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TITRE:

KARMA ZERO (JUIN 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

DEATH METAL



A l’occasion de la sorie de leur dernier album ("Monsters"), Karma Zero nous a accordé une interview, sur laquelle planent sueurs froides et ombres de Dracula ou du Gardien de la crypte.
THIBAUTK - 27.06.2017 -
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ? 

Benoit (guitare) : Pourquoi les chemises/cravates ? Heureusement on a arrêté de porter ça !  

Simon (chant) : « D’où vient le nom Karma Zero ? »  


Votre actualité est la sortie de votre nouvel album “Monsters”, comment vous sentez-vous quelques mois après ? 


Benoit : Très bien et d’attaque pour le défendre sur scène, même si on se rend compte que c’est devenu encore plus compliqué de tourner qu’avant, les assos tombent comme des mouches et les gens se déplacent de moins en moins au concert, ce qui rend frileuses celles qui subsistent malgré tout.  

Simon: Heureux et fiers, car on a mis énormément de temps à arriver au bout de cet album, musique, concept etc… On a de très bon retours pour le moment donc ça fait plaisir, le fait qu’on parte dans un délire un peu plus violent etc… les gens suivent, c’est cool ! 


Qu’est-ce que vous a apporté Stéphane Buriez à vos débuts, est-ce que cela vous a aidé à attirer l’attention sur vous ?  

Benoit : On a passé d’excellents moments avec Stéphane et le fait de bosser avec lui nous apporté beaucoup sur notre manière de voir la production d’un album. C’est vraiment avec du recul que suite à ça on a décidé de faire le deuxième album nous-mêmes, nous n’étions pas vraiment satisfaits du résultat pour le premier, et je pense que aujourd'hui on n'est pas encore prêt à confier un futur bébé à quelqu'un d’extérieur au groupe. Ceci dit, cela nous a apporté de la visibilité au début, le fait d’avoir Stéphane aux manettes a attiré l’attention, ça a donné plus de poids et de sérieux au groupe.

Simon: Je dirais que ça nous a permis d’attirer un peu les projecteurs sur notre premier album, plus que si nous avions fait les choses par nous-mêmes, et il nous a donné pas mal de conseils en terme d’arrangements lors de la session studio avec lui, cela nous a fait progresser sur ce point, c’était très enrichissant ! 


Vos albums étaient plus metalcore, alors que "Monsters" semble être plus death, est-ce un changement de style, ou simplement pour coller au concept effrayant ? 
 
Benoit : Les deux en fait, nous avons travaillé complètement différemment sur cet album, Seb (batterie) s’est beaucoup impliqué dans la composition et c’est ce qui a donné le côté death à l’ensemble. Après au niveau des guitares, le concept de l’album m’a donné des idées pour les sonorités, que ça sonne plus sombre, plus dissonant pour coller à l’imagerie derrière. Je pense que pour la suite on partira sur quelque chose dans cette veine, avec le recul c’est ce qui nous correspond la mieux aujourd'hui.

Simon : Disons que les influences de chacun des membres du groupes ont été plus ou mieux intégrées, à savoir que sur "Architecture of A Lie" (notre premier album), la composition a été principalement faite par les gratteux, sur "Monsters" on a essayé de beaucoup plus travailler tous ensemble sur chacun des morceaux ! Seb notre batteur se sentait frustré sur le premier album car il a un jeu beaucoup plus violent, et comme dit Benoit, il voulait intégrer cette influence dans nos nouveaux morceaux.  





Quel a été votre défi majeur pour ce nouvel album ? 

Simon : Je dirais que la réponse va avec la précédente, à savoir que le principal défi à mon sens venait du fait d’arriver à mixer chacune des influences des membres du groupe et d’arriver à quelque chose de cohérent ! Trouver le bon équilibre pour faire notre musique avec chacun notre petite touche. On s’est d’ailleurs pas mal débloqués à partir du moment où on a arrêté de se poser des questions qu’on avait avant du style "ça sonne Karma ou pas cette partie ?!". Cette prise de conscience nous a largement aidés car on ne s’est plus limités à intégrer des passages avec des influences black metal ou autre qu’on aurait pas fait avant, à tort d’ailleurs… 
 
