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TITRE:

EDENYA (30 MAI 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Rencontre avec Edenya qui dévoile quelques informations sur son projet ambitieux et onirique.
CALGEPO - 15.09.2017 -
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Partons à la découverte du duo Edenya formé par Marco et Ida qui nous en disent un peu plus sur leur projet et sur l'avenir plein de promesses du groupe.


Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Marco : Quel est votre style musical ? Question auquel j’ai bien du mal à répondre !


Les ambitions sont venues quand j'ai décidé d'embaucher un vocaliste des années plus tard.



Marco tu es guitariste rock et metal, plutôt dans l’instrumental, par contre nous avons peu d’informations sur Ida, quel est le parcours de chacun ?

Marco : Pour être exact, j’étais dans un groupe de rock/metal progressif avec une chanteuse qui s’appelait Remedia. Ce groupe a duré 10 ans environ. Edenya, qui n’avait pas de nom à l’époque, n’était qu’un projet parallèle, instrumental, très influencé par les musiques de film. Le titre « Garden » est très représentatif de cette période. Je n’avais pas vraiment d’ambition quant à ce projet, je faisais juste cela pour m’amuser. Les ambitions sont venues quand j’ai décidé d’embaucher un vocaliste des années plus tard.

Ida : Moi mon premier groupe, c’était avec mes cousines, j’avais 12 ans. Il faut savoir que je viens d’un univers musical complètement différent de celui de Marco. Nous faisions du RnB, Ragga, de la pop, nous composions mais nous n’avions aucune technique. A 24 ans j’ai intégré un groupe de Gospel, blues. J’ai fait pas mal de scène avec ce groupe et j’ai appris les bases du fonctionnement d’un orchestre. J’ai souvent fait de longues pauses dans ma vie d’artiste à cause de ma vie personnelle. En fait, Marco est ma première collaboration d’adulte où j’ai dû m’impliquer totalement dans la conception parce qu’il recherchait plus qu’une interprète. J’avais vraiment envie de tenter cette aventure bien que les compositions soient très éloignées de mon style de base et de ma zone de confort. J’adore les défis et pour moi, ce qui fait la beauté d’une chanson c’est la capacité à transmettre une émotion, et Marco le fait très bien. Donc j’ai laissé ma base blues pour un univers plus rock.





Votre musique est très fusionnelle : ambient, rock, trip hop… Dead Can Dance, Portishead font partie des groupes qui vous ont influencés et ceux que vous écoutez à ce jour ?

Marco : J’écoute tous les groupes que tu as cités. J’écoute un peu tous les styles ça va du pop/rock au death metal en passant par le classique ou le blues. J’aime aussi bien Pink Floyd, Radiohead, Riverside, Ulver, Archive que Pantera ou Opeth.

Ida : Bien que j’écoute ces groupes, j’avoue que pour travailler ma technique vocale je m’entraine sur beaucoup de terrains, ce qui au final donne beaucoup d’amplitude et de diversité à ma voix. Je m’inspire des chanteuses et chanteurs jazz et soul pour les nuances, la chaleur du chant, les graves, la suavité. Cela fera peut-être sourire mais pour la douceur j’écoute du Francis Cabrel, et divers chanteurs français de la même génération. Pour le suraigu ça serait Evanescence et parfois même de la musique indienne, parce que le chant féminin a cette particularité d’être suraigu, donc c’est un bon exercice pour s'approprier les notes hautes.


Anneke Van Gierbergen est ma chanteuse favorite, j'adore sa façon de faire passer des émotions et son charisme sur scène.


Le chant évoque Enya ou Anneke Van Giersbergen : sont-ce également des influences ?

Marco : The Gathering fait partie de mes groupes préférées et Anneke Van Gierbergen est ma chanteuse favorite, j’adore sa façon de faire passer des émotions et son charisme sur scène. Je connais beaucoup moins Enya, je connais juste quelques morceaux mais j’aime bien sa voix aussi. Le chant d’Ida fait lui aussi passer beaucoup d’émotions : mélancolie, tristesse, sérénité, colère etc.. mais sa voix est très différente je pense, plus grave, plus jazzy je dirais même et son registre, qui va du grave au suraigu est aussi très différent.

Ida : Personnellement, je ne les connais pas, mon chant pour ce projet s’inspire des compositions de Marco. J’aime son univers, Marco est ma “muse”.


