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A PROPOS DE:

BARE TEETH (11 MAI 2017)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK

Avec "First The Town, Then The World", Bare Teeth lance sa carrière de la plus belle des manières... Il n'en fallait pas plus pour que Music Waves rencontre nos nouveaux amis lillois...
STRUCK - 31.05.2017 - 7 photo(s) - (0) commentaire(s)
Quelle est la question qu’on t'a trop souvent posée ?

Titouan : Hum, d’où nous tirons nos influences et pourquoi nous ne mettons pas forcément d’étiquette sur notre musique.


Malgré tout, ne pensez-vous pas que les étiquettes sont nécessaires pour aiguiller l’auditeur notamment quand on est un nouveau groupe comme le vôtre ?

Bien sûr…




Alors pourquoi refuser cet exercice : vous avez trop d’influences ?

(Rires) Non, c’est certain que nous avons plusieurs influences mais c’est vrai que nous avons une base punk rock mais au final, il y a tellement de styles de punk rock…


Justement n’est-ce tout simplement une attitude punk de refuser les étiquettes ?

(Rires) Ca pourrait être ça !


Votre actualité est la sortie de votre premier EP après une démo, comment se sent-on quelques jours avant cette sortie ?

Et bien, à titre personnel, c’est la première fois que je sors un EP et je ressens une certaine excitation, demain, nous faisons un concert à Lille où nous allons mettre l’album en vente.
Mais de façon générale, ça fait plaisir : rien que d’avoir l’objet entre les mains...  et on va également éditer des vinyles.


On peut parler d’esprit des années punk dans la démarche de Bare Teeth, cette idée de se faire distribuer par nombre de labels différents rappelle ce que faisaient les groupes avec l’échange de cassettes pour se faire connaitre, vous vous reconnaissez dans cette démarche maison ?

On peut dire qu’il y a de ça dans le sens que plutôt que d’aller un gros label qui va promouvoir à un niveau national, on préfère démarcher des petits labels qui sont dans la même démarche que nous en termes musicaux notamment… Et du coup, du fait que nous touchons plein de petits labels qui vont faire leur travail, cela devrait nous permettre d’être plus entendus.


En revanche, aujourd’hui, avec cette journée promotionnelle avec Replica vous faîtes le grand écart…

C’est paradoxal peut-être ?


Non, c’est plutôt complémentaire dans le sens où les réseaux de vos labels n’auraient pas permis de toucher les médias que vous allez rencontrer aujourd’hui. Cette journée a été faite dans cette optique de multiplier les canaux de communication ?

Tout à fait ! Nous investissons beaucoup dans notre musique et notamment de l’argent : nous ne demandons rien en retour si ce n’est élargir nos réseaux.


Hormis les grosses têtes d’affiche qui sévissent depuis 20 ans et qui tournent toujours en remplissant des salles, les autres groupes jouent dans des petites salles ou des bars





On pourrait penser que ce moyen de se faire connaitre était désuet et passé de mode et pourtant il semble vivace, vous êtes attachés à cette idée de fonctionnement sans trop de règles juste pour se faire plaisir ?

Je pense que c’est une base du groupe. On sait pertinemment que nous n’allons pas révolutionner le style de musique que nous jouons. De plus, hormis les grosses têtes d’affiche qui sévissent depuis 20 ans et qui tournent toujours en remplissant des salles, les autres groupes jouent dans des petites salles ou des bars. Notre but est de jouer au maximum et de se faire plaisir. Le fait de démarcher des labels nous permet de continuer cette expérience dans de nouveaux coins…


… et des salles un peu plus grandes…

Pourquoi pas ? (Sourire)


Vous êtres lillois et cette région a enfanté dans les années 1980 et 1990, des groupes métal nordistes comme Loudblast, Supuration -  d’autres régions comme Mercyless et Massacra ont débuté ainsi, vous vous sentez héritiers de ces formations ou tout du moins vous ont-elles influencés pour le mode de fonctionnement et les carrières toujours indépendantes ?

C’est une bonne question mais je ne saurais pas trop dire sachant que je ne vis à Lille que depuis trois ans. Mais en soi, rien qu’en habitant dans la région lilloise, je me suis rendu compte que ça bougeait énormément au niveau de la culture et donc de la musique. Je vivais avant à Grenoble, j’avais joué dans des groupes à l’époque mais jamais de cette ampleur et finalement, je n’avais ressenti un tel engouement : peu importe la notoriété, les gens se déplacent.
C’est probablement une conséquence de toutes ces années « glorieuses » pour des groupes indépendants mais ça prouve que les gens sont toujours prêts à se déplacer pour voir des concerts.


Ce mode de fonctionnement indépendant est bien plus humain et efficace que les réseaux sociaux, ces derniers sont efficaces mais sont aussi très destructeurs, comment arrivez-vous à vivre sur un média comme Facebook qui est un peu aux antipodes de l’esprit punk ?

On utilise beaucoup Facebook en termes de promotion et d’information sur le groupe. C’est vrai que ça dénote peut-être avec notre démarche assez humaine comme tu l’as dit mais c’est quand même un moyen super pratique pour communiquer.