Benoit: Le finir (rires) ! On a commencé à bosser sur le deuxième album durant l’été 2014 et le processus de composition était mal engagé au départ, je composais en grande partie seul devant mon PC et l’inspiration ne venait pas à cette période. Le concept autour de l’album n’était pas encore défini on avançait très lentement. On a commencé à trouver notre rythme vers le printemps 2015 quand on a décidé de composer tous ensemble, tout s’est déverrouillé d’un coup et on était beaucoup plus productifs. Simon a amené le concept qu’il imaginait autour de l’album et ça a donné la couleur aux morceaux par la suite. La production de l’album également, le fait de faire ça nous-mêmes était un gros défi et on a fait confiance à Gali (basse) qui a fait le mix et le master de l’album. On est contents du résultat, même si on voit ce que l’on pourra améliorer par la suite. 


Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur le concept ?  

Simon:  On a toujours adoré les concept-albums et quand on a décidé de partir sur un deuxième album, j’ai directement proposé aux gars de partir sur un délire comme ça, avec cette idée de proposer un truc plus global qu’une dizaine de morceaux. D'où l’idée de raconter quelque chose autour des vieux monstres de la Hammer, mais aussi des comics d’horreur des années 50 type "Tales from the  Crypt"», c’est pour ça qu’on a réalisé une BD en plus de l’album dans ce délire, avec le fameux narrateur et une chute brutale comme ils savaient le faire ! 


Comment est venue votre inspiration pour cet album ? Etes-vous fans de films d’horreur vous-mêmes ? 

Simon : Depuis que je suis gamin, je suis fan de films d’horreur et surtout de toute cette mythologie des monstres classiques comme Dracula ou la créature de Frankenstein ! Beaucoup dans le groupe ont également cette culture des films d’horreur, Seb notre batteur est incollable sur les films de zombies par exemple !  

Benoit : L’inspiration est venue à partir du moment où a commencé à composer ensemble, mettre les idées en commun et maquetter les premiers morceaux. On voulait faire une musique plus live sans compromis, on ne s’est donné aucune limite dans notre manière de faire, le principal objectif était que cela soit violent et lourd. Je ne suis personnellement pas un grand fan de film d’horreur, j'en ai vu pas mal mais je préfère de loin la S.F., par exemple. Ceci dit l’univers des films d’horreur de ces années-là m’a donné des idées pour créer les mélodies pendant la composition.


Comment s’est déroulé le travail d'écriture de cet album, vous avez vu des tonnes de films d’horreur en mangeant du pop-corn ? 

Simon : Pour les ambiances et samples, j’ai regardé le coffret des "Universal Classic Monsters" avec tous les classiques du cinéma de monstres des années 30 à 50 à peu près, et en gros les passages que je trouvais cool pour des idées de samples ou d’ambiances sonores je les envoyais aux gars qui validaient ou non en fonction ! On a pour le coup essayé de caler avec les sous-titres de chaque morceau (un titre de film à chaque fois qui donne le thème ou le monstre auquel se rapporte les paroles) afin que ça colle à l'histoire qui est racontée ! 


La production semble plus lourde sur "Monsters" que sur vos précédents albums, est-ce que c’était une intention ? Comment avez-vous travaillé pour obtenir ce résultat lourd et étouffant ? 

Benoit : C’était une intention, avoir une basse bien présente, des mélodies de guitare sombres et un chant plus death. C’est vraiment le fait de ne s’être posé aucune contrainte avec pour seul objectif de faire une musique plus violente et sombre qui a donné ce résultat. Si c’est ce que les personnes ressentent à l’écoute c’est qu’on ne s’est pas trop mal démerdé.


Comment s’est déroulé le travail de production sur cet album ? 


Benoit : Les prises guitares, les prises chants, le mix et le mastering ont été fait chez et par Gali (basse), les prises batterie ont été faites au Wees Studio par notre pote Mika. Plusieurs tests de mix ont été faits, Gali nous envoyait ça, on écoutait et on voyait ensemble les modifications à apporter. Gali avait une idée assez précise pour le son dès le départ ce qui nous a permis d’être efficaces dès les premières écoutes.





Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui vous disent que votre album est linéaire et que vous ne prenez pas de risques dans vos compositions ? 

