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TITRE:

LAST AVENUE (05 DECEMBRE 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



DEJ et DDA de Last Avenue ont répondu aux questions de Music Waves. Une interview riche et passionnante à lire entre deux Vocoders.
ADRIANSTORK - 12.12.2017 -
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Nous l´avions dit en 2014, Last Avenue était en passe de devenir incontournable. Jusqu´où va s´arrêter votre ascension?

Dej : Très bonne question ! Nous n'avons pas du tout l'impression de monter en fait. Nous avons toujours énormément de mal à promouvoir notre musique sur scène, on a l'impression de stagner plus qu'autre chose. Mais c'est sûr que quand on est dans le bateau, on voit difficilement l'extérieur. Je suis très honoré que tu parles d'ascension du coup.

DDA : On passe le plus possible notre temps à monter en qualité niveau écriture et production, à défaut de pouvoir jouer sur scène. Nous avons quand même préparé un set live complet, avec une équipe différente de celle du studio. Je ne pouvais pas me dégager assez de temps, alors pour ne pas freiner le groupe on a trouvé un remplaçant pour le live. Mais le groupe ne nous paraît beaucoup plus exposé qu’au début. Tant mieux si c’est le cas.





Vous publiez régulièrement des albums (le troisième en 3 ans) est-ce que cette gymnastique créative va de soi pour vous ? Est-elle due à une farouche volonté de ne pas vous reposer sur vos lauriers et de battre le fer pendant qu´il est encore chaud ?

DDA : Je n’ai pas l’impression que l’on bosse tout le temps, ni que ce soit une contrainte. On reste créatifs, on note des idées, on avance beaucoup en peu de temps, puis rien pendant quelque temps. On commence des choses chacun de notre côté aussi, puis on met en commun plus tard.

Dej : On n'a pas d'arrière-pensée. Quand on a du temps, on écrit, on enregistre, on fait des vidéos. Effectivement, pas forcément tout le temps. J'aime bien laisser reposer les choses des fois. Quand je sens que c'est le moment, on fonce, mais ça n'empêche pas les autres gars d'être en permanente ébullition, à des moments différents.


Comment expliquez-vous qu´Orléans, ville natale de Charles Péguy et de Reynald Pedros (on ne vous fera pas le coup de Jeanne D´Arc!) soit une terre fertile pour le metal industriel (vos collègues de Wild Dawn) ?


Dej : Wild Dawn ne fait pas de metal indus, mais il est vrai qu'il y a pas mal de groupes de rock et de metal sur Orléans. C'est une ville à la culture très punk à la base, avec par exemple la grande périodes Burning Heads, il y a du ska aussi. Je pense que le metal est plus prisé par les générations suivantes et que ça changera sûrement d'ici une dizaine ou une vingtaine d'années.

DDA : Je n’en sais rien… je vis à Bordeaux (rires). Et pour le coup la pop culture y est beaucoup plus tournée vers l’electro que le rock ou le metal, même s’il y a quelques groupes de résistants, comme Exocrine par exemple.


Dans une de nos interviews vous nous disiez que chacun des membres étaient un peu éparpillés notamment en Suisse. Est-ce que cet album a été enregistré dans un studio en présence de tous ou avez-vous a nouveau eu recours à la magie d´Internet ?

Dej : Cette fois-ci, tout a été fait dans mon studio de A à Z. L'écriture, les arrangements, l'enregistrement, mixage et mastering. Pour la basse, c'est moi qui l'ai enregistrée, pas à cause de l'éloignement géographique mais plutôt à cause des dispo d'Elie (basse).

DDA : Pour le coup, j’ai rejoint Dej sur des périodes assez longues pour participer aux différentes étapes d’écriture, d’arrangement et de production. Will est venu nous rejoindre aussi sur certaines sessions. Le mixage définitif, Dej l’a fait de son coté, il m’envoyait des versions que j’écoutais dans mon home studio à Bordeaux de temps en temps.


Généralement, vos albums ne dépassent pas plus d´une demi-heure. Vous n´aimez pas les préliminaires ou est-ce une façon de dire : ´´Moteur, on commence sans fioriture´´ ?