On parle de punk pour qualifier votre musique mais c’est un peu réducteur, vous parlez de thrash/pop, de punk/rock et avouez au final vous foutre de l’étiquette, en fait c’est un peu tout ça Bare Teeth, un mix improbable de plein d’influences et surtout l’envie et le besoin de n’être rattaché vraiment nulle part ?

Tout à fait ! Dire qu’on a un style place des attentes dans la tête des gens. Par exemple, si on dit qu’on fait du punk et qu’on décide de sortir un truc plus pop ou metal, les gens peuvent se dire que ce n’est pas ce qu’ils veulent écouter.


Ce faisant, on vous a rapproché d’un groupe pionnier dans cet esprit libre, Cheap Trick, que penses-tu de cette comparaison que je pense vraiment valable pour le titre ‘Down’ ?

Je ne saurais pas trop répondre à cette question sachant que c’est la première fois qu’on fait cette comparaison (Sourire).


On a grandi avec cette musique et on adore toujours l’écouter avec un plaisir coupable tant ces groupes sont super commerciaux maintenant !






Ensuite il y a la pop à de nombreuses reprises, cet esprit me rappelle un peu la scène pop punk américaine, en quoi vous a-t-elle influencés, je pense à Bad Religion, NOFX et Blink 182, ces formations sont aussi des modèles pour vous ?

Tu as tout à fait raison et là, tu touches vraiment le cœur de nos influences en termes de composition musicale. Nous étions tous plus ou moins adolescents à cette époque et nous écoutions tous le punk californien des années 1990. On a grandi avec cette musique et on adore toujours l’écouter avec un plaisir coupable tant ces groupes sont super commerciaux maintenant (Sourire) ! Et de fait, nous avons ces influences pop avec des grands refrains, des mélodies… qui nous font plaisir et qui sont marrants à jouer.


Justement arriver comme ces formations à garder un équilibre subtil entre mélodie forte et énergie punk est un de vos objectifs à l’écriture ?

Je pense que c’est sincèrement le cas. Quand je compose, j’aime toujours trouver une partie qui accroche et une partie qui déchaîne avec un gros riff peut-être un peu plus metal voire thrash. Quand je compose, je me dis qu’il faut que ça nous fasse quelque chose avant même que ça fasse quelque chose aux autres et si ça fait quelque chose aux autres justement, c’est que du bonus (Rires) !


Il y a aussi du hardcore dans votre son, on en retrouve dans ‘Always Rain’ et ‘These Towns Needs Guns’, il était important pour vous d’avoir un côté plus lourd et virulent dans votre son pour quand même bien signifier que vous n’êtes pas un simple groupe de pop punk qu’on pourrait qualifier de commercial ?

Tout à fait ! Ce n’est pas volontaire (mais si ça peut casser l’image un peu trop pop et commercial : pourquoi pas ? ), ça vient naturellement ! Je pense que ça vient de ce que nous écoutons respectivement même si avons tous une base comme tu disais Blink 182 et Bad Religion. On écoute beaucoup de metal, Greg notre chanteur aime beaucoup le ska… bref, nous écoutons un peu de tout.
Mais c’est vrai qu’injecter des parties un peu hardcore, c’est surtout un plaisir à jouer et puis ça permet de se défouler que ce soit au niveau de la scène ou du public.


Ce côté plus bourrin vous pourriez le développer à l’avenir dans de futurs titres ?

Je pense qu’il y aura une bonne partie qui sera de ce type pour les prochains titres. On a pas mal de morceaux en chantier et il y a une bonne base de hardcore metal dedans…


Tu disais que des titres étaient déjà en chantier. Quel est le but ? De sortir un EP, un album tous les ans comme à la grande époque des groupes des années 1980 ?

C’est une bonne question : j’aimerais bien sortir un album tous les ans mais nous sommes en permanence en train de jongler entre obligations professionnelles et plaisir du groupe car on n’en vit clairement pas. Mais sans que ce soit un problème de composition, il faut savoir que l’enregistrement de l’EP a été fait l’année dernière et il ne sort que maintenant.


Pourquoi ?

Parce que le mixage a pris du temps, le design, l’artwork de l’EP, le pressage…


Outre l’équilibre dans vos vies, comment trouvez-vous cet équilibre financier ?

De base, on met de nos poches et en particulier, celles de notre chanteur Greg qui a un métier qui nous permet d’avancer des fonds.





Et dans ces conditions précaires, comment voyez-vous l’avenir ?

C’est une bonne question : on va mettre de l’argent de côté (Rires) !
Pour l’instant, on va dire qu’on rentre dans nos frais en faisant des tournées, avec nos concerts… : c’est déjà un premier équilibre.
Toujours est-il qu’alors que nous ne sortons que notre premier album, depuis deux ans, nous faisons de plus en plus de concerts et j’espère que le fait de tourner va permettre de nous renflouer et passer de l’autre côté de la balance (Sourire).


Vous évoquez Pantera, c’est pour l’attitude "on s’en fout et on joue" qu’avait le groupe que vous vous référencez à lui ?

