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A PROPOS DE:

ATTRACTION THEORY (07 NOVEMBRE 2017)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
-

A l'occasion de la sortie de "Principia", rendez-vous était donné aux membres de ce nouvel arrivant dans la scène metal : Attraction Theory...
STRUCK - 01.12.2017 - 10 photo(s) - (0) commentaire(s)
... l'occasion pour nous de faire la lumière sur ce nouveau projet très prometteur mais également de faire le point sur la situation de Headline avec son membre fondateur, Didier Chesneau...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Didier Chesneau : La question qu’on m’a trop souvent posée ? De façon générale, je ne sais pas… Je dirais une question du type : "Que pensez-vous du metal en France ?".


On ne te la posera pas au contraire, tout le monde va te demander pourquoi avoir attendu si longtemps pour un nouveau projet, alors qu'évidemment tout le monde attendait le retour de Headline et votre page Facebook du groupe le laisse penser : on lisait un peu partout que le successeur de "Duality" allait paraître en 2014-2015 ?

C’était le cas à l’époque ! On a effectivement travaillé sur un nouvel album d’Headline qui n’a pas été complétement finalisé parce qu’on a tous fait plein de choses.





Aymeric Ribot a fait The Voice…

Aymeric a effectivement fait The Voice, il a également joué Van Helsing à terroriser les gens dans une comédie musicale pendant un an et demi.
Dirk est parti avec Soilwork puis il a rejoint Megadeth.
Christophe…


… est pris chez Attraction Theory, je crois…

Il est effectivement pris chez Attraction Theory mais avant, il est parti boire des bières en Belgique avec Magali Luyten, aujourd’hui, il boit du chouchen avec Pat O’May…
Bref, c’était compliqué de réunir de réunir ces gens tous ensemble !


On n’a jamais eu de manque lié à Headline


Et Sylvie !

Tout à fait, Sylvie est plus axée sur le coaching vocal, l’écriture… Elle a peut-être moins envie de faire autre chose pour l’instant !
On a également travaillé ensemble sur les projets de chacun. Par exemple, on était de l’aventure de l’album d’Aymeric après son passage dans Dracula. Avec Christophe, on fait de sessions studio régulièrement avec plein d’artistes…

Du coup, on n’a jamais eu de manque lié à Headline parce qu’on a continué à travailler ensemble sur d’autres projets. L’aventure Headline repartait à partir du moment où nous avions envie de rejouer cette musique. A un moment donné, on avait fait un album mais nous sommes tous musiciens -c’est notre métier- et à un moment donné, nos envies changent…





La page Headline reste ouverte [...] peut-être qu’Headline reviendra un jour mais aujourd’hui, ce n’est pas le timing


Un album était donc plus ou moins prêt… Finalement, n’y a-t-il pas un sentiment de gâchis au regard du potentiel et des louanges par le groupe ?

Honnêtement non, parce que je pense chaque expérience est toujours bonne. Sur le moment, on a vécu des trucs terribles avec Headline. On s’est retrouvé à tourner avec des gens qu’on adorait : Dream Theater, Symphony X, Evergrey… On a fait plein de choses en Europe, on a été les premiers Français signés chez NTS qui nous a donné tous les moyens nécessaires pour faire de bons albums.
Nous avons fait ce que nous avions à faire. Je ne suis pas un nostalgique, je ne suis pas une personne portée sur le passé. Je considère que les choses doivent se faire dans un certain timing mais c’est peut-être lié au fait que mon job est d’être dans un studio où le temps est toujours très long… Mais voilà, il n’y a pas cette volonté de capitaliser sur des choses du passé. La page Headline reste ouverte -nous fêtons les 20 ans de "Escape" au mois de novembre- peut-être qu’Headline reviendra un jour mais aujourd’hui, ce n’est pas le timing parce que tout le monde n’en a pas forcément envie aujourd’hui. Et même si un album était prêt, tout n’a pas été finalisé pour x raisons mais cela ne signifie pas que cela ne se fera pas un jour…
Puis, les occasions, les rencontres à l’époque ont fait qu’il y a eu ce nouveau projet. En tous cas, Attraction Theory n’était pas un palliatif…


En tous cas, Attraction Theory n’était pas un palliatif…


Concernant Attraction Theory, pourquoi avoir choisi de sortir un EP "Principia" qui plus est composé d’une reprise et deux versions alternatives qui laissent un peu le fan sur sa faim plutôt qu’un album complet ou était-ce histoire de voir comment ça marche ?

