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TITRE:

COTTON BELLY'S (17 JUILLET 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

BLUES



A l'occasion de la sortie du premier volume de ses "Live Sessions", nous avons de nouveau rencontré les membres de Cotton Belly's...
STRUCK - 31.07.2017 -
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Nous avions laissé fin 2015 suite à la sortie du très remarqué "Rainy Road" ; lors de l’interview à la question relative à vos attentes, vous nous avions répondu "notre objectif est constant, continuer de nous faire connaître pour toucher toujours plus de gens" : alors, objectif atteint ?

Oui, objectif atteint, en effet, depuis ce moment, nous n’avons cessé de nous produire sur scène, donc à notre échelle nous avons touché encore plus de personnes, le public achète nos CD, communique, se renseigne, bref il nous suit et ça nous touche énormément. De notre côté, nous nous efforçons de toujours maintenir une actualité, c’est la raison de ce projet "inter album" le "Live Session" filmé et enregistré sur l’instant.


Nous voulions vous féliciter pour votre performance au Blues Challenge de Memphis (vous êtes arrivés en demi-finale). Comment avez-vous vécu cette expérience?

Magnifiquement bien ! Au-delà du concours qui s’est avéré être  un vrai festival d’échanges et de rencontres, nous avons réalisé un voyage mémorable entre Mississippi, Louisiane et Tennesse. Au challenge de Memphis, on a joué dans des bars de Beale Street hors concours, on s’est retrouvé à animer des "jam sessions" ce qui nous a permis d’aller vers les autres groupes, de les inviter et de partager la musique en dehors de la compétition qui s’avérait de toute manière quasi inexistante.





Vous revenez avec un EP "Live Session Vol.1" dont le titre invite le fan ou le curieux à pénétrer avec vous en studio. Comment est née cette idée de partager cette expérience intime avec l'auditeur?

C’est simple, cela fait plusieurs années que nous réalisons des albums et jamais jusqu’alors nous n’avions montré nos conditions de travail, on n’avait tout simplement pas d’archives de nous en studio, c’est chose faite.


A l'exception de deux morceaux, pourquoi avoir privilégié d'anciens titres de votre répertoire? Etait-ce parce que, des étoiles pleins les yeux après votre rêve américain (réel), vous avez vous voulu garder un peu de cette magie tout de suite en studio plutôt que d'attendre et de réfléchir à de nouveaux morceaux et n'avoir au final à votre disposition que de la poussière dorée?

La première motivation était tout simplement de pouvoir proposer à l’auditeur des versions récentes de nos titres. En effet parfois l’auditeur assistant à un concert puis achetant nos CD s’attend à retrouver les sensations du show tel qu’il a vu et entendu mais souvent la différence des versions peut être surprenante entre l’album et l’évolution des chansons après plusieurs années de concert. On voulait tout simplement offrir au public une « mise à jour » de nos titres enrichis par l’expérience de la scène. Par ailleurs nous voulions depuis longtemps inviter des copains et copines musiciens (iennes) à participer à nos titres, nous voulions ouvrir notre musique à des chœurs et de nouveaux instruments. Grâce au concept du "live session", nous avons les deux.


L'inédit 'Broken Line' arrive en première position. Ne vouliez-vous pas laisser un peu de suspens à votre fan en le plaçant à la dernière position, pour que les autres morceaux, qu'il connaît déjà (à l'exception de la reprise) soit écouté?

A la base, il ne devait pas y avoir de morceau inédit sur cet EP, le concept comme je l’ai dit juste avant étant de rafraîchir certaines de nos compos par rapport aux versions albums. Mais 'Broken Line' c’est particulier, on l’a écrite pour un copain qui nous a quittés, il avait une âme de voyageur, à Memphis l’occasion d’enregistrer outre Atlantique avait du sens pour lui dédier sa chanson, on n’a pas perdu de temps et on a dit au revoir à notre façon. On n’a pas trop réfléchi pour l’ordre, je vous avouerai que cela sonnait bien comme ça à la première écoute alors on est resté là-dessus.





