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TITRE:

BOTTLE NEXT (27 JUILLET 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Rencontre avec les membres de Bottle Next qui nous proposent avec "Bad Horses" un premier album dynamite.
STRUCK - 01.08.2017 -
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Quelle est la question que l’on t’a trop souvent posée ?

D'où vient le nom Bottle Next ?


Comment vous êtes-vous rencontrés et qu'est-ce qui vous a décidé à faire de la musique ensemble?


On se connaît tous les deux depuis longtemps, depuis qu'on est gamins (même si pour un gars de 65 ans on est des gamins). On a commencé la musique dans la même école de musique, et bien plus tard on s'est  retrouvé  à jammer ensemble lors de la soirée de départ en retraite d'une de nos profs de lycée, parce que ouais, on est du genre à se faire inviter au pot de départ de nos profs de lycée, y'avait une scène avec une batterie et une guitare sèche, on a commencé à jouer plein de riffs en chantant du yaourt... c'était assez drôle au départ, et les gens qui étaient là à cette soirée ont vraiment aimé, on a recommencé deux ou trois fois l'expérience et ensuite on s'est dit qu'il fallait aller plus loin et faire ça plus sérieusement. C'était il y a sept ans.  Dès le début on s'est rendu compte que ça matchait bien entre nous et que dans notre manière d'écrire la musique, afin d'être d'accord tous les deux, on n'a jamais eu de très gros compromis, ni de concessions à faire.





Est-ce que votre duo est assumé dans votre esthétique ou est-ce que vous n'avez pas trouvé d'autres chaussures à vos pieds?


Le duo est quelque chose de complètement assumé on a jamais cherché quelqu'un d'autre, on a jamais voulu intégrer quelqu'un d'autre spécialement, c'était tout l'intérêt d'être tous les deux : de pouvoir composer de manière très spontanée de retenir un tas d'idées et de s'accorder pleins de libertés, et puis quand t'es deux y'a une belle prise de risque, c'est tentant.


Folk, hard, metal, prog, est-ce que votre musique ne va pas gêner les disquaires pour le ranger dans le bon bac?

Au départ on se présente comme un groupe de rock, et ça tombe bien parce qu'on fait vraiment du rock. L’appellation "hard folk" est venue un petit peu plus tard, pas de notre bouche mais d'autres personnes et du public, qui en écoutant notre musique se sont fait cette réflexion. On trouve que ça colle assez bien vu l'utilisation de la guitare folk et le côté quand même assez agressif de notre musique. Mais si un disquaire a écouté notre album il n’aura aucun problème à placer notre disque dans le bon bac.


Cette nécessité d'échapper à toutes les étiquettes se retrouve également dans votre musique où un morceau peut débuter dans un style et se poursuivre dans un autre, sans heurter la continuité de celle-ci. Etait-ce facile de digérer et de fusionner toutes vos références?

On ne sait pas si c'était facile de tout digérer mais en tout cas ça nous a pris du temps, pas mal de temps. Bottle Next c'est un projet qui est passé par plein d'étapes et avec lequel on a grandi. C'est pourquoi ce premier album est un petit peu tardif, mais finalement c'est le bon choix qu'on a fait, ça nous a permis d'essayer un tas de choses et d'affiner notre travail en profondeur pour pouvoir proposer quelque chose de très abouti.


Qui décide de quoi en studio? Est-ce que vous êtes un groupe démocratique où chacun a son mot à dire ou est-ce la dictature d'une minorité sur une autre minorité?

C'est assez démocratique et on est souvent plutôt d'accord, le but c'est que tout le monde soit à l'aise et décomplexé, et puisse s'exprimer. Sur le plan artistique on arrive à faire des concessions sans trop de problèmes, si quelqu'un n'aime pas tel ou tel élément de la musique, vu qu'on est que deux c'est facile, on enlève. Encore une fois on ne travaille pas tout seuls, on a une équipe avec nous qui nous soutient et qui nous accompagne vraiment et ils ont aussi leur mot à dire : s’ils trouvent que quelque chose n'est pas cohérent ou pas terrible ils nous le diront et on en tiendra compte.





Comment en êtes-vous venus à travailler avec le pape du melodeath Daniel Bergstrand?


Pour la rencontre avec Daniel ça s'est fait très simplement et on encourage d'ailleurs les groupes à procéder de cette façon. Il y a longtemps on voulait faire mixer un titre par une personne de renom et on a pris contact avec différents producteurs, lui et deux autres.  Il y en a un qui n'a pas répondu et l'autre qui nous a dit qu'il ne faisait rien qui n'était pas signé chez une major ou un label. Or à cette période nous n'avions pas le label Le Cri du Charbon avec nous pour nous accompagner et Daniel nous a répondu très simplement qu'il était attiré par la musique et que pour lui on pouvait faire quelque chose. Tout s'est lancé comme ça, simplement. On avait pensé à lui parce qu'on avait adoré le travail qu'il avait fait sur l'album Koloss de Meshuggah.


