste ?

Matthieu : Non ! Franchement, on fait confiance aux personnes qui vont écouter l’album…

Bob : Ils connaissent AkromA depuis longtemps et ils savent qu’on se casse le cul pour les textes.


Le public qui écoute du metal est un public relativement instruit.


Oui, mais les gens qui vont vous découvrir avec cet album parce que ça va être le cas…

Matthieu : Je pense que le public qui écoute du metal est un public relativement instruit.

Bob : Je n’ai pas envie de chanter n’importe quoi, je lis des livres…

Matthieu : … ah bon ?

Bob : Oui, oui, d’ailleurs, j’ai lu toute la bibliographie de Oui-Oui et là, je m’attaque à celle de Babar (Rires) !
Mat pense ses albums comme des films avec un début, un milieu et une fin : il faut donc qu’il y ait une histoire. Et moi, c’est pareil, je ne peux pas chanter deux fois le même refrain ou alors je le chante différemment ou un mot change mais je ne chante pas mes chansons comme de la pop. Même si on n’aime pas les chants extrêmes, en lisant les textes notamment l’album "Sept", tout s’illumine, tu comprends pourquoi le personnage est énervé et le chant extrême qui part dans les aigus… On se casse le cul à faire quelque chose de cohérent : il ne faut pas écouter l’album distraitement, il faut écouter plusieurs fois un album d’AkromA pour comprendre l’histoire, parfois moi-même je ne comprends pas ce que je chante (Rires) !

Matthieu : Ce qui est également intéressant, c’est que nous intégrons des éléments dans nos disques pour les personnes qui veulent vraiment entrer dedans : des clins d’œil, des références qui ne sont pas forcément auditives…

Bob : Il y a des références à Iron Maiden sur certains passages. Pour l’anecdote, dans ‘Simon’, il y a des références sur certains passages à Michel Fugain, Charles Aznavour, j’ai même mis une phrase de Soprano, de Grand Corps Malade, une des Dix Commandements…


Dans ‘Simon’, il y a des références sur certains passages à Michel Fugain, Charles Aznavour, j’ai même mis une phrase de Soprano, de Grand Corps Malade, une des Dix Commandements…



Tu plaisantes ?

Bob : Non, non, c’est très sérieux parce que j’aime les passages des chansons que j’ai citées mais je sais qu’ils ne le savaient même pas (Rires) !

Matthieu : C’est bon, on a parlé des textes, on peut parler de la musique maintenant… parce que par exemple, sur le premier album, j’utilisais à un moment donné la suite de Fibonacci pour faire une rythmique : des choses de ce type que tu ne pourras découvrir que si tu vas au fond de l’album… et encore !


Par ailleurs on sent que au fil des albums, notamment sur celui-là, AkromA s’éloigne du black metal, et entame un virage vers un metal plus pluriel (pas si éloigné que ça de Misanthrope). Etait-ce une volonté de votre part d’élargir votre musique et de proposer un metal plus diversifié, plus progressif au final ?


Bob : J’aimerais dire à ceux qui nous comparent à Misanthrope que ça n’a rien à voir ! J’ai lu que mon chant qui était un clone de Misanthrope mais j’estime qu’on n’a pas du tout la même interprétation.

Matthieu : C’est vrai qu’on a eu assez régulièrement cette comparaison avec Misanthrope…






Comment l’expliquez-vous ?

Matthieu : Le chant français ?


Mes influences progressives sont peut-être plus ressorties sur cet album mais elles étaient déjà presque plus présentes sur le premier album.



Oui mais ce n’est plus le cas sur cet album…


Matthieu : Je ne sais pas, ce côté progressif qui vire vers le black ? Peut-être également le fait de l’avoir en tant qu’invité mais cette comparaison existait avant…
Mais la question est de savoir si c’est une volonté ? Non ! C’est l’évolution naturelle du groupe qui tend vers ça. Effectivement, mes influences progressives sont peut-être plus ressorties sur cet album mais elles étaient déjà presque plus présentes sur le premier album.


Avec le choix du chant latin notamment, le groupe se rapproche du gothic et s’éloigne du black, pour se rapprocher de groupes comme Elend, est-ce votre opinion ?

Matthieu : Ah pourquoi pas ? Je trouve la comparaison intéressante même si je t’avouerai que je connais très peu leurs nouvelles productions. Un groupe comme Elend a un univers qui est assez identifiable, unique : ils ont une démarche artistique dans laquelle je me retrouve.


Comment s’est passé le processus de composition pour allier une certaine complexité dans le chant lyrique et sur certains riffs et un aspect immédiat, très metal ?

Matthieu : Ce n’est pas recherché : je ne compose pas tel ou tel passage en me disant par exemple que Laura va chanter dessus. En fait, je termine le morceau et c’est ensuite que j’essaie de visualiser où le chant de Laura sera le plus judicieux à placer. Tout ce que je fais est assez naturel. Et il n’y a aucune directive artistique donné à Bob, Pierre-Yves ou Laura… elle fait ce qu’elle veut, il n’y a que le texte qui est incompressible !