A propos d’Enya, faut-il voir un lien avec le nom du groupe ?

Marco : Non, aucun, je cherchais un nom de groupe avec le mot Eden et qui finisse par la lettre a, et voilà !





Comment les intégrez-vous dans votre projet, quelle est la patte d’Edenya ?

Marco : A vrai dire, je n’en sais rien, je ne me dis pas : « Tiens on va faire un morceau dans le style de tel groupe » ... Certains morceaux partent d’une situation que j’ai connue, c’est le cas de 'Another Place' par exemple, ou d’un film que j’ai vu, enfin bref de quelque chose qui m’a marqué. Ensuite je développe l’idée initiale avec des riffs et des mélodies afin d’en faire une structure qui tient la route. Et à l’aide des arrangements, on essaye de développer au maximum une ambiance.


L'ambiance de cet album est centrée sur des ressorts psychologiques et l'aspect matériel est peu présent.


A l’écoute de votre album, nous avons l’impression d’un songe, d’un rêve, s’agit-il d’un concept album ?

Ida : L’ambiance de cet album est centrée sur des ressorts psychologiques et l’aspect matériel est peu présent. On reste sur des sensations, des suggestions, des ressentis, des évocations, au final des choses non palpables mais qui font partie intégrante de la vie humaine et de sa réalité. Vu qu’on est dans une sorte de réalité abstraite, on pourrait résumer le concept à “songe” mais cette définition est incomplète car ce qui est décrit est réel et de plus le rêve évoque une notion de féerie, or nous abordons des sujets douloureux mais nous essayons de le faire de façon poétique. Alors je parlerai d’immatérialisme plutôt que de songe.


Quels sont les thèmes que vous abordez : l’enfance en fait-elle partie ?


Ida : Nous abordons différents thèmes de l’évolution de l’être humain, aussi bien sur le plan mental que physique. L’enfance fait effectivement partie d’un de nos sujets, les chansons 'Innocence' et 'Little Girl' sont des odes à cette période de notre vie où l’espoir, la beauté, la simplicité, la pureté irradient en nous. En grandissant, on oublie à quel point il était beau et bon de rêver. Et comme toute chose, il y a un début et une fin, la mort est également un sujet qu’on met en scène, soit dans la peau d’un spectateur, soit comme acteur.


'Monster' est un titre très inquiétant, notamment le chant qui dénote par rapport aux autres titres, de quoi parle-t-il ?

Marco : C’est vrai qu’il dénote un peu, c’est à la fois le morceau le plus sombre et le plus énervé de l’EP !

Ida : 'Monster', c’est une mort mentale et sociale, un état de zombie psychique. On constate sa propre déchéance, on ne se reconnaît plus, en fait cette chanson est inquiétante parce qu’elle ne répond pas aux questions qu’elle soulève finalement en nous :  va-t-elle s’en sortir ? comment peut-elle s’en sortir? Et si c’était moi, vais-je m’en sortir ?


Dans la vie, je me définis comme une vampire des émotions, si une chose ne vibre pas, c’est qu’elle ne vit pas, donc ça ne m’intéresse pas.


Comment s’est déroulée la création de cet EP ? Qui apporte les idées ?

Marco : Le contrat entre nous est qu’Ida a carte blanche pour tout ce qui concerne le chant, que ce soit les mélodies ou les paroles. Il en est de même pour moi en ce qui concerne la partie instrumentale, que ce soit la musique elle-même ou les arrangements. Après, évidemment, on interagit et on n’hésite pas à donner son avis sur ce que fait l’autre. En général pour chaque morceau, j’apporte au départ une structure instrumentale avec souvent une mélodie vocale, qu’Ida est libre de suivre ou pas, et Ida apporte ses idées quant au chant et les paroles.

Ida : Je travaille effectivement sur la base instrumentale de Marco, les mots viennent d’expériences vécues par moi ou non. Dans la vie, je me définis comme une vampire des émotions, si une chose ne vibre pas, c’est qu’elle ne vit pas, donc ça ne m’intéresse pas. Les vibrations créatrices de Marco déclenchent ma propre créativité. Parfois, je n’arrive pas à capturer le sentiment d’une de ses œuvres et là je suis incapable de mettre des mots et une mélodie dessus.