A une époque où il faut savoir se vendre, est-ce que vous ne pensez pas que le titre 'Bad Horses' est un peu négatif? Plus sérieusement, qu'évoque ce titre, est-ce un hommage à Steve Vai ?

On a trouvé que ce titre avec quelque chose d'assez claquant c'est Martin qui a trouvé ça en lisant une BD, chez un pote à lui, c'était le nom d'un des personnages principaux.

Comme tu dis aujourd'hui il faut savoir se vendre, ou en tous cas, se promouvoir. Mais pas que. Parce qu’avec les nouveaux médias et Internet, les réseaux sociaux, tous les moyens sont bons pour faire parler de soi. Tout dépend ce que tu cherches, ce à quoi tu aspires. Il est vrai que notre société contemporaine à tendance à ne pas toujours nous simplifier la vie. Il y a tellement de groupes cool, de musiciens brillants, travailleurs, acharnés, c'est dur d'être clairvoyant quand tu es le nez dans le guidon et que tu cherches à atteindre tel ou tel objectif sans voir tous les chemins de traverse. Des fois il y'a des gens qui courent tellement après le succès qu'ils oublient l'essentiel de leur art, ou de leur pratique. Maintenant on a tellement la culture du buzz que même ça, buzzer ça pourrait être une pratique... Mais nous on fait de la musique, la musique, on l'a dans notre tête, on la pense, on la joue, on la chante, on la travaille, on s'enferme dans un local de répèt' où il fait 40 degrés l'été et 10 l'hiver pour échafauder un morceau qui raconte quelque chose. Et déjà, rien que tout ça, c'est un kif énorme. Et finalement, tout ça c'est du travail, passé sur un instrument, sur une discipline, un langage, et après tu parfais ce langage, tu te l'appropries et tu réinventes les codes de ce langage avec ton groupe, ton crew. Tu sues dans ton local, ton box de répétition derrière ton instrument, fait de bois et de métal, fabriqué par un gars qui a sué derrière son atelier pour te le fabriquer. Tu joues de la musique. Faut pas l'oublier. Et ça c'est solide, et personne ne peut te l'enlever.

Après on ne va pas jouer les hypocrites et te dire qu'il faut rester dans l'anonymat enfermé dix heures par jours dans quinze mètres carrés, privilégier l'essence de l'art etc… parce qu'un groupe ce n'est pas que jouer de la musique, c'est aussi manager ton projet. Je dis juste qui si tu construis quelque chose de solide, basé là-dessus et que tu t’investis sur un peu tous les fronts, tu vas te construire un univers qui t'appartiendra complètement, que tu vas partager avec des fans et des auditeurs qui te suivront et te soutiendront toujours. Après c'est toujours pareil, faut trouver l'équilibre dans tout ça, jamais oublier l'essentiel et les gens avec qui tu travailles.

Faut pas trop chercher à cartonner, peut être plutôt de se dire d'essayer de rester intègre, jouer la carte qui colle le mieux à soi-même et après on verra bien. Il y a bien sûr toujours de trois petites choses à éviter ou à appréhender et des choses à mettre de côté, c'est pourquoi il faut aussi toujours garder un esprit ouvert et curieux et essayer de s'intéresser à un maximum de choses, en évitant d'avoir des idées tranchées ou un caractère despotique, ça aide pour avancer et faire des choix. Tant qu'on est sincère et avec un propos cohérent, cela nous permet d'avancer, ça permet aussi de rencontrer des gens et de tisser des liens forts avec eux. Et bien sûr, faut pas oublier de travailler, toujours, ne pas avoir peur de l'acharnement, tout en sachant lever le pied quand il faut. C'est un peu une histoire de dosage... et ce n'est pas toujours évident.

Finalement, ce titre 'Bad Horses', ce n'est pas si négatif, c'est plus quelque chose d'un petit peu indomptable et c'est ce qu'on a envie de revendiquer. Les gens sont parfois un peu dociles ou exténués et ça donne envie de réveiller la bête qui sommeille en nous, de tout bousculer, c'est aussi pour ça que Le Rock  existe, que La Musique existe.


Le choix de la langue est assez logique, puisque vos références se situent outre-Atlantique, mais ce choix sera t'il définitif?

