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A PROPOS DE:

MOLYBARON (24 OCTOBRE 2017)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HARD ROCK

A l'occasion de la réalisation du premier album éponyme du groupe Franco-Irlandais Molybaron, nous avons rencontré le chanteur-guitariste Gary Kelly
DARIALYS - 24.11.2017 - 7 photo(s) - (0) commentaire(s)

... pour une longue interview pour vous faire découvrir plus encore le groupe coup de coeur de la rédaction de cette fin d'année 2017...


Quelle est la question que l’on t’a posée trop de fois ?

Oh ! La question que l’on m’a beaucoup posée est : « quel est le concept derrière la pochette ? ». En fait, cela dépend de l’interprétation de tout le monde. J’ai une idée de ce qu’elle signifie, mais chacun a sa propre interprétation.





Il est très important pour les gens de se renseigner auprès de médias indépendants pour obtenir leur propre point de vue


On s’appelle Music Waves, anciennement nommé Progressive Waves, donc nous sommes habitués aux albums concepts. Les Français ne cherchent pas forcément à comprendre le concept, ils se contentent d’écouter la musique, et je trouve ça dommage.

Mais je peux te donner mon interprétation ! Il y a une chose qui me fatigue, c’est le message politique dans les médias mainstream. Des fois, je me sens mal à l’aise d’en parler car c’est quelque chose de personnel, et parce qu’étant donné qu’on est un nouveau groupe, les gens vont se dire « qui êtes-vous les mecs pour dire ça ? ». Je n’ai pas envie de passer pour un prétentieux. Le concept général pour moi est une métaphore des médias mainstream, de leur influence sur les gens. L’idée est que la télévision représente les « médias corporate ». L’homme que l’on voit sur la pochette représente le public, on lui dit quoi penser. Les médias en ont fait une nouvelle personne. Je pense qu’aujourd’hui il est très important pour les gens de se renseigner auprès de médias indépendants pour obtenir leur propre point de vue, car autrement on va leur dire ce qu’ils doivent penser. Et le thème des paroles est basé sur cette notion. J’en ai vraiment pris conscience pendant les élections américaines de 2016. J’étais très énervé car des chaînes comme CNN mentaient au sujet de Bernie Sanders (candidat aux élections, ndlr) notamment, c’est ce que j’ai voulu exprimer à travers la pochette.


Cela rappelle aussi les pochettes de Pink Floyd…

Je suis un très grand fan d’eux…


Etait-ce volontaire ou était-ce inconscient de ta part ? Est-ce qu’on peut expliquer ça par l’influence que ce groupe a sur toi ?

Non, ce n’était pas quelque chose de volontaire, mais en tant que graphiste-designer de la pochette, je voulais vraiment faire une pochette qui fasse réfléchir les gens, et qui ferait en sorte que chacun ait une idée différente de sa signification. Certains diront : « on dirait que l’orbite va s’écraser sur la terre », oui, pourquoi pas !


Ce que je trouve très intéressant est qu’il y a un lien entre la pochette et la musique comme beaucoup de groupes de rock progressif le font. Même ceux qui ne comprennent pas bien les paroles intègrent l’idée de l’album et seront séduits par la pochette.

Comme je l’ai dit avant, je suis totalement ouvert à toutes les interprétations, je ne veux pas ennuyer les gens ! (Rires)

La pression venait surtout du fait que je n’avais encore jamais chanté, c’était la première fois pour moi






Est-ce que vous avez ressenti de la pression au moment de la sortie du disque ?

Un peu, oui. Pour moi, la pression venait surtout du fait que je n’avais encore jamais chanté, c’était la première fois pour moi. Après tout le travail de création que j’avais fait pendant 3 ans, j’avais peur de tout foutre en l’air en mettant ma voix sur l’album, mais je n’avais pas le choix. J’espérais vraiment que ça passe, mais j’ai eu de très bons retours sur ma voix. Je ne me considère pas comme un chanteur, plutôt comme un « vocaliste ». Un chanteur peut chanter de très belles mélodies, il a une très grande amplitude vocale, il peut faire des choses spéciales avec sa voix. Un « vocaliste », selon moi », est quelqu’un qui peut chanter les paroles, mais il n’a pas une voix incroyable. C’était ça ma plus grosse crainte.