Vos disques sont influencés par la mystique et la religion, est-ce un élément primordial pour vous ?

Matthieu : Je ne dirais pas que cet album est influencé par le côté mystique et la religion. Je dirais plutôt que la Bible est l’élément de départ de cet album. Même si c’est paradoxal de dire ça, nous n’avons pas vraiment d’influence religieuse.


Sommes-nous un groupe de black dans son sens le plus pur du terme tel que le prônait Mayhem ou Marduk ? Non, nous serions plus dans l’héritage de Dimmu Borgir, Cradle of Filth… des groupes qui n’ont finalement que très peu à voir avec le true black.


Justement vous prenez le contre-pied du black historique qui combattait la religion, vous semblez plutôt vous appuyer dessus pour dépeindre la folie et les tourments de l’âme, alors êtes-vous vraiment black ?

Matthieu : Sommes-nous un groupe de black dans son sens le plus pur du terme tel que le prônait Mayhem ou Marduk ? Non, nous serions plus dans l’héritage de Dimmu Borgir, Cradle of Filth… des groupes qui n’ont finalement que très peu à voir avec le true black. Nous n’avons pas cette volonté de nous afficher comme un groupe de black metal, nous faisons du metal extrême sachant que sur cet album, il y a 50% de chant death !

Bob : C’est vrai que comme nous chantions en anglais, en latin, on s’est dit qu’on allait changer un peu. J’ai donc envoyé des pistes où j’ai changé un peu le chant pour donner un peu plus de couleur. Nous avons fait comme pour "La Cène", quand on a invité les "apôtres" qui avaient amené d’autres voix, sauf que nous n’avons pas invité de chanteur et les différentes voix seront faites par nous-mêmes…


Nous n’avons pas cette volonté de nous afficher comme un groupe de black metal, nous faisons du metal extrême



Par ailleurs on a vu sur votre page Facebook, que vous avez cité dans une interview le père Bertrand Monnier -on s’attendait plus à voir à notre ami Robert Culat- , comme une de ces références pour son amour du metal. Qu’est-ce que cela vous inspire comme réflexion ?

Matthieu : Je trouve ça cool ! C’est lui qui nous qui a accueilli dans son église à Dieue-sur-Meuse pour faire le clip de ‘Simon’. C’est un fan de metal accompli qui œuvre beaucoup pour dédiaboliser le style du moins dans sa paroisse que ce soit auprès des jeunes mais également auprès des moins jeunes. Il est super-actif dans une association vers Verdun qui s’appelle Metal Physique qui produit également des concerts de metal…
Je trouve ça cool car il a cette intelligence de comprendre qu’on prend la Bible comme élément conceptuel et que nous sommes ni pro-religieux ni anti-religieux…


Le metal est-il une nouvelle mode dans le monde catholique et peut-on espérer qu’à l’avenir le Hellfest ne soit plus l’objet d’attaques ?

Matthieu : Ça va dans le bon sens si de jeunes prêtres œuvrent pour dédiaboliser le style et que les gens comprennent que tout ça, c’est du théâtre…


Et pensez-vous que ce soit un mal franco-français ?

Matthieu : C’est un mal franco-français qui est entretenu par les médias qui aiment faire peur à la populace !


N’est-ce pas à se demander si vous êtes dans le bon pays pour faire cette musique qui rencontrerait plus de succès ailleurs ?

Bob : Tu sais, le succès : ça va, ça vient !

Matthieu : Nous ne recherchons pas forcément le succès…

Bob : On fait la musique qui nous plait ! Si ça plait aux autres, tant mieux, dans le cas contraire, tant pis : on ne peut pas plaire à tout le monde !
Nous ne cherchons pas à envoyer de message, nous faisons notre musique naturellement par amour de la musique justement et l’amour d’avoir un produit fini nickel !
Notre musique comporte de la brutalité, de la douceur, il y a des riffs heavy… c’est ce que nous aimons écouter et faire…


Votre dernier album s’inspire de l'Apocalypse selon Saint Jean. L’avez-vous relue pour écrire les textes et la musique ? En quelle mesure les textes saints sont une source d’inspiration ?

Matthieu : Je l’ai relu pour finaliser quelques arrangements et avoir les ambiances que je voulais après, je laisse répondre Bob pour les textes…

Bob : … savoir si j’ai relu l’Apocalypse selon Saint Jean ? Non… En fait, même si je me suis documenté, je n’essaie d’être le moins possible influencé afin de créer moi-même les histoires.

Matthieu : Tu as quand même cité Michel Fugain…

Bob : Oui "Le spectacle n'est pas bien rôdé, laissez-nous encore quelques années. Il ne pourrait que s'améliorer au fil du temps" extrait de 'Attention Mesdames et Messieurs'… et j’ai mis ça dans les textes. Tu as vu comme j’ai placé ça et j’en ai placé dans tous mes albums -peut-être pas le premier- si dans 'La Colère' issu de "Sept", j’ai en également mis…


Et qui citeras-tu dans le prochain album ?

Bob : Ce sera Jul (Rires) ! Plus sérieusement pour revenir à ta question, je m’inspire en survolant les textes quand même pour qu’il y ait quand même une trame qui tienne la route.