Ce n’est pas ça ! Certes on en a plein sous le coude parce qu’on a beaucoup d’idées. En revanche, pour avoir un passif individuel tous les quatre, nous savions qu’on allait nous poser plein de questions et nous ne voulions surtout pas passer notre temps lors de la promotion de l’album à parler de nos anciens projets. Nous nous donc dits qu’on allait d’abord sortir un EP : nous pourrions ainsi répondre à toutes les questions des journalistes et quand nous allons sortir l’album, nous allons pouvoir parler musique (Sourire) !


Nous ne voulions surtout pas passer notre temps lors de la promotion de l’album à parler de nos anciens projets


Justement quand est prévue cette journée promo pour parler musique ?

L’année prochaine. On sait que l’album va sortir l’année prochaine. Honnêtement, nous avions prévu de le faire assez rapidement parce qu’une partie est déjà prête. Maintenant, ça a l'air de plutôt bien se passer avec l’EP, plein de demandes arrivent de la part de promoteurs qui nous disent de prendre le temps de continuer à jouer, à enregistrer…  


Une partie de ceux qui nous connus avec Headline vont peut-être chercher à faire des comparaisons. Mais de mon point de vue, je pense réellement que ce sont deux projets totalement différents



Malgré tout, pour en revenir à ce que tu disais concernant vos passifs, as-tu conscience que les gens vont nécessairement comparer ce nouveau projet à Headline et comparer Constance à Sylvie ?

Honnêtement, je ne pense pas. Je pense que c’est une histoire générationnelle : une partie de ceux qui nous ont connus avec Headline vont peut-être chercher à faire des comparaisons. Mais de mon point de vue, je pense réellement que ce sont deux projets totalement différents, ce n’est pas la même musique, le seul point commun c’est qu’il y a une chanteuse mais je n’y peux rien depuis mes 14 ans, j’adore les chanteuses : Pat Benatar… (Rires) !


Il y a des choses pires…

Tout à fait mais Attraction Theory est vraiment un groupe à part ! Comme je le disais, c’est une histoire générationnelle, je suis assez content car nous avons fait un showcase chez une disquaire la semaine dernière, ça peut paraître absurde aujourd’hui de faire une promo chez un disquaire mais fut un temps où on achetait des disques, c’était bien de faire de la promo là où étaient les disques justement, et c’était assez marrant car on a croisé des gens qui ne connaissaient pas du tout. Et dans le même moment, on entre dans les charts d’iTunes et là, on sait de quelle génération il s’agit : pour eux, ‘Exorcise Me’ qui date de 2003, ils ne savent pas ce que c’est (Rires) !





Comment expliques-tu que Attraction Theory atterrisse 28e des charts rock iTunes en tant que meilleure sortie France ?

Honnêtement, je ne sais pas. Nous avons un bon attaché de presse qui fait bien son boulot et qui fait en sorte que notre musique est disponible et que les gens peuvent l’écouter.



Tu as indiqué que Sylvie était plus axée coaching. Lors de la dernière édition du PMFF à Paris, Constance Amelane avait rejoint le groupe Headline sur scène pour chanter ‘To France’ la reprise de Mike Oldfied. Peut-on voir en la relation Sylvie/ Constance une alternative française à Alissa White-Gluz/ Angela Gossow chez Arch Enemy ?

Vous voyez des choses que nous ne voyons pas (Rires) ! Mais pour cela, il faudra surtout que Constance se mette au growl ou se teigne les cheveux en bleu (Rires) !
Non mais ça aurait pu être justifié si Constance était devenue la chanteuse d’Headline mais ce n’est pas le cas. Elles ont collaboré ensemble pour des textes sur un titre mais non, il n’y a pas eu de passation vocale. Constance a travaillé avec une coach vocale pour certaines choses et en autres, bien préserver sa voix : Lisa Baumann est une coach qui s’occupe principalement de rééducation vocale.
Au PMFF, l’idée était de partager la scène avec des gens que nous aimions comme Sarah Layssac qui était venue chanter, Philippe Roux qui avait chanté dans un groupe qui s’appelait Iceland et que j’avais produit il y a très longtemps - c’était une de mes premières prod’ (NdStruck : album éponyme sorti en 1994)… L’idée au PMFF était de se faire plaisir, d’inviter des potes…


Le jeu et la production de la guitare sont impressionnants comment as-tu travaillé cela, comment Constance a-t-elle réussi à trouver sa place dans toutes ces guitares saturées ?