En tout cas, nous avons aimé votre album, beaucoup d’aspects nous ont plu, et ton chant en fait partie. Est-ce que tu ne te sous-estimerais pas un peu ?

C’est dur d’être objectif, mais oui, je me sous-estime certainement. Mais je préfère quand même être comme ça que d’avoir un énorme égo. Plus j’ai des retours sur ma voix, plus je me sens à l’aise et plus je prends confiance. Mais pour le prochain album, je ne sais pas si je vais chanter pour autant !


Et sur scène, est-ce que tu ressens des difficultés au niveau vocal ?

Au cours de notre deuxième concert, nous avons joué à l’Elysée Montmartre. Je me disais « nom de Dieu, on joue à l’Elysée Montmartre pour notre deuxième concert ! ». C’est un endroit légendaire ! J’étais très stressé, mais plus tu fais des concerts, plus cela devient facile, tu prends de la confiance. J’ai toujours beaucoup à apprendre, mais je m’améliore, notamment quand il faut s’adresser aux gens sur scène. C’était vraiment plaisant, à l’Elysée Montmartre c’était incroyable.


A l’image de cet album je présume, vous avez dû ressentir de la pression avant, mais dès qu’il est sorti, vous avez pris du plaisir.

Oui tout à fait. Et le point positif est que nous n’avons pas eu de mauvais avis sur l’album.


C’est véritablement la force d’Internet, car si vous n’avez que des retours positifs, cela signifie que vous avez vraiment fait du bon travail !

Oui, je suis très content. Je ne saurais pas vraiment l’expliquer, mais nous avons beaucoup travaillé en amont, nous avons fait beaucoup d’efforts et avons été très précautionneux.


Votre line-up est très original. Il y a trois Français et un Irlandais. Pourquoi avez-vous décidé de faire un groupe en France ?

En fait, ma copine est française, tout vient de là !


La prochaine fois que tu la vois, tu la remercieras pour nous car c’est grâce à elle que tu t’es donc installé en France !

Je suis content que tu sois content ! (Rires) Il y a aussi le fait que les autres membres du groupe parlent très bien Anglais, et heureusement car je parle très mal Français !


Nous travaillons déjà sur le deuxième album qui sera plus brutal, plus heavy






Le premier album n’est jamais facile à écrire, car il faut trouver son propre style et apprendre à travailler en tant qu’équipe. Comment avez-vous procédé pour l’écriture de l’album ? Est-ce que tu t’en es chargé, ou avez-vous fait cela de manière plus démocratique ?

J’ai écrit l’album. J’ai créé les chansons, j’ai été au studio et je les ai jouées avec le groupe, et les gars l’ont joué à leur manière. Nous travaillons déjà sur le deuxième album qui sera plus brutal, plus heavy, un peu comme la chanson ‘Incognito’ sur cet album, tout en gardant notre son.


Vocalement, tu vas changer quelque chose pour le deuxième album ? Est-ce qu’il y aura des cris par exemple ?

Non non, je me suis peut-être mal exprimé, ce sont les riffs qui seront plus lourds, plus groovy. Donc oui, nous travaillons bien sur un nouvel album dès à présent.


Mon instrument préféré est la basse. […] Je préfère la basse à la guitare


Il semblerait que les lignes de basse soient le point de départ et la ligne directrice de chaque chanson. Est-ce bien le cas ?

Oui, mon instrument préféré est la basse. J’en joue sur l’album car celui-ci a été créé avant que les autres membres n’arrivent. La basse représente vraiment la partie centrale des chansons. Avant, je jouais de la batterie, et la basse est en quelque sorte une autre percussion, je préfère la basse à la guitare. Ce que j’ai fait est que j’ai demandé à notre bassiste, Sébastien, qui est arrivé un peu plus tard, de garder ce son particulier que je voulais donner.


Les autres membres, avec leur propre son, vont influencer le deuxième album. Est-ce la raison pour laquelle il sera plus heavy ?