Dej : Un peu des deux en fait. Notre album précédent faisait 45 minutes, il explorait plus de directions. Pour ce nouvel album, il est effectivement plus court. Non pas que nous manquions d'inspiration, mais c'est plus concentré, nous avons gardé que ce qui était dans le même ton pour avoir un disque homogène. En faire plus, ça aurait forcément induit des répétitions à un moment ou un autre. Nous avons tenté de faire une écoute avec beaucoup de recul lors de la production de l'album, et à la fin des 8 titres, certains se sont dit "un 9è, ça serait pas mal", d'autres (dont moi) pensions "c'est déjà tellement "massif" que ça risque d'être indigeste avec un titre en plus, le titre de trop". Alors on est resté sur 30 minutes, quitte à faire un titre plus tard dans l'année…

DDA : ''Identity'', comme son nom l’indique, est un disque dont l’objectif est d’être compact et cohérent, de présenter l’identité à un moment donné. Alors l’étaler en longueur et explorer des choses nouvelles n’avait pas de sens pour nous. On a aussi voulu privilégier la qualité à la quantité. A titre personnel, l’album précédent me paraît moins cohérent et plus expérimental. Je préfère, comme Dej, une approche plus "tenue" et courte si besoin. Avec cette approche on a pu aller plus loin dans l’expérimentation sonore et dans le croisement d’influences, par petites touches, sur une base plus homogène.





Comment chacun s´est-il réparti le travail ? Avons-nous un chef d´orchestre omniscient ou au contraire avez-vous mis à profit de précieuses heures de répétition ?

Dej : Il y a des deux. Comme d'habitude, Will (guitare) est venu avec pas mal de riffs, d'idées, et nous avons arrangé tout ça tous les deux. DDA s'est énormément investi dans les paroles. Nous avons pu prendre tout le temps nécessaire aux sons électro en studio avec DDA également, pendant que je commençais le mixage. Ça nous a permis d'incorporer au mieux les sons des synthés avec les autres instruments. J'ai toujours vu la création comme ça, mais nous n'avions pas forcément le temps ni le budget pour nous le permettre avant.


On ressent une influence de Killing Joke au niveau de la voix. Une voix claire, hypnotique qui n´hésite pas à growler. Est-ce une influence qui vous travaille ?

Dej : Je ne connaissais pas et je suis allé écouter en même temps. C'est vrai que c'est le genre de voix typée 80's que j'aime bien, avec un peu d'effet, pas trop, juste assez pour l'épaissir, la rendre plus "lisse" et aérienne.

DDA : Avec Last Avenue, on concentre beaucoup d’influences malgré nous. On écrit à plusieurs, avec des horizons assez différents, et certains mélanges qui existent déjà, mais que l’on ne connait pas, se font naturellement. Je crois que la musique que l’on fait fait réagir très différemment en fonction du bagage de chacun, et c’est bien comme ça ! Killing Joke j’aime beaucoup, mais je n’aurais pas pensé à faire le rapprochement avec notre musique avant que tu le dises. Merci (rires).


On écrit à plusieurs, avec des horizons assez différents, et certains mélanges qui existent déjà, mais que l’on ne connait pas, se font naturellement.



Cet équilibre entre lourdeur du son et apesanteur de la voix nous invite à nager dans des eaux troubles, écrasés sous les roulis de son compresseur mais bercé par quelques vagues de quiétude. Est-ce voulu ?

Dej : Bien sûr. Disons qu'il nous a fallu du temps pour trouver comment rendre "accessible" notre musique. On voulait quelque chose de lourd, puissant, un metal moderne, tout en gardant le côté "refrain pop" que j'affectionne dans le rock US. Au final, on a ce compromis entre des rythmiques très énervées et une voix qui l'est moins, rendant le tout plus mélodique.

DDA : On prend le temps pour arriver à un équilibre entre la "brutalité" des titres, la lourdeur du son et le caractère musical de l’ensemble, avec des mélodies et des arrangements léchés. C’est un travail qui demande de faire et refaire pour trouver les bons ingrédients. On tient surtout à garder un rendu "musical" et pas simplement puissant ou brutal. On perd un peu en énergie par rapport à d'autres groupes metal, mais on gagne en ambiance et ça nous permet de varier d’un titre à l’autre.





Bravo pour l´usage de la langue anglaise. Est-ce qu´on vous prend encore pour des français ?


Dej : C'est marrant, on s'est fait la remarque il y a quelques temps où un orga a cru qu'on était des américains et qu'on était un gros groupe ! (rires) Je ne sais pas si c'est dû à l'usage de l'anglais ?

DDA : La langue anglaise m’apparaît plus adaptée au style. On a travaillé avec Dej pour que l’accent soit le plus proche possible des prods internationales. Merci, si ça s’entend, c'est gagné.


Les boléros de guitare sur ´Stuck´ étaient-ils un hommage à Maurice Ravel ?