Pour la langue pour l'instant on va garder cette direction. Mais il ne faut jamais dire jamais.





On a l'impression en écoutant votre album que vous avez su compenser votre sous-effectif grâce à un fourmillement d'idées ? Pensez-vous que si vous aviez été plus nombreux, ces idées auraient été facultatives?

C'est marrant parce que cette remarque nous avait déjà été faite et c'est vrai que au final notre musique est relativement progressive mais elle ne l'est pas pour combler un sous-effectif mais plutôt parce qu'on a besoin et envie de s'exprimer. Le duo nous laisse de la place pour ça. Peu importe le nombre,  on compose avec ce qu'on a, avec ce qu'on est, ça a donné ce résultat-là et par la suite cela va évoluer mais jusqu'à présent c'est comme ça qu'on a fonctionné.


Malgré tout est-ce que ce manque de variété de son est dommageable sur une longue durée?

On ne pense pas qu'il y ait de manque de variété de son, on utilise déjà beaucoup de choses, la guitare folk est un instrument très riche, on utilise le saxophone, quelques samples aussi. Le but aussi et de sonner à deux comme on pourrait sonner avec un groupe de quatre ou cinq personnes.  Après il est indéniable que composer à deux, écrire à deux, faire de la musique à deux soulève des difficultés sur le plan de l'écriture qu'on aborde forcément différemment dans une formation où il y a plus de monde. C'est ce pourquoi sur la durée il faut essayer de se renouveler un maximum et toujours se remettre en question. Finalement, ça fait sept ans qu'on existe et notre musique, notre son, ont beaucoup évolué. On a pris notre temps, et c'est quelque chose qui est important, même si dans la vie de tous les jours, le quotidien, la société, les nouveaux médias... nous mettent sans arrêt sous pression, nous disent qu'il faut sans arrêt produire des nouvelles choses, essayer d'être efficace, le plus vite possible. On ne fait pas de la musique pour ça, on fait la musique pour prendre notre temps et dire des choses qu'on a réfléchies. On a pris le temps de travailler et de composer pour mettre à plat et sous une forme un peu différente des choses qui nous paraissent essentielles.


Comment vous organisez-vous en concert pour à deux capter l'attention du public?

On donne tout ce qu'on a. Pendant ces années on a énormément travaillé notre son pour qu'en live ça soit le plus massif possible. Sur le plan technique, on est assez bien entourés, par des super gars  qui font super bien leur boulot et c'est aussi ce qui nous permet d'offrir un vrai show.


Qu’attendez-vous de ce premier album avec le soutien de Dooweet ?

Avec ce premier album on attend un peu tout, comme avec n'importe quel premier album.  Mais on a également très très très envie d'aller au-delà de nos frontières, on a déjà joué en Allemagne, Suisse, Belgique et ce sont des expériences qui nous ont marqués, on a très envie d'y retourner, et on a envie d'aller aussi partout ailleurs. On attend vraiment ça avec cet album et avec Dooweet.


Avez-vous déjà quelques idées pour un prochain album ? Sera-t-il dans la même veine ?

On a déjà quelques idées, quelques compos et quelques riffs dans la tête pour le prochain album. Il sera forcément différent, ça ne fait aucun doute, mais on ne peut pas en dire plus pour l'instant.


Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?


C'est très dur à dire parce que chacun de nos souvenirs, en tout cas parmi les meilleurs, ont tous quelque chose en particulier qui les rend vraiment exceptionnels. En tout cas de notre point de vue c'est très dur d'en tirer un au hasard et de dire celui-là c'est notre meilleur souvenir. Il y a des tas d'exemples, comme la fois où on a joué en prison, où c'était très particulier est très fort en même temps. Ou bien quand on a joué dans un tout petit village du 52 devant 80 personnes dans une petite salle des fêtes et que le public est devenu complètement fou dès le premier morceau, ou alors quand tu fais jumper 1000 festivaliers en même temps.  Sans parler des rencontres qu'on a fait grâce à la musique et grâce à Bottle Next, des liens qu'on a tissés, qui sont très fort.





Au contraire le pire ?


Y en a pas de pire, il y a forcément des moments un peu compliqués,  ce qui arrive, mais avec le recul tu es toujours content de traverser même ces moments difficiles parce que tu es fier de les avoir traversé, et que il y a toujours quelqu'un du groupe pour t'aider à traverser ça et en faire quelque chose de cool.


Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?

Quel est votre secret pour réussir les lasagnes ?


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Merci de soutenir la musique indépendante, merci de soutenir le rock, merci d'être curieux, merci d'aller voir des concerts. Stay Hard Folk !

 
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