Ce sera plus heavy car Raph, notre batteur, est vraiment déchaîné lorsqu’il joue ! Cela donne vraiment du groove et de la cohérence à ce que l’on joue.


Si vous optez pour une écriture d’album plus collective pour le deuxième album, est-ce que tu n’as pas peur de perdre ce qui a fait votre son sur le premier album ?

Non car je vais tout contrôler ! (Rires).


Vous allez garder le même esprit ?

Oui, je pense qu’il le faut, car si tu procèdes à un changement drastique entre le premier et le deuxième album, ça ne peut pas le faire. Le changement doit être progressif. Tu entendras toujours du Molybaron, mais je pense que ce sera plus organique.


Ce côté organique est quelque chose que vous voulez garder ?

Oui bien sûr. Sur cet album, notre son est parfois assez proche de celui de Brian Eno ou de U2, ce qui implique que l’on va devoir jouer avec des samples en concert, ce qui est un peu ennuyeux. Nous allons essayer de faire le deuxième album de sorte à ce que l’on n’ait pas à rajouter tout ça sur scène.


Vous pourriez recruter un claviériste ?

Non, pas de cinquième homme, quatre, c’est déjà assez compliqué ! On pourrait bien sûr, mais les deux dernières chansons sur lesquelles nous avons travaillé ne contiennent pas de sample, c’est beaucoup plus fluide, on s’éclate plus en les jouant, car on peut jouer avec le rythme.


Savez-vous quand le deuxième album sortira ?

C’est difficile à dire. Je ne pense pas que nous sortirons un album, peut-être plus un EP. L’idée est que si nous avons moins de chansons, nous pourrons plus vite les jouer. Les gens veulent entendre de nouvelles musiques tout le temps.


C’est sûr qu’aujourd’hui, la conception de la musique a changé, et de moins en moins de gens écoutent des albums dans leur intégralité, ils n’écoutent plus que quelques chansons.

Oui, c’est quelque chose qui me manque à propos des CD, quand on prenait le temps de tout écouter, de la première à la dernière piste. Aujourd’hui, on prend les chansons de manière isolée, on en oublie l’esprit même de l’album.


Maynard James Keenan a vraiment été une influence pour moi

*



Votre musique est un compromis entre celle de Metallica, de Rage Against The Machine, ou même de Tool. Êtes-vous d’accord ?

C’est marrant car en parlant de Tool, j’ai remarqué que le chant était très bas. Maynard James Keenan (chanteur de Tool, ndlr) a été vraiment une influence pour moi. Pourtant, je ne connais rien de Tool, à part un album, mais je l’écoute beaucoup, celui avec ‘The Pot’ (« 10 000 Days », ndlr). C’est incroyable, ça m’a scotché. La voix de Maynard est magique, la guitare aussi est magique, elle est très grave ! Ces gens-là sont des gens qui n’ont rien d’autre à faire que faire de la musique, ça s’entend.


On entend aussi un peu de Placebo par moment, surtout au niveau de la voix. Est-ce une influence pour vous ?

Non pas du tout, ce n‘est pas une influence pour moi bien que certains m’aient dit que mon chant ressemblait à celui de Brian Molko (chanteur de Placebo, ndlr). Mais ça va, j’aurais pu être comparé à Céline Dion, ça aurait pu être pire ! (Rires)


Musicalement, vous alternez entre moments puissants et moments doux et aériens parfois. Pensez-vous avoir trouvé votre propre son ?

C’est difficile à dire objectivement. Il y a des groupes comme Airbourne qui sonnent comme AC/DC, qui ont vraiment un son, ou comme Sum 41. Je ne sais pas vraiment si d’autres groupes sonnent comme nous. L’une de nos chansons va sonner d’une manière, et une autre va sonner différemment, car notre album n’est pas très homogène, il y a pas mal de styles à l’intérieur. C’est donc difficile de dire si nous avons un son.


J’aime la musique qui est un bon mélange entre de bons riffs, une bonne basse, et un côté aérien, sans forcément qu’il y ait de voix.

Sur la chanson ‘Only When Darkness Falls’, tu sembles davantage pousser ta voix sur le refrain que sur les autres refrains, pour atteindre un résultat bluffant. Est-ce quelque chose que vous allez chercher à creuser à l’avenir ?