On peut dire ça ! Ce n’est clairement pas parce qu’on estime jouer aussi bien que Dimebag Darrel (Rires) mais non, c’est tout simplement parce que j’adore ce groupe à titre personnel.
Mais c’est vrai que même si on joue parfois mal : on y va, on s’en fout ! Même si on joue devant deux personnes : on y va, on s’en fout ! Oui, on peut rapprocher ça à l’esprit Pantera (Sourire) !


Le but était de réutiliser des compos de l'ancien groupe [de Greg, le chanteur] et de les retravailler dans la nouvelle direction qu’on voulait prendre avec le groupe


Finalement cette variété musicale est le résultat des influences des quatre membres du groupes qui ont réussi à faire une parfaite mayonnaise ?

Je pense qu’on pourra dire ça sur le prochain album du fait que pour cet album, beaucoup de titres étaient déjà plus ou moins écrits. J’ai rejoint il y a deux ans et demi le chanteur Greg, avec qui on a formé ce nouveau groupe. Et le but était de réutiliser des compos de son ancien groupe et de les retravailler dans la nouvelle direction qu’on voulait prendre avec le groupe : il y a donc pas mal de chansons qui sont exclusivement l’œuvre de Greg. Toujours est-il que nous avons tous apporté notre patte parce que si tu écoutes les versions préexistantes, elles ont quand même beaucoup évolué.
Après il y a ‘Down’ que j’ai écrite et là, on retrouve peut-être plus ce mélange car nous étions tous ensemble en train de l’arranger.


Vous proposez en bonus une version acoustique de ‘Behind The Wall’, pourquoi se frotter à cet exercice délicat et même casse-gueule ?

(Rires) En fait, ça vient de Greg qui avait déjà un projet solo pour lequel il avait écrit cette chanson et il l’avait enregistrée lui-même avec une gratte et du chant. Et il s’est dit pourquoi ne pas l’essayer avec le groupe dans lequel nous apporterions nos chœurs avec Tom, le bassiste… Et finalement, ça donne ça sans que nous ayons une ambition particulière, juste pour voir ce que les gens en pensent.


Qu’attendez-vous de cet album ?

Je pense que ça permettra finalement aux gens qui sont déjà venus nous voir en concert d’avoir plus de recul sur des chansons qu’on leur aura déjà joué peut-être même plusieurs fois et d’avoir une version "propre".


Si j’ai tendance à te rejoindre sur ta vision, est-ce que le style punk ne se prête pas plus au live et qu’une retranscription studio peut être décevante car ne restituant pas l’énergie de votre musique ?

Ça dépend des groupes : certains sont meilleurs sur CD (Sourire) ! En ce qui nous concerne, je ne sais pas si nous sommes meilleurs sur CD mais le fait d’avoir pu voir l’énergie sur scène et ensuite écouter notre version CD, les gens pourront écouter les détails, les nuances.
Nous ne jouons pas toujours dans des conditions optimales : parfois, les guitares ne sont pas parfaitement réglées et tu n’entends pas les solos, d’autres fois, c’est la voix qui est moins audible… Et la version CD pourra permettre d’ouvrir les yeux de certaines personnes sur certains aspects qui n’étaient pas évidents sur scène.


Et le fait d’écouter le CD à jeun aussi...

Ça aide (Rires) !
Non, mais le fait d’acheter l’album te permet de te remémorer le concert, en te disant que tu aimais bien telle chanson. Et comme tu écoutes l’album, du coup tu connais bien les chansons que tu seras content de réentendre sur scène et même que tu peux chanter les paroles vu que tu as le livret (Rires) !





Questions traditionnelles de Music Waves avant de se quitter, quel est ton meilleur souvenir ?

La tournée. Je n’avais fait de tournée auparavant…


Et une date en particulier ?

Oui, il y en a une assez exceptionnelle en Allemagne. On a joué dans un immense bar avec un squat à l’étage et on nous a accueillis comme je n’avais jamais vu ça : ils nous ont offert tout leur bar, ils nous ont offert à manger et d’autres choses (Rires)… C’était très, très sympa !


Et au contraire le pire ? Toujours la tournée mais une date en France ?

(Rires) C’est ça ! C’était dans le Nord : désolé ! Je crois que c’était un vendredi et finalement, il n’y avait que deux piliers de bar…


On a commencé par la question qu’on a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

(Rires) Oh putain, c’est difficile ! Là tout de suite, je n’en ai aucune idée…


Ce que je te propose, c’est que comme vous comptez sortir un album tous les ans, c’est que nous commencions la prochaine interview l’an prochain avec cette question…

Pourquoi pas, avec le recul de cette journée d’interviews, je saurais ce que j’ai envie qu’on me pose… Mais c’est vrai que j’appréhende un peu à chaque interview en te demandant "qu’est-ce qu’ils vont me poser comme questions ?" mais tu réalises que c’est toujours plus ou moins les mêmes questions posées de manière différente mais si parfois, après coup, je me dis que j’ai oublié de dire certaines choses, pour le coup, j’ai l’impression d’avoir été un peu plus complet que les précédentes interviews.


Merci beaucoup

Merci à vous…





Merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://bareteethmusic.bandcamp.com
 
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