Ecoute, après c’est plus une histoire d’arrangements qu’autre chose. Pour le coup, j’espère que c’est un peu mon domaine depuis le temps que je fais ça en studio. En fait, j’ai une amie qui est productrice/ réalisatrice (NdStruck : Veronica Ferraro) - qui a mixé ‘To France’ et qui a bossé avec de très, très grands artistes comme Pink…- elle a une image du canapé qui est assez parlante sur le sujet. Le problème quand on fait un mix, une production, on va commencer par asseoir le batteur qui est quelqu’un d’important et qui se met au milieu du canapé, puis, tu as le bassiste et la basse, comme tout le monde sait c’est ce qui tient donc il prend une bonne place sur le canapé, arrive après le guitariste avec son gros ego et à qui il faut la moitié du canapé, tu as ensuite le clavier qui arrive et quand même, les claviers se sont les arrangements, les mélodies, il faut donc lui faire une bonne place aussi sur le canapé… et enfin, le chanteur ou la chanteuse arrive et du coup, ils se demandent où ils peuvent se mettre. Donc soit ce sont des chanteurs avec des egos surdimensionnés qui se mettent devant et on en parle plus, soit tout le monde se serre et essaie de laisser de faire de la place à l’autre.
Je pense qu’un mix… c’est exactement ça, l’image de Veronica est très parlante : tu peux mettre des grosses guitares… mais il ne faut pas plusieurs sujets en même temps c’est-à-dire que si le sujet est la voix, il faut que la voix soit en avant, si le sujet est un solo de guitare, un solo de clavier, un riff de batterie… il faut savoir mettre la lumière sur l’élément mais tout le monde ne peut pas parler en même temps.


La production de l’EP est énorme, t’étais-tu mis comme directive de surtout ne pas sonner comme Headline ?

Non, non… Honnêtement, je suis parti avec ce que j’ai envie de faire et d’être aujourd’hui…


Cet album est une photo de ce que j’ai envie de jouer, la manière dont j’ai envie de produire un disque


Cet album est plus heavy que prog c’était une intention et non pas une volonté de se démarquer du passé ?

Tout à fait ! Cet album est la photo d’un instant et cette photo est différente de ce que nous étions il y a 10 ans et ce que nous serons dans 10 ans.
Donc oui, cet album est une photo de ce que j’ai envie de jouer, la manière dont j’ai envie de produire un disque en tous cas dans ce créneau-là.
Ce qu’il y a de bien, c’est que je n’ai pas de cahier des charges : c’est un autre projet, un autre groupe et donc, je n’ai pas la nécessité de sonner de telle façon ou de sortir sur un label de metal…





Est-ce que tu as consciemment choisi de faire une musique rentre-dedans et directe ou est-ce que c’est la voix de Constance qui a imposé ce choix ?

Non, là encore c’est assez contextuel. Par rapport à la production, quand j’ai commencé à réaliser des disques, j’ai beaucoup bossé pour Holy Records, j’ai fait le premier Misanthrope, j’ai fait plein de groupes extrêmes… et à cette époque, on disait que Didier Chesneau ne faisait que de l’extrême.
Après, il y a eu "Escape", j’ai fait plein de groupes symphoniques, de groupes allemands… à ce moment, on s’est dit que Didier Chesneau faisait que des trucs à la Stratovarius.
Ensuite, "Voices of Presence" est sorti, j’étais dans le prog…
Fondamentalement, j’ai toujours aimé le rock c’est-à-dire des grosses guitares. Quand tu mets en valeur la partie "musicien", j’aime autant jouer avec une Telecaster et jouer du blues que de jouer avec une 7 cordes… Aujourd’hui, comme en studio où certaines personnes ne privilégient que le côté vintage en travaillant avec des magnétos à bandes en ne faisant pas de plug-in, cela fait partie des outils que nous avons à notre disposition… Encore une fois, je ne suis pas un nostalgique, je prends les choses qui me plaisent. Si tu me donnes des amplis avec des s en do, ce sont des sons que j’ai envie d’exploiter.