Faire en sorte que ma voix soit plus proéminente à l’avenir, oui, ça peut faire partie des plans pour le prochain album. J’aime la musique qui est un bon mélange entre de bons riffs, une bonne basse, et un côté aérien, sans forcément qu’il y ait de voix. Mais si je ressens que les gens veulent que je chante plus, je le ferai.


En général, les chansons de l’album sont plutôt « heavy », mais la dernière chanson, ‘Mother’, est assez différente, avec sa douce introduction et ses guitares acoustiques à la fin. Est-ce que le fait de clore l’album avec une telle chanson est un indicateur du son que vous voulez explorer à l’avenir, un son plus mélodique ?

Peut-être, peut-être pas ! Je ne sais pas comment le prochain album va sonner, mais je vais y réfléchir, tu m’ouvres les yeux, vraiment ! Je n’écoute pas de musique très souvent, ce qui est bizarre. Mais effectivement, quand on entend la fin de cet album, on peut se demander ce qui va arriver par la suite.


Le titre ‘Mother’ a par ailleurs un potentiel de beauté assez incroyable avec cette fin acoustique. Pourquoi n’avez-vous pas choisi de développer davantage cette chanson avec un solo de guitare par exemple, pour la finir en feu d’artifice, surtout quand on sait que c’est l’une des rares chansons de l’album où il n’y a pas de solo ?

Le solo en fait, c’est les deux guitares qui jouent ensemble. C’est plus un solo mélodique que technique. A la base, cette chanson devait être instrumentale, il ne devait pas y avoir de paroles. C’est une chanson étrange, probablement influencée par Metallica, avec les parties acoustiques. Je ne sais pas vraiment pourquoi nous n’avons pas mis de solo.


Qu’attendez-vous au niveau de la promotion du disque ?

L’album a été réalisé en mars. Mais même si tu as un bon album, tout le monde s’en fout et personne ne te connaît, d’où l’importance de la promo.


J’aimerais avoir plus de public, j’aimerais que plus de gens nous écoutent




Pour être honnête, nous n’avons eu accès à une copie du disque pour le chroniquer sur notre site qu’en septembre…

Et c’est super car sans ce genre de sites, les gens n’écouteraient jamais notre CD. J’aimerais avoir plus de public, j’aimerais que plus de gens nous écoutent. Mais quand j’envoie des messages pour que l’on se fasse interviewer dans des magazines, ce n’est qu’un autre message d’un nouveau groupe, et les gens n’écoutent pas.


Vous aimeriez donc que les médias vous ouvrent des portes vers un public plus large.

Tout à fait, pour jouer des concerts. En France, ce n’est pas facile de trouver des endroits où jouer.


Êtes-vous plus connus en Irlande ou en France ?

En France. En Irlande, nous sommes inconnus, à part de mes amis, car nous n’allons pas là-bas. Nous allons essayer de nous concentrer sur Londres et le Royaume-Uni, on doit toucher ce marché, et peut-être l’Allemagne qui est un marché énorme.


Quelle est l’étape suivante ? Réaliser un EP ? Faire une tournée ? Autre chose ?

L’EP et la tournée, c’est bien pour le moment. Si on peut faire ça, faire des festivals l’an prochain, en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, ce sera bien.





Pour commencer, je t’ai demandé quelle question on t’avait posée trop de souvent, au contraire, quelle serait la question que tu aimerais que je te pose, ou celle à laquelle tu aurais aimé répondre ?

Oh ! Tu m’as posé beaucoup de bonnes questions ! Je n’ai pas vraiment d’idée de question, tu as couvert pas mal de champs, et cela a été mon interview préférée jusqu’à présent, c’était vraiment très bien ! J’ai aimé les détails qu’on a évoqués. C’était plus une discussion qu’un interrogatoire, c’était super.


Pour la promotion de l’EP, je vais t’interviewer, alors la prochaine fois, pense à ma question, et on commencera la prochaine interview en français sur cette question-là !

Pas de souci !


Merci beaucoup !

Merci à toi, très heureux de t’avoir rencontré !



Plus d'informations sur http://www.molybaron.com
 
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