On sent que ce disque est plus ramassé (environ quarante minutes), était-ce une intention d’aller à l’essentiel ?


Matthieu : Tout à fait ! C’est complètement délibéré : on voulait un format court -avec des chansons qui n’excéderaient pas plus de sept minutes- parce qu’avec "La Cène" justement, nous avions fait un album qui était très long, 75 minutes…


… et aujourd’hui, vous le referiez ?

Bob : Mais on était obligé si nous voulions faire les 12 apôtres…

Matthieu : … Bien sûr, mais nous aurions pu faire 12 titres de trois minutes…

Bob : … Oui mais toi, tu ne peux pas…

Matthieu : … Je n’y arrive pas (Sourire) !

Bob : Mais c’est bien, "La Cène" est un album qui s’écoute plusieurs fois parce qu’une traite, c’est super compliqué, d’ailleurs nous, nous ne pouvons pas (Rires) !
Et pour aller jusqu’au bout, une fois, j’ai écouté nos quatre albums d’un coup : c’est horrible, c’est horrible (Rires) !


Il y a aussi très peu de soli, comme si pour cet opus l’essentiel était la somme du tout et non la somme de chacune de ses parties, était-ce votre but ultime, de proposer une symphonie black du XXIème siècle ?

Bob : Oh c’est joli, ça !

Matthieu : C’est parfaitement résumé ! Aller à l’essentiel en essayant de créer une sorte d’entité, une œuvre globale un peu « Wagnerienne »…

Bob : … (Rires) !

Matthieu : Putain, il me nique tous mes effets alors qu’il ne connaît même pas Wagner !

Bob : Attends, je ne connais pas Wagner ? Je m’y connais en bagnoles (Rires) !


Qu’attendez-vous de cet album ?

Bob : Aujourd’hui, nous en sommes satisfaits mais après coup, tu te dis toujours que tu aurais pu faire mieux…


C’est le cas sur de précédents albums ?

Matthieu : Non !

Bob : Moi oui, il y a un truc qui me déplait sur un album mais je ne le dis pas parce que tout le monde se focalisera dessus par la suite mais je vais te le dire quand même, les parties de guitare : il n’y en a pas une qui est dedans et ça, on oublie trop souvent de le dire (Rires) !
Plus sérieusement, on en attend des retombées positives…


Et c’est déjà le cas notamment sur Music Waves ?

Matthieu : C’est vrai ? C’est tant mieux parce que c’est la suite logique de notre travail depuis le début et on n’en attend pas forcément plus que les autres.


Quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Bob : On va dire le premier concert, le premier album avec Mat…

Matthieu : C’est ton meilleur souvenir ? Je pensais que c’était la première fois où tu avais mangé des spaghettis avec Dirk (Rires) ?

Bob : Non mais justement, c’est au concert d’Angra à La Laiterie à Strasbourg et je n’arrêtais pas de dire à Dirk que nous devrions faire un truc ensemble avec moi au chant black, Fred (NdStruck : Fred Bartolomucci) au chant clair… et quelques jours plus tard, il me rappelle pour me dire qu’il avait réfléchi et qu’on allait faire un essai. Et quand tu arrives dans la salle de répétition, tu vois le petit bonhomme derrière la batterie et qu’il commence à jouer, bien que tu aies joué avec des batteurs avant, tu te dis que là, c’est de la batterie ! De la même façon, ça te met une petite pression car il faut que tu envoies le niveau au-dessus… Bref, Dirk a été une belle rencontre !

Pierre-Yves Martin : Mon meilleur souvenir au sein d’AkromA ? Voir Bob chanter du Patrick Sébastien lors du tournage de ‘Simon’.

Bob : Ah, c’est génial, c’est que de l’amour (Rires) !

Matthieu : Je dirais certainement ce qui m’a amené à faire de la musique : voir une vidéo de Malmsteen un live au Japon de 1985.


Ce souvenir est étonnant alors que nous avons dit qu’il y avait très peu de solo sur cet album ?

Matthieu : Après, je fais plein de soli sur d’autres albums d’Elvaron notamment…
Mais à un moment, on avait pensé à intégrer des soli sur cet album mais je me suis dit qu’il était préférable de laisser parler la musique : c’est aéré…


Au contraire, le pire souvenir ?

Bob : La vache…

Matthieu : … il y en a tellement !

Bob : Je dirais faire un concert dans un bar le soir du match France-Italie et de constater que le public arrive pour assister au dernier demi-morceau du concert !

Pierre-Yves : Là comme ça, en tête, j’ai le souvenir d’une audition que j’avais faite et la première note, mon sillet a pété… et faire toute l’audition avec un sillet pété, ce n’est pas évident…

Matthieu : Moi, ça doit être un festival dans les Vosges et on a joué devant… zéro personne et ça c’était dur !






On a commencé par la question qu’on a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?


Matthieu : Est-ce que vous prenez toujours votre pied au bout du quatrième album et la réponse est oui !


Merci

Merci à vous !


Et merci à Thibautk pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.akroma-metal.net
 
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