Je devais produire le successeur de "Burn the Sun"


Comme à l’époque d’Headline, la section rythmique est énorme avec des super pointures comme le fidèle Christophe Babin et John Macaluso, bien qu’ils prennent beaucoup de place sur le canapé que tu citais tout à l’heure était-ce important, rassurant pour toi d’avoir à la fois des gens proches et des pointures pour cette nouvelle aventure ?

C’est simplement que je ne sais pas faire autrement. J’aime les chanteuses mais j’aime aussi les batteurs : c’est aussi ça le problème (Rires) !
On a commencé le projet de ce qui allait devenir Headline avec quelqu’un qui n’est malheureusement plus là et qui s’appelait Christian Namour et il était le batteur le Patrick Rondat à l’époque, c’était un super batteur ! Il y avait aussi Fred Guillemet à la basse qui a ensuite joué dans Trust, Face to Face… On a été épaulés dans ce qui allait devenir l’aventure Headline par de super musiciens.
J’ai toujours eu la chance de jouer avec de super batteurs. Donc fatalement, la manière dont on écrit la musique, les parties batteries entraînent le casting de ceux qui peuvent les jouer : la manière dont on entend, dont on écrit des parties définit le casting. On se connaissait avec John depuis Ark bien évidemment. Et fatalement, on arrive à l’histoire que je raconte à chaque fois, je devais produire le successeur de "Burn the Sun". Olivier Garnier m’avait appelé dans ses bureaux : on s’est rencontrés avec Ark à cette époque, on a sympathisé…


Je ne connaissais pas cette histoire donc le responsable de l’arrêt d’Ark, c’est toi ?

(Rires) Malheureusement non, c’est surtout un grand regret parce qu’effectivement, on avait entendu des démos de ce qui auraient dû être les successeurs de "Burn the Sun", on avait commencé à travailler et Jorn (NdStruck : Jorn Lande) est parti….


Et même si c’est une parenthèse, vous n’auriez pas pu continuer sans Jorn comme un groupe comme Beyond Twilight l’a fait ?

Là, on entre dans des choses internes… Tu sais ce qu’on dit toujours : ce qui se passe dans un studio, reste au studio (Rires) !


La présence de John Macaluso, c’est par défaut pour compenser l’agenda surchargé de Dirk pris par un groupe qui commence (Megadeth) ?

Même pas parce qu’avec Dirk, on continue à se voir régulièrement : on s’est vu au NAMM à Los Angeles il n’y a pas longtemps, on s’est vu au Hellfest… Donc Dirk est toujours là pour ses amis et son planning avec Megadeth est plus souple que ce qu’il avait pu avoir par le passé : ils font des grosses tournées très cadrées, très organisées…
Donc non, la présence de John est une envie de se faire plaisir : nous avions envie de travailler ensemble…





Cette envie de se faire plaisir, de travailler ensemble va-t-elle continuer sur l’album à venir ? En d’autres mots, est-ce le même line-up qui officiera sur l’album à venir ?

A priori oui. Je dis a priori car il y aura des interactions d’autres personnes mais le line-up de base normalement ne bouge pas.


La voix de constance est puissante, elle se rapproche de Magali Luyten que tu as cité tout à l’heure : pleine, grave, très rock en fait. Est-ce que cela a généré un moment d’adaptation pour toi ?

A partir du moment où tu ne te fixes aucun cahier des charges, aucune limite comme c’était un peu le concept de ce groupe. Donc certaines chansons ont été faites tous les deux en guitare acoustique/ voix en allant à l’essence de la chanson, d’autres ont été faites avec Christophe ou d’autres personnes que vous découvrirez plus tard (Sourire)… et le cahier des charges -à l’instar de ceux qui nous attendait sur un registre à la Headline- était de savoir comment utiliser le registre vocal de Constance pour ne la faire aller là on ne l’attend pas forcément et notamment ceux qui la connaissent au travers de ses tournées avec Epica, avec des groupes plutôt tendance symphonique (Rires) !


C’est une volonté d’artiste de ne pas être cantonné à une chose surtout lorsque ton envie est de faire de la musique avant tout.


C’était une volonté d’être là où on ne vous attendait pas ?