Où avez-vous enregistré Edenya ? Vous avez un Home studio ?

Marco : L’intégralité de l’E.P exceptée la basse, enregistrée par notre ingénieur du son, a été enregistré chez moi.





Avez-vous pu interpréter cet EP en live ?

Marco : Non pas encore, Edenya est un projet studio au départ mais notre intention est bien évidemment de faire partager notre musique à un public un jour ou l’autre…


Votre projet est très ambitieux et nécessite beaucoup d’écoutes pour dévoiler toutes ses richesses, quelle était l’orientation musicale à la genèse du projet ?

Marco : Justement, le secret est qu’il n’y en a pas ! Le but est de ne pas se limiter et de mélanger un maximum d’influences et de styles, en créant tout de même quelque chose de cohérent et surtout avec une ambiance.


A titre personnel, je suis assez consterné par les artistes français qu’on entend à la radio en ce moment. Il y a pourtant des talents en France qui n’ont rien à envier aux groupes étrangers, mais il faut les chercher


Dans le monde actuel musical où la recherche de l’immédiateté est bien présente, vous n’avez pas choisi la solution de facilité, pensez-vous qu’il y a une place pour l’expérimentation, la fusion des genres ?

Marco : Je pense que c’est de plus en plus difficile. Pour nous, c’est quasiment impossible de passer en radio ! Dans l’ensemble, les labels signent pour des artistes qui officient dans un style bien calibré, qu’on a déjà entendu 1000 fois mais ce n’est pas grave, ça fait vendre ! A titre personnel, je suis assez consterné par les artistes français qu’on entend à la radio en ce moment. Il y a pourtant des talents en France qui n’ont rien à envier aux groupes étrangers mais il faut les chercher ! Et il y a également un public pour la musique plus expérimentale, il suffit de voir le succès de groupes comme Archive ou Radiohead.


La façon dont les gens écoutent la musique a changé avec internet et le streaming, pensez-vous que c’est une chance pour des jeunes groupes de pouvoir, à moindre coût avec la dématérialisation et l’accessibilité, de se faire connaître ?

Marco : Je suis d’accord avec toi, ce genre de moyen de diffusion aide les groupes avec peu de moyens pour trouver un public. Par contre pour vivre de sa musique quand on n’a pas un label important, c’est toujours aussi compliqué…


Avez-vous déjà commencé à travailler sur d’autres projets ? Auront-ils la même envergure ?

Marco : On travaille bien sûr sur d’autres morceaux en vue de sortir notre premier album. Je pense que ces morceaux sont encore plus ambitieux que ceux de l’EP et il y aura sûrement pas mal de morceaux assez longs (au-dessus de 6 min). J’espère encore surprendre ceux qui ont déjà écouté l’EP ! En tout cas, on compte mettre bien plus de moyens que pour l’EP.


Qu’attendez-vous de cet EP ?

Marco : Nous faire connaître ! Et de trouver un label et un producteur afin de nous soutenir dans l’enregistrement de notre premier album.


Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?

Marco : Les concerts avec mon ancien groupe. Vivement qu’on en fasse de même avec Edenya !

Ida : C’est vrai la scène c’est magique, pour le moment je ne pense pas encore être l’artiste accomplie et que je voudrais être, donc je répondrai à cette question dans 2 ans.


Au contraire le pire ?

Marco : Les très nombreux plans foireux que j’ai connu avec mes anciens groupes…

Ida :  Les professeurs de chant qui étaient censés m’aider à apprendre à chanter mais au final étaient plus occupés à étaler leur performance et s’intéressaient à autre chose que ma voix.


Quelle est la question que vous souhaiteriez que l’on vous pose ?

Marco : Quel est le plus beau compliment qu’on puisse faire sur ma musique ? Je répondrai : Si quelqu’un me dit que ma musique l’a fait pleurer, j’en serai heureux !

Ida : Parle-nous de ce qui t’inspire ?


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Marco : Merci à toi pour cet interview.
Aux lecteurs, je dirai que si vous cherchez un projet qui véhicule beaucoup d’ambiances et d’émotions avec une jolie voix féminine, jetez un coup d’oreille à notre EP !
N'hésitez pas à nous rejoindre sur notre Bandcamp et notre Facebook


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/edenyaband
 
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