Dej : Même pas ! DDA : Ca vient plutôt du rock / métal polyrythmique à la Textures, Meshuggah ou Tool, sans sonner djent pour autant.


Présentez-nous la jolie créature qui vient vous rejoindre sur ´Stuck´. On peut regretter que sa présence soit limitée au refrain.

Dej : Et bien tu vas être déçu, la jolie créature, c'est moi !! (rires) Un peu de traitement et on ne me reconnait plus ! (rires)

DDA : Tu n’es pas le premier à poser la question ! Comme quoi le traitement numérique de l’audio permet de faire des trucs fous !!


L´electro pour vous n´est pas un gadget. L´album possède réellement une dimension électro qui ne saurait se suffire à quelques ornements. L´équilibre entre indus et electro est parfois rompu en faveur de ce dernier comme sur ´Partials´, qui semble montrer une nouvelle voie à suivre. Cette nouvelle voie serait-elle atmosphérique voire progressive ?

Dej : Excellente question ! Je t'avouerai que Jean (bassiste live) nous a fait la même remarque et a dit "C'est marrant le passage vocoder sur 'Edgeless Life' et le solo joué au synthé à la manière d'un guitariste, je pense que ça peut être une super évolution pour le groupe". Lorsque nous composons et arrangeons, on est fortement influencé sans le vouloir par ce qu'on écoute à la même période. Certains ont vu en 'Edgeless Life' (4è titre de l'album) un coté prog qui correspond en partie à ce que j'aime retrouver dans la musique en ce moment, mais également dans certains groupes électro des années 2000 du courant French Touch. Alors pourquoi pas…

DDA : Je me suis mis à écouter de l’electro depuis que je suis dans Last Avenue, avant je ne m’étais pas vraiment intéressé à cette scène. C’est très vaste, varié, aussi riche que le metal, avec des pépites et aussi des choses beaucoup plus commerciales et sucrées, que j’aime moins. La production niveau electro est un cran au-dessus de ce qu’on faisait avant. Cette fois ci nous avons utilisé des machines analogiques, des vrais synthés, repassés dans des amplis guitares, puis des synthés numériques aussi, qu’on utilise mieux qu’avant. On reste dans une optique de metal electro, avec plus d’éléments prog oui, et on ira probablement vers ça à l’avenir, sans tomber dans des morceaux à tiroirs de 17 minutes. On recherche quand même l’efficacité du rock US. De la même manière, je nous vois mal nous tourner vers du 100% electro ambiant. L’electro c’est la voie qu’on a choisie pour diversifier notre son et tenter de nous renouveler à chaque titre. Ça nous rend très libres artistiquement.


L’electro c’est la voie qu’on a choisie pour diversifier notre son et tenter de nous renouveler à chaque titre.


On sent un gout pour créer des atmosphères pluvieuses et notamment peut-être la musique de film sur ´Fear 2 Stay´ ou ´Neon Animals´ rappelant parfois les groupes allemands Tangerine Dream ou Popol Vuh. Est-ce une façon de montrer que vous ne voulez pas vous laisser imprimer sur une étiquette ?

DDA : Ces groupes, Tangerine Dream, Popol Vuh, ou encore Borders of Canada, sont des formations que j’ai découvert ces dernières années. J’aime beaucoup les ambiances sombres, doucement tristes ou nostalgiques qu’ils peuvent proposer. La possibilité avec l’electro qu’on aime le plus c’est la variété des ambiances que l’on peut faire passer par-dessus une base metal classique et solide.

Dej :Ccomme dit avant, on est fortement influencé par ce qu'on écoute sur le moment. Je ne sais plus trop d'où est venu cette partie de 'Neon Animals', mais pour 'Fear 2 Stay' et la fin de 'We Run', je me souviens clairement avoir voulu justement quelque chose de très massif, très lourd, très dur mais avec une sorte de fin heureuse, chevaleresque, le tout uniquement avec des ambiances électro (si tu écoutes bien, la section guitare basse batterie joue quasiment la même chose dans ces passages là). L'idée était plutôt de montrer qu'on peut véhiculer plusieurs couleurs sans forcément faire plein de changements, pleins de choses ultra techniques. Des fois, la simplicité, c'est juste ce qu'il faut.


Avec le Vocoder sur ´Edgeless Life´, vouliez-vous clasher Daft Punk ?