C’est une volonté d’artiste de ne pas être cantonné à une chose surtout lorsque ton envie est de faire de la musique avant tout.
C’est surtout au début que tu peux ouvrir le cadre. Tu parlais tout à l’heure des bonus et la possibilité de frustrer le public, c’est absolument le contraire en fait : c’était de montrer qu’on avait des morceaux avec de grosses guitares mais si d’aventure, on a un projet avec un orchestre à cordes il ne faudra pas vous laisser surprendre ! Aujourd’hui, on a un morceau acoustique arrangé disons à la Sia donc plus pop mais en même temps quand on va jouer chez Gibert, ce ne sera pas la même version. Nous sommes un groupe à géométrie variable qui n’aura de cesse de vous surprendre : nous avons envie de faire plaisir aux gens aussi bien en jouant de l’acoustique dans leur salon que de jouer sur une grosse scène.


Je voyais tes yeux briller en citant "d’autres personnes que vous découvrirez plus tard"… as-tu des grosses pointures à annoncer pour votre premier album ?


Vous verrez bien (Sourire) ! Mais si mes yeux brillent, ce n’est pas une question de pointure : le but n’est pas de faire un tableau de chasse, je ne veux surtout pas que l’album soit une association de gens… On veut que les chansons soient le plus en valeur possible et qu’elles soient le plus inspirées possible. Il y a une chanson que j’adore sur l’album à venir et elle a été faite avec un ami à moi qui n’est pas forcément une pointure dans le sens où vous allez l’entendre. Et évidemment quand j’ai produit, je joue ce titre, je suis content parce que ça a été fait un pote…
J’ai la chance de faire de la musique toute l’année, j’entends de la musique toute la journée, je fais du studio… je ne suis pas en manque de cela ! Au contraire, dès qu’on peut créer quelque chose avec des gens et que derrière que je peux encore vibrer à passer 14 heures sur un fond de caisse claire : c’est ça que je recherche, c’est ça qui me fait vibrer !


Vous revenez avec une reprise de Mike Oldfield (‘To France’) est-ce un clin d’œil, un hymne, un hommage par rapport aux atrocités ou tout simplement se faire plaisir ?

C’est tout ça en même temps. Pour l’anecdote, comme beaucoup de choses avec Attraction Theory, c’est une question de concours de circonstances : comme je te le dis depuis le début, notre but est de se laisser porter et partager.
Comme tu l’as souligné, Constance était venue chanter avec Headline ‘To France’ au Paris Metal France Festival et un hommage à notre pote Phil qui faisait son festival et qui défend bec et ongle la scène française… Et Mike Oldfield est quelqu’un qui n’a pas vraiment de barrière c’est-à-dire que c’est à la fois un artiste populaire et considéré par certains comme un grand musicien ou quelqu’un qui fait du prog. Ensuite, on a joué une partie des titres de ce qui allait devenir Attraction Theory quand on est allés au MAMM d’été à Nashville avec Constance et ensuite, bons touristes, on a fait la route du rock car tu ne peux pas aller à Nashville sans aller visiter les lieux emblématiques et les studios… Et on s’est retrouvé à jouer des choses qui sont amenées à figurer sur l’album à venir d’Attraction Theory et surtout partout où nous allions dans l’Est des Etats-Unis le fait qu’on soit Français était une porte ouverte et ‘To France’ est bien un clin d’œil à tout ça ; en même temps même si on a un batteur américain, on a une identité !





Qu’est-ce que ça te fait d’être à nouveau sur le devant de la scène metal française ? Est-ce que tu es conscient que le public metal français vous a attendu ?

Honnêtement non !


En tant que musicien investi dans un projet de compos, on a disparu depuis Headline



Donc tu n’as aucune pression ?

Peut-être qu’à la fin de cette journée, on va en avoir un peu plus mais jusqu’à présent, on a fait ce disque dans la sérénité. Effectivement en tant que musicien investi dans un projet de compos, on a disparu depuis Headline, mais on a fait des choses en tant que musiciens de sessions, en tant qu’interprètes, en tant qu’arrangeurs… on a fait beaucoup de choses !
Aujourd’hui, il y a tellement de groupes (notamment avec Internet ce ne sont pas les projets qui manquent) qu’honnêtement, je n’ai pas le sentiment d’avoir été attendu.


Mais dans ce créneau heavy prog penses-tu qu’il y a beaucoup de Français ?

Honnêtement, je n’en sais rien ! Tu parles de créneau mais je n’ai pas le sentiment d’avoir une sorte d’exclusivité d’autant que pour moi, le progressif, c’est Genesis, Yes ou Pink Floyd avec des morceaux qui durent plus d’un quart d’heure avec beaucoup de choses atmosphériques…


On a envie d’avoir des ouvertures musicales mais pour autant, on ne peut pas dire que notre musique est progressive



… mais tu as tourné avec Dream Theater qui est la référence en termes de metal progressif…

Oui, mais nous avons également tourné avec After Forever, Dio… Les gens t’associent avec ce qu’ils ont aimé ! Souvent tu découvres un groupe à travers un album et tu restes bloqué dessus : Dream Theater restera toujours pour moi "Images & Words" alors que ce n’est pas forcément leur meilleur album… parce que tu associes souvent une période à la période que tu as aimée ou celle qui t’a fait découvrir le groupe.
Je me rappelle quand nous sommes arrivés avec "Escape", nous avons ouvert pour Dio, pour des groupes qui n’avaient rien à voir avec la scène prog et nous étions les premiers surpris de constater qu’on nous avait collés cette étiquette prog parce que nous n’avions pas ce côté technique… Mais on en revient à la question : qu’est-ce que le prog aujourd’hui ?
Quoi qu’il en soit, tu trouveras plus facilement dans ma discothèque Bullet for my Valentine que j’adore, je suis complétement dans ces trucs-là… Mais encore une fois, quand tu es musicien, tu ne te poses pas trop la question en termes de case, la seule chose est que je ne souhaite pas jouer un riff en mi ou en si pendant 10 minutes donc on ne nous collera pas dans la case metal allemand (sourire) parce qu’on a envie d’avoir des ouvertures musicales mais pour autant, on ne peut pas dire que notre musique est progressive.


Par ailleurs les nouvelles compositions sont assez classiques, j’ai vu des commentaires qui disaient “pas de quoi révolutionner le genre”, qu’est-ce que t’inspire ce genre de commentaires ? Est-il plus important de révolutionner ou de faire de la bonne musique ?

Le plus important est de faire de la bonne musique parce qu'encore une fois, notre but n’est pas de révolutionner quoi que ce soit : aujourd’hui, on a juste envie de jouer cette musique. Quand il y a des passages un peu plus instrumentaux, le but n’est pas de savoir si on va être élu meilleur bassiste ou guitariste de tel ou tel magazine : par exemple, le passage instrumental de ‘The Eye’ qui est juste avant le solo, c’est plus parce que Constance aime jouer avec les gens en public et nous nous sommes dit qu’on allait lui faire une plage pour faire un tour et revenir, c’est beaucoup plus dans cet esprit qu’une prétention de révolutionner quoi que ce soit !





Maintenant que Constance nous a rejoint pour cette fin d’interview, est-ce une fierté d’être à la fois un groupe français avec une chanteuse, mettre en avant l'égalité dans la musique que même le politiciens n’arrivent pas à mettre en place ?

Didier : Ahhhh, bonne question, à toi l’honneur (Rires) !

Constance Amelane : Je ne sais pas si fierté est le terme approprié, je dirais plutôt que c’est normal en fait !


Ça devrait être normal mais comme le sous-entend ma question, aujourd’hui, quand on le fait cela relève de l’exceptionnel…

Constance : C’est vrai, il faut resituer les choses ! Il faut montrer l’exemple aux autres…


Est-ce que ça n’est pas difficile de partager la scène avec Constance, sachant que tous les regards seront portés sur elle pendant les shows ?

Didier : C’est vachement bien parce que je peux faire ce que je veux derrière (Rires) ! Non c’est super bien !


Et au niveau promo qu’avez-vous prévu en plus de ces petits showcases que tu as cités ?

Didier : Il va y en avoir d’autres jusqu’au début d’année et il y a des choses dans les tuyaux pour le printemps…


Donc 2018 sera une année chargée ?

Didier : Ça devrait !


On a commencé par la question qu’on a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Didier : Ahh… Je ne sais pas… L’égalité homme/ femme ? Tu as envie d’y répondre Constance ?

Constance : (Rires)





Ce que je vous propose c’est qu’apparemment, comme nous sommes amenés à nous revoir en 2018 pour la promo de l’album d’Attraction Theory, c’est de réfléchir à cette question et que nous commencerons notre prochaine interview par cette question…

Didier : D’accord, pas de problème !


Merci beaucoup

C’est nous qui vous remercions !




Merci à Thibautk pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/attractiontheory
 
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