Benoit : Je leur demanderais de développer leur propos, après je répondrais. Sans déconner, en anticipant certaines remarques je dirai qu’on ne prend pas spécialement de risque c’est vrai, on voulait faire une musique vraiment tournée vers le live, créer la bagarre à chaque concert d’une certaine manière donc nous n’allions pas nous étendre sur des passages qui auraient trop cassé le rythme, c’est un parti-pris et nous l’assumons. Après, la reprise de 'Blind' de Korn était risquée, les retours ont été positifs en majorité mais beaucoup n’acceptent pas qu’on touche ainsi à un monument de la musique, ce que je peux comprendre. Sinon pour le côté linéaire, on joue sur 2 accordages différents sur l’album, on a varié beaucoup les tempos, on a cherché à créer une ambiance différente sur chaque morceau, donc on a pris soin de pas tomber dans la linéarité.

Simon : C’est difficile de répondre à ce genre de critique dans le sens où ce genre de considération est très subjective. On a essayé de faire la musique qu'on aime sans trop se poser de questions de prise de risque ou autre. Bien entendu avec le recul, on trouve toujours des trucs à refaire ou il y a des choses qu'on ne trouve pas parfaites sur certains morceaux mais cela va de pair avec notre maturité. 
"Monsters" correspond à un instant T dans notre histoire de groupe, on en est très fiers, après c'est impossible de faire l'unanimité! 


En quoi était-il nécessaire d’ajouter des voix enregistrées sur les morceaux ? Est-ce que c’était pour renforcer l'ambiance angoissante et brumeuse ? 

Benoit: C’était en effet pour renforcer l’ambiance, que le concept autour de l’album ressorte vraiment dans la musique, on a essayé de bien doser tout ça et je trouve que ça apporte vraiment ce qu’il faut sans venir surcharger les morceaux. 

Simon : Tous les samples extraits de vieux films d'épouvante ou d'horreur, c'était une idée qu'on avait dès le début de la composition de l'album, afin d'être cohérent jusqu'au bout avec le concept du CD! D'une part ils renforçaient l'ambiance globale qu'on voulait donner aux morceaux, avec et ce petit côté old-school / VHS du dimanche soir dans le son des extraits, et puis ils permettaient de se raccrocher aux sous-titres des morceaux qui correspondent à un vieux film à chaque fois! 


Le travail sur les voix est assez impressionnant, il passe par toutes les styles entre grunt, scream et chant clair, comment avez-vous réparti ces différentes variations ? 

Les choses se sont faites naturellement! Pour le chant on a toujours procédé de la même manière, à savoir qu'on fait une première passe sur les morceaux avec GaLi (basse, c'est lui qui a enregistré l'album), et on envoie tout ça aux gars pour qu'ils écoutent et donne leur avis et critiques!

A partir de là on réenregistre le morceau en tenant compte de toutes les remarques qui ont été faites et on valide le chant tous ensemble! Du coup toutes les variations de chant ou de voix se font lors de ces étapes, où chacun peut donner son avis ou une idée pour avoir un chant de telle ou telle manière et on prend la décision finale à l'écoute, en sélectionnant ce qui nous semble le plus pertinent! 


Votre musique ne comporte très peu de solos, était-ce une nécessité pour vous, pour faire à la fois plus compact, plus direct ? 

Simon : Benoit en parlera mieux que moi à mon avis... 

Benoit : On est pas trop fan des solos mais j’apprécie quelques groupes qui savent bien le faire genre - Periphery pour ne citer qu’eux. Aujourd'hui je trouve que c’est de moins en moins présent, particulièrement dans notre style et cela renforce aussi le côté "direct dans la gueule".
 

Néanmoins on sent que la mélodie est importante dans votre travail, mélodies étranges et dissonantes, est-ce une facette de votre musique ? 

Benoit : Oui, c’est une facette de notre musique, c’était là avant mais on a réussi à la développer davantage sur cet album et continuera dans cette  voie. J’aime beaucoup travailler sur ces mélodies et chercher la bonne ambiance, c’est en progressant encore plus là-dessus qu’on arrivera à donner une identité plus marquée à notre son.  


Pourquoi avoir choisi d’inclure une reprise de Korn, et en quoi cette chanson colle avec le concept des films d’horreur de cet album ?  

Simon : La reprise de 'Blind', c'était une idée qui me trottait dans la tête depuis le début, mais simplement l'introduction avec la batterie qui part sur la caisse claire en mode un peu rock'n'roll, j'ai proposé aux gars l'idée, de départ, une fois qu'on a enregistré cette introduction on a essayé de dérouler le morceau dans cette même veine, et en l'adaptant à notre style.