Dej : Pas clasher, au contraire, plutôt faire un p'tit clin d'œil à ce groupe que j'affectionne tout particulièrement (en fait, je suis un gros fan de leur début et des productions de Pedro Winter, j'ai une bonne partie de leurs albums en vinyle !) Ce groupe a bercé mon adolescence et une partie de mon enfance, j'ai grandi en tentant de reproduire le solo d' 'Aerodynamic', ou la ligne de basse d' 'Around the World'. Puis j'ai découvert plus tard en fouillant sur le Web qu'il y avait pas mal de samples et de sons triturés, notamment l'utilisation des talkbox, comme beaucoup de groupes de la French Touch des années 2000. Ce titre est clairement un gros clin d'œil à tous ces artistes et leur façon de faire de la musique comme par exemple en utilisant des vrais claviers dans un monde 100% numérique, ou en jouant un solo de synthé à la manière d'un guitariste pour aller chercher d'autres sonorités… On en a souvent utilisé les talkbox sur nos albums, mais jamais pour parler. Là, la machine a appris à parler toute seule et a pris la main sur notre musique. Même la guitare s'est faite numériser ! (rires)


Dans vos textes, vous avez une approche assez critique et défiante de notre monde. D´où vous vient cette inspiration? Est-elle noire comme le pourrait l´être ´Stuck´ ?

Dej : C'est pas forcément négatif, ni positif. On se place en tant que spectateur. On nous le rabâche sans arrêt : le monde va mal, y'a les guerres, les problèmes climatiques, les problèmes de pollution, les problèmes de santé qui en découlent, des solutions qui arrivent très ou trop timidement ou qui sont trop chères, etc… Il y a clairement un truc qui ne tourne pas rond. On n'a pas la prétention de savoir quoi ni comment le résoudre, mais on aime bien en parler et essayer de faire réfléchir les gens par eux-mêmes, du moins de leur ouvrir les yeux sur des problèmes qui nous concernent tous, sans faire de la politique dans nos textes. Un peu comme si un narrateur extérieur était en train de raconter ce qu'il voit, et on se dit "Stop, là ça va trop loin !"

DDA : Nos textes sont des constats, froids, pour la plupart. La description est abstraite, et on traite de sujets d’actualité de manière très générale et pas du tout sous l’angle du fait divers. C’est plus l’ambiance qui se dégage de l’actualité, cette tension que l’on ressent autour de nous sur des sujets de société. Le point commun de tous nos textes c’est la place de l’humain dans ce monde devenu algorithmique, numérique, du big data, coupé entre le nord et le sud, pollué et en guerre. Pour ce qui est de l’humain, il y a des textes très abstraits dans cet album qui touchent à des sujets plus personnels, ce qui est nouveau pour nous. Il n’y a pas vraiment d’interprétation qui soit bonne ou mauvaise, et le constat n’est pas noir à chaque fois. 'Struck' est probablement le texte le plus sombre, avec l’idée que les conflits se répètent et que certains ne vivent que pour se battre.


´´Identity´´ est-il alors un album-concept ?

Dej : Pas plus que les autres à mon sens, même si l'accent sur quelque chose de plus cohérent et général (texte, mélodies et musique) a vu le jour dans cet album.


Quelle est la suite du programme après l´enregistrement et sortie de l´album ?

Dej : On va tenter de trouver des dates, c'est vraiment très difficile de jouer en France.


Peut-on conclure qu´´Identity´´, c´est votre ADN, mais un ADN qui se plait à évoluer sans cesse ?

Dej : Tu as tout compris ! On ne se repose pas sur nos lauriers, on est toujours à la recherche du son, du synthé, du riff, du texte, de l'astuce lors de l'enregistrement qui fera qu'on donne de plus en plus de liberté au mélange humain / machines.

DDA : C’est une base, un socle, sur lequel on pourra construire d’autres choses à venir. Ça ne veut pas dire non plus que l’on sait comment doit sonner Last Avenue, mais on a le sentiment de sentir quels sont nos repères les plus importants, et ça libère, puisque forts de notre identité on peut aller voir ce qu’il se passe ailleurs sans risquer de se perdre, expérimenter au niveau sons et influences.


Donc rendez-vous l’an prochain pour un nouvel album ?

Dej : Je ne sais pas si on fera un nouvel album aussi rapidement, on va essayer de se concentrer un peu plus sur les dates dans un premier temps, avec peut-être quelques surprises ici et là, un titre en featuring pour les nostalgiques des 90's et 2000's, pourquoi pas… A suivre !

DDA : Il tease comme un fou !


Plus d'informations sur http://www.lastavenue.fr/
 
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