Racontez l'enregistrement de ce morceau aux Etats-Unis au Willie Mitchell Studios. Comment vous êtes-vous imprégnés des lieux? Avez-vous vraiment enregistré deux morceaux? Pourquoi ne pas avoir enregistré tout l'EP là-bas?

En fait nous n’avions que deux heures de studio, les Américains ne rigolent pas avec le timing et ce n’est pas plus mal, ça pousse à être efficace, aller à l’essentiel. Pour avoir fait plusieurs prises de chacun des deux titres, ça nous a pris pile poil deux heures. En ce qui concerne le lieu, nous étions émerveillés et impressionnés d’enregistrer là ou Keith Richard, Al Green et d’autres Robert Cray étaient passés. Le lieu était tout simplement beau, perdu dans un quartier périphérique de Memphis, Bo’Mitchell, le maître des lieux nous a formidablement accueillis, super sympa et pro avec son assistant. Les murs en moquette un peu délabrée et de toutes les couleurs habillaient les nombreux coins et cabines dispersées, à chaque pas on découvrait un nouvel ampli, un piano, etc… de toutes façons nous avons filmé, vous verrez bientôt par vous-même.


'Broken Line' ou encore 'Reason' prouvent votre amour du blues selon différents angles : un peu plus calme et assez déchaîné. Est-ce que votre équilibre tient sur cette volonté à explorer tous les angles d'un genre?

Oui tout à fait, en réalité, le fait d’être plusieurs décuple les influences musicales, pour faire simple, j’ai ramené le slow blues 'Reason' quand Jérôme (guitare) ramène le plus soul ballad 'Broken Line'. Chacun fait un effort pour donner vie aux inspirations de l’autre et vice versa. Après on s’entend quand même bien à la base autour de ce fil conducteur bluesy qui nous tient tous à cœur et qui fait qu’on reste dans la même équipe.


Vous ne vous limitez pas au blues, 'Greatness' avec son harmonica hanté nous emmène sur les terrains arides de la country. A nouveau, vous ne voulez pas vous enfermer dans un genre?


Nous ne nous sommes pas fermés au blues pur et dur car de toute façon il n’existe pas, depuis le début le génie de cette musique est d’abolir les frontières, de s’influencer du voisin, du copain, de l’ennemi, bref c’est une musique organique en constante mutation, c’est comme une toile vierge sur laquelle chacun peut ajouter ses couleurs. On garde cette base mais on part batifoler avec d’autres styles voisins (apparus pour la plupart grâce au blues) et tout aussi géniaux, ce n’est pas compliqué on s’amuse tout simplement en prenant ce qui nous éclate à droite à gauche dans cette grande famille qu’est la musique américaine.


Et que dire de la rafraîchissante 'Mr Bedman', avec ce chant si proche de nous et cette guitare acoustique, qui nous oriente vers un son pop folk. N'avez-vous pas peur des contrastes?

Des contrastes il y en a c’est sur, mais ils font partie de notre démarche, nous osons espérer que nos interprétations, ma voix et notre son en général créent assez de liant pour faire le pont entre les différents styles que nous aimons.


Vous avez fait une reprise de 'Superstition' de Stevie Wonder, mais à votre sauce vinaigrette : un blues avec banjo et guitare tranchante. Pourquoi avoir repris ce morceau qui n'est pas stricto sensu un blues? A nouveau avez-vous eu l'impression de donner une nouvelle jeunesse à un tube célèbre? Referiez-vous cette expérience avec d'autres artistes?