L'inclure dans l'album nous paraissait assez logique, les paroles originales de Jonathan Davis sur 'Blind' dépeignent son mal-être général et son sentiment d'impuissance, sa peur du monde extérieur, ce qui colle parfaitement avec la thématique générale de l'album. 

On fait un parallèle entre les vieux films de monstres  et notre quotidien, à savoir que les créatures des films sont à chaque fois chassées et mises à l'écart à cause de leur différence et de l'incompréhension des autres. Sentiment partagé par les personnes jugées trop rapidement à cause d'un style qui s'éloigne trop de la norme, et un refus de compréhension parfois réciproque : Des monstres modernes en somme...

Le morceau original de Korn collait bien avec le thème de l'album, en prenant le point de vue d'un "monstre du quotidien". 
 

Comment avez-vous choisi les invités sur votre album, pourquoi eux, qu’est-ce  qu’ils apportent de plus sur les compositions ? 

Benoit : Parce que c’est des potes, on a partagé beaucoup de scènes ensemble et c’était donc tout naturel de leur demander de pousser la chansonnette sur notre nouvel album. Surtout on apprécie leurs voix et elles se complètent bien avec celle de Simon.  

Simon : Comme le disait Ben, on a fait pas mal de dates avec eux et on en avait parlé à l’époque de faire un featuring sur notre deuxième album, donc quand on a eu les compos, on n'a pas hésité à les rappeler savoir si l’idée les tentait toujours, et ils ont dit OK tous les deux donc on était super contents ! On les remercie pour leur disponibilité d’ailleurs ! Des Loups  (clin d’œil) !!!


Qu’attendez-vous pour cet album désormais aidé par Dooweet ? 

Benoit : Avoir une plus grosse visibilité sur la scène française qui est saturée de groupes, dont beaucoup de talentueux. Gagner en visibilité en Europe également, que ça permette au nom de tourner et potentiellement faire davantage de concerts par la suite.

Simon : Faire le plus de concerts possible en France ou en Europe pour se faire connaitre, un max de rencontre, de rigolade sur la route !  


Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ? 

Benoit : Mon meilleur souvenir … Notre concert au Wacken Open Air ! C’était vraiment énorme, surréaliste de jouer devant autant de gens et d’avoir autant de réactivité alors que personne, ou quasiment, ne nous connaissait.  

Simon : Je pense que je dirai comme Ben, le fait de faire Hellfest et Wacken Open Air la même année… Mais il y a aussi notre tout premier concert "officiel" ! C’était au Ferrailleur, et ça reste un de mes meilleurs souvenirs, à l’époque on pensait pas qu’on ferait tout ce qu’on a fait jusqu'ici et notre objectif principal en tant que groupe c’était vraiment de jouer dans cette salle mythique qu’est le Ferrailleur, on faisait une première partie et il y avait beaucoup de monde, je sais que ce souvenir est un des meilleurs.

Et sinon les rencontres avec certains groupes qu’on écoutait depuis longtemps en mode "fanboys" avec qui on a pu partager l’affiche et des moments cool je pense, ou qu’on n'aurait jamais cru rencontrer un jour !


Au contraire le pire ? 

Benoit : Y en a pas mal, notre van bien abîmé après un concert à Paris et une caution de 1500 balles à lâcher. Un concert pourri à Marseille, bouffe indigne et trois péloss.  

Simon : Je sais pas trop, je ne dirais pas les concerts devant trois personnes parce qu’au final on se marre tout le temps quand on est tous les cinq, mais plus les soucis en tant que groupe de metal français pour joindre les deux bouts, à savoir gérer entre les cachets et les défraiements pour que ça ne nous revienne pas à trop d’argent chacun, et c’est de plus en plus difficile aujourd'hui vu comment la culture est prise en compte en France et comment les orgas et assos galèrent pour programmer et payer décemment les groupes. 


Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ? 

Benoit : Comment vous faites pour être si beau et musclé ?! (rires)

Simon : Un truc du genre « Mais… vous faites de la muscu ?! »


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ? 

Benoit : Déjà merci de nous avoir lus, allez jeter une oreille sur notre deuxième album, j’espère que vous allez kiffer !  

Simon : Merci d’avoir pris le temps de lire l’interview ouais, et si vous aimez l’album, parlez en autour de vous, téléchargez-le et passez-le à vos potes ! 



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/pg/karmazero
 
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