'Superstition' est un titre que tout le monde connaît et que chacun d’entre nous jouait avant que le groupe n’existe, c’est parti d’un trip en répète et puis ça a fait son chemin. Jamais nous n’aurons la prétention de donner une nouvelle jeunesse à ce titre légendaire, on a juste proposé notre relecture et on est content du résultat. Pour ça on a été influencé par le travail de Hayseed Dixie qui revisite les grands standards du rock et de la pop façon bluegrass, c’est un concept qu’a repris Steve ‘n’ Seagulls par la suite. Oui nous aimerions beaucoup refaire un truc du même genre, en réalité, quand nous avons commencé à jouer, nous n’avions pas de compos et on ne faisait que ré-interpréter des "covers".


Sur certains morceaux, il y a une choriste féminine qui apporte un peu de douceur à un genre brut. N'avez-vous pas envie que votre nouvelle batteuse, Aurélie, à l'instar de Little Hurricane, accompagne Yann au chant?

Oui c’est Emilie Hedou, une grande chanteuse de notre coin, ça faisait longtemps qu’on voulait faire un truc ensemble. En ce qui concerne Aurélie, faudrait lui poser la question mais je pense pouvoir dire que ce n’est pas d’actualité.


Yann c'est l'atout de charme : une voix soul poignante, émouvante qui parle directement au cœur de l'auditeur, sans accent aucun. Bref, quel est ton secret pour être aussi performant, Yann?


Franchement merci, ça fait super plaisir, mais si j’avais un secret, je le balancerais à tout le monde ! Non je ne sais pas, j’ai bossé ma voix des années (au début ce n’était vraiment pas ça), par contre je peux dire qu’en effet je chante avec sincérité et générosité, j’ai choisi la musique pour être transparent, parler directement aux autres. Pour l’accent, ça je dirais l’oreille car en réalité, je suis une vraie "quiche" en anglais (trauma de l’oral du bac je pense), je reproduis les sons que j’entends comme à l’harmonica.


Etes-vous un groupe démocratique, qui dirige les séances en studio?

Clairement non, on n’est pas un groupe démocratique, je dirige la part artistique du projet, pas dans le sens ou je crée tout, non heureusement sinon nous ne serions pas un groupe, mais plutôt dans le sens ou je prends les décisions, je tranche afin de définir et préserver notre démarche. Par contre on discute énormément, on écoute et on essaye toutes les idées de chacun, on prend beaucoup de temps pour ça mais à la fin, c’est vrai que c’est moi qui prends la décision. Globalement il n’y a pas de grands débats car on se retrouve sur énormément de points.


Faire du blues en 2017 qu'est-ce que cela veut dire pour vous?

Eh bien, je ne sais pas vraiment quoi répondre, peut-être que cela prouve la puissance de cette musique qui traverse les âges et les générations car elle ne triche pas, elle parle de la vie et de ses souffrances, c’est intemporel et universel. C’est franchement un bon support pour exprimer sa peine, toujours en 2017.





Le titre de l'EP suggère qu'il y aura une 2ème session, donc j'ose demander : pour quand?


Oui tout à fait, il est déjà à moitié réalisé, le" Live Session Vol.2" paraîtra courant Octobre 2017 avec de nouveaux invités.


Que pensez-vous de la scène blues actuelle : Little Hurricane, ou les français Little Bob Blues Bastards, Paul Personne?

J’avoue que je vais aller écouter Little Hurricane car je ne connais pas mais on adore Paul Personne qu’on a été voir ensemble il n’y a pas si longtemps, quand à Little Bob musicalement c’est moins mon truc mais je respecte énormément le mec car il est rock’n roll et blues dans l’âme, quel que soit le contexte, il sera toujours là à partager sa musique avec sa gratte car il n’y a que cela qui compte et je suis heureux que des mecs comme ça existent. Dernière chose, Paul Personne et Little Bob ont eu le courage de chanter en français sur une musique américaine, exercice extrêmement délicat.


Quel est le prochain cap désormais ?

Le nouvel et quatrième album qu’on adorerait sortir à l’automne 2018.


Plus d'informations sur http://www.cottonbellys.